• Le cantonnier

    Le cantonnier

    Le cantonnier était préposé à l’entretien des routes ou des voies ferrées et de leurs abords.

    Du XVIIe au XVIIIe siècle , les routes étaient entretenues par la corvée (obligation faite aux paysans de consacrer plusieurs jours de travail à ces tâches).

    Pierre Marie Jérôme Trésaguet, intendant de la généralité de Limoges, a l’idée de mettre en place en 1764 des baux d’entretien de routes, qui sont découpées en cantons. Les ouvriers sont alors appelés des cantonniers :  le bail d’entretien des chemins dans la province du Limousin dispose dans son article 1er. : "Toutes les parties de routes comprises au présent bail seront entretenues en état de perfection, bien roulantes, sans heurt, flaches, buttes, pierres errantes, dépôts, décombres, boues, immondices, etc. ; et ce par des cantonniers [...]".

    En 1775, le mémoire sur la construction et l’entretien des chemins de la généralité de Limoges : "L’entrepreneur veillera à ce que les cantonniers remplissent avec la plus grande exactitude toutes les clauses de son marché [...]".


    Le cantonnier effectue, sous la responsabilité d’un entrepreneur, les travaux manuels d’entretien des chemins

    En 1807, le Directeur général des Ponts et Chaussées écrit : "[...] généralement, l’emploi des cantonniers a produit de bons effets, mais il faut qu’ils soient entièrement au compte de l’Administration..."

    En 1811,  un décret du 16 décembre prévoit de diviser les routes en cantons dont les limites correspondent aux relais de poste. "Les travaux seront confiés à des cantonniers qui seront des maîtres de postes ou des petits entrepreneurs locaux.

    En 1816, constatant que des cantonniers à gages (ouvriers permanents de l'Etat) ont été substitués dans beaucoup de départements aux cantonniers adjudicataires, un décret du 11 juin promulgue le "Règlement pour le service des cantonniers salariés chargés de l’entretien des routes en cailloutis

    L’appellation de cantonnier est remplacée en 1947 par celle d’agent de travaux, puis en 1991 par celle d’agent d’exploitation. Depuis 2011 on parle aussi d'accoroutiste.

    Le travail du cantonnier était un vrai travail de forçat qui consistait essentiellement à casser des cailloux et déblayer les routes de tous détritus et autres encombrants pour un salaire dérisoire.

    Sa semaine de travail au 19èm siècle est de 78 heures. Du 1er avril au 1er octobre il commence à 6h du matin pour finir à 7h du soir et le reste de l'année il travaille du lever au coucher du soleil.

    En été il a un congé de moissons qui eut varier d'1 mois à 3 mois en fonction de l’employeur.

    Il ne peut s’absenter en cas de maladie sans avoir trouvé au préalable un remplaçant. Et de toute façon toute absence injustifiée entraîne une amende de 3 livres (6 livres pour la 2ème absence, 9 livres pour la 3ème et ensuite c'est la destitution).

    Il doit se procurer à ses frais la quasi-totalité de ses outils : une brouette, une pelle en fer et une en bois, un outil dit tournée formant pioche d’un côté et pic de l’autre, un rabot de fer, un rabot de bois, une pine en fer, une masse en fer, un cordeau de 10m de longueur , 3 nivelettes, une roulette ou ruban décamétrique et une canne graduée.

    Les réparations sont faites hors du temps de travail chez le maréchal ou le charron.

    Il doit emporter avec lui ses outils. Pour plus de "confort", il peut toutefois construire dezs cabanes fixes ou portatives maçonnées ou en pierre sèche pour y entreposer ses outil mais aussi pour se protéger des intempéries.

    Le cantonnier

    L'uniforme est à sa charge : un gilet-veste et un pantalon de drap plus un tablier de cuir et le fameux chapeau : dans le règlement de 1811, le chapeau du cantonnier est en effet normé ;  Il doit y avoir autour de la forme du chapeau une bande de cuivre de 0,28 m de longueur et de 5,5 cm de largeur, sur laquelle est écrit en découpure le mot cantonnier.

    Le cantonnier

     

    Quant au salaire, à Rouen en 1795 il gagne 5 livres/jour.

    En 1882 il gagne entre 37 et 62 francs/mois selon les employeurs

    En 1902, il gagne entre 50 et 70francs par mois.

     

    sources

    code des ponts et chaussées et des mines

    une histoire buissonnière de la France

     

     

     

     

     

     

     


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