•  

    En 1779 le conseil de communauté de Frouzins composé des 3 consuls (désignés annuellement par cooptation avec l’assentiment du seigneur) , du lieutenant du juge, du procureur seigneurial et de 5 notables habitants « constituant la partie la plus saine de la ville » décide d’établir un nouveau cadastre, le dernier datant de 1640.

    Le géomètre arpenteur arriva 5 ans plus tard, Monsieur Sacareau du village d’Empeaux.

    Le nouveau cadastre fut dressé en 1784.

    A partir de ce cadastre, que peut-on dire sur Frouzins ?

    Le village se situe tout d’abord à 15 km au sud ouest de Toulouse.

    Deux ruisseaux l’Aussau au nord ouest et la Saudrune au sud ouest bornent le village.

    L’étendue du territoire est à 679 ha, 21a et 31ca (le cadastre révisé de 1949 indique 791ha).

    La moitié du territoire était dès le 16ème siècle entièrement mise en culture (voir la lettre V) , l’autre  moitié au nord ouest est couverte de bois et de landes (des défrichements nombreux ne laisseront subsister aujourd’hui que deux petits bois  attenants au château des Demoiselles  et celui de Monbel.

    Fin 18ème siècle, le village comptait une centaine de maison en majorité alignée sur la « grand rue » (chemin de Cugnaux à Seysses, lui-même tronçon de l’antique voie de Toulouse à Lugdunum convenarum (Saint Bertrand de Comminge).

    F comme FROUZINS

    Quelques maisons se trouvent sur le chemin de Roques à Plaisance , perpendiculairement à la Grand Rue

    Hors du village, le hameau de Lavaque ( aujourd’hui La Vache) regroupait fin 18ème siècle 5 à 6 maisons sur le chemin de Villeneuve Tolosane (à l’époque Villeneuve de cugnaux) à seysses

    Neuf métairies (Le Ferratié, Laubenque, Mailhos, Monbel, Lègue, la Prade, Vermeil, Sauveur et Ste Catherine) sont éparpillées sur le territoire.

    F comme FROUZINS

    Les maisons de village sont construites en torchis (ou paillebard) avec une charpente en bois pour les maisons à étage, en paillebard brut pour les maisons basses et des cheminées en briques cuites et des tuiles canal.

    Un pigeonnier hexagonal porté sur piliers de pierre construit vraisemblablement au 17ème siècle et qui appartient fin 18ème à un certain M Filhes

    Trois châteaux (voir article C): La bourgade au centre du village, le plus ancien, Monbel plus excentrés et celui des Demoiselles encore plus excentrées sur la route de Plaisance.

    Et enfin l’église que l’on retrouvera à l’article R, commencée en 1522.

     

    F comme FROUZINS

    carte de 1784

     

     

     


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  • Si je me réfère à la monographie de Frouzins écrite en 1885 par l’instituteur du village, une première école laïque dite libre (c’est-à-dire confessionnelle) réservée aux garçons existaient déjà en 1814.

    Cinq maîtres se sont succédés de 1814 à 1858.

    • M. Bonnecarrère
    • M. Bonnafous
    • Mme Delause
    • M. Cassé
    • M. Laporte

    Il ne semble pas que l’instruction dispensée soit au top puisque de l’avis de l’instituteur de 1885 les meilleurs élèves de cet école connaissaient très rarement les quatre opérations fondamentales.

    La salle de classe était mal aérée, enfumée et mal éclairée et ne comportait qu’une « mauvaise table et un vieux banc ». Aucune carte, aucun tableau noir.

    E comme ECOLE de Frouzins

    Par ailleurs le maître ne pouvait se contenter de son métier pour vivre et « devait chercher de quoi vivre en dehors de sa tâche ». En effet il était rémunéré par les parents 1,25f à 1,50 f par mois selon que les élèves apprenaient à lire seulement, ou à lire et à écrire ou enfin « à lire , écrire et compter simultanément ». « Par abonnement annuel ces instituteurs acceptaient quelquefois par chaque élève 50 litres de blé ou de vin ». Et que dire de leur retraite ? Ils n’avaient rien pour vivre à la fin de leur carrière.

    En outre la méthode disciplinaire employée tenait plus de la férule et de la verge que de la récompense.

    Enfin cette école n’en a que le nom puisqu’il semblerait qu’il s’agisse surtout d’une garderie, « une salle d’asile ».

    Et que dire de la motivation à aller à l’école ? Les familles « laissaient très souvent leurs enfants dans la rue, abandonnés à eux même ou bien les employaient aux travaux pénibles de l’agriculture ».

     

    En 1859, l’école laïque libre devient l’école laïque publique c’est-à-dire reprise en main par l’Etat. De 1859 à 1885 se succédèrent :

    • M Sarrieu
    • M. Rumeau
    • M. Coffe
    • M. Coutié depuis 1882 et que je suppose être le rédacteur de la monographie de Frouzins

    Les matières étudiées sont plus variées : histoire et géographie, sciences physiques, sciences naturelles, instruction morale et civique et maniement des armes.

    « Les parents s’habituent à se passer de leurs enfants pour les envoyer plus régulièrement à l’école ». mais la fréquentation reste malgré tout très irrégulière

    Les enfants firent des progrès rapides : « tous à peu près lisaient, comptaient, écrivaient ». En 1866, pour aider au progrès des élèves, la mairie acheta une bibliothèque qui compte en 1885 124 volumes mais "le nombre de prêts diminue sensiblement d'année en année"....

    La discipline est plus douce (par l’usage de récompense, la salle plus appropriée (« une salle bien aérée, bien lessivée, bien éclairées par 7 ouvertures »), le mobilier scolaire plus convenable (un pupitre pour le maître, 5 tables, une méthode de lecture, 3 cartes géographiques représentant la France, l’Europe, une mappemonde, un tableau de poids et mesures et un tableau noir).

    E comme ECOLE de Frouzins

    compendium métrique

     

    En 1884, tous les « locaux de la maison d’école » furent lessivés par la mairie. Les locaux en question comprennent la mairie, les locaux du maître et la salle d’école.

    La mairie acheta cette année-là un compendium métrique, un boulier compteur, une collection de tableaux Dayrolles.

    E comme ECOLE de Frouzins

     

    Dernière précision de notre instituteur : à partir de 1854 les instituteurs eurent un traitement de l’Etat de  « 600 ou 700 francs et à la fin de leur carrière une retraite qui leur donnait presque un franc par jour ».

    A partir de 1875, le traitement annuel est de 1200 francs et la retraite n’est jamais inférieure à 600 francs.

     

    Notre instituteur de 1885 déplore toutefois qu'il n'existe aucun préau couvert et que les privés empuantissent l'air autour de la salle de classe.

     

    Il précise enfin que "le nouvel enseignement pourrait facilement rendre l'électeur de demain plus éclairé, meilleur patriote et serviteur de plus en plus dévoué aux institutions républicaine que le pays a librement voulu se donner"....

     


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  • Il s’agit ici de reprendre un certain nombre d’éléments tirés des registres paroissiaux notamment ; il sera difficile d’en tirer des conclusions car je n’ai pas encore toutes les données en main. Ce qui va suivre est donc juste un aperçu très très mince de la démographie de ce petit village.

    Nombre d’habitants

    Le curé de frouzins en 1746 décompte 280 communiants lors de la visite pastorale du vicaire général de l’archevêque de Toulouse, Charles Antoine de la Roche Aymon. Cela ne permet pas de déterminer le nombre exact d’habitants toutefois.

    Le recensement de l’an VIII donne quant à lui 473 habitants

    En 1876 il y a 522 frouzinois. Tandis qu’en 1906 on ne retrouve que 424 habitants. En 1926, première guerre mondiale oblige, ce chiffre tombe à 344.

    Frouzins a aujourd’hui près de 9000 habitants, la population ayant brusquement augmenté à partir de 1968 date à laquelle le recensement dénombre 1273 frouzinois soit le double de celui de 1962.

      

    Si l’on regarde le recensement de 1911, la répartition de la population est la suivante en terme de tranche d’âge

    421 habitants

    Date de naissance

     

    Tranche d’âge

    6

    nés entre 1910 et 1911

     

    110

    nés entre 1891 et 1909

    1à 19 ans

    103

    nés entre 1871 et 1890

    20 à 39 ans

    111

    nés entre 1851 et 1870

    40 à 59 ans

    91

    nés en 1850 et avant

    60 ans et plus

     

    Sur les 421 personnes il y a 211 filles et femmes tous âges confondus.

    La proportion des plus de 40 ans est forte : 47% tandis que la tranche de population en âge de se marier représente 24%

    Ces chiffres mériteraient une analyse plus poussée ; peut être plus tard ….

     

    L’essentiel des habitants se concentrent au niveau du bourg avec 309 personnes, le reste se répartissant autour du bourg.

     

     BOURG    

    maisons

    ménages

    individus

    grande rue du village

     

    55

    45

    144

    chemin des moulis de frouzins à fonsorbes

    8

    5

    11

    le moulin

       

    2

    2

    4

    rue tournante du fort

     

    11

    8

    25

    avenue du cimetière

     

    13

    11

    35

    rue de l'hôpital dite des nobles

    28

    19

    55

    rue ste catherine

     

    11

    7

    17

    rue du bigard

       

    8

    6

    15

    chemin dit du caminas

     

    3

    2

    3

     TOTAUX    

    139

    105

    309

     AUTOUR DU BOURG          

    la martine

     

     

    1

    1

    3

    paucheville

     

     

    1

    1

    5

    la vache

     

     

    10

    6

    19

    mailhos

     

     

    2

    2

    8

    l'aiguillon

     

     

    1

    1

    3

    l'aubenque-le château à vermeil

    5

    8

    27

    la prades et les mûriers

     

    2

    2

    6

    la pointe

     

     

    1

    1

    9

    montbel et bordeneuve

     

    3

    4

    19

    l'ausseau

     

     

    1

    1

    3

    la ferrate

     

     

    3

    1

    5

    sauveur

     

     

    3

    2

    5

     TOTAUX    

    33

    30

    112

     

    Le taux de natalité est très variable et est surtout tributaire des différentes calamités et épidémies qui s’abattent sur la France. Ainsi de 1709 à 1713, soit pendant la période qui suit le « grand hyver » de 1709 et son lot de misère, de disettes et d’épidémies est marquée par un taux de mortalité désastreux puisqu’on compte 81 baptêmes pour 193 sépultures.

    En revanche dès le début du 19ème siècle apparaît une certaine « dénatalité ». Au siècle précédent, plusieurs couples avaient 10 enfants et plus ; on ne dépasse guère 5 ou 6 enfants au 19ème siècle.

    Espérance de vie : sur la période 1700/1913, on compte 19 nonagénaires ainsi qu’une centenaire en 1808 ; cette dernière n’est pas originaire de Frouzins ; il s’agit de « Suzanne,  mulâtresse », femme de charge chez Monsieur de Marin (dont on a parlé dans l’article C), âgée de 103 ans .. » sans doute une ancienne esclave que le premier chatelain de Montbel, Jacques Michel, avait ramené des Antilles.

    Enfin dernier point à relever : l’origine des Frouzinois

    Si l’on regarde le recensement de 1911,

    • 194 frouzinois sont natifs du village,
    • 83 sont nés dans les communes limitrophes et le reste du canton de Muret
    • 30 sont nés dans les cantons limitrophes (Léguevin, Rieumes, Saint Lys, Toulouse ouest
    • 23 viennent de Toulouse
    • 53 sont nés dans le reste du département
    • 20 sont nés en Ariège
    • 18 sont nés ailleurs (Paris, Gers, Tarn, Tarn et Garonne …)

    La proximité de Toulouse attire manifestement les hommes ne serait ce que par le vivier d’emploi non négligeable que la ville et ses alentours dont Frouzins représentent.

    Il est à noter qu'à partir de 1924 Frouzins va bénéficier de l’émigration italienne et quelques décennies plus tard de l'émigration espagnole.

    En 1929 = ouverture de l’usine toulousaine de l’ONIA qui attire une douzaine de petits agriculteurs dans un premier temps. Progressivement le caractère rural de Frouzins va s'amenuiser.

     

     

     

     

     


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  • Frouzins possède trois châteaux.

    Le château de la Bourgade, sans doute le château le plus ancien du village , résidence des seigneurs de Frouzins jusqu ‘au 17ème siècle au centre du bourg dans la continuité de la rue du fort et aujourd’hui disparu.

    Madame de Ladoux était propriétaire du château juste avant la révolution.

    Je n’ai pour l’instant pas plus d’information .

    Un second château dit château de Frouzins ou encore château des Demoiselles, construit sur la route de Plaisance du Touch, existait semble-t-il déjà au 17ème siècle puisque les archives du château indiquent que Jean Jacques de Meynial obtint en 1654 des recteurs de Frouzins l’autorisation d’ériger une chapelle au château. Celui-ci donc existait déjà au 17ème siècle.

    C comme CHATEAUX de Frouzins

    Son fils Antoine, fut baron et seigneur de Frouzins dès 1665 ; ses fils Joseph et Guillaume, prêtre de son état, eurent maille sur deux décennies (entre 1718 et 1738) avec Bertrand Decamp, maître boulanger à Toulouse. Ce conflit se termina par la vente du château et de ses terres en 1745 à l’abbé Dumay, chanoine de St Sernin à Toulouse.

    Dix ans plus tard le château appartient à René-Bertrand de Gaillard, ancien capitoul et receveur général à Toulouse des Fermes du Roi. Nous retrouverons l’un de ses fils, Jean Louis René de Gaillard dans un prochain article (lettre J).

    Les filles de Jean Louis René, Claire, Rosalie et Augustine demeureront jusqu’à leur mort dans le château d’où le nom de château des Demoiselles.

    Le château de Montbel aurait été construit vers 1760. Il était la propriété de Monsieur Jacques Michel de Marin, ancien intendant du Roi à la Guadeloupe (il fera l’objet d’un article prochainement) qui l’acheta le 14 novembre 1767 à la Dame de Calvel de Ladoux. Jacques Michel mourra le 28 septembre 1788 à 65 ans. Son fils, Aimé de Marin, dit le « citoyen Marin aîné », restera dans le château après la Révolution. Il sera nommé maire de Frouzins en 1811 puis à plusieurs reprises jusqu’en 1830. A sa mort en 1846 le domaine passera par achat à un banquier toulousain, Monsieur de Marestaing dont les descendants le détiendront encore en 1913.

    C comme CHATEAUX de Frouzins

     

     

    CARTE DE FROUZINS

    C comme CHATEAUX de Frouzins

    château de La Bourgade au centre du village

    château de Montbel au nord du village

    château (des Demoiselles) au nord est du village

     


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  • J'ai découvert un baroudeur à Frouzins. Il s'agit de Jean Pujol (Puiol), né à Frouzins le 8 février 1723. Il est le 3ème enfant d’une fratrie de 7. Son père François est « travailleur » d’après l’acte de naissance de son fils Jean. On peut supposer que cela signifie tout simplement « brassier ». Sa mère s’appelle Domenge Sartre et on sait juste qu’elle est morte à Frouzins le 9 octobre 1763.

    On retrouve Jean, marié le 9 janvier 1758 à Montréal au Québec , avec Anne Marie Barthe, elle-même née à Montréal le 17 juillet 1738.

    Que fait un frouzinois du 18ème siècle à des milliers de km de là, en Amérique ?

    Il semblerait qu’il se soit engagé dans le régiment du Béarn lequel fut placé en 1756 sous le commandement du marquis de Montcalm.

    Je ne sais pas du tout comment ce petit paysan du fin fond de la Haute Garonne eut connaissance de l’existence de ce régiment, comment il eut l’envie de partir à l’aventure loin de chez lui sans grand espoir de revenir. Peut-être fut il enrôlé de force ; peut-être suivit-il des amis en quête d’aventure.

    C’est toute une thématique à approfondir. Et de nouvelles recherches à entreprendre pour en savoir plus.

    (Si d’ailleurs vous avez des ancêtres qui sont partis à cette époque au Canada je serai intéressée d’en savoir plus sur leurs parcours ).

    Toujours est-il que manifestement Jean a quitté Brest le 3 mai 1755 à bord de l’Ôpiniâtre ou du Léopard et est arrivé fin juin à Québec en Nouvelle France

    Un an plus tard il contribua avec ses camarades à la victoire au fort Oswego. En 1758, année de son mariage, il participe à la défense du fort Carillon et, en 1759, il sera présent lors du siège de Québec. Montcalm mourut lors de cette bataille et peu après le Québec. Peu après, la garnison de Québec capitula et l'année suivante, Montréal tombait à son tour. Le Canada devint alors anglais.

    Que devint Jean Pujol ? Je n’ai pour l’instant aucun renseignement sur lui après 1759. Il semblerait qu’il soit rentré e France au décès de sa femme mais je n’ai fais encore aucune recherche à ce sujet.

    Les parents de sa femme, Anne Marie Barthe, sont français eux aussi. Son père Théophile Barthe est né à Tarbes vers 1695 et était armurier de Louis XIV. IL a épouse le 18 mars 1721 à Montréal Marguerite Charlotte Alavoine née le 5 juin 1693 à La Rochelle ; elle mourra le 27 avril 1778 à Montréal. Elle est dite « pionnière » et « fille à marier ».

     

    Pour information

    L'uniforme des soldats du régiment de Béarn qui servent en Nouvelle-France est caractérisé par un justaucorps de couleur blanc-gris avec les revers de manches bleus ornés de trois boutons et de poches verticales à six boutons. La veste est bleue tandis que la culotte, de la même couleur que le justaucorps, se porte avec des bas blancs ou gris et des souliers noirs à boucles métalliques. Des guêtres blanches recouvrent les bas et la culotte et se boutonnent verticalement à l'aide d'une rangée de boutons placés du côté extérieur de même qu'elles s'attachent sous le genou à l'aide d'une courroie de cuir noir. Le tricorne est quant à lui de feutre noir et possède un galon argenté33

    B comme BAROUDEUR

    Projet Montcalm

    http://www.sgcf.com/index.php?section=activites&page=projet_montcalm

    Le projet Montcalm pourra peut-être m’aider à en savoir plus ; il s’agit d’un vaste projet de recherche portant sur les soldats des troupes françaises qui ont combattu en Amérique entre 1755 et 1760. Les objectifs du projet sont de constituer une base de données exhaustive sur quelque 7 100 soldats et officiers envoyés en Amérique au cours des années précédant la Conquête.

     

     


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