• Nous avons vu à la lettre J que le seigneur de Frouzins à la veille de la Révolution s’appelait Jean Louis René de Gaillard.

    L’une de ses filles, Rosalie ou Louise Claire Rosalie, est née vers 1780 et est morte vers1870 ; elle résidait dans le château dit des Demoiselles à Frouzins et on la connaissait d’ailleurs dans la région toulousaine sous le nom de Mademoiselle de Frouzins.

    Un poème fut commandé à son attention à un certain J Niel en 1796 à la demande de l’une de amies ses Madame de Florentin.

    Voilà ce qu’il adresse à Mme de Florentin.

     

    Brioudes, le 9 ventôse an IV (28 février 1796).

    J'étais si honteux, Madame, de n'avoir su faire hier le charmant thème que vous m'aviez prescrit, qu'en arrivant ici j'appelai trois poètes du canton pour traiter le même sujet. Chacun de nous a travaillé de son côté; voici la production de tous les quatre :

     

    Production du premier.

    Vos ouvrages, Clairon, ont pour nous tant d'attrait

    Que, dessiné par vous, l'hiver même nous plaît.

     

    Production du deuxième.

    L'hiver, Clairon, que vous nous avez peint,

    N'est pas si triste; il a le front serein.

    De vos seize ans et de vos grâces,

    Tel est, Clairon, l'effet certain

    Que près de vous l'hiver ne peut avoir de glaces.

     

    Production du troisième.

    Cet hiver, vu de loin, n'a pas un air transi :

    Je le crois bien, des mains de Claire il est sorti.

     

    Production du quatrième.

    Voulez-vous que l'hiver nous soit représenté

    Affreux par ses glaçons et par sa nudité?

    Ah! peignés-nous, Clairon, cette contrée

    Lorsque Pauline et vous l'aurés quittée !

     

    Je vous prie, Madame, de juger laquelle de ces quatre pièces est la moins mauvaise et d'en faire pour moi l'hommage à Mlle de Frouzins.

    Veuillez, Madame, agréer les assurances de mon respect et accueillir les voeux que je forme pour que votre voyage soit heureux.

     J. NIEL.

     


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  • René-Bernard de Gaillard, seigneur de Frouzins, est capitoul en 1744. Sa famille rebâtit le château seigneurial, route de Plaisance, connu aujourd’hui sous le nom de « château des Demoiselles ».

    En 1759 Monsieur de Gaillard fait réédifier la chapelle du château qui était tombée en ruine

    Il a eu 8 enfants. L’aîné, Jean Louis René, baron de Frouzins, conseiller au Parlement de Toulouse en 1764, né le 23 décembre 1741, succèdera à son père. Ne nous y trompons pas, il réside rarement à Frouzins, préférant sa demeure à Toulouse au 51 rue des Paradoux.

    Il épousa en 1776 Mademoiselle Marie Gabrielle Joséphine de Caumels dont il eut 4 enfants : un fils mort prématurément et 3 filles : Rosalie, Claire et Augustine.

    En 1789, il assista à l'Assemblée de la noblesse tenue à Toulouse pour l'élection des Députés aux Etats Généraux de la province. Il demeura Conseiller au Parlement jusqu'en 1790.

    Mais il sera arrêté et jeté à la prison de la Visitation avec 35 de ses collègues en 1794 et exécuté sur la place de la Révolution le 14 juin 1794.

    Lorsqu’il mourut la liste de ses biens confisqués a été dressée sur le registre des « Biens des condamnés politiques » : :

    • Frouzins Château, métairie de Vermeil et terres : 165 arpents, estimés     61 365 livres
    • Métairie de Laubenque et terres ; 95 arpents, estimés                             31 447 livres
    • Métairie de Lègue et terres : 28 arpents, estimés                                     15 338 livres
    • Métairie de Belloc et terres : 50 arpents, estimés                                     31 400 livres
    • TOTAL                                                                                                 139 550 livres

    A cela s’ajoute le mobilier de la maison sise 51 rue des Paradoux, estimés 10 050 livres.

    Sa veuve (qui mourra en 1831 à l’âge de 80 ans) et ses quatre enfants reçurent pour leur subsistance un secours provisoire de 2000 livres. Ce fut jugé insuffisant et elle réclama et obtint un supplément de 4000 livres.

    Il semblerait que les biens de Jean Louis René leur furent restitués car en 1808 les Demoiselles Claire, Rosalie et Augustine Gaillard figurent dans les divers papiers comme propriétaires de l’Hôtel rue des Paradoux et du Château de Frouzins qui s’appela d’ailleurs du fait de leur présence château des Demoiselles. Le 5 septembre 1821, Madame de Gaillard obtient de l’évêque de Toulouse, Anne Antoine de Clermont Tonnerre, l’autorisation de conserver la chapelle domestique du château et d’y faire célébrer la messe.

    Claire de Gaillard épousera Pierre Balthasar de Roques.

    Augustine se maria avec Monsieur de la Vallongue.

    Rosalie née vers 1780 (de son vrai nom Louise Claire Rosalie) resta célibataire et fut appelée Mademoiselle de Frouzins.

    Le château fut par la suite vendu à Mademoiselle Joséphine Amiel, épouse de M. F. Dupré, conseiller à la cour de Montpellier dont le nom est gravé sur la plaque de cheminée de la cuisine du rez de chaussée.

    La famille Gaillard a été inhumée dans le cimetière du village de Frouzins, près du tumulus, du côté de l’entrée.


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  • Frouzins est un petit village de Haute Garonne, proche de Toulouse, qui en 1895 avait 549 habitants. D’après l’instituteur de l’époque la population est en baisse car « la classe laborieuse déserte la campagne pour se fixer dans les grands centres comme Toulouse où elle croit vivre plus à l’aise ». Il y a tout de même 163 feux et douze hameaux habités (centre du village, Cassagneau, Lègue, Laprade, Montbel, Sauveur, Le Ferraté, Lamartine, Paucheville, Lavache, Mailhaux, le château)

    Toute la population est catholique nous dit il.

    En 1911, la population décline toujours puisque nous en sommes à 421 personnes se décomposant de la sorte :

    156 habitants ont déclaré une profession

    • 9 femmes (tailleuse, laitière, couturière, institutrice libre, lingère, chemisière)
    • 112 hommes ont une activité agricole
      • 46 propriétaires exploitants + 4 propriétaires non exploitants dont une personne exerçant la profession de vétérinaire
        • Quelques bourgeois de village qui font travailler leurs biens par un métayer ou un maître valet
      • 1 régisseur
      • 4 métayers
      • 21 maîtres valets
      • 35 cultivateurs
      • 1 propriétaire jardinier
    • 20 artisans (forgerons, meuniers, charpentier, charron, roulier, tonnelier, vigneron, laitier, terrassier, coiffeur, chaisier, boulanger, …)
    • 7 commerçants (épiciers, courtier en vin, limonadier, négociant en fourrage, coquetier, …)
    • 3 cantonniers (préposés à l’entretien du canal de St Martory et de la voierie communale)
    • 1 instituteur
    • 1 receveur buraliste
    • 1 garde champêtre,
    • 2 domestiques (cocher, cuisinière)

     

    Les Frouzinois avaient un divertissement de prédilection : le chant.

    De 1852 à 1870 existait à Frouzins un orphéon , une sorte de chorale masculine regroupant des chanteurs issus des classes moyennes et populaires.

    Mais « l’orgueil des orphéonistes devait blesser l’intelligent et infatigable directeur au point de lui faire chercher et aimer une retraite anticipée ».

     


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  • St Germier est le patron de Frouzins. Ce n’est pourtant pas la seule paroisse à se mettre sous la protection de ce saint ?

     

    Pour quelle raison ?

     

    Au 6ème siècle, St Germain, grand propriétaire terrien, possédait dans le territoire Doz à Ox près de Muret une vaste propriété foncière composée de terres, établissements divers et fermes.

     

    Sur ce territoire, traversé par l'antique voie romaine qui conduisait de Toulouse vers le sud, à la ville de Convense, aujourd'hui Saint-Bertrand-de-Comminges, se trouvent les territoires qui dépendent aujourd'hui de Cugnaux, Villeneuve, Frouzins, Seysses-Tholosanes, Muret ….

     

    C’est pourquoi plusieurs églises furent placées sous le vocable de St Germier.

     

    Celui-ci, nous dit la légende, venant un jour de Cugnaux, marchait sur un chemin longeant le cimetière de Frouzins quand il vit dressé dans le cimetière un tumulus sur lequel un autel votif élévé en l’honneur des dieux mânes. Il se mit donc à prêcher la Bonne Nouvelle pour convertir les païens du lieu. Et un miracle eut lieu : « le miracle des fleurs ». Un laurier desséché reverdit et le tumulus se couvrit de fleurs. Les païens se convertissent alors et le tumulus où eut lieu le miracle fut appelé Montramé (mont des fleurs). Le chemin qu’emprunta St Germier fut appelé chemin de Montramé de St Germier ou encore chemin de St Germier.

     

    Saint Germier purifia l’autel et planta sur le tumulus une croix.

     

    A sa mort les habitants lui dédièrent l’église du cimetière et le prirent pour patron de la paroisse.

     

    Une relique, reconnue comme authentique beaucoup plus tard (en 1839) est conservée et exposée à la vénération des fidèles le 16 mai. Cette date est donc devenue le jour de fête de Saint Germier.

     

    La relique en question consistait en un morceau d'os enveloppé d'un ruban de soie verte fixé par un sceau épiscopal, portant l'inscription «Reliquias sancti Germerii », et incrustée dans un reliquaire servant de base à un buste d'évêque dont l’existence est avérée dès 1596.

     

    Il semblerait toutefois qu’eu lieu en 1776 la translation des reliques de Saint Germier, lesquelles furent déposées en l’Eglise de Seysses, commune limitrophe de Frouzins.

     

    En tout état de cause ce jour du 16 mai était important pour les Frouzinois puisqu’il était notamment choisi de préférence par les habitants comme terme de certains actes si l’on se réfère aux anciens actes notariés. De même ce jour-là deux marguilliers (ou administrateurs temporels, rendaient les comptes.

     

    La vénération que les Frouzinois avaient pour leur saint patron les portaient à ajouter à la récitation du Confiteor (prière liturgique destinée à confesser ses fautes) : « Sanct Germé, nostré patroun ».

    Tous les ans la fête du 16 mai qui commençait au jour tombant générait une grande affluence vers l’ancienne église « Sainct Germian, bastie au milieu du semantière » à tel point que des commentateurs de l’époque parlaient de pèlerinage (visite canonique de 1732). En effet « aux paroissiens de Frouzins venaient se joindre un grand concours de fidèles, la plupart originaires de l'endroit, touchante preuve de dévotion des aïeux envers leur saint patron Aux vêpres, après le panégyrique du saint, avait lieu la grande procession, présidée par le curé en étole et pluvial, portant à la main une petite croix d'argent dont parle une visite canonique de 1733, assisté du vicaire et des prêtres de Frouzins, des marguilliers des confréries de Saint-Cyr et du Saint-Sacrement revêtus de leurs robes ; enfin du seigneur, du juge, du lieutenant du juge, du procureur juridictionnel, du syndic de la communauté et des trois consuls revêtus de leurs chaperons ou livrées consulaires. On portait à cette procession, en grande pompe, dans un riche pavillon, le buste en bois doré renfermant la relique du saint patron, précédé de sa bannière et en damas cramoysi , toujours disputée par les hommes et les jeunes gens et donnée au plus fort enchérisseur, preuve de l'enthousiasme des paroissiens pour saint Germier »

    Cette procession avait en tête le  « réveille » c'est-à-dire « le  marguillier en robe sonnant la clochette » et parcourait le chemin de Montramé, pour rentrer à l'ancienne église paroissiale de Saint-Germier, sur le tumulus témoin du miracle, où en souvenir avait lieu la bénédiction des fleurs.

    Puis chacun emportait pieusement les fleurs bénites : certains en jetaient dans les champs pour les préserver des mauvais orages ; beaucoup les conservaient jusques à l'année suivante.

    IL est noté que Monsieur de Marin, propriétaire du Château de Monbel à la veille de la Révolution portait à l’occasion de cette procession la croix processionnelle, nu-pieds, pendant tout le parcours de la procession.

     

    Aujourd’hui le week end proche du 16 mai est le moment de la fête foraine qui attire elle aussi une foule considérable. Et en parallèle de ces festivités, une procession se déroule toujours à la tombée de la nuit, évoquant les processions d’antan…

     

     


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  •  

    En 1779 le conseil de communauté de Frouzins composé des 3 consuls (désignés annuellement par cooptation avec l’assentiment du seigneur) , du lieutenant du juge, du procureur seigneurial et de 5 notables habitants « constituant la partie la plus saine de la ville » décide d’établir un nouveau cadastre, le dernier datant de 1640.

    Le géomètre arpenteur arriva 5 ans plus tard, Monsieur Sacareau du village d’Empeaux.

    Le nouveau cadastre fut dressé en 1784.

    A partir de ce cadastre, que peut-on dire sur Frouzins ?

    Le village se situe tout d’abord à 15 km au sud ouest de Toulouse.

    Deux ruisseaux l’Aussau au nord ouest et la Saudrune au sud ouest bornent le village.

    L’étendue du territoire est à 679 ha, 21a et 31ca (le cadastre révisé de 1949 indique 791ha).

    La moitié du territoire était dès le 16ème siècle entièrement mise en culture (voir la lettre V) , l’autre  moitié au nord ouest est couverte de bois et de landes (des défrichements nombreux ne laisseront subsister aujourd’hui que deux petits bois  attenants au château des Demoiselles  et celui de Monbel.

    Fin 18ème siècle, le village comptait une centaine de maison en majorité alignée sur la « grand rue » (chemin de Cugnaux à Seysses, lui-même tronçon de l’antique voie de Toulouse à Lugdunum convenarum (Saint Bertrand de Comminge).

    F comme FROUZINS

    Quelques maisons se trouvent sur le chemin de Roques à Plaisance , perpendiculairement à la Grand Rue

    Hors du village, le hameau de Lavaque ( aujourd’hui La Vache) regroupait fin 18ème siècle 5 à 6 maisons sur le chemin de Villeneuve Tolosane (à l’époque Villeneuve de cugnaux) à seysses

    Neuf métairies (Le Ferratié, Laubenque, Mailhos, Monbel, Lègue, la Prade, Vermeil, Sauveur et Ste Catherine) sont éparpillées sur le territoire.

    F comme FROUZINS

    Les maisons de village sont construites en torchis (ou paillebard) avec une charpente en bois pour les maisons à étage, en paillebard brut pour les maisons basses et des cheminées en briques cuites et des tuiles canal.

    Un pigeonnier hexagonal porté sur piliers de pierre construit vraisemblablement au 17ème siècle et qui appartient fin 18ème à un certain M Filhes

    Trois châteaux (voir article C): La bourgade au centre du village, le plus ancien, Monbel plus excentrés et celui des Demoiselles encore plus excentrées sur la route de Plaisance.

    Et enfin l’église que l’on retrouvera à l’article R, commencée en 1522.

     

    F comme FROUZINS

    carte de 1784

     

     

     


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