• S comme SUETTE

    La suette sévit à Frouzins en 1782 d’après les dires de Monsieur de Gilède-Pressac, curé de Frouzins.

    Il s’agit d’une « maladie contagieuse qui affligea grande partie du royaume. Il mourut beaucoup de monde et aux environs de notre paroisse ».

    « L'on fut obligé d'approuver tous les prêtres de la ville pour confesser. Les prêtres des paroisses n'étaient occupés que de porter le Viatique et l'Extrème-Onction. A peine étaient-ils sortis d'une maison que l'on les conduisait chez les autres malades. Comme l'on n'avait jamais connu une telle maladie et que l'on ne connaissait point les remèdes qu'il fallait y appliquer, c'est ce qui fut cause d'une si grande mortalité ».

    « On suait beaucoup et l'on croyait devoir se tenir en couvert. On défendait même de prendre l'air, de sorte qu'à force de sueurs et de chaud l'on s'étouffait. L'on prenait même la précaution de coudre les draps du lit pour ne point prendre l'air. — Cette maladie cessa quand on connut l'abus de tant de précautions et lorsqu'on ordonna aux malades de se faire saigner et de purifier l'air de la chambre. Pour lors la maladie cessa. La peur qui avait saisi les esprits fit mourir beaucoup de monde ».

     

    Le curé de St Germier de Muret, où la suette s’est également abattu a catégorisé la suette en 3 classes :

    « La première était supportable et n'empêchait pas autrement d'agir.

    La deuxième fixait au lit, la tête variait et il y avait du danger les trois et quatre premiers jours.

    La troisième enlevait le malade dans deux ou trois jours : le transport était formé souvent dans vingt-quatre heures et au moment qu'on s'y attendait le moins ».

     

    Le curé de St Germier nous précise que « ceux qui en échapèrent furent près de six mois à se remettre : on les seigna et au bras et au pied ».

    La peur dû être grande car le curé de St Germier précise qu’  « on ne sonna plus les cloches, ni on ne chantait pas dans les obsèques, ni on n'entrait pas les cadavres dans les églises. Jamais on ne vit ni plus de piété, ni religion dans tous les états et les âges. Tous se firent un devoir de se confesser; on n'entendit plus raisonner les philosophes, on se confessait presque publiquement et tout prêtre fut approuvé [pour entendre les confessions] ».

    Un sieur de Mongeard (dans le Lauragais), Monsieur Durand de Nougarède, est plus prolixe quant aux méthodes de soins utilisées par le médecin du lieu pour lutter contre la suette cette même année :

    « Notre médecin a été assez heureux dans toutes ces cures Voici comme il agit : si la maladie commence par des douleurs à la teste, il fait appliquer les vésicatoires aux jambes. Il apaise les mouvements d'estomac qui fatiguent le malade par une cuillère d'huile de Provence mêlée avec une égale quantité de suc de limon ou de bon vinaigre. La boisson qu'il donne est de fleurs de mauve ou d'orge un peu échauffée, peu de bouillon. Les sueurs soutenues par cette diète sont bientôt suivies de boutons qui se dessèchent au septième jour de la maladie. On acidule la tisane par quelques goûtes de bon vinaigre. Si la maladie se présente sous un caractère de bénignité, on laisse le malade aux soins de la nature, secondée par un régime adoucissant ».


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