• Les Invalides

     

    Que faire des milliers d'anciens soldats estropiés par les guerres et de ce fait réduits à la mendicité ou au rançonnement de voyageurs sur chemins?

    Sont créés sous Henri IV pour eux notamment les hôpitaux de la Charité et St Louis.

    A partir de 1622, chaque province a ses hôpitaux généraux.

    L'hôpital général, composé de la Salpétrière, Bicêtre, la Pitié, Scipion et la Savonnerie, fondé en 1656 , est affecté au renfermement des mendiants, employés à des ouvrages en manufacture et à qui on dispense des soins.

    Le 24 février 1670 est créé l'Hôtel des Invalides par Louis XIV.

    Pour y être accepté, il faut en 1710, 20 ans de services continus, en 1729, 18 ans et des blessures sérieuses. La condition d'ancienneté est supprimée pour les estropiés. En 1730, ce seront l'usure ou la blessure qui décidera de l'admission. Il faut  être proposé par le colonel de son régiment, un certificat médical ayant été établi par le chirurgien major de l'hôpital où le soldat est soigné.

    C'est l'inspecteur d'armes qui examine chaque cas et qui décide de l'envoi aux Invalides.

    Le soldat est contrôlé à nouveau à son arrivée par le chirurgien major de l'Hôtel qui parfois le renvoie pour services ou blessures insuffisantes. A partir de 1709, on donne aux refusés 6 livres "pour se conduire chez eux" ou à leur régiment s'ils veulent y retourner et en 1723, 10 livres.

    On remet aux anciens soldats un uniforme à l'entrée : une camisole de chamois, un chapeau noir et des bas gris.

    Les anciens soldats admis logent en chambre non chauffées de 4 à 5 lits, garnies de tables, bancs, et chandeliers de cuivre.

    Il y a des lieux d'aisance (qui n'existent même pas à Versailles) avec sièges et un collecteur souterrain pour les eaux sales.

    On sert à chaque repas par table de 12, un potage, une pièce de bœuf, une entrée. A chaque souper, un rôti, une entrée et un dessert. Trois par semaine de la salade. Pendant le carême, poissons, œufs, et légumes secs.

    Les salles de l'infirmerie sont grandes, claires, aérées. Les malades disposent en général d'un lit pour eux seul. Ils sont répartis en 3 catégories :

    - les décrépits et caducs par l'âge ou les infirmités

    - les paralytiques, impotents, grabataires

    - les estropiés, amputés, aveugles, sourds ...

     

    En 1686 est créée la catégorie des manicrots, qui ont des crochets à la place des mains; on leur adjoint en permanence un camarade.

    Les vénériens ont une salle eux seuls vu leur nombre. Des dragées de Keiser contre la syphilis leur sont données.

    40% à peu près des hommes dépassent l'âge de 70 ans et 10% 80 ans, l'âge moyen au décès ne dépassant pas à l'époque 50 ans pour le reste de la population.

     

    L'assistance à la messe dominicale et aux fêtes sont obligatoires. Les invalides doivent présenter des billets de confession et des certificats attestant leur devoir pascal pour obtenir sorties et congés.

    Les protestants sont interdits à partir de 1685. Vers 1770, les protestants réapparaissent sans qu'on leur demande de se convertir. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les protestants convertis ou non s'élèvent à 1% du total des admis.

    Le travail est encouragé : ateliers de tailleurs d'habits, cordonniers, tapissiers de soie ou laine, enlumineurs et calligraphes...

    D'autres sont fossoyeurs, garçon de salle, jardinier, portefaix ...

    En 1760 une petite somme mensuelle, "solde des menus besoins", est distribuée et en 1764 une pension de 54 livres est instituée.

    Initialement, l'Hôtel est conçu pour 1500 personnes, or en 1680 ils sont 5000, 10000 entre 1700 et 1712.

    En 1763 à la fin de la guerre de sept ans, ils sont 5811.

    En temps de paix on compte seulement 7 à 800 nouveaux venus par an.

    Sous Louis XIV, l'Hôtel admet 30979 invalides ; sous Louis XV, 61338 soldats.

    Louis XIV décide par une ordonnance de 1690 de créer une compagnie détachée de l'Hôtel : le roi a en effet jugé qu'une partie des officiers et soldats de l'Hôtel pouvaient encore servir pendant la campagne prochaine.

    En 1702 61 compagnies cantonnent à Arras, Béthune, Aire, St Omer, Hesdin, Bapaume, Gravelines, St Malo, Rocroy, Mézières, Amiens, Le Havre, Dieppe, Cambrai, Sedan, ...

    En 1735, il y a 151 compagnies dont 3 de bas officiers qui assurent la sécurité du roi de Pologne, beau père de Louis XV à Lunéville.

    Aux bas officiers est confiée la garde des palais royaux (Tuileries, le Louvre, Vincennes, Bastille, ...).

    Leur situation n'est toutefois pas enviables : En 1756, Paulmy secrétaire d'Etat à la guerre demande que les soldats invalides ne dorment qu'à deux par lit et non à 3.

    Ils ne disposent que d'une couverture en montagne dans une forteresse non chauffée.. les hommes souffrent de mal nutrition et sont "dans un état de santé affreux".

    Les  invalides installés dans Paris mariés au moment de leur admission et dont l'épouse habite la ville, obtiennent l'autorisation de découcher 3 nuits par semaine. Ils peuvent obtenir une carte permanent de "logé dehors" qui leur laisse le droit de manger à l'Hôtel chaque jour sans y habiter mais qui leur impose tj la présence à la messe et le devoir pascal en l'église St Louis.

    Aux provinciaux on accorde des congés courts , quelques semaines à quelques mois, puis de 12 mois voire 24 mois et plus c'est à dire illimités.

    Les soldats doivent se présenter au subdélégué du lieu. Une ordonnance du 8 janvier 1737 leur accorde une somme pour couvrir les besoins pendant le voyage.

     

    Le 21 novembre 1733, un privilège leur est accordé : exemption de taille, logement des gens de guerre, subsides et gabelles.

     

    En 1762, des ordonnances concernant les régiments de dragons, cavalerie, hussards, et infanterie accordent la solde entière après 24 années de service et la demi solde après 16 ans. Ces sommes seront payées chaque mois par les subdélégués sous le contrôle des commissaires des guerres; ces soldats redeviennent civils et ne sont plus reçus dans les hôpitaux militaires.

     

    En 1764, la pension d'invalidité est réorganisée : les pensionnés peuvent partir avec leur pension (54 livres par an ou 72 livres pour les bas officiers).Un peu plus de 10% décident d'intégrer l'hôtel et y laissent leur pension. La blessure n'a plus de caractère impératif.

     

    Une base de données recense plus de 135 000 pensionnés entre 1673 et 1796 : http://www.hoteldesinvalides.org/

     

     

     

     

     

     

     

    Sources : Votre généalogie n°14

     

     


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