• Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

    Pour situer, Rumegies se situe à peu près à 40km de Lille.

     

    « Le 10 de juillet 1708, nos pauvres Français se laissent encore battre à Audenarde (Les Français perdirent dans cette bataille 15 000 hommes (dont environ 8 000 prisonniers) et 25 canons, les coalisés perdant moins de 3 000 hommes). On attribue ce malheur à la mésintelligence des généraux. Le roi avait nommé son petit-fils le duc de Bourgogne, généralissime de ses troupes. Il lui avait donné pour adjoints son frère le duc de Berry et le jeune roi d’Angleterre, fils de Jacques, connu en ce pays sous le nom de chevalier de Saint Georges. Ces jeunes princes ont perdu le pays et ils n’ont fait que faute sur faute pendant la campagne. Et ils s’en sont retournés à Paris après avoir laissé prendre Lille et avoir eu mille occasions de la secourir, car le maréchal de Boufflers qui la défendait a fait une défense inouïe. Il a été investi le 13 août et il s’est défendu jusqu’au 21 octobre de cette année 1708 (Il parvint à défendre la ville jusqu'en août, mais les coalisés étant décidés à conduire un siège inhabituellement long, il dut se replier dans la citadelle, et capitula finalement avec 8 000 survivants le 28 octobre.). C’est ici qu’il faut admirer la main de Dieu sur la France car Lille ne devait point se rendre. Tout le monde convenait que le prince Eugène (de Savoie, chef de l’armée impériale) et Milord Malborough (commandant en chef anglais et héros de la comptine « Malbrough s’en va en guerre ») avaient témérairement siégé cette ville. Dans le temps que tout manquait aux assiégeants, le comte de la Motte a inutilement attaqué un convoi avec trois contre un. ; il a été battu et le convoi a passé.

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

    Le duc de Malborough à la bataille d'Audenarde

    Ensuite Monseigneur le duc de Bourgogne est venu à Mons en Pévèle dans le temps que les ennemis méditaient de fuir. Il n’a osé mordre et puis il est revenu avec son armée sur l’Escaut qu’il a fait retrancher depuis Gand jusqu’à Tournai, pensant d’y faire périr les ennemis. Point du tout ils ont pris Lille et sont venus passer la rivière sans tirer un coup et sont allés désiéger Bruxelles que le duc de Bavière siégeait, obligé de fuir et d’abandonner toute son artillerie. Tout cela paraîtra incroyable à la postérité. Nous avons été fourragé seulement en paille de l’armée du duc de Bourgogne qui était au Saulchoir près de Tournai. Ces fourrages ont duré jusque vers le Noël. Le premier fourrage général a commencé le19 août. Jugez de la misère jusqu’au mois de décembre. Je dois ajouter que s’il eusse plu huit jours de suite pendant cet important siège ils eussent dû quitter la place. Mais nos pêchés sont trop grands car la perte de Lille est la ruine de tout le commerce des Pays Bas ».

     

    Voir article sur le siège de Lille


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  • Testament de Charles II

    « Si le testament de Charles II ne serait point trop long on le rapporterait tout entier. Il mérite d’être vu tant il est rempli de piété et de religion. Le gros du testament pour la France c’est qu’il a fait son héritier universel Monsieur le duc d’Anjou, second fils de Monseigneur le Dauphin ; en défaut du duc d’Anjou, il appelle à la même succession le duc de Berry ; et en défaut de ces deux princes il appelle l’archiduc d’Autriche, second fils de l’empereur ».

     

    Voir les conséquences de ce testament dans l'article sur le siège de Lille


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  • Un paroissien pendu

    « Si on pouvait mettre dans un oubli éternel le nommé … (le nom a été raturé et il n’y a aucune indication dans le registre des décès), la postérité ne saurait pas qu’il a été exécuté à mort à St Amand le 4 novembre 1704. Mais sa mort et les larcins qu’il a commis crient si haut qu’on en parlera encore plus d’un siècle. C’était un hypocrite qui dérobait tous les jours et lorsque son curé le corrigeait, il avait de si belles paroles que, si on ne l’avait point connu, il aurait passé pour un saint. Mais trois vaches qu’il avait dérobées, un homme qu’il avait volé dans les bois, etc. l’ont fait connaître à la justice, qui lui a fait son procès et qui l’a condamné à être pendu et étranglé. Il avait femme enceinte et trois autres petits enfants. Comme le larcin ne profite point, il dérobait tout ce qu’il voyait et devenait chaque jour de plus en plus pauvre ».


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    Reconstruction d’une demi maison paroissiale

    « Enfin cette année au mois de juillet 1702 Monsieur l’Abbé de St Amand est convenu de bâtir une demi maison paroissiale dans son patronat de Rumegies. Ce ne fut point sans grande difficulté, sans avoir fait mille voyages, qu’on l’a obtenue par les voies d’amitié. Encore at-il fallu donner un acte de non préjudice ce qui ne peut faire dans la suite ni bien ni mal, le curé pouvant bien augmenter mais point diminuer. Ce ne fut que pour éviter contre une si puissante maison un procès, qui épuiserait le curé, le peu qu’on a bâti ayant encore assez coûté car sans exagération ce nouveau bâtiment lui a coûté plus de 50 écus. […]. Sans compter les dépenses d’un poulailler, d’un cochonnier et de tous les eschets (appentis), desquelles Monsieur l’Abbé n’a jamais voulu faire un sou de dépense, de sorte que toutes ces petites affaires ont encore coûté au curé 40 autre écus ».

     

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 13 - Reconstruction d'une demi maison paroissiale

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 13 - Reconstruction d'une demi maison paroissiale

    Ferme à Rumegies, 122 rue Angèle Lecat

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 13 - Reconstruction d'une demi maison paroissiale

    Ferme à Rumegies, 443 rue du grand chemin


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  • Où est la fin du 17è ?

    « Tous les savants aussi bien que les ignorants se tourmentent au commencement de cette année 1700 pour savoir si nous sommes entrés dans le 18ème siècle ; les uns le veulent et les autres disent que c’est seulement la dernière année du 17ème siècle. Tout ce qu’il y a à dire c’est que les siècles étant de l’institution des hommes, il dépend de savoir comme nos ancêtres les ont institués ».


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