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    Le chiffonnier

    Le chiffonnier - gravure n°10 - Carle Vernet

     

    « Rien ne se perd, rien ne se perd, tout se transforme »

    Phrase de Lavoisier remise au goût du jour actuellement pour des raisons écologiques et que déjà nos ancêtres connaissaient très bien mais pour des raisons économiques cette fois. En effet tout se recyclait chez nos aïeux :

    - la bouse de vache séchée au soleil constituait un combustible

    - les papeteries du 19è fonctionnaient grâce à la récupération de chiffon

    - les cordages et les toiles hors d’usage des voiliers, servent à la fabrication du papier à cigarettes

    - les boues urbaines composées de paille et de crottin de chevaux étaient amenés à la voierie et servaient aux maraichers pour leurs jardins. Cela occasionnait d’autres désagréments comme expliqué dans cet article ICI

    - l’urine des urinoirs publics (simple tonneaux mis à disposition) était collectée pour servir dans les opérations de peignage de la laine

    - eaux grasses, épluchures de légumes, croûtes de pain en provenance des hôpitaux constituaient après transformation un « excellent pâté » pour les milliers de porcs élevés en banlieue

    - les culots de bouteilles et les tessons de gros verts servaient à la fabrication de papier de verre

    - les viandes avariées venues des abattoirs servaient à l’élevage d’asticots vendus ensuite aux pêcheurs

    - etc

     

    Pour mesurer l’ampleur de cette activité « cachée » car essentiellement nocturne, il faut savoir qu’à Paris en 1899, 30 000 chiffonniers vivent de la libre collecte des chiffons et autres vieux papiers, bouchons, clous, cheveux …

     

    Chiffonnier en 1899

     

    Qui est le chiffonnier ? Une personne dont on se méfie : les chiffonniers sont en effet nécessairement suspect du fait de leur vagabondage et des matières , des déchets qu’ils touchent.

    Le chiffonnier inquiète la population et est défini de « parasite, sale, dépenaillé, violent, alcoolique, inadapté, dégénéré, sans morale ».

    Le journaliste russe Petr Petrov, correspondant à Paris dans les années 1870, a visité Paris et a décrit ce qu’il a vu à la Cité Doré entre le boulevard de l'Hôpital et la rue Jeanne-d'Arc, refuge misérable des chiffonniers les plus pauvres (aujourd’hui le 13ème arrondissement) :

    « Quelques sans-abris ont décidé de se doter d’un toit. Ils ont entassé tout un bric-à-brac, ont volé des planches, des cadres, des portes, des caisses en bois, ont dérobé des poutres et des perches, assemblé des ordures, amassé une montagne de saletés […]. Le passé de ces chiffonniers est plus ou moins identique : une vie dissolue et vide, la ruine, l’absence d’esprit de décision et de volonté de se mettre au travail ou, au contraire, la volonté de se suicider, l’ivrognerie due au malheur, au désespoir, une ivrognerie sans moments de lucidité ; puis, la chute finale, la dégradation, la misère, les guenilles, l’errance, la faim, le froid… […] Le passé des chiffonnières est plus uniforme : ce sont presque toutes d’anciennes prostituées, confites dans l’alcool, qui n’ont pas su se ménager leur vieillesse. En un mot, dans leur masse, ce sont les déchets, la lie de la société, qui s’accumulent en un seul et même endroit, tel un liquide pourri qui coule vers la même fosse, telles les eaux usées de la ville qui s’écoulent vers le collecteur central des égouts ».

    Petr PETROV, Les Chiffonniers de la Butte-aux-Cailles, Le Tout sur le Tout, 1983, Paris.

     

    Le chiffonnier

    Cité Doré

     

    Malgré cette image négative, le chiffonnier est un personnage indispensable de l’économie de l’époque puisqu’il approvisionne massivement l’industrie, comme le remarque Henri Blerzy en 1867 (1830-1904 - directeur départemental des PTT dans l’Aube) : « Près de sept mille individus n’ont d’autre moyen d’existence que d’explorer, le crochet à la main, les humbles rebuts de la population parisienne : 10,000 francs par jour, 3 millions et demi par an, telle est la moisson incroyable que les chiffonniers récoltent dans leurs expéditions nocturnes, butin immonde dont s’alimentent des fabriques de papier, de carton et de noir animal. Quelque inconvénient qu’il y ait à souffrir les usages actuels, on a pensé qu’il serait inhumain d’enlever à cette armée de pauvres travailleurs son gagne-pain de chaque nuit »

     

    Le chiffonnier

    Crochet du chiffonnier

     

    L’activité de chiffonnage connait son heure de gloire au 19ème avec la papeterie. Au 19ème on écrit à tour de bras et on a besoin de papier ; or le papier est fabriqué à cette époque avec des chiffons.

    Le chiffonnage, ce n’est bien sûr pas que les chiffons : les os collectés par les chiffonniers sont aussi très demandés, car ils entrent à partir de la fin du XVIIIe siècle, dans de multiples fabrications : bouton, suif, colle, charbon animal, gélatine, etc..

     

    Le chiffonnier

    Chiffonniers au 19ème siècle - photo Eugène Atget (1857-1927)

     

    Et parce que le chiffonnage prend au XIXe siècle un essor considérable, une ordonnance de police est rédigée en 1828 par M. de Belleyme, préfet de police de Paris, afin de limiter le nombre de biffins et de mieux les contrôler.

    Désormais, les chiffonniers sont assujettis au port d’une médaille délivrée par la Préfecture de Police : le chiffonnage devient une profession à autorisation : « nul ne pourra plus ramasser des chiffons dans la rue sans y avoir été autorisé par l’administration ». « Tout chiffonnier recevra une médaille en cuivre de forme ovale qui portera ses noms, prénoms, sobriquet et signalement ainsi qu’un numéro d’ordre. cette médaille devra être portée de manière apparente. le chiffonnier devra faire placer sur la face extérieure de la hotte en chiffres percés à jour de 54mm de haut son numéro d’ordre. Ce chiffre sera reproduite en couleur noire sur une des vitres de sa lanterne. »

    11000 médailles furent délivrées à paris entre 1828 et 1873.

     

    Mais les chiffonniers résistent à ce contrôle et se prêtent les médailles afin de pouvoir exercer sans soucis. les médailles passaient de père en fils créant de véritables dynastie de chiffonniers.

    En 1872, cette ordonnance tombe en désuétude alors que les chiffonniers parisiens sont presque 12 000, et approximativement 30 000 à la fin du siècle.

     

    Comment fonctionne le métier ? Le chiffonnage se hiérarchise en trois catégories jusqu’aux années 1850 :

    - Le chiffonnier de nuit ou « piqueur » récolte le meilleur. Il est appelé aussi coureur ou biffin (de biffe qui désigne le crochet de fer avec lequel les chiffonniers fouillent les détritus) : il court les rues, pique avec son crochet tout ce qu’il trouve revendable ; il porte une hotte sur son dos appelée « cachemire d’osier ».

    - Le « secondeur » pratique cette activité en plus de son travail déclaré et vient fouiller à la fin de la nuit les tas déjà visités par le piqueur.

    - Le « gadouilleur » ou « gadoueur » est le plus misérable, il part du matin au soir vers les dépôts de boues ou chez les paysans pour récupérer ce qui peut encore l’être ; il passait après ses confrères.

     

    Le chiffonnier

    Chiffonniers de la porte d'Asnières Paris - Photo Eugène Atger (1857-1927)

     

    Lorsque les boîtes à ordures de Mr Poubelle sont adoptées vers 1884, la hiérarchisation du chiffonnage change à nouveau.

    - Le « placier », nouvelle catégorie de chiffonnier, travaille en étroite collaboration avec un concierge qui l’autorise à entrer dans la cour pour fouiller dans les boîtes. il ne court donc pas, il a une place et fait le travail du concierge à la place de celui-ci : il récupère toutes les boites à ordure de chaque occupant, les vide dans la cour, les trie et récupère tout ce qu’il y a à récupérer, nettoie les boites et les remet en place Le placier a souvent une voiture en lieu et place de la traditionnelle hotte. Il peut gagner jusqu’à 10 à 12 francs par jour mais contrairement aux coureurs il doit assumer son service quel que soit le temps qu’il fait. Il perd la liberté qu'a le chiffonnier traditionnel.

    - Le « coureur » quant à lui doit se contenter des boîtes déjà fouillées par les « placiers »

    - Enfin, le « gadouilleur » continue d’essayer d’exister.

     

    Le chiffonnier

    En tout état de cause, coureur, placier, secondeur et gadoueur ne sont que des récolteurs. Une fois la récolte terminée, ils amènent leur marchandise au maître chiffonnier qui achète au poids. Chaque produit a un cours précis et chaque maître chiffonnier est spécialisé dans un type de produit : un tel les chiffons, un autre les os, encore un autre le verre … Les maîtres chiffonniers sont des commerçants, des notables, , des élus locaux qui mènent une vie de bourgeois, achetant le produit des fouilles des piqueurs et des placiers, employant du personnel pour trier, et revendant par wagons à l'industrie les textiles, les os, les métaux ….

     

    La vie du chiffonnier « ...il y a d'abord les chiffonniers de naissance, c'est-à-dire les enfants des chiffonniers qui n'ont jamais fait que ce métier-là. Ensuite, il y en a beaucoup qui, comme moi, l'hiver de 1860-61, étant sans travail, me suis mis à chiffonner le soir d'abord, parce que je craignais d'être rencontré par des personnes qui me connaissaient. Pour qu'on ne me reconnût pas, je me coiffais d'un chapeau à larges bords que j'avais soin de rabattre sur mes yeux. A cette époque, tous les soirs, je gagnais 6 ou 7 francs en travaillant jusqu'à minuit ou une heure du matin. (...) Lorsque le beau temps revint, et que le travail reprit dans mon métier de menuisier, je ne cherchai pas d'ouvrage, je continuai le chiffonnage et je m'enhardis à le pratiquer le matin. Ne gagnant que 3,75 francs dans la menuiserie, prix de la journée en 1860, je préférai chiffonner parce que je gagnais davantage et que j'étais plus libre. »

    Extrait de Notes d'un chiffonnier de Desmarquest, in Le Travail en France. Monographies professionnelles de J. Barberet.

     

    Cet extrait permet de voir qu’un chiffonnier motivé peut gagner bien mieux sa vie qu’un simple ouvrier mais tous les chiffonniers ne sont pas placés à la même enseigne comme on l'a vu plus haut

    Et n’oublions pas les ravages de l’alcool : le chiffonnier comme tant d’autres travailleurs était malheureusement attiré par la boisson qui lui permettait d’oublier sa vie de misère … et qui le faisait par là même retomber dans la misère puisqu’il buvait chaque semaine son salaire …

     

    Le chiffonnier

    Intérieur d'un chiffonnier - 1912 - porte d'Ivry - Phoro Eugène Atger

     

    Philosophie du chiffonnier

    « Vidons l’écrin !... vidons le panier aux ordures, et faisons l’inventaire de ma nuit !... Voyons si j’ai vraiment fait une grasse journée… si je trouverai quelque chose de bon dans ce résidu de Paris !... C’est peu de chose que Paris qui va dans la hotte d’un chiffonnier… Dire que j’ai tout Paris, le monde, là, dans cet osier… Mon Dieu, oui, tout y passe, la feuille de papier… tout finit là tôt ou tard… à la hotte !... […] L’amour, la gloire, la puissance, la richesse à la hotte ! à la hotte !... toutes les épluchures !... tout y vient, tout y tient, tout y tombe… tout est chiffon, haillon, tesson, chausson, guenillon !... […] Et dire que tout cela refera du beau papier à poulet, de belles étoffes à grandes dames, et que ça reviendra là encore, et ainsi de suite, jusqu’à l’extermination. O folies d’hier… ô superbes rogatons… c’est là votre humiliation !... C’est le rendez-vous général, c’est la fosse commune, c’est la fin du monde… c’est plus que la mort, c’est l’oubli !... Qu’est ce qui reste après le père Jean, je vous le demande un peu ?... Rien, un os comme celui-là ! ».

    Félix PYAT (1810-1889), journaliste, auteur dramatique et homme politique français, Le Chiffonnier de Paris, 1861

     

    Le chiffonnier

    Carte postale - début 20ème

     

    La chanson de la hotte

    Les chiffonniers, glaneurs nocturnes,

    Tristes vaincus de maints combats,

    Vers minuit quittant leurs grabats,

    Dans l'ombre rôdent taciturnes.

     

    La Hotte sur leurs reins courbés

    Se dresse altière et triomphante ;

    Voici ce que cet osier chante

    Sur ces échines de tombés :

     

    Moi, la Hotte nauséabonde,

    Épave où vivent cramponnés

    Les parias et les damnés,

    L'écume et le rebut du monde,

     

    Fosse commune à tous débris,

    Où ce qui fut Hier s'entasse,

    En juge, chaque nuit, je passe,

    Fatal arbitre du mépris.

     

    À la lueur de sa lanterne,

    Mon compagnon qui fouille au tas

    Ramasse tout : chiffons, damas,

    Sans que sourcille son œil terne ;

     

    Tout ! auréoles de clinquant,

    L'honneur vendu, des ailes d'ange ;

    On trouve en remuant la fange

    Les vertus mises à l'encan ;

     

    Fausses grandeurs, fausses merveilles,

    Et tant d'autres choses encor ;

    Vieux satin blanc aux trois lis d'or,

    Velours vert parsemé d'abeilles.

     

    Dernier et fatal ricochet,

    Tout va, tôt ou tard, à la hotte

    Du chiffonnier qui dans la crotte

    Fouille du bout de son crochet. »

     

    Charles Burdin, Heures noires, Paris : Librairie des bibliophiles, 1876

     

    Fin des chiffonniers La fin du 19ème siècle va sonner le glas des chiffonniers.

    1/ L’invention de Mr Poubelle est le premier coup de semonce. En effet le 24 novembre 1883, le préfet de la Seine, Eugène René Poubelle prend un arrêté relatif à l’enlèvement des ordures ménagères en imposant des boites à ordures à chaque occupant de logement et oblige les propriétaires parisiens à fournir à chacun de leurs locataires un récipient muni d'un couvercle.

    Trois boîtes étaient obligatoires : une pour les matières putrescibles, une pour les papiers et les chiffons, et une dernière pour le verre, la faïence ou les coquilles d'huîtres.

    Ces premières « poubelles » devait être en bois, garnies de fer blanc à l’intérieur pour des raisons d’hygiène, être muni d’un couvercle et avoir une contenance de 80 à 120 litres.

     

    Le chiffonnier

    Les boites à ordures de Mr Poubelle, rue Emile Zola, Paris - 1913

     

    Elles devaient être sorties le matin très tôt afin que les ramasseurs d’ordures puissent les vider dans leur tombereau.

    Ces boîtes à ordures vont fatalement faire baisser les revenus des chiffonniers car si les récipients sont sortis juste avant le passage du tombereau, ils n’auront pas le temps de procéder au tri. Seuls les « placiers », en relation avec les concierges, parviennent à conserver des revenus décents pendant un temps.

     

    Le chiffonnier

    Ramassage des ordures

     

    « Depuis qu'on ne peut plus vider les ordures sur la voie publique, 50 % des détritus utilisables que recueillaient les chiffonniers sont perdus pour l'industrie française. Et au lieu de 2 Frs par jour, les chiffonniers gagnent à peine 1 Fr. Je suis marchand de chiffons ! J'employais, avant l'arrêté, six hommes et un certain nombre de femmes. J'achetais en moyenne pour 500 Frs par jour de détritus ; depuis, je n'en achète plus que pour 140 ou 150 Frs ; au lieu de six hommes, je n'en emploie plus que trois, et sur dix ou douze femmes, j'ai été obligé d'en renvoyer la moitié. Or ces hommes et ces femmes, qui ne peuvent plus travailler chez moi, ne trouvent pas plus d'ouvrage chez mes confrères, ils sont sur le pavé de Paris, il leur est impossible de s'employer. Il est évident que ces femmes ne peuvent guère aller faire de la couture ou de la lingerie. Voilà la crise que nous subissons ».

    Extrait de la déclaration de M. Potin, maître chiffonnier, à la Commission dite des 44, cité par Joseph Barberet in Le travail en France : monographies professionnelles.

     

    La poubelle va avoir du mal à passer dans les habitudes des gens mais cela va se faire et en moins d’un demi- siècle tout le monde utilise ce récipient qui s’appelle désormais une poubelle.

     

    Ne nous y trompons pas toutefois, la poubelle et le ramassage organisé des ordures est certes une avancée importante en matière d’hygiène publique mais ce qui a sous tendu ces décisions fut également et peut être surtout le profit. En effet, industriels et financiers entendent tirer profit dès la seconde moitié du 19ème siècle, du chiffonnage.

    En effet, « Paris compte près de 20 000 chiffonniers réguliers qui gagnent 2.50 f à 3 francs chaque jour ce qui donne 50 000 francs par jour et 18 millions par an ! Cette somme rémunère quatre choses : la recherche de détritus réutilisables, le triage ou cassement de ces divers résidus, leur transport chez le maître chiffonnier et enfin la valeur même dudit détritus. […] Nous pourrions grâce à un arrêté habilement fait obtenir gratuitement trois de ces choses. Pour cela il faudrait commencer par rendre le chiffonnage impossible et alors tous les détritus qui ont une valeur quelconque serait ramassés par les voitures du concessionnaire de l’enlèvement des boues et des immondices de Paris ».

     

    2/ Les matières premières récoltées par les chiffonniers sont de moins en moins demandées : les industriels se détournent en effet lentement du chiffon qui n’est ni assez abondant, ni assez compétitif. Les fibres du bois semblent nettement plus intéressantes. Quant aux os, ils sont progressivement remplacés par les premiers plastiques.

    « Entre 1883 et 1902, les cours des chiffons et des vieux papiers s’effondrèrent ; la tonne de blanc de toile passa de 30 à 15 francs et celle des vieux bouquins de 8 à 3 francs ».

    L’activité de chiffonnier devient alors très difficile et, peu à peu, le déclin de la profession se fait.

    La collecte des matières qui faisait vivre et même s’enrichir certains chiffonniers jusqu’au milieu de XIXe siècle n’est plus du tout rentable à la veille du XXe siècle ...

     

    Mais le recyclage a retrouvé ses lettres de noblesse au 21ème siècle ...

     

    Le chiffonnier

     

    Sources

    Histoire des ordures : de la préhistoire à la fin du dix-neuvième siècle de Marine Béguin

    Histoire des hommes et de leurs ordures, Le Cherche Midi, 2009 de Catherine de Silguy

    Les chiffonniers à Paris

    Sur les pas des chiffonniers de Nanterre

    Les Chiffonniers de Paris de Antoine Compagnon

    Le site MHEU 

    Le chiffonnier, une activité menacée dès la fin de 19ème siècle

    Nos ancêtres, vie et métiers n°56


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  • Le marguillier est un officier de la religion chrétienne dont la première fonction connue était d'immatriculer les pauvres de l'église, c'est-à-dire de les inscrire sur le registre d'aumône.

    Il existait donc, dans chaque paroisse, un marguillier qui avait la charge du registre des personnes qui recevaient les aumônes de l'Église.

    Le marguiller était également membre du conseil de fabrique.

     

    La fabrique : Le terme "fabrique" désigne à la fois tout ce qui appartient à une église paroissiale et le corps de ceux qui administrent les biens qu'on appelle les marguilliers.

    Ceux-ci sont au nombre de 1 à 4 selon les paroisses. Elus ou nommés ils sont choisis obligatoirement parmi les paroissiens, sont laïcs, de bonnes vie et mœurs, et en principe savent lire et écrire. Ceci dit, ils ne savent pas tous écrire et sont nommés plus pour leur bonne volonté que pour leur connaissance de la comptabilité ou de l'écriture…

    La gestion du cimetière paroissial va donc relever de l’attribution des fabriques. Gestion quelque peu défaillante si l’on en croit les divers commentateurs de l’époque : clôtures non entretenues, terrain envahi par les bestiaux qui viennent y paître, du linge que les femmes viennent étendre, des soulards avinés qui viennent cuver leur vin …

    Ils ont aussi la charge de l'entretien de l'église, l'administration des biens de la paroisse (terres, locations, écoles, rentes, impôts), la décoration de l’église, la garde du mobilier qu’ils doivent inventorier chaque année : linge, nappes d’autel, aubes, croix, aspersoir, ….

    La fabrique (et donc les marguilliers) administre les fonds, perçoit les revenus, acquitte toutes les charges du culte dont elle doit respecter strictement les usages, elle doit faire respecter les usages, vérifier la régularité de la grand messe, exécuter les fondations, distribuer le pain béni, s’occuper de la sonnerie des cloches ...


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    Il s'agit de la personne chargée de fournir à une grande maison les provisions de bouches, viande, gibier, poisson ...

     

    Source : Dictionnaire historique des arts, métiers et professions exercées dans Paris depuis le 13è siècle de Alfred Franklin


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    Le sayetteur est un tisserand en laine.

    La sayeterie est la branche la plus importante des industries de la laine : elle avait pour spécialité la fabrication des étoffes rases et sèches de pure laine.

    La sayette est donc une étoffe légère obtenue par tissage de la laine peignée et séchée avec l’addition autorisée d’un seul fil de soie à chaque fil de cette laine: le "fil de Sayette". Sa confection nécessite une trentaine d'opération.

    Au XVIIe siècle, la sayetterie subit une importante croissance à Lille. Des quartiers entiers  comme St Sauveur à Lille vont fabriquer de la sayette.

     


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    Le rewart est un officier municipal. C'est le Magistrat de Lille (sorte de conseil municipal) qui nomme le rewart.

    Celui-ci siégeait dans l’assemblée de la loy mais derrière les échevins, alors que lors du conseil ou lors des cérémonies, il passait avant le mayeur lui-même.

    Il était le représentant officiel du corps des bourgeois et progressivement ses fonctions firent de lui le véritable gardien de la ville fortifiée, le chef de la police urbaine.

    Le rewart avait en charge la police des foires aux chevaux et bestiaux, l’éclairage des rues, la lutte contre l’incendie, l’organisation du guet sur le clocher…etc.


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