• E comme ECOLE de Frouzins

    Si je me réfère à la monographie de Frouzins écrite en 1885 par l’instituteur du village, une première école laïque dite libre (c’est-à-dire confessionnelle) réservée aux garçons existaient déjà en 1814.

    Cinq maîtres se sont succédés de 1814 à 1858.

    • M. Bonnecarrère
    • M. Bonnafous
    • Mme Delause
    • M. Cassé
    • M. Laporte

    Il ne semble pas que l’instruction dispensée soit au top puisque de l’avis de l’instituteur de 1885 les meilleurs élèves de cet école connaissaient très rarement les quatre opérations fondamentales.

    La salle de classe était mal aérée, enfumée et mal éclairée et ne comportait qu’une « mauvaise table et un vieux banc ». Aucune carte, aucun tableau noir.

    E comme ECOLE de Frouzins

    Par ailleurs le maître ne pouvait se contenter de son métier pour vivre et « devait chercher de quoi vivre en dehors de sa tâche ». En effet il était rémunéré par les parents 1,25f à 1,50 f par mois selon que les élèves apprenaient à lire seulement, ou à lire et à écrire ou enfin « à lire , écrire et compter simultanément ». « Par abonnement annuel ces instituteurs acceptaient quelquefois par chaque élève 50 litres de blé ou de vin ». Et que dire de leur retraite ? Ils n’avaient rien pour vivre à la fin de leur carrière.

    En outre la méthode disciplinaire employée tenait plus de la férule et de la verge que de la récompense.

    Enfin cette école n’en a que le nom puisqu’il semblerait qu’il s’agisse surtout d’une garderie, « une salle d’asile ».

    Et que dire de la motivation à aller à l’école ? Les familles « laissaient très souvent leurs enfants dans la rue, abandonnés à eux même ou bien les employaient aux travaux pénibles de l’agriculture ».

     

    En 1859, l’école laïque libre devient l’école laïque publique c’est-à-dire reprise en main par l’Etat. De 1859 à 1885 se succédèrent :

    • M Sarrieu
    • M. Rumeau
    • M. Coffe
    • M. Coutié depuis 1882 et que je suppose être le rédacteur de la monographie de Frouzins

    Les matières étudiées sont plus variées : histoire et géographie, sciences physiques, sciences naturelles, instruction morale et civique et maniement des armes.

    « Les parents s’habituent à se passer de leurs enfants pour les envoyer plus régulièrement à l’école ». mais la fréquentation reste malgré tout très irrégulière

    Les enfants firent des progrès rapides : « tous à peu près lisaient, comptaient, écrivaient ». En 1866, pour aider au progrès des élèves, la mairie acheta une bibliothèque qui compte en 1885 124 volumes mais "le nombre de prêts diminue sensiblement d'année en année"....

    La discipline est plus douce (par l’usage de récompense, la salle plus appropriée (« une salle bien aérée, bien lessivée, bien éclairées par 7 ouvertures »), le mobilier scolaire plus convenable (un pupitre pour le maître, 5 tables, une méthode de lecture, 3 cartes géographiques représentant la France, l’Europe, une mappemonde, un tableau de poids et mesures et un tableau noir).

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    compendium métrique

     

    En 1884, tous les « locaux de la maison d’école » furent lessivés par la mairie. Les locaux en question comprennent la mairie, les locaux du maître et la salle d’école.

    La mairie acheta cette année-là un compendium métrique, un boulier compteur, une collection de tableaux Dayrolles.

    E comme ECOLE de Frouzins

     

    Dernière précision de notre instituteur : à partir de 1854 les instituteurs eurent un traitement de l’Etat de  « 600 ou 700 francs et à la fin de leur carrière une retraite qui leur donnait presque un franc par jour ».

    A partir de 1875, le traitement annuel est de 1200 francs et la retraite n’est jamais inférieure à 600 francs.

     

    Notre instituteur de 1885 déplore toutefois qu'il n'existe aucun préau couvert et que les privés empuantissent l'air autour de la salle de classe.

     

    Il précise enfin que "le nouvel enseignement pourrait facilement rendre l'électeur de demain plus éclairé, meilleur patriote et serviteur de plus en plus dévoué aux institutions républicaine que le pays a librement voulu se donner"....

     


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