• Le choléra

     

     

    Se transmet par voie digestive, qu’il s’agisse de l’eau, des aliments souillés par les déjections des malades ou par simple contact

    Vomissements ou  diarrhées aqueuses, abondantes et indolores, qui entraînent une déshydratation rapide du malade. La température tombe à 35/36°. Le malade a un aspect cyanosé.

     

    En 1832 le choléra arrive pour la première fois en France causant 100 000 décès essentiellement en région parisienne et dans le nord du pays.

    Le choléra arrive réellement à Paris le 26 mars 1832 même si dans les jours précédents des cas douteux ont été signalés. Ce jour là, quatre personnes furent frappées tout à coup presque simultanément et moururent en peu d’heures, dans la rue Mazarine, dans les quartiers de la Cité, de l’Hôtel-de-Ville et de l’Arsenal. 

    Dès le 31 mars, il y avait déjà à Paris 300 malades, et sur les 48 quartiers de la ville, 35 étaient envahis. Le troisième arrondissement était seul épargné. Du 31 mars au 1er avril, l’épidémie se répandit dans toute la capitale. 

    En avril toute la ville est contaminée :  de 100 décès le 2 avril, on atteint les 7 000 morts 12 jours plus tard.

    Un élève chirurgien au Val-de-Grâce déclara en avril qu’elle s’attaque aux vaches et aux dindons ; certains journaux de province parlent même du choléra des poules et des chats !

    Les Parisiens qui le peuvent fuient la capitale, emportant avec eux sans le savoir le mal en province. À ceux qui restent, la capitale offre des rues désertes. Plus d’échoppes. On cesse, pendant quelques jours, de payer péage au pont des Arts. Il n’y a de mouvement que sur le Pont-Neuf, où des brancards chargés de morts ou de mourants se dirigent vers l’Hôtel-Dieu. Ailleurs, de rares passants, souvent de deuil vêtus, se hâtent, le mouchoir sur la bouche.

    Les seuls mouvements de foule se déroulent devant les pharmacies : le camphre monte de 5 à 24 francs. Le bruit se répand que les riches ont accaparé tous les médicaments ; et parfois la foule proteste, devant les officines, contre le renchérissement des produits.

    Les corbillards manquent ; Le ministre de la Guerre est sollicité : il prête des fourgons du dépôt d’artillerie qui font le service dans la rue du Cherche-Midi mais ces véhicules font tant de tapage et de bruit que l'on abandonne cette idée.

    Les cercueils manquent; on empile les cadavres dans des sacs.

    L’épidémie atteignit son maximum au 9 avril, jour où il y eut 814 décès. Le 14 du même mois, le fléau était arrivé à un tel degré qu’on comptait 12 à 13 000 malades et 7 000 morts.

    L’épidémie resta stationnaire durant six jours environ. À dater de ce moment le mal commença à décroître ; les décès tombèrent de 756 à 651 ; le 30 avril, ils étaient à 114 ; et du 17 mai au 17 juin on n’en comptait plus que 15 à 20 par jour.

    Cependant vers la fin de ce dernier mois, le troisième de l’épidémie, et au commencement de juillet, une recrudescence très grave se manifeste. Le 9 juillet, 710 personnes succombent ; le 18, la mortalité est remontée à 225. Cette recrudescence dura peu ; et dès le 28 juillet il n’y avait plus que 25 à 30 morts chaque jour.

    La France recensera en 1832, 229 554 cas de choléra et 94 666 morts dont 18 402 à Paris dont 12 733 pour le seul mois d’avril  (parmi eux : Casimir Perier, président du conseil des ministres).

    En 1833, l'épidémie de Choléra à Lille provoque 18% du total des décès de l'année

    En 1834, le choléra revient et touche davantage le midi

    En 1848, 3ème épidémie de choléra : elle tuera plus de 140 000 personnes

    En 1866, nouvelle épidémie de choléra qui est bien connue grâce à l'annuaire statistique du Département, publié en 1867. L’épisode est assez court mais ses ravages sont importants:

    • Le premier cas est signalé le 6 février 1866 dans l'arrondissement de Dunkerque, 
    • le dernier est consigné le 22 novembre de la même année dans la région de Cambrai.
    • La maladie touche 150 communes sur les 660 que compte alors le département, surtout dans les communes ouvrières: Lille, Roubaix, Valenciennes, Dunkerque, Armentières, Halluin... mais «curieusement» épargne l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe.

    Pour les rédacteurs de l’Annuaire, il semble que la catégorie socioprofessionnelle des malades concernés soit  une cause majeure dans la propagation de cette épidémie.

    2,9 % de la population totale du département est réellement touchée, 1,4 % décède.  Ces chiffres peuvent sembler assez peu, mais le plus inquiétant est la mortalité liée à la maladie: 49,9% des malades, tous âges et sexes confondus.


    Le Progrès du Nord du 8 décembre 1866 n’hésite pas à qualifier le choléra de «maladie épidémique du pauvre». Ce n’est là qu’un constat dressé après les épidémies de 1832, 1849, 1854, 1859... durant lesquelles les populations ouvrières, notamment du textile à Lille, furent les plus durement atteintes.

    A Lille, on déplore en effet un habitat humide, froid, misérable, des rues étroites et malpropres, un manque d’hygiène extrême. Les canaux de la ville comme les rues recueillent les déjections. Certains déplorent l’habitude qu’ont les hommes d’uriner dans les fossés à la sortie des estaminets, les femmes celle de se soulager dans les ruisseaux, d’incriminer les déjections qui stagnent entre les interstices du pavage

    La plupart des ouvriers s’entassent littéralement dans une ou deux pièces, rarement plus.

    L’Annuaire Statistique de 1867 précise ainsi : «En examinant aussi les conditions sociales des personnes atteintes par l’épidémie, on constate que c’est la classe ouvrière qui a été presqu’exclusivement frappée pour ainsi dire partout. La raison de ce fait paraît facile à déduire; n’est-ce pas en effet la classe ouvrière qui par ses labeurs, sa nourriture peu substantielle, l'exiguïté de ses logements et, il faut le dire, ses habitudes d’intempérance, se trouve dans la situation hygiénique la plus défavorable? A Valenciennes, cependant, toutes les classes de la société ont dû payer leur tribut au fléau.» (in Annuaire Statistique, page 380)

    En 1884, Marseille sera touché par la 5ème attaque de choléra; plus de 1700 Marseillais en mourront.

     

     

     

    http://histoiresdunord.blogspot.fr/2006/03/1866-une-pidmie-de-cholra-dans-le-nord.htmlfv

    http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article3185

     


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