• L'arme du Train

     

     

     

    Mon arrière grand père Ludovic Legros a fait la guerre 14/18 au sein du 8ème escadron du train. Il était chauffeur hyppomobile.

    L'arme du Train

      

     

    Jusqu’à l’époque napoléonienne, les transports de ravitaillement étaient confiés à des compagnies civiles. Quant aux livraisons, elles n’étaient pas effectuées sur les lieux mêmes des combats et une grande partie des ressources disparaissait avant même d’arriver à destination.  

     

    Le 26 mars 1807, Napoléon décide de militariser le service des transports pour offrir à son armée des ravitaillements fiables. Ainsi est née l’arme du train (Transport et Ravitaillement de l'Armée Impériale de Napoléon). 

     

    Sous le 1er Empire le train participe à toutes les campagnes napoléoniennes. Alors hippomobile. Il est chargé de l’approvisionnement des troupes en campagne et du transport des blessés.

     

    En 1808 en Espagne, les tringlots (soldat du train – ce surnom vient du fait qu’il est équipé d’un mousqueton de cavalerie porté en bandoulière, grâce à sa tringle qui lui permet de tirer en toute circonstance) doivent soutenir une armée de 100 000 hommes. Le mulet se révèle alors être le meilleur moyen de traverser un relief particulièrement accidenté. Les premières compagnies muletières du train sont créées.

     

    L'arme du Train

     

    Elles seront également à l’honneur en Algérie à partir de 1830. Le maréchal Bugeaud écrira : "c’est le fantassin et le tringlot avec ses mulets qui ont conquis l’Algérie".

     

    Au début du XXème siècle, au Maroc, le train devient chamelier pour assurer les ravitaillements à travers le désert entre les postes et les bases d’opérations.

     

    Au cours de la Grande Guerre, le train des équipages s’illustre avec le service automobile. Ce nouveau mode de transport fait très vite émerger la nécessité d’une régulation.

      

    Le 17 avril 1913, le général Joffre, chef d'état-major général de l'armée, signe une instruction provisoire sur l'utilisation des véhicules automobiles en temps de guerre. Ce texte fixe les règles d'emploi des véhicules et la tactique de marche des convois automobiles. 

    À la veille de la Première Guerre mondiale, l'armée ne dispose que de 170 véhicules automobiles. A cette époque presque tout les déplacements s'effectuaient encore à cheval. 

    Le 2 août 1914 est créé le service automobile des armées . Dès sa création, le service automobile est organisé en unités appelées "sections automobiles".  

    • sections de transport de matériel ™, principalement le ravitaillement des unités en vivres ou en munitions,  
    • sections de transport de personnel (TP),  
    • sections de ravitaillement en viande fraîche (RVF),  
    • sections sanitaires (SS),  
    • sections de transport de matériel routier (TMR),  
    • sections de transport de personnel télégraphique (TPT)  
    • sections de parc (SP), pour l'entretien des véhicules. 

    Les sections sont réunies par quatre pour constituer un groupe, rassemblant de 70 à 80 véhicules, commandé par un capitaine. Un groupement se compose de cinq à six groupes.  

     

    L'arme du Train

     

    En février 1916, la première commission régulatrice automobile, prélude de la circulation routière, est créée pour assurer le contrôle de la circulation sur la route départementale reliant Bar-Le-Duc à Verdun (Voie Sacrée). Le train hippomobile subsiste et continue à porter les ravitaillements au plus près du front.  

     

    Le général Ludendorff écrira dans ses mémoires : "la victoire française de 1918 est la victoire du camion français sur le rail allemand".

     

     

      

    Témoignage d'un conducteur de l'époque : 

     

     Nous habitons, depuis trois mois, une petite ville de montagne, à quelques kilomètres de l'ancienne frontière alsacienne, et nous ravitaillons par le col de B... les troupes échelonnées dans la vallée de St-A., jusqu'à T. les routes sont relativement bonnes, très supérieures aux abominables chaussées pavées que j'ai connues dans le Pas-de-Calais, dans le Nord et dans la Belgique occidentale. Des équipes de territoriaux et de cantonniers travaillent d'ailleurs à l'entretien et à la réfection de ces voies, continuellement défoncées par un roulage intense ainsi que par les lourdes charges de l'artillerie.
    Nous avons « bûché », naguère, dans des conditions particulièrement fatigantes. Il nous est arrivé de marcher pendant 72 heures consécutives sans connaître d'autre repos qu'un sommeil fiévreux, hâtivement pris, entre deux transports, sur le siège de nos voitures. Quant aux repas consommés sur le pouce — je veux dire, pour plus de précision, sur le garde-crotte — je ne vous en parle que pour mémoire. Nous avalions à ce moment, faute d'une nourriture plus substantielle, 150 à 200 kilomètres par jour sous la neige et la pluie, les mains engourdies et machinalement crispées au volant, les reins brisés par la trépidation. Ajoutez que nous roulions, la nuit, sans phares, et que nos yeux, éblouis par les projections des forts environnants, s'exaspéraient à suivre un itinéraire souvent difficile et périlleux.
    Certes, nous avons besoin d'hommes solides et particulièrement entraînés pour résister à ce terrible surmenage. Sept ou huit de nos conducteurs, qui se trouvaient dans des conditions de moins-value physique, n'ont pu résister bien longtemps et nous avons dû les évacuer sur l'hôpital le plus proche.
    Dieu merci, nous sommes maintenant un peu plus tranquilles. Nous dormons et surtout nous mangeons. A cet égard le camion-cuisine de la section, aménagé comme une roulotte de bohémiens, nous rend, dans nos déplacements, de précieux services. Nous chargeons chaque matin à la gare de X... ce que nous destinent, à tour de rôle, les services de l'intendance, de l'artillerie et du génie. Pour l'intendance, ce sont les charbons, les vins, les farines, les conserves, les pommes de terre et les légumes secs (ravitaillement dit « éventuel »). Pour l'artillerie, les obus, les grenades, les lance-bombes, etc.. Pour le génie, les fils de fer barbelés, les pieux, les cisailles, les tôles ondulées, les madriers, les baraquements démontables, tout l'outillage et toute la quincaillerie qu'exige l'aménagement de nos tranchées, de nos forts et de nos postes avancés.
    La charge de nos camions varie entre 2.500 et 3.000 kilos. Ainsi lestés, nous acheminons la marchandise aux points voulus, souvent à faible distance des lignes de feu. Nous déchargeons et nous revenons au cantonnement. Nous faisons la navette, de la sorte, jusqu'à deux ou trois fois par jour. Je vous assure que nous ne chômons guère et que nos pauvres camions sont soumis à de rudes épreuves. Vous aurez une idée de la besogne accomplie quand vous saurez que notre seule section consomme journellement une moyenne de 550 litres d'essence!...
    Cette existence serait monotone si nous n'avions pas parfois quelques surprises. Encore que les bâches de nos voitures soient extérieurement tapissées de branches de sapin, pour en diminuer la visibilité aux yeux de l'adversaire, il arrive assez fréquemment que nous soyons découverts par les Taubes et les Aviatiks. Nous recevons des bombes, mais elles ne nous ont pas fait grand mal jusqu'à présent.
    Une section voisine, mitraillée, ces jours derniers, près de N..., a subi d'appréciables dommages; la nôtre est indemne ou peut s'en faut.
    L'autre jour, toutefois, nous l'avons échappé belle. Repérés par les fusées d'un avion boche, pendant que nous déchargions à la station de W..., nous étions, cinq minutes après, arrosés par une vingtaine d'obus dont quelques-uns éclatèrent à 20 mètres de nos voitures et brisèrent les vitres de la gare.
     

    En pareil cas, les conducteurs s'abritent comme ils peuvent. Au coup de sifflet des sous-officiers ils se couchent sous le châssis, puis, l'alerte passée, ils se comptent et reprennent leurs postes, non sans railler allègrement l'inutile pétarade...  

    N'empêche que nous voudrions bien changer un peu d'itinéraire et de paysage. La vallée de Saint-A., si riante qu'eue soit en la saison des fleurs, commence à lasser notre admiration bi-quotidienne. Quand pourrons-nous désaltérer nos radiateurs à l'eau du Rhin ?...  

      

    sources :

    http://traindesequipages.blogspot.fr/

     

     

      


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