• Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 3 - Les défauts des paroissiens de Rumegies

    Le curé Dubois note la négligence des paroissiens à fréquenter les sacrements, à assister à la messe du dimanche et aux vêpres surtout quand il fait beau et que les travaux agricoles se font pressants :

    « le deuxième défaut des paroissiens de Rumegies est une certaine négligence ou tiédeur dans les affaires du salut, par exemple négligents au dernier point à fréquenter les saints sacrements, à fréquenter les saints offices qui se font dans la paroisse, point de scrupule de ne point entendre la sainte messe, d’une négligence qui va jusqu’au mépris pour fréquenter les vespres, particulièrement lorsque le temps est beau ; car l’hiver quand ils ne savent que faire ils y viennent mais toujours tardifs et quand il fait beau temps à peine trouve t on bien tard des personnes pour sonner . »

    Dans le même temps, il note également que les habitants sont âpres au gain mais tous travaillent dur et tous font l’aumône : « je crois que Dieu les sauvera par ce moyen ».

    Cette générosité était d'ailleurs si notoire qu’elle attirait les mendiants de partout : « il faut aller mendier sur la terre de St Amand ; ce sont des gueux,  ils donnent plus que les autres ».

     

    Gueux signifient ici hérétiques, protestants : cette réputation date du siècle précédent, siècle durant lequel la région avait été soumise à une forte influence protestante. Toutefois un siècle plus tard il ne reste que quelques familles protestantes à Rumegies. Il s’agit d'ailleurs du premier défaut des paroissiens aux yeux du curé : « comme ce village fut négligé autrefois, soit pendant les guerres ou autrement, il y en a qui ont toujours dans leur cœur de vieilles erreurs [foi protestante], qu’ils ne sauraient soutenir qu’à cause qu’ils l’ont ouï dire de leurs pères et qu’ils soutiennent mordicus comme par exemple qu’on peut être sauvé en toute sorte de religion, etc. »

     

    Le troisième défaut des paroissiens est « qu’ils sont attachés avec trop d’affection aux biens temporels (affectionnés aux choses de la terre , c’est pourquoi on les trouve cruels, adonnés au blasphème et têtus)".

     

    Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 3 - Les défauts des paroissiens de Rumegies

    Ferme au 57 rue Alexandre Dubois à Rumegies et datant de 1758

     

    Note sur les mendiants :

    Le 20/10/1693 une odonnance sur les mendiants fut promulguée visant les pauvres qui n’étaient pas en état de gagner leur vie : défense absolue leur était faite de demander l’aumône. Leur subsistance devait être assurée pendant 7 mois aux frais de chaque paroisse et pour ce faire un rôle devait être établi de tous ces indigents et une estimation des sommes nécessaires calculée de façon à ce  que tous les habitants soient taxées à proportion de leur bien.

     


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