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    Ci-dessous quelques témoignages locaux sur les conséquences de l’occupation hollandaise dans le Pas de Calais essentiellement :

     

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Quelques unes des villes citées ci dessous

     

    Les Hollandais, campés depuis le Mont-St-Eloi jusque Tincques, incendièrent l'église de Berles et pillèrent et brûlèrent Savy le 3 septembre 1711.

     

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Façade de l'abbaye de St Eloi

    Ambroise DELOEUVACQ (1659-1721), chanoine de Saint Eloi et curé d’Aubigny-en-Artois, notait sur le registre paroissial : « depuis le 26 de mars 1711 jusqu’au 23 de novembre 1711, ce registre et les autres en ce tout ce quy estoit de conséquence a été réfugié à Arras à cause du voisinage des deux armées, scavoir l’armée du roy qui estoit campée près d’Habarcq, et l’armée des alliés qui a campé deux ou trois jours sur le terroir d’Aubigny et environs, trois jours pendant lesquels les habitants d’Aubigny et des environs ont beaucoup souffert, estant obligés de prendre quasy tous les jours les armes contre les maraudeurs de l ‘armée du roy qu’ils ont toujours repoussés avec beaucoup de bravoure. Cependant il a fallu à la fin céder au trop grand nombre de maraudeurs, de manière que tout le voisinage a été pillé par eux, à la réserve d’Aubigny qui a eu le bonheur de résister à leur furie. Savy a été entièrement pillé et bruslé, Berles et Berlette en partie. En un mot, la désolation estoit si grande dans ces villages que la postérité aura bien du mal à le croire. L’incendie est arrivé le deux, trois et quatre du mois d’aoust 1711, après quoy les deux armées ont décampé pour aller au siège de Bouchain. C’ était dans l’appréhension d’avoir un sort semblable au voisinage, que ce registre a été réfugié de bonne heure à Arras ».

     

    Le 2 juillet 1710, l'armée hollandaise campe à Camblain-l'Abbé et sur les territoires circonvoisins. L'armée du roi, à son tour, quand elle campa dans les environs d'Avesnes-le-Comte, réquisitionna tout ce qui restait de blé, d'avoine, de chevaux. D'où une première disette en 1710 qui causa des maladies.

     

    Le curé de Beaufort décrit quant à lui : « L’an 1709 l’hiver fut si long et si rigoureux que les blés manquèrent ; le pauvre peuple ayant été obligé de manger du pain d’avoine. Registre de catholicité de Beaufort, curé Delaleau »

     

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Beaufort

    A Izel les Hameau : « L’an 1710, les habitants d’Izel faisant peu à propos, empêchèrent les alliés d’entrer chez eux. Ils se sauvèrent sous leurs effets et abandonnèrent le village. Malborough qui occupait Villers Brulin leur y fit mettre le feu ; les soldats enlevèrent une cloche ; on avait sauvé les 3 autres à Arras, Père Ignace »

    « A tous ces malheurs de la guerre, il faut ajouter la peste ; depuis le mois de 06 1710 jusqu’au mois de février 1711, les maladies et la mortalité y furent si grande qu’il mourut 230 habitants »

    En 1709 et 1710 la province d’Artois était envahie dans sa partie méridionale et la ville d’Avesnes le comte se trouve cernée de toutes parts, au sud est par l’armée française sous le commandement du maréchal de Villars , au Nord est par l’armée alliée aux ordres du Prince Eugène de Savois, de Milord Malborough et du comte de Villy et l’armée des Hollandais était campée depuis St Eloi jusques et passé Aubigny. Et celle des Français était campée à Barly et s’étendait depuis Montenescourt jusqu’à Frévent.

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Frévent

    Les armées s’observèrent longtemps avant d’en venir aux mains, mais le pays eut beaucoup à souffrir de leur voisinage et fut dévasté par les deux parties : « qui nous ravagèrent si bien l’un que l’autre ». Les Hollandais surtout pillèrent les églises où ils ont « brisez, tous pillez, tous déchirez, tous emportez jusques au registres des baptêmes, des morts et des confirmés » (reg. Catholique de Beaufort par M. Nicolas DELALEAU, curé) A Izel, M. Deshorties (curé de Izel) confirme ce détail : « nota que le registre des morts depuis1692 jusqu’en 1710, a été perdu pendant la guerre ».

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Château de Villers Brulin

    A Avesnes : « la grande agglomération de troupes dans la contrée, la misère et la disette qu’en furent la conséquence y développèrent une maladie contagieuse qui causa partout une effroyable mortalité », Histoire d’Avesnes, par M. Ledru

    A Nédonchel : « L’an 1710, le 24 septembre est décédée en cette paroisse Anne DANVIN, femme de Thomas COLART, 34 ans, et deux enfants qu’il avoient, décédez au mois d’aoust précédent pendant les fuites à cause des armées voisine d’icy et ont étez inhumées dans le cimetière sans cérémonies ne les pouvant faire à cause du péril par les ennemies en foy de quoy j’ay signez, étoit signez P. J Badart, curé ». Après cet acte de décès le curé note pour mémoires : « Icy suivent tous les morts pendant les mois d’aoust, septembre te octobre qui ont etez inhumez dans le cimetière de nostre paroisse sans cérémonies à cause du péril causé par les ennemies campez près d’icy au mois d’aoust »  (28 décès dont certains d’autres paroisses probablement réfugiés)

    Hermaville : Le curé note : « il ne manque rien icy mais à cause des guerres commencés le 13 de juillet 1710 dans ce pays, j’ay esté obligé de sauver et transporter ce présent registre à arras et de faire une feuille volante que j’ay cy après attaché ou j’ay marqué les mariages qui se sont fait jusqu'à ce jourdhui quatorze de feb. 1713»

    Magnicourt et Maizière : Déclaration du curé qui rédige la liste des morts : « La guerre faict dans l’année 1710 ayant causé une fuite générale des prestres hors des paroisses et de la province d’Artois, fust aussi la cause que les curés ayant esté contraint d’abandonner leurs paroisses n’ont peut enregistrer les enfants baptisés et toutes les personnes mortes selon le temps les mois de leur décédé, c’est pourquoi on les a mis selon l’ordre qui s’en suit : …. »

    Flers (14 07 1710 (n°786) LOUIS Antoine Flers à marier, Tué à Flers par les troupes de Malbouroucq, acte en double.

     

    Le curé de Cambrin, Delerue,  écrit :

    Le 27 Octobre 1708 : « ne pouvant sortir pour les courses journalières des hollandais en ce quartier, n'ayant oser sortir de Béthune où j'étais réfugié à raison des mauvais traitements que l'on recevait tous les jours des troupes hollandaises et anglaises ... ».

    "L'an de grace 1708 dans le courant du mois de novembre est décédé en cette paroisse Mathieu Caron agé aux environ de 52 ans, marié à Marguerite Myon, il fut inhumé dans le cimetière de ce lieu par les paysans, moy étant réfugié dans la ville de Béthune, ne pouvant sortir à cause des courses journalières des Hollandois en ce quartier, nous lui avons fait ...." " L'an de grace 1708 quelques jours après la mort du précédent est trépassé en cette paroisse Pasquier Beugnier, réfugié chez Ferdiand Marischal, son beau fils, agé aux environ de 80 ans, son corps fut inhumé dans le cimetère de ce lieu par les paysans ayans encore osé sortir de Béthune, ou estois réfugié en raison des mauvais traitements que l'on recevoit tous les jours des troupes Hollandoises et Angloises après la rebellion de la ville de Lille, ses funérailles luy furent fait dans la fuite."

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Cambrin

    "Le ving quatriemme jour d'aoust mil sept cens et dix, feste de la saint barthelemy aposthume, un convoy de chariots chargé de poudre passant par La Bassée pour être conduit au siège de Béthune, un de ces tonneau, ayant commencé à filer dessus les pavés du grand marché, le fer d'un pied de cheval fit feu dessus le pavé et fit sauter toute la poudre, et de plusieurs autres suivants, ce qui causat en même temps un fracas épouvantable dessus la place et emporta plus de cens personnes de la ville et plusieurs dont on ne sait pas le nom, quelques uns furent brûlés et d'autres sont morts depuis".

    Cet accident relaté par le curé de Cambrin se déroula en fait au beau milieu du bourg de La Bassée. Il n'existe plus de registres avant 1737 à La Bassée, mais d'après plusieurs sources, cet accident aurait fait entre 150 et 250 victimes, pratiquement toutes civiles, dans la population de La Bassée.

    Le curé de Cambrin écrit encore : "le 29 septembre 1710 s'est rendu aux Hollandois, après un siège de trois semaines, la ville de Saint-Venant"

    " le huitième de novembre 1710 s'est rendu aux Hollandois et après un siège de deux mois la ville d'Aire elle fut vaillement défendue par Mgr de Gabriant" ...

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    Baillage d'Aire sur la Lys

    Mons en Pévèle : 9 septembre 1708 est décédé Jacques Barbieux " d'une mort subite estant réfugiez dans l'Eglise a raison de guerre" . 4 août 1708 "at esté tuez Noël Mazenghe par des soldats des troupes des alliez […] ce jour Mons en Pevele fut pillez par les memes trouppes et ledit feu Noël Mazenghe se sauvant avec un fusil fut poursuivi et tuez par des soldats " " L'armée de France estoit campé au Mons en pevele et Monseigneur le duc de Bourgogne généralissime de l'armée et Monseigneur le duc de Berry son frère logez dans la maison pastoralle. Monseigneur le duc de Vendôme logé chez Thomas Picquet, le prince de Galles fils du Roy Jacques d'Angleterre sauvé en France avec sa famille royalle logé a la maison rouge ; la ville de Lille estant assiégé et prise ensuite le 25 d'octobre par le prince Eugene de Savoye général des trouppes de l'Empereur allié avec l'Angleterre, la Hollande, le Brandebourg, le Saxe, Prusse, Hesse Cassel et autres souverains de l'Empire ; général de la cavalerie, le prince d'Auvergne qui conduisit la garnison de la citadelle de Lille a Douai, pendant le siège de laquelle l'Eglise de Mons en pevele fut entierement pillez et tout le village par des trouppes des alliez."

     

    1707 : une garnison hollandaise s’installe à La Bassée et rançonne Auchy. Les habitants du village d’Auchy s’enfuient vers les villages voisins.

    Témoignages locaux des dévastations liées à l'occupation hollandaise (1707-1713)

    La Bassée

    En 1709, le maréchal français de Villars, pour mieux parer l’attaque du Duc de Marlborough et avoir une parfaite visibilité, fait raser toute la plaine environnante. Auchy voit 163 maisons et le château complètement détruits. Les bois aussi sont rasés. Il ne reste debout que l’église qui sert de poste d’observation et trois maisons où loge le corps de garde

    En 1707, La Bassée est occupée par les alliés (anglais et hollandais). Mais les français avant de se retirer emportent ou détruisent tous les grains et fourrages de la région entre Lens, La Bassée, et Béthune. Pendant tout l'automne 1708 la contrée est livrée aux brigandages. Les habitants de Annequin se réfugient à Béthune ou Beuvry derrière les marais.


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  • L’occupation hollandaise : suite

    Les exactions rencontrées lors de l’occupation hollandaise de 1709 touchèrent également l’église de Rumegies. Notre curé nous dit que l’église a été en effet « forcée, pillée, profanée de la manière la plus outrageante qui se puisse imaginer ».

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 19 - occupation hollandaise suite

    Il nous explique également qu’alors qu’une femme était à l’article de la mort rue Prière, « on a dû lui porter son Viatique », et ce, sans cérémonie. Mais le curé a rencontré les hollandais en chemin qui l’ont « futé » (battu) et volé la petite boite d’argent où se trouvait la sainte hostie.

     

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 19 - occupation hollandaise suite

    Eglise en bas  à gauche et rue de la prière (point rouge en haut à droite) - 16mn à pied par le chemin le plus court

     

    « Nous fûmes avec toute la communauté tellement épouvantée que le lendemain (du pillage de l’église), nous avons tout abandonné à la rage de ces malheureux. Nous avons été entre leurs mains depuis huit heures du matin jusqu’à pareille heure du soir, pendant quoi ils ont commis toutes les inhumanités des nations étrangères, dont on n’entendait point le langage et qui avai0ent des visages qui ne respiraient que le carnage. Nous nous sommes enfuis les uns à St Amand, les autres à Orchies, Marchiennes, et Hasnon et nous y fûmes jusqu’à la reddition de la citadelle de Tournai où tout le pauvre peuple a bien souffert des misères, pauvreté et maladie ».

    Cet exode durera 2 mois.

    Durant ce laps de temps les maraudeurs ont voulu emporter les cloches de l’église : « ils ont fait tomber la petite mais elle n’a point cassé. Dès que nous l’apprîmes à Saint Amand, nous sommes venus avec six sauvegardes et trois chariots pour sauver les trois cloches ». Mais en vain car un commandant en poste à l’entrée du village leur refusa l’accès. Dès que celui-ci partit, ils revinrent et « trouvâmes les maraudeurs qui frappaient à toute force sur les cloches pour les rompre ; et les autres avaient dépendu la seconde pour la faire tomber sur la petite pour es casser toutes deux mais en vain. Dès qu’ils nous ont aperçus ils ont fui. Et ainsi avec bien des peines, nous avons chargé nos trois cloches et les avons emmenées à l’abbaye de St Amand ».

     

    Une fois Tournai prise (septembre 1709), l’armée hollandaise n’a pas demandé son reste et les villageois sont revenus à Rumegies pour trouver un paysage désolé : « point de portes, point de fenêtres, point de vitres, point un morceau de fer, et qui pis est, point une botte de paille ».

    Le curé précise que dans tout le Tournaisis, il n’y avait plus une seule botte de paille « ce qui a causé une mortalité de tous les bestiaux qui sont presque tous morts l’hiver suivant ».

    Et que dire des hommes ? « Depuis le mois de septembre jusqu’au Noël », il semblerait que près de 300 personnes soient mortes (dans le village et dans les villages alentours) et « tous, faute d’aliments, de linge, de soins, tout le monde étant malade et ne se pouvant secourir les uns les autres [… ] La plupart de ceux qui sont morts n’avaient ni argent ni linge ni même de la paille pour se coucher ».

    Le curé remarque que « ceux qui ont eu des bouillons de bon vin de Bourgogne, il n’en est point mort un seul de ceux là ».

     

    Finalement cette année 1709 fut effroyable, à tel point misérable que le curé Dubois ne se sent pas capable de l’exprimer qu’avec ses larmes ! « Adieu fatale année ! que je ne me souvienne jamais de toi si ce n’est pour me souvenir que c’est mes pêchés qui ont attiré la colère de Dieu ! »

     

    Voir également l'article suivant : Quelques témoignages locaux liées sur les dévastations liées à l'occupation hollandaise

     


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    L’allumage de la bûche est issue d’une tradition très ancienne : la bûche représente en effet pour les Chrétiens le Christ sacrifié pour nos péchés. Le feu est signe de joie et de lumière, puisque cette fête de Noël serait une christianisation de la fête païenne du Natalis Invictus, du soleil invaincu dans cette période du solstice.

     

    La cérémonie d’allumage de la bûche réunissait tous les habitants de la maison, les hôtes, les parents et domestiques.

     

    La bûche de Noël

    Cette cérémonie consistait à mettre la veille de Noël, une bûche (ou selon les régions tronc, cosse, tison, souche, tréfoir, tréfeu, tréfouet [pour « trois feux » car devait durer les jours de fêtes]) dans la cheminée avec un rituel qui était autrefois bien établi. Cette bûche devait être une grosse branche d'arbre fruitier, cerisier, poirier, prunier mais pas de figuier (il brûle mal, la fumée donne mal à la tête, le Christ a maudit l'arbre stérile et ce serait l'arbre auquel Judas s'est pendu).  Ce pouvait être aussi de l’olivier, du chêne, du hêtre selon les régions.

     

    Le choix de l’essence pouvait selon les croyances assurer une bonne récolte dans l’année à venir.

     

    Certains versaient sur l’écorce du vin, de l’huile, du miel du lait, voire du sel ou de l’eau bénite pour se garantir des esprits et des sorciers. D’autres encore y faisaient couler quelques gouttes du précieux cierge de la Chandeleur.

     

    Les cendres et charbons issus de la combustion de la bûche sont dotés de pouvoirs divers (porter chance notamment) et de ce fait seront conservés précieusement pour allumer la bûche de l’année suivante. De même que les brandons du feu de la Saint Jean qui étaient conservés aussi pour allumer la bûche de Noël.

     

    Dans le Berry, les brandons étaient recueillis et mis en réserve sous le lit du maître de la maison. Toutes les fois que le tonnerre se faisait entendre, on en prenait un morceau que l’on jetait dans la cheminée, et cela était suffisant pour protéger la famille contre la foudre.

     

    La bûche devait être assez grosse pour brûler pendant trois jours et même parfois jusqu’au 1er janvier.

     

    La bûche de Noël

     

    Voici en quels termes l’historien et avocat général à la Cour royale de Paris Marchangy (1782-1826) parle de cette coutume en Normandie : « Le père de famille, accompagné de ses fils et de ses serviteurs, va à l’endroit du logis où, l’année précédente, à la même époque, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche de Noël. Ils rapportent solennellement ces tisons qui, dans leur temps, avaient jeté de si belles flammes à rencontre des faces réjouies des convives.

     

    L’aïeul les pose dans ce foyer et tout le monde se met à genou en récitant le Pater. Deux forts valets de ferme apportent lentement la bûche nouvelle. À l’instant où l’on y met le feu, les petits enfants vont prier dans un coin de l’appartement, afin, leur dit-on, que la souche leur fasse des présents, et, tandis qu’ils prient, on met à chaque bout de cette souche des paquets d’épices, de dragées et de fruits confits ».

     

    Il arrivait aussi que les pauvres gens qui ne pouvaient se procurer des bûches convenables pour la veillée de Noël, se les fassent donner. « Beaucoup de religieux et de paysans, écrit Léopold Bellisle, recevaient pour leurs feux des fêtes de Noël un arbre ou une grosse bûche nommée tréfouet ».

     

    Autre témoignage de cette tradition : « Dès que la dernière heure du jour s’était fondue dans l’ombre de la nuit, tous les chrétiens avaient grand soin d’éteindre leurs foyers, puis allaient en foule allumer des brandons à la lampe qui brûlait dans l’église, en l’honneur de Jésus. Un prêtre bénissait les brandons que l’on allait promener dans les champs. Ces brandons portaient le seul feu qui régnait dans le village. C’était le feu bénit et régénéré qui devait jeter de jeunes étincelles sur l’âtre ranimé. Cependant, le père de famille, accompagné de ses enfants et de ses serviteurs, allait à l’endroit du logis où, l’année précédente, ils avaient mis en réserve les restes de la bûche. Ils apportaient solennellement ces tisons ; l’aïeul les déposait dans le foyer et tout le monde se mettant à genoux, récitait le Pater, tandis que deux forts valets de ferme ou deux garçons apportaient la bûche nouvelle.

     

    Cette bûche était toujours la plus grosse qu’on pût trouver ; c’était la plus grosse partie du tronc de l’arbre, ou même la souche, on appelait cela la coque de Noël [le gâteau allongé en forme de bûche que l’on donnait aux enfants le jour de Noël portait encore au début du XXe siècle dans certaines provinces le nom de coquille ou petite bûche, en patois, le cogneu.

     

     On mettait le feu à cette coque et les petits enfants allaient prier dans un coin de la chambre, la face tournée contre le mur, afin, leur disait-on, que la souche leur fît des présents ; et tandis qu’ils priaient l’Enfant-Jésus de leur accorder la sagesse, on mettait au bout de la bûche des fruits confits, des noix et des bonbons. A onze heures, tous les jeux, tous les plaisirs cessaient. Dès les premiers tintements de la cloche, on se mettait en devoir d’aller à la messe, on s’y rendait en longues files avec des torches à la main. Avant et après la messe, tous les assistants chantaient des Noëls, et on revenait au logis se chauffer à la bûche et faire le réveillon dans un joyeux repas. »

     

      

    Une fois la bûche allumée, chaque famille se rendait à la messe de minuit. Et de retour, on donnait du foin aux animaux de l’étable (en plus grande proportion ou meilleure qualité qu’à l’ordinaire) afin de remercier les bœufs et les ânes d’avoir réchauffé l’enfant Jésus. On dit que la nuit de Noël, les animaux ont le pouvoir de parler et d’être compris par ceux qui les écoutent. Gare à celui qui les écouterait car il mourrait dans l’année…

     

      

    Courant 19ème siècle, la bûche est sortie de l’âtre pour venir sur nos tables sous forme d’un dessert. Quand précisément, nul ne le sait. Certains pensent qu’il s’agit de l’invention d’un pâtisser de la rue de Buci à Paris, dénommé Antoine Caradot en 1879, d’autres disent que la bûche est née dans la cuisine du chocolatier lyonnais Félix Bonnat en 1860 ou que le  pâtissier glacier du prince Charles III de Monaco, Pierre Lacam, l’a mis au point en 1898 ; peut être est ce bien plus tôt et qu’un apprenti pâtissier de Saint-Germain-des-Prés en 1834 est l’inventeur de cette nouvelle tradition culinaire.

     

     

    Quelle importance … ?

      

    La bûche de Noël

     

    Sources

     

    La Nuit de Noël dans tous les pays de Alphonse Chabot

    France pittoresque

    Comment vivaient nos ancêtres ? de Jean Louis Beaucarnot 

    www.noel-vert.com

    Contes et Légendes Hors série 2017

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940508c/f7.image  Le mémorial historique et géographique de la pâtisserie de Pierre Lacam

     

     

     


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  • Le sapin de Noël

    Dans le Journal de Rouen du 25 décembre 1897, Georges Dubosc (journaliste français 1854-1927) écrivait : « Devant les yeux émerveillés des touts petits, le verdoyant sapin, illuminé de mille petites lumières tremblotantes, se dresse tout chargé de jouets et de cadeaux qui, pendant des heures, mettent du bonheur dans les âmes de tout ce monde enfantin.

    A ces joujoux d’un jour, on joint quelquefois une large distribution de bons vêtements chauds et de hardes neuves : tricots qui recouvrent les petits membres grelottants, mitaines qui préservent des engelures, foulards où s’enfouissent les petits nez rougis par la bise, bonnes galoches qui sonnent sur le pavé au moment des glissades. Et comme il n’est point de belles fêtes sans chanson, on chante quelques-uns de ces jolis noëls naïfs, sur des airs qui ont traversé les siècles et qui n’en sont pas moins une bonne et égayante musique ».

     

    Le romancier anglais Charles Dickens décrit ainsi l’arbre de Noël : « Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants. Il y a des poupées aux joues roses qui se cachent derrière les feuilles vertes, il y a des montres, de vraies montres, ou du moins avec des aiguilles mobiles, de ces montres qu’on peut remonter continuellement ; il y a de petites tables vernies, de petites armoires et autres meubles en miniature qui semblent préparés pour le nouveau ménage d’une fée ; il y a de petits hommes à face réjouie, beaucoup plus agréables à voir que bien des hommes réels - car si vous leur ôtiez la tête, vous les trouveriez pleins de dragées. - Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes à ouvrage, des boîtes de bonbons... toutes sortes de boîtes ; il y a des toutous, des sabots, des toupies, des étuis à aiguilles, des essuie-plumes et des imitations de pommes, de poires et de noix, contenant des surprises. Bref, comme le disait tout bas devant moi un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami : Il y avait de tout et plus encore ! »

    Le sapin de Noël

    Décoration du sapin

    On met sur le sapin de petites choses qui le font paraître briller de mille feux : des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles des mèches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches,  des boules de verre ou de petits miroirs qui reflètent, en mille facettes, la lumière des petites bougies suspendues dans l’arbre, des poignées de givre argenté et de neige artificielle, de longs fils d’argent qu’on appelle des « cheveux d’ange », de petits rubans, des bouffettes, des nœuds et des croisettes de bolduc rose.

    On ajoute des fruits, de confiserie, de petits gâteaux et des jouets à surprises, et au sommet de l’arbre de Noël, une étoile lumineuse étincelante, symbolisant l’Etoile de Bethléem ou un ange de carton aux ailes d’or et aux mains pleines de présents.

    Le sapin de Noël

    Origine de l’arbre de Noël ?

    En 354, l’Eglise institue la célébration de la naissance du Christ, le 25 décembre, pour rivaliser avec la fête païenne du solstice d’hiver durant laquelle il semblerait qu’un arbre, symbole de vie (l’épicéa) était décoré de fruits, de fleurs et de blé.

    Toutefois la fête chrétienne de Noël se résumait à la messe de la nativité. Pas de sapin, de bûche, de père Noël à cette époque.

    Les premières traces écrites d'une décoration de ce célèbre conifère ont été découvertes en 1510 à Riga, en Lettonie. À cette époque, des marchands dansaient autour d'un arbre décoré de roses artificielles, avant de le brûler sur un bûcher.

    Mais c’est peut-être en Alsace qu’il faut chercher l’origine de l’arbre de Noël. La tradition rapporte que dès 1521 on décorait les intérieurs des maisons avec des branches coupées 3 jours avant Noël. De même à Sélestat en Alsace, à la même date, des arbres sont décorés d’hosties et de pommes. En 1546, toujours dans la ville de Sélestat on autorise à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la Saint Thomas.

    La plus ancienne mention de l’arbre de Noël comme sapin entier se trouve dans une description des usages de la ville de Strasbourg, en 1605. On y lit le passage suivant : « Pour Noël, il est d’usage, à Strasbourg, d’élever des sapins dans les maisons ; on y attache des roses en papier de diverses couleurs, des pommes, des hosties coloriées, du sucre, etc. ».

    Un autre témoignage de l’existence du sapin décoré pour Noël se retrouve dans l’Essence du Catéchisme que publia en 1642-1646 le pasteur protestant Dannhauer, de Strasbourg. Il constate que depuis quelque temps, en Alsace, on suspend, à la Noël, pour la récréation des enfants, des bonbons et des jouets aux branches d’un sapin. Il déclare qu’il ignore d’où cet usage, qu’il blâme fortement, a pu tirer son origine.

    En France, c’est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, aurait installé un sapin de Noël dans le château de Versailles.

    En 1765, Goethe se trouvant à Leipsig, chez un ami, exprime la surprise que lui cause le spectacle d’un arbre de Noël qu’il voyait pour la première fois.

    L’arbre de Noël fait son apparition à Paris, en 1837, grâce à la duchesse d’Orléans Hélène de Mecklembourg, duchesse d’Orléans. Mais ce fut un échec, les parisiens y voyant des habitudes protestantes. Cette tradition se généralisera en fait après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d’Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l’arbre de Noël aux Français.

    En 1840, le prince Albert, époux de la reine Victoria, l’introduisit au palais royal de Buckingham, à Londres, et le mit en honneur dans l’aristocratie et la bourgeoisie anglaise et de là le sapin partit à la conquête du monde anglophone …

     

    Le sapin de Noël

     

     

    Sources

    La Nuit de Noël dans tous les pays de Alphonse Chabot

    France pittoresque

    Comment vivaient nos ancêtres ? de Jean Louis Beaucarnot 

    www.noel-vert.com

    Contes et Légendes Hors série 2017

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940508c/f7.image le mémorial historique et géographique de la pâtisserie


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  • Le Père Noël

    Tout commença avec Saint Nicolas de son vrai nom Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, né au IIIème siècle en Lycie, au sud de l'actuelle Turquie et évêque de Myre. Il était déjà aux yeux de tous ses contemporains le protecteur des enfants, des veuves et des personnes les plus faibles. Il serait mort aux alentours du 6 décembre.

    Le Père Noël

    La légende de ce Saint raconte qu’entre Nancy et Metz, l'hiver approchant, trois enfants, partis glaner dans les champs, se perdirent sur le chemin du retour. Attirés par la lumière filtrant des fenêtres d'une maison, ils s'approchèrent et frappèrent à la porte.

    L'homme qui leur ouvrit, un nommé Pierre Lenoir, boucher, accepta de leur donner l'hospitalité pour la nuit. En fait, sitôt les enfants entrés, il les tua, puis à l'aide de son grand couteau, les coupa en petits morceaux, pour finalement les mettre dans son saloir (un grand baquet empli de sel), afin d'en faire du petit salé.

    Saint Nicolas, chevauchant son âne, vint à passer par là et frappa à son tour à la porte du boucher. L'homme, n'osant pas rejeter un évêque, le convia à dîner. Son invité lui demandant du petit salé, le boucher comprit qu'il était découvert et, pris au piège, avoua tout. Le saint homme étendit alors trois doigts au dessus du tonneau de petit salé, reconstituant et ressuscitant ainsi les trois enfants.

    Saint Nicolas enchaîna le boucher à son âne et le garda auprès de lui pour le punir. Il devint le père Fouettard, être mauvais, dont le rôle est de réprimander les enfants désobéissants et les cancre. Toujours vêtu de noir, caché sous une cagoule et une épaisse barbe noire, il incarne tout l'opposé de Saint Nicolas, qui arbore une belle barbe blanche, des vêtements colorés d'évêque (mauve et blanc, avec une crosse, dorée à l'origine, puis rouge et blanche).

    Le Père Noël

    Le Père Fouettard

    C’est ainsi que Saint Nicolas devient le patron des enfants, leur protecteur et bienfaiteur. Il descend du ciel dans la nuit du 5 au 6 décembre, accompagné d'un âne ou d'un cheval blanc, selon les pays. Il se glisse dans les cheminées, et distribue des fruits secs, des pommes, des gâteaux, des bonbons, des figurines en chocolat et de grands pains d'épices aux enfants qui avaient au préalable laisser leur soulier devant la porte ou devant la cheminée tandis que sa monture se nourrit des pommes et des carottes laissées par les enfants. Mais gare à ceux qui n'ont pas été sages. Le Père Fouettard est chargé de les punir.

    Le Père Noël

    Saint Nicolas

    Dans le nord de la France, il est de coutume le soir du 5 décembre, que les familles se réunissent pour manger ensemble une coquille de saint Nicolas (une sorte de brioche), qu'on trempe dans le cacao chaud. Saint Nicolas a pour habitude de distribuer là bas une orange, des spéculoos, des nic-nacs, et du pain d’épice à son effigie.

    Le Père Noël

    Dans les années 1500, la fête de Saint-Nicolas à Dunkerque est ainsi décrite :

    « Le 5 décembre, veille de la fête de la Saint-Nicolas, le patron des enfants, les écoliers nommaient, parmi eux, un évêque. Toute la journée du 6 décembre, l'élu avait le titre et les immunités d'évêque des enfants. En cette qualité, il ordonnait tout ce qui concernait la fête générale des enfants de la ville. Afin d'y contribuer à sa manière, l'échevinage lui faisait délivrer deux kannes (cruche)[] de vin soit : 6 litres. »

    Mais c’est surtout en Lorraine que Saint Nicolas est le plus fêté, car en effet il est aussi le Saint Patron de la région depuis 1477.

    Le Père Noël

    Fête de St Nicolas 1700

    Les célébrations de la Saint-Nicolas vont s’étendre à toute l'Europe du Nord, centrale et de l'Est. En Hollande, Saint Nicolas est appelé Sinterklaas. Et lorsque les Hollandais au XIXe siècle, vont migrer aux Etats-Unis, ils vont importer la tradition de «Sinterclaas», qui deviendra par déformation «Santa-Claus».

     

    La première pierre à la création du mythe du Père Noël est posée en 1821 avec la publication dans un journal américain du poème «A visit from St Nicholas» de Clément Clarke Moore, pasteur américain, poème mieux connu depuis sous le nom de «The night before Christmas». Voir ci dessous.

     

    L'oeuvre raconte la venue de Saint-Nicolas, un sympathique lutin dodu et souriant, qui descend du ciel dans un traineau tiré par huit rennes, et distribue des cadeaux aux enfants dans la nuit du 24 au 25 décembre. En effet les familles trouvèrent plus appropriées que la fête des enfants soit associée à la naissance de l’enfant Jésus et donc peu à peu la tournée de Santa Claus se fit dans la nuit du 24 au 25 décembre.

     

    Le poème transforme quelque peu l’apparence de Santa Claus : Il a pris de l'embonpoint, sa crosse s’est transformé en sucre d'orge, sa mitre est devenu un bonnet, sa mule est remplacée par un attelage de rennes. En outre, l'auteur fit disparaître le Père Fouettard...

     

    En 1863, Santa Claus troqua définitivement ses habits d'évêque contre un costume rouge avec fourrure blanche, rehaussé d'une large ceinture de cuir (il fut représenté ainsi par Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste au journal new-yorkais Harper's Illustrated Weekly.).

    Le Père Noël

    En 1885, Nast décida aussi que l'antre de Santa Claus se trouvait au Pôle Nord (le dessin qu'il réalisa représentait deux enfants regardant, sur une carte du monde, le tracé du parcours de Santa Claus depuis le pôle Nord jusqu'aux États-Unis.

     

    Le Père Noël

    Puis, en 1886, l'écrivain américain George Webster reprit l'idée de Nast, précisant que la manufacture de jouets et la demeure du Père Noël, pendant le reste de l'année, était en fait dans les neiges du pôle Nord.

     

    Le Père Noël

    Enfin, en 1931, l'entreprise Coca Cola donna une nouvelle allure au Père Noël, sous le pinceau d'Haddon Sundblom. Santa Claus y gagna alors son air jovial et son attitude débonnaire, et troqua sa robe contre un pantalon et une tunique rouge. L'objectif de la firme était alors d'inciter les consommateurs à boire du Coca Cola en plein hiver... 

     

    Le Père Noël

    Le Père Noël n'est donc pas une invention moderne ni même une invention de Coca Cola d’ailleurs mais est au contraire le résultat d’une lente adaptation au monde moderne !

     

    Il faudra attendre la fin de la Seconde guerre mondiale pour que le Père Noël débarque brusquement dans les foyers européens avec sapin décoré, papier cadeau, cartes de vœux, bûche à déguster et joujoux par milliers …

     

    Il est à noter que ce mouvement n'est pas pour plaire à l'église catholique, qui voit d'un très mauvais oeil ce personnage païen détournant les chrétiens du message de la naissance du Christ. Cette défiance est illustrée de manière spectaculaire à Dijon, le 23 décembre 1951: le Père Noël est brûlé comme hérétique devant les grilles de la cathédrale ! «Il ne s'agissait pas d'une attraction, mais d'un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l'enfant et n'est en aucune façon une méthode d'éducation », écrivait l'église de Dijon. «Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête anniversaire de la naissance du Sauveur».

    Le Père Noël

    Navrant ...

     

     

    La Nuit avant Noël

    C'était la nuit de Noël, un peu avant minuit,

    À l'heure où tout est calme, même les souris.

    On avait pendu nos bas devant la cheminée,

    Pour que le Père Noël les trouve dès son arrivée.

    Blottis bien au chaud dans leurs petits lits,

    Les enfants sages s'étaient déjà endormis.

    Maman et moi, dans nos chemises de nuit,

    Venions à peine de souffler la bougie,

    Quand au dehors, un bruit de clochettes,

    Me fit sortir d'un coup de sous ma couette.

    Filant comme une flèche vers la fenêtre,

    Je scrutais tout là haut le ciel étoilé.

    Au dessus de la neige, la lune étincelante,

    Illuminait la nuit comme si c'était le jour.

    Je n'en crus pas mes yeux quand apparut au loin,

    Un traîneau et huit rennes pas plus gros que le poing,

    Dirigés par un petit personnage enjoué:

    C'était le Père Noël je le savais.

    Ses coursiers volaient comme s'ils avaient des ailes.

    Et lui chantait, afin de les encourager:

    "Allez Tornade!, Allez Danseur!

    Allez , Furie et Fringuant! En avant Comète et Cupidon!

    Allez Eclair et Tonnerre!

    Tout droit vers ce porche,

    Tout droit vers ce mur!

    Au galop au galop mes amis!

    Au triple galop!

    " Pareils aux feuilles mortes, emportées par le vent,

    Qui montent vers le ciel pour franchir les obstacles,

    Les coursiers s'envolèrent, jusqu'au dessus de ma tête,

    Avec le traîneau, les jouets et même le Père Noël.

    Peu après j'entendis résonner sur le toit

    Le piétinement fougueux de leurs petits sabots.

    Une fois la fenêtre refermée, je me retournais, J

    uste quand le Père Noël sortait de la cheminée.

    Son habit de fourrure, ses bottes et son bonnet,

    Étaient un peu salis par la cendre et la suie. J

    eté sur son épaule, un sac plein de jouets,

    Lui donnait l'air d'un bien curieux marchand.

    Il avait des joues roses, des fossettes charmantes,

    Un nez comme une cerise et des yeux pétillants,

    Une petite bouche qui souriait tout le temps,

    Et une très grande barbe d'un blanc vraiment immaculé.

    De sa pipe allumée coincée entre ses dents,

    Montaient en tourbillons des volutes de fumée.

    Il avait le visage épanoui, et son ventre tout rond

    Sautait quand il riait, comme un petit ballon.

    Il était si dodu, si joufflu, cet espiègle lutin,

    Que je me mis malgré moi à rire derrière ma main.

    Mais d'un clin d'oeil et d'un signe de la tête, I

    l me fit comprendre que je ne risquais rien.

    Puis sans dire un mot, car il était pressé,

    Se hâta de remplir les bas, jusqu'au dernier,

    Et me salua d'un doigt posé sur l'aile du nez,

    Avant de disparaître dans la cheminée.

    Je l'entendis ensuite siffler son bel équipage.

    Ensemble ils s'envolèrent comme une plume au vent.

    Avant de disparaître le Père Noël cria:

    "Joyeux Noël à tous et à tous une bonne nuit"

     

    Le Père Noël

     

    Sources

    La Nuit de Noël dans tous les pays de Alphonse Chabot

    France pittoresque

    Comment vivaient nos ancêtres ? de Jean Louis Beaucarnot 

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