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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 2 - Incendie de la maison du curé

3 Août 2017 , Rédigé par srose

Les annotations du curé Dubois commencent par l’incendie du presbytère : en effet la maison du curé a été brûlée vers 1670 par Gaspard Ficelle dit Pain de soil (pain de seigle) parce que le curé Antoine le Grand lui avait refusé une ordonnance sur la Pauvreté (l’aide de la table des pauvres) prétextant pour cela que son encre était « engelée ».

 

[… ]« il serait trop long de déduire le reste de la malheureuse destinée de cet incendiaire qui fut tué dans une autre occasion également noire, lorsqu’il allait mettre le feu à une moie de (meule) de blé et après avoir tué le censier du Praiel, nommé Hubert Couteau. Il fut tué lui-même de la manière la plus tragique, plus que vingt personnes du village ayant trempé leurs mains dans le sang de cet homicide, immédiatement après qu’il eut trempé les siennes dans le sang de ce pauvre censier.

 

Monsieur le Grand était déjà tout âgé lorsque sa maison fut brûlée. Ce pourquoi il ne s’est guère mis en peine de la faire bien rétablir. Le village lui a donné 300 florins avec quoi il fait bâtir une pitoyable maison, les sommiers n’étant élevés du pavé que de quatre pieds, le pavé de terre, mal couverte et fort mal comprise, tellement que le successeur fut contraint à son arrivée de faire un nouveau pavé jusqu’à ce que monsieur l’abbé de St Amand en fasse une toute nouvelle. […]

 

Ce ne fut pas de même de la grange car on n’en a point bâti de nouvelle ; on a même attendu jusqu’à ce que fusse venu un nouveau curé. Alors l’août ensuivant 1687, monsieur l’abbé de St Amand a donné permission d’abattre des arbres au long des grands chemins pour le commencement d’une nouvelle grange. C’est de quoi on d’est repenti parce qu’on s’est attiré autant d’ennemis qu’on a coupé d’arbres. Le village a donné pour cela 100 florins, et 300 livres qu’il en a coûté au curé. On a bâti la grange à l’endroit où il y en avait eu une  »

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 2 - Incendie de la maison du curé

3 Août 2017 , Rédigé par srose

Les annotations du curé Dubois commencent par l’incendie du presbytère : en effet la maison du curé a été brûlée vers 1670 par Gaspard Ficelle dit Pain de soil (pain de seigle) parce que le curé Antoine le Grand lui avait refusé une ordonnance sur la Pauvreté (l’aide de la table des pauvres) prétextant pour cela que son encre était « engelée ».

 

[… ]« il serait trop long de déduire le reste de la malheureuse destinée de cet incendiaire qui fut tué dans une autre occasion également noire, lorsqu’il allait mettre le feu à une moie de (meule) de blé et après avoir tué le censier du Praiel, nommé Hubert Couteau. Il fut tué lui-même de la manière la plus tragique, plus que vingt personnes du village ayant trempé leurs mains dans le sang de cet homicide, immédiatement après qu’il eut trempé les siennes dans le sang de ce pauvre censier.

 

Monsieur le Grand était déjà tout âgé lorsque sa maison fut brûlée. Ce pourquoi il ne s’est guère mis en peine de la faire bien rétablir. Le village lui a donné 300 florins avec quoi il fait bâtir une pitoyable maison, les sommiers n’étant élevés du pavé que de quatre pieds, le pavé de terre, mal couverte et fort mal comprise, tellement que le successeur fut contraint à son arrivée de faire un nouveau pavé jusqu’à ce que monsieur l’abbé de St Amand en fasse une toute nouvelle. […]

 

Ce ne fut pas de même de la grange car on n’en a point bâti de nouvelle ; on a même attendu jusqu’à ce que fusse venu un nouveau curé. Alors l’août ensuivant 1687, monsieur l’abbé de St Amand a donné permission d’abattre des arbres au long des grands chemins pour le commencement d’une nouvelle grange. C’est de quoi on d’est repenti parce qu’on s’est attiré autant d’ennemis qu’on a coupé d’arbres. Le village a donné pour cela 100 florins, et 300 livres qu’il en a coûté au curé. On a bâti la grange à l’endroit où il y en avait eu une  »

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 2 - Incendie de la maison du curé

3 Août 2017 , Rédigé par srose

Les annotations du curé Dubois commencent par l’incendie du presbytère : en effet la maison du curé a été brûlée vers 1670 par Gaspard Ficelle dit Pain de soil (pain de seigle) parce que le curé Antoine le Grand lui avait refusé une ordonnance sur la Pauvreté (l’aide de la table des pauvres) prétextant pour cela que son encre était « engelée ».

 

[… ]« il serait trop long de déduire le reste de la malheureuse destinée de cet incendiaire qui fut tué dans une autre occasion également noire, lorsqu’il allait mettre le feu à une moie de (meule) de blé et après avoir tué le censier du Praiel, nommé Hubert Couteau. Il fut tué lui-même de la manière la plus tragique, plus que vingt personnes du village ayant trempé leurs mains dans le sang de cet homicide, immédiatement après qu’il eut trempé les siennes dans le sang de ce pauvre censier.

 

Monsieur le Grand était déjà tout âgé lorsque sa maison fut brûlée. Ce pourquoi il ne s’est guère mis en peine de la faire bien rétablir. Le village lui a donné 300 florins avec quoi il fait bâtir une pitoyable maison, les sommiers n’étant élevés du pavé que de quatre pieds, le pavé de terre, mal couverte et fort mal comprise, tellement que le successeur fut contraint à son arrivée de faire un nouveau pavé jusqu’à ce que monsieur l’abbé de St Amand en fasse une toute nouvelle. […]

 

Ce ne fut pas de même de la grange car on n’en a point bâti de nouvelle ; on a même attendu jusqu’à ce que fusse venu un nouveau curé. Alors l’août ensuivant 1687, monsieur l’abbé de St Amand a donné permission d’abattre des arbres au long des grands chemins pour le commencement d’une nouvelle grange. C’est de quoi on d’est repenti parce qu’on s’est attiré autant d’ennemis qu’on a coupé d’arbres. Le village a donné pour cela 100 florins, et 300 livres qu’il en a coûté au curé. On a bâti la grange à l’endroit où il y en avait eu une  »

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Se soigner autrefois (1)

1 Novembre 2016 , Rédigé par srose Publié dans #maladie, #médecine, #mortalité

 

 

Au 18ème siècle, un enfant sur 4 meurt avant 1 an contre 15%  en 1900, 5% en 1950 et 0.3% en 2012

L’espérance de vie n’est à cette époque que de 28 ans …

En 1810, l'espérance de vie atteint 37 ans en partie grâce à la vaccination contre la variole. La hausse se poursuit à un rythme lent pendant le XIXe siècle, pour atteindre 45 ans en 1900.

Pendant les guerres napoléoniennes et la guerre de 1870, l’espérance de vie décline brutalement et repasse sous les 30 ans.

Se soigner autrefois (1)

 

Comment était perçue la maladie au 18ème siècle ?

En 1677, Claude Joly, évêque d'Agen écrit que Dieu nous envoie les maladies « pour mortifier notre corps et le rendre obéissant à l'esprit, pour nous détacher de l'amour des créatures et pour nous convertir à lui, pour nous préparer à bien mourir ».

Au début du 18ème siècle, Antoine Blanchard, prêtre de Vendôme écrit dans son "Essai d'exhortations pour les états différents des malades" que la maladie "est un véritable remède. Elle afflige le corps mais contribue à la guérison de l’âme […] Les maladies ne sont pas seulement des remèdes mais elles sont des châtiments salutaires".

Quelques décennies plus tard, les mentalités n’ont guère changé puisqu’en 1770 Yves Michel Marchais, curé d'une petite paroisse de l'Anjou nous explique que "de quelque côté que nous les envisagions, les souffrances sont des traits de miséricorde à notre égard et des moyens efficaces de sanctification […] Elles nous purifient, perfectionnent notre vertu, nous font aimer Dieu pour lui seul…"

Les épidémies répondent au même besoin de châtiment de Dieu. Ainsi, lors d'une épidémie de dysenterie en Anjou en 1707, l'évêque d'Angers affirme dans un mandement du 30 septembre que Dieu ne fait que punir les coupables : "il ne nous livre à la corruption de notre corps que pour nous punir de celle de notre âme. Ce sont pour ainsi dire les vapeurs de nos crimes qui ont répandu dans l'air la malignité dont nous nous plaignions".

Louis Marie Grignion de Montfort écrit en 1703 à sa sœur tombée malade au cours de son noviciat : "ma chère sœur, je me réjouis d'apprendre la maladie que le bon Dieu vous a envoyé pour vous purifier comme l'or dans la fournaise".

Ces mentalités entraînent inéluctablement une indifférence voir une haine du corps et donc le refus d'intervenir par de moyens humains pour recouvrer la santé.

Le curé Marchais toutefois nous explique que "des malades et des infirmes peuvent et doivent chercher leur guérison dans des remèdes naturels et employer tout ce qu'ils croient pouvoir leur être utile pour se soulager"

Bien sûr il est hors de question de recourir à des moyens surnaturels relevant de la magie.

Cette intervention humaine implique aussi que tout ce qui relève de la médecine « de précaution » ne soit pas utilisé : d'où le débat sur la variolisation ouvert en 1735 par Voltaire qui préconise cette pratique tandis que nombreux ecclésiastiques sont contre car c'est tenter Dieu que de donner à une personne une maladie qui ne lui serait peut être pas venue naturellement. En 1775 les curés bretons y voient d’ailleurs un crime contre la loi divine.

La maladie relève donc clairement du médecin et du prêtre : le premier devoir du médecin n'est-il pas devant un malade gravement atteint de veiller à ce qu'il se confesse? Une déclaration royale de 1712 oblige d’ailleurs les médecins à agir de la sorte en leur interdisant après la 3ème visite de retourner chez un malade  gravement atteint si celui-ci ne leur présente pas un certificat du confesseur.

Se soigner autrefois (1)

Dieu est donc la cause première de la maladie ; qu'en est-il des causes secondes?

Comme je l’ai expliqué dans un précédent article, les phénomènes qui se produisent dans le microcosme qu'est le corps humain (donc la maladie) est en relation avec les phénomènes du macrocosme (l'univers, la terre les cieux) : c’est la théorie en vigueur à cette époque.

Se soigner autrefois (1)

Donc aux 4 éléments du macrocosme (la terre, l'air, le feu et l'eau) et leur qualités respectives (le sec, le froid, le chaud et l'humide) répondent les 4 humeurs (substances liquides sécrétées par le corps humain) :

  • le sang sécrété par le cœur, chaud et humide,
  • la pituite ou phlegme sécrétée par le cerveau, froide et humide,
  • la bile sécrétée par le foie, chaude et sèche,
  • l'atrabile ou mélancolie sécrétée par la rate froide et sèche

Selon qu'une humeur l'emporte sur l'autre, un individu sera de tempérament bilieux, sanguin, phlegmatique ou mélancolique

La maladie va intervenir quand ces humeurs vont se dérégler soit par surabondance soit par altération.

 

A partir du milieu du 18ème siècle, grâce aux Lumières notamment, le fatalisme ambiant devant la maladie et les épidémies est contesté par de nombreux médecins qui sont persuadées des possibilités infinies de la médecine; beaucoup notamment refusent de considérer comme inéluctable la mort de tous ces enfants au berceau d’où une profusion d’ouvrages les concernant vers cette époque.

Se soigner autrefois (1)

Reproduction of Luke Fildes' painting The Doctor, by Joseph Tomanek

 

N’oublions pas en effet qu’ «un quart du genre humain périt pour ainsi dire avant d’avoir vu la lumière puisqu’il en meurt près d’un quart dans les premiers mois de la vie » (Buffon 1777 – naturaliste et biologiste français 1708-1788).

Se soigner autrefois (1)

Jeune mère contemplant son enfant endormi dans la chandelle . 1875. Albert Anker (1831-1910)

 

Entre 1740 et 1789 une étude a montré que le taux de mortalité des enfants de moins d’un an était de 280/1000.

Les causes de ces décès de touts petits se divisent en 3 catégories :

  • Les malformations congénitales,
  • les lésions subies au cours de l’accouchement,
  • les maladies diverses.

Ainsi la diarrhée du nourrisson plus fréquente en été induit une mortalité saisonnière élevée (n’oublions pas qu’elle est encore aujourd’hui la 2ème cause de mortalité dans le monde des enfants de moins de 5 ans).

Au 18ème siècle un peu plus de 50 enfants sur cent atteignent 10 ans. Ils sont attaqués de toute part par la coqueluche, les oreillons ou oripeaux, la varicelle assimilée à une variole atténuée, la rougeole, la scarlatine, la rubéole ….

Et les soins se résument souvent à des enveloppements, des cataplasmes, des infusions de bourrache, de persil ou de coquelicot.

Et que dire de la diphtérie ou angine pestilentielle ou putride, ou croup ou mal de gorge gangréneux qui sévit tant chez les jeunes que chez les plus âgés.

Voir également l'article sur la naissance au cours des siècles.

 

Une maladie qui fait peut : la rage

En 1714 un loup enragé pénètre dans les faubourgs d’Angers et mord, avant d’être abattu, de nombreux chiens et bestiaux et une centaine de personnes. Une trentaine d’entre elles meurent dans des conditions épouvantables : elles sont parquées dans une tour désaffectée et « on les voyait se déchirer, et crier pitoyablement et enfin expirer » »

 

Quid des autres maladies

La gale, la gratelle et la dartre sont moins graves mais très fréquentes. Les malades se grattent furieusement faisant ainsi « rentrer l’humeur » provoquant des infections et aggravant le pronostic initial.

La plupart des affections pulmonaires sont confondues sous le nom de phtisie.

La tuberculose que l’on ne connait pas et qui n’est pas décrite existe bien avant le 19ème siècle.

Le cancer est défini par Antoine Furetière (homme d’église, poète et romancier – 1619-1688) comme « une maladie qui vient dans les chairs et qui les mange petit à petit comme une sorte de gangrène ».

Un cancer déjà fréquent : le cancer du sein ; par pudeur beaucoup de femmes hésite à se confier à un chirurgien.

Saint Simon (duc et pair de France, mémorialiste français – 1675-1755) ainsi nous dit que Mme de La Vieuville qui meurt en 1715 dans un âge peu avancé d’  « un cancer au sein dont jusqu’à deux jours avant la mort elle avait gardé le secret avec un courage égal à la folie de s’en cacher et de se priver par là des secours ».

Il nous signale le cas de Mme Bouchu qui cachait un cancer depuis longtemps ; « avec le même secret, elle mit ordre à ses affaires, soupa en compagnie, se fit abattre le sein le lendemain de grand matin et ne le laissa apprendre à sa famille ni à personne que quelques heures après l’opération : elle guérit parfaitement ».

Les maladies vénériennes : longtemps confondues entre elles sous le nom de vérole. Elles sont très fréquentes.

Se soigner autrefois (1)

Le compagnon vitrier Jacques Ménétra (18ème siècle) avoue une dizaine d’accident contracté à frayer ici ou là à Paris ou lors de son tour de France.

Il se guérit à chaque fois avec des remèdes à base de mercure manifestement. En effet « le mercure et les préparations mercurielles sont l’unique remède capable de détruire radicalement la vérole pourvu qu’on les emploie avec précaution ».

A Paris on soigne la vérole à Bicêtre, l’une des maisons de l’hôpital général.

Se soigner autrefois (1)

On enferme les malades mentaux, les hystériques, les mélancoliques, les déments auxquels on assimile les épileptiques.

Dès la création de l’hôpital général en 1656 il est prévu d’y enfermer « les fous et insensés », les mendiants valides ou non, les vieillards indigents, les vénériens et les enfants abandonnés.

Mirabeau (écrivain français - 1749/1791) est scandalisé de la façon dont sont traités les enfermés, laissés à croupir avec leurs chaines et dans leurs ordures.

Les conditions de vie font-elles la différence en terme de mortalité ?

Une étude réalisée dans le Thimerais entre Chartres et Dreux fait apparaitre une différence certaine : entre 1765 et 1791 il a été calculé que les probabilités de survie à 15 ans pour 1000 enfants de laboureurs (le « haut du panier » paysan) y sont de 587 alors que le chiffre tombe à 515 pour les journaliers agricoles.

Dans les villes sales et empuanties par les eaux usées, les ordures de toutes sortes, la situation ne fait qu’aggraver les épidémies voir même les déclencher.

L’entassement dans des maisons de bois ou de torchis mal entretenues et mal aérées aggravent nécessairement les conditions de vie des habitants.

A Angers en 1769 dans la petite rue Putiballe (aujourd’hui rue Tuliballe), 403 personnes s’entassent dans 39 maisons et 9 de ces maisons abritent 206 personnes (soit une moyenne de 23personnes par maison). Je vous invite à lire les articles sur l’habitat lillois au 19ème siècle qui explique bien l’indigence et l’insalubrité de ces habitions (voir mes articles sur l'habitation lilloise au 19ème siècle 1 et 2).

Se soigner autrefois (1)

Dans les campagnes ce n’est guère brillant : l’habitation se résume là aussi le plus souvent à une pièce où l’on dort, mange, vit. Les maisons sont souvent basses, mal aérées, humides : or « l’on sait qu’un air trop renfermé occasionne les fièvres malignes les plus fâcheuses ; et le paysan ne respire chez lui jamais qu’un air de cette espèce. Il y a de très petites chambres qui renferment jour et nuit le père, la mère, 7 ou 8 enfants et quelques animaux, qui ne s’ouvrent jamais pendant 6 mois de l’année et très rarement les autres 6 mois » (Simon André Tissot, médecin suisse 1728-1797 – Avis au peuple sur sa santé 1761).

Et que dire du tas de fumier à proximité du ruisseau ou du puit ?

L’alimentation concourt également à aggraver l’état général des individus. Les gens pauvres ont 70 à 80% de leurs calories provenant des céréales (surtout seigle, blé orge noir) sous forme de pain ou de bouillie (lire également l'article sur le repas sous l'Ancien Régime).

Peu de poisson ou de viande, peu de fruits (quand ils existent, ils sont surtout cuits), quelques légumes pour la soupe et un peu de graisse (beurre ou huile).

Au 17/18è on mange moins de viande qu’au 15ème siècle ou que les siècles plus tard.

Ce régime entraîne fatalement de nombreuses carences en vitamines. La mauvaise qualité des aliments est quant à lui responsable du pelagre, du scorbut, de l’ergortisme ou mal des ardents.

Parlons un peu de l’ergotisme qui est dû à l’absorption de farines contenant du seigle ergoté ce qui entraîne la gangrène des pieds et des mains.

En 1776, Tessier donne une description de l’ergotisme sévissant en Sologne : « les hommes malades surtout les mieux constitués éprouvaient les deux ou trois premiers jours des douleurs de tête et d’estomac ; la fièvre survenait, ils sentaient tous des lassitudes douloureuses dans les extrémités inférieures ;  ces parties se gonflaient sans inflammations apparentes ; elles devenaient engourdies, froides et livides et se gangrenaient… Les doigts tombaient les premiers et successivement toutes les articulations se détachaient. Les extrémités supérieures, quoique plus rarement, éprouvaient le même sort. On a vu des malheureux auxquels il ne restait que le tronc et qui ont vécu dans cet état encore quelques jours ».

Se soigner autrefois (1) 

Les Mendiants – P. Brueghel

 

Sources

"Se soigner autrefois" de François Lebrun

"Enquête sur les plantes magiques" de Michèle Bilimoff

Revue "Nos ancêtres" n°18 sur les médecins et chirurgiens du 15 au 19ème siècle

INED

 

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Le mal des ardents

27 Mars 2016 , Rédigé par srose Publié dans #maladie

 

L'ergotisme alimentaire ou mal des ardents ou Feu de St Antoine, feu infernal, feu sacré, peste des extrémités, est une intoxication engendrée par la prise alimentaire de seigle ergoté (l'ergot du seigle est un champignon appelé Claviceps purpuréa, parasite responsable de mycotoxicose). L’ergot de seigle se présente sous la forme d’une excroissance, un sclérote, qui s’accroche aux épis de seigle. Il pousse principalement sur du seigle abimé par des étés très humides.
 

Le mal des ardents

 
 
La consommation de farines préparées avec des grains ergotés engendre l’ergotisme qui provoque des troubles hallucinatoires et des délires avec des convulsions qui ressemblent à des crises d’épilepsie. Dans les cas graves elle entraine une gangrène des extrémités, provoquée par une diminution ou un arrêt complet de l’irrigation sanguine. Les chroniqueurs de l’époque écrivirent que “les malades étaient dévorés par un feu intérieur qui se localisait aux pieds, aux mains, à la poitrine. Puis le corps se desséchait et devenait noir, les extrémités se détachaient et ils mouraient dans d’horribles souffrances".
 
 
L’intoxication même légère et passagère par l’ergot a des effets abortifs bien connus. Ce fait pourrait expliquer et la faible fécondité et la proportion importante de prématurés qu’on observe dans les régions où, nous l’avons vu, l’intoxication est presque habituelle.
 
L’ergotisme arrête le lait chez les nourrices, ce qui explique également les taux de mortalité infantile exceptionnellement élevés qu’on relève certaines années dans les villages affectés. Le fait est attesté, par exemple, dans la région de Montauban (archives de Grisolles en Tarn et Garonne rapportées par H. Chaumartin).
 
« Toutes les nourrices perdirent le lait et moururent beaucoup de petits enfants comme par famine … Il y eut pendant 3 ou 4 mois, savoir depuis le mois de juillet jusque vers l’automne … un certain mal de pieds et de jambes qui, outre la douleur très aigüe et la très grande puanteur, pourissait tellement la chair que les pieds et les jambes et même les bras … tombaient d’eux-mêmes et qu’il se trouva plusieurs personnes sans bras ni jambes ».
 
 
Au XIème siècle, se constitua une compagnie charitable des frères de l'aumônepour soigner les égrotants qui accouraient de toutes parts se mettre sous la protection de saint Antoine. En 1247 le pape Innocent IV érigea la communauté en ordre religieux hospitalier des Antonins, ou Antonites en Allemagne, selon la règle des chanoines de saint Augustin. Quelques années plus tard, l'ordre devint l'Ordre religieux hospitalier des chanoines réguliers de Saint-Antoine-en-Viennois. Les Antonins adoptèrent la marque du Tau, figurant la béquille des malades estropiés par le feu de saint Antoine. Ils portèrent aussi le nom de religieux de Saint-Antoine du T ou Théatins. L'ordre des Antonins disparaît complètement d’Europe en 1803
 

Le mal des ardents

 
La plus ancienne mention de la maladie est celle que fait Flodoard de Reims, chroniqueur, pour l'année 945 dans ses Annales décrit la "Peste du feu" qui sévit à Paris : les malheureux avaient l'impression que leurs membres brûlaient, leurs chairs tombaient en lambeaux et leurs os cassaient.
 
 
François Quesnay, le médecin de madame de Pompadour, s'est intéressé à la « gangrène des Solognots » et a découvert que la maladie était due à la consommation d'un seigle avarié. Dans les périodes de famine, les paysans consommaient « des grains corrompus et réduits en forme d'ergot de chapon » pour composer leur pain ou leurs bouillies.
 
« … Par quelle fatalité arrive-t-il que les hommes persuadés qu’il peut leur faire du mal, ne font aucune difficulté de laisser l’ergot dans les grains dont ils se nourrissent ? demandait l’abbé Tessier . Car je ne puis douter de la manière de penser des habitants de la Sologne sur l’ergot. Tous ceux que j’ai interrogés dans le pays m’ont cité des exemples de ses funestes effets sur des personnes de leurs familles.

Quelle peut être la cause de leur indifférence sur un point aussi essentiel, sinon leur extrême misère qui les rend sourds aux cris du danger ? ».

A partir du Xème siècle le mal des ardents causa la mort de centaines de milliers de personnes et de nombreuses autres furent brulées ou exécutées sur la place publique car considérées “possédées” par le diable.

On croyait en effet qu’il s’agissait d’une punition divine et les églises se remplirent et moult processions se déroulèrent. Des pèlerinages furent organisés avec succès : les gens en effet s'éloignaient du lieu de consommation des farines contaminées et étaient pour un temps guéris.

En 1090 à Tournai une “peste” se déclare; il s’agit certainement d’une épidémie d’ergotisme qui sévit également en Flandre et dans le Brabant. L’évêque Radbod propose au peuple de revêtir l’habit de pénitent, de jeûner un vendredi et de prier Notre Dame. Une procession est constituée dans laquelle les fidèles seront accompagnés des reliques de leurs saints. La supplication est entendue et le fléau cesse. Cette procession se perpétue encore annuellement de nos jours.

En 1747  commence la grande épidémie qui va sévir presque tous les ans jusqu’en 1764. Elle touche la Flandre, l’Artois (Lille surtout en 1749), la Sologne, le Gatinais, le Limousin et l’Auvergne

 

Au cours du XIXème siècle, le fléau disparaît. Les progrès de l’agronomie, l’assainissement des sols par des plantations de pins, notamment (exemple fameux de la forêt des Landes), la culture progressive du froment et surtout le développement de celle de la pomme de terre, transformant complètement la nourriture des paysans.

La dernière en France a eu lieu en 1951, à Pont Saint Esprit dans le Gard, en plein vingtième siècle

 

Sources

http://lartdesmets.e-monsite.com/pages/medecine-medievale/l-ergotisme-au-moyen-age.html

wikipedia

cehm.toulouse.free

 

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Les Invalides

27 Février 2016 , Rédigé par srose Publié dans #estropiés, #hôpital, #Invalides, #soldats

 

Cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides

 

Que faire des milliers d'anciens soldats estropiés par les guerres et de ce fait réduits à la mendicité ou au rançonnement de voyageurs sur chemins?

Sont créés sous Henri IV pour eux notamment les hôpitaux de la Charité et St Louis.

Hôpital de la Charité Saint Louis entre les Faubourgs Montmartre et Saint Laurent

A partir de 1622, chaque province a ses hôpitaux généraux.

L'hôpital général, composé de la Salpétrière, Bicêtre, la Pitié, Scipion et la Savonnerie, fondé en 1656 , est affecté au renfermement des mendiants, employés à des ouvrages en manufacture et à qui on dispense des soins.

Le 24 février 1670 est créé l'Hôtel des Invalides par Louis XIV.

Pour y être accepté, il faut en 1710, 20 ans de services continus, en 1729, 18 ans et des blessures sérieuses. La condition d'ancienneté est supprimée pour les estropiés. En 1730, ce seront l'usure ou la blessure qui décidera de l'admission. Il faut  être proposé par le colonel de son régiment, un certificat médical ayant été établi par le chirurgien major de l'hôpital où le soldat est soigné.

C'est l'inspecteur d'armes qui examine chaque cas et qui décide de l'envoi aux Invalides.

Le soldat est contrôlé à nouveau à son arrivée par le chirurgien major de l'Hôtel qui parfois le renvoie pour services ou blessures insuffisantes. A partir de 1709, on donne aux refusés 6 livres "pour se conduire chez eux" ou à leur régiment s'ils veulent y retourner et en 1723, 10 livres.

On remet aux anciens soldats un uniforme à l'entrée : une camisole de chamois, un chapeau noir et des bas gris.

Les anciens soldats admis logent en chambre non chauffées de 4 à 5 lits, garnies de tables, bancs, et chandeliers de cuivre.

Il y a des lieux d'aisance (qui n'existent même pas à Versailles) avec sièges et un collecteur souterrain pour les eaux sales.

On sert à chaque repas par table de 12, un potage, une pièce de bœuf, une entrée. A chaque souper, un rôti, une entrée et un dessert. Trois par semaine de la salade. Pendant le carême, poissons, œufs, et légumes secs.

Les salles de l'infirmerie sont grandes, claires, aérées. Les malades disposent en général d'un lit pour eux seul. Ils sont répartis en 3 catégories :

- les décrépits et caducs par l'âge ou les infirmités

- les paralytiques, impotents, grabataires

- les estropiés, amputés, aveugles, sourds ...

 

En 1686 est créée la catégorie des manicrots, qui ont des crochets à la place des mains; on leur adjoint en permanence un camarade.

Les vénériens ont une salle eux seuls vu leur nombre. Des dragées de Keiser contre la syphilis leur sont données.

40% à peu près des hommes dépassent l'âge de 70 ans et 10% 80 ans, l'âge moyen au décès ne dépassant pas à l'époque 50 ans pour le reste de la population.

Vue de l'église de l'Hôtel royal des Invalides que Louis XIV et sa suite viennent visiter en 1706 - Pierre Denis Martin (1663-1742)

 

L'assistance à la messe dominicale et aux fêtes sont obligatoires. Les invalides doivent présenter des billets de confession et des certificats attestant leur devoir pascal pour obtenir sorties et congés.

Les protestants sont interdits à partir de 1685. Vers 1770, les protestants réapparaissent sans qu'on leur demande de se convertir. Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les protestants convertis ou non s'élèvent à 1% du total des admis.

Le travail est encouragé : ateliers de tailleurs d'habits, cordonniers, tapissiers de soie ou laine, enlumineurs et calligraphes...

D'autres sont fossoyeurs, garçon de salle, jardinier, portefaix ...

En 1760 une petite somme mensuelle, "solde des menus besoins", est distribuée et en 1764 une pension de 54 livres est instituée.

Initialement, l'Hôtel est conçu pour 1500 personnes, or en 1680 ils sont 5 000, 10 000 entre 1700 et 1712.

En 1763 à la fin de la guerre de sept ans, ils sont 5811.

En temps de paix on compte seulement 7 à 800 nouveaux venus par an.

Sous Louis XIV, l'Hôtel admet 30 979 invalides ; sous Louis XV, 61 338 soldats.

Louis XIV décide par une ordonnance de 1690 de créer une compagnie détachée de l'Hôtel : le roi a en effet jugé qu'une partie des officiers et soldats de l'Hôtel pouvaient encore servir pendant la campagne prochaine.

En 1702 61 compagnies cantonnent à Arras, Béthune, Aire, St Omer, Hesdin, Bapaume, Gravelines, St Malo, Rocroy, Mézières, Amiens, Le Havre, Dieppe, Cambrai, Sedan, ...

En 1735, il y a 151 compagnies dont 3 de bas officiers qui assurent la sécurité du roi de Pologne, beau père de Louis XV à Lunéville.

Aux bas officiers est confiée la garde des palais royaux (Tuileries, le Louvre, Vincennes, Bastille, ...).

Leur situation n'est toutefois pas enviables : En 1756, Paulmy secrétaire d'Etat à la guerre demande que les soldats invalides ne dorment qu'à deux par lit et non à 3.

Ils ne disposent que d'une couverture en montagne dans une forteresse non chauffée.. les hommes souffrent de mal nutrition et sont "dans un état de santé affreux".

Les  invalides installés dans Paris mariés au moment de leur admission et dont l'épouse habite la ville, obtiennent l'autorisation de découcher 3 nuits par semaine. Ils peuvent obtenir une carte permanent de "logé dehors" qui leur laisse le droit de manger à l'Hôtel chaque jour sans y habiter mais qui leur impose tj la présence à la messe et le devoir pascal en l'église St Louis.

Aux provinciaux on accorde des congés courts , quelques semaines à quelques mois, puis de 12 mois voire 24 mois et plus c'est à dire illimités.

Les soldats doivent se présenter au subdélégué du lieu. Une ordonnance du 8 janvier 1737 leur accorde une somme pour couvrir les besoins pendant le voyage.

 

Le 21 novembre 1733, un privilège leur est accordé : exemption de taille, logement des gens de guerre, subsides et gabelles.

 

En 1762, des ordonnances concernant les régiments de dragons, cavalerie, hussards, et infanterie accordent la solde entière après 24 années de service et la demi solde après 16 ans. Ces sommes seront payées chaque mois par les subdélégués sous le contrôle des commissaires des guerres; ces soldats redeviennent civils et ne sont plus reçus dans les hôpitaux militaires.

 

En 1764, la pension d'invalidité est réorganisée : les pensionnés peuvent partir avec leur pension (54 livres par an ou 72 livres pour les bas officiers).Un peu plus de 10% décident d'intégrer l'hôtel et y laissent leur pension. La blessure n'a plus de caractère impératif.

 

Napoléon Ier visitant l'infirmerie des Invalides, 11 février 1808

 

 

Une base de données recense plus de 135 000 pensionnés entre 1673 et 1796 : http://www.hoteldesinvalides.org/

 

 

 

Sources : Votre généalogie n°14

https://blog.paris-libris.com/les-vieux-hopitaux-parisiens-la-charite-lhopital-saint-louis-bicetre-lhotel-dieu-saint-lazare-le-val-de-grace-la-salpetriere/

 

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La religion au XVIIIème siècle

17 Novembre 2013 , Rédigé par srose Publié dans #religion, #célébrations, #cimetières

L'église et son cimetière au Moyen Age sont au centre du village.

On trouve de temps en temps dans l'enceinte du cimetière des troupeaux qui y paissent; des manifestations peuvent y avoir lieu (marchés, foires ...)

Ce n'est réellement qu'au XVIIème siècle que des murs seront construits autour des cimetières pour délimiter l'espace sacré su profane et que des édits vont interdire toute activité.

 

Eglise Saint Ulrich (67)
dans Naissance du cimetière médiéval de Pierre Dubois

 

A partir de 1760, la présence des cimetières dans les villes est contestée. et en 1776 une décision royale impose l'implantation des cimetières en dehors de l'agglomération et interdit les sépultures dans les églises sauf pour quelques privilégiés.

A lire aussi à ce sujet ICI 

Le catéchisme se généralise à partir de 1670 (pour contrer notamment les idées protestantes). La multiplication des écoles paroissiales où l'on apprend à lire, écrire et compter favorise la christianisation même si bcp de enfants issus des milieux défavorisés ne fréquentent pas ces écoles.

 C'est à cette époque que l'église pose un discours moralisateur et culpabilise la sexualité et tout ce qui touche au corps.

Les paroissiens doivent participer à la vie religieuse imposée par l'Eglise sous peine d'être excommuniés :

  • la messe : ne pas y assister est un pêché mortel; la messe est dite en latin; le curé peut autoriser une seule personne de la famille à y assister (les autres membres s'occupant des bêtes par ex)
  • le carême : 40 j de réflexion , recueillement, privation (absence de viande, d'oeufs, pas de mariage ni de relations conjugales) en souvenir du jeûne de Jésus dans le désert avant son entrée dans la vie publique
  • période de l'Avent qui précède Noël : abstinence lundi, mercredi et vendredi

 

Divers rites sont essentiels dans la vie de nos ancêtres :

  • le baptême : essentiel car sinon l'enfant erre dans les limbes; permet d'effacer le péché originel et l'impureté lié à l'accouchement - Voir aussi cet article ICI et ICI
  • les rites de relevailles : les femmes sont réputées impures après l'accouchement et doivent garder le lit 40j puis se rendre sur le parvis de l'église avec une matrone pour être bénie par le prêtre et pouvoir ensuite entrer dans l'église - Voir aussi pour plus d'explications cet article sur https://schola-sainte-cecile.com/2015/02/02/benediction-des-relevailles/
  • le mariage : les parents au 4ème degré canonique ne peuvent se marier (sauf dispense); les célébrations ne peuvent avoir lieu pdt le carême, la pentecôte, la toussaint, l'avent:; le vendredi est évité ainsi que le  dimanche

 

Gravure des relevailles en Bretagne (O. Perrin, Galerie des mœurs, usages et costumes des Bretons de l’Armorique, Paris, 1808) 
 

Les personnes décédées après avoir refusés les saints sacrements, les suicidés les non catholiques seront enterrées à l'écart du cimetière

La chasse aux sorcières : de 1580 à 1682; chasse aux sorcières 4 à 5 000 personnes mourront sur le bucher

L'époque est très superstitieuse (le mariage le jeudi peut entrainer un marié cocu, les catastrophes naturelles sont des punitions divines, la buche de Noel doit bruler 3 ou 9 j pour assurer de la chance à la maisonnée et les cendres serviront à faire des remèdes, purifier l'eau du puit ...

l'église condamne ces superstitions et réglemente les fêtes et les processions

 

Au XVIII les comportements changent : contrôle des naissance dans les milieux aristocrates et bourgeois puis en milieu urbain

Les enfants illégitimes augmentent (plus d'abandons et plus de conceptions prénuptiales);le nombre de demandes de prières pour le salut de l'âme baissent.

 

 

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Le service militaire

10 Novembre 2013 , Rédigé par srose

Jusqu'à la fin du 18 ieme l'armée était principalement une armée de métier entretenue par le roi grâce à l'impôt. Le soldat était donc principalement un professionnel qui touchait une solde, même si le recours à la réquisition pouvait avoir lieu selon les besoins.

En 1798 le général Jourdan instaura le service militaire obligatoire, ce que l'on appela la "conscription" :  "Tout Français est Soldat et se doit à la défense de la Patrie",

  • Inscription et conscription sur les tableaux de recrutement pour les hommes de 20 ans révolus 
  • Service militaire obligatoire de 5 ans pour les hommes de 20 ans révolus à 25 ans.
  • Création des classes, tous les français nés la même année formaient une classe

Les conscrits étaient tirés au sort. Il existait un moyen d'y échapper : l'argent. Les plus nantis pouvaient payer un autre pour prendre leur place, au prix d'une somme rondelette pour l'époque. 

la loi de 1802 instaure le tirage au sort désignant ceux qui partaient sous les drapeaux et le remplacement qui permettaient à ceux d'échapper à la conscription en achetant un homme. Elle permet à ceux qui en ont les moyens d'acheter un remplaçant pour leur fils. Loi favorable "aux riches" mais c'était une occasion inespérée pour d'autres de gagner de l'argent qu'il n'auraient pas pu gagner autrement, dans le contexte économique difficile de l'époque.

Devant la pression populaire, la conscription est supprimée en 1815 mais sera rétablie trois ans plus tard! 

le 10 mars 1818 : Loi Gouvion-Saint Cyr revient donc sur la loi de 1814, en y ajoutant des éléments :

  • Conscription limité par tirage au sort.
  • Durée de 6 ans dans l'infanterie
  • Durée de 8 ans dans les autres armes
  • Durée de suivi (vétérans) : 6 ans en service territorial, le remplacement reste une possibilité d'échapper au service

 La loi Neil du 1er février 1868 ramène la durée du service à 5 ans dans l'armée active et 4 dans l'armée de réserve.

La loi Cissey du 27 juillet 1872 rend obligatoire le service militaire pour tous les hommes. Durée fixée 5 ans d’armée d’active, puis 4 ans en réserve et 11 ans en territoriale. Système de tirage au sort : mauvais numéros : 4 ans de service / bons numéros : 6 mois à un an. Etablissement des registres matricules départementaux. Service volontaire d’un an pour les bacheliers. Nombreuses exemptions : soutiens de famille, ecclésiastiques, enseignants

Le 15 juillet 1889, la  loi Freycinet ou "loi des Trois Ans" stipule que "l'obligation du service est égale pour tous". Durée de service : 3 ans en active, plus 7 ans en réserve et 15 ans en territoriale. Tirage au sort : pouvant ramener le service actif à 1 an. Une grand partie des exemptions sont supprimées (séminariste, enseignants...). Les exemptés peuvent être affectés à des services auxiliaires (construction de voies de chemins de fer, manutention, état-major…). Volontariat d’un an supprimé. Conscription dans les colonies (dites les "quatre vieilles" : Antilles, Guyane, La Réunion et les "quatre communes du Sénégal.

Le 21 mars 1905, l la loi André ou Loi Berteaux impose le service personnel égal et obligatoire. Fin du tirage au sort. Durée fixée : à 2 ans, plus 11 ans en réserve et 15 en territoriale. Seuls des motifs physiologiques (taille, infirmité…) ou de santé permettent une exemption. Un sursis sans dispense peut être accordé à certaines catégories sociales (apprentis, étudiants, agriculteurs pour travaux saisonniers). Compensation financière accordée aux familles dont le soutien est sous les drapeaux.

 Le 7 août 1913, la durée du service est augmentée de 2 à 3 ans pour faire face aux classes allemandes beaucoup plus nombreuses que les françaises. L’armée d’active passe à 880 000 hommes. La loi permet aussi de créer 10 régiments d'infanterie supplémentaires. Durée de service : 3 ans.  85 % des jeunes portent l'uniforme

En 1928, le service revient à 1 ans pour finir finalement à 10 mois dans sa version moderne

  

Recensement militaire  (dossier matricule)

A partir de 1800, le recensement est effectué dans l'année qui suit la 20ème année de l'individu. Pour connaître la classe de votre ancêtre, il suffit d'ajouter 20 ans à l'année de naissance. Ex : un jeune homme né en 1825 appartient à la classe 1845 et est recensé en 1846.

Les célibataires doivent se faire recenser à la mairie du lieu de résidence de leurs parents.
Les hommes mariés ou émancipés se font recenser à la mairie de leur lieu de résidence habituel (domicilié depuis au moins un an).

L'ensemble des documents concernant la conscription est conservé dans la sous-série 1R.

  

Exemptés/réformés

Les conscrits sélectionnés passaient la visite d'aptitude, le "conseil de révision

L'exemption, ou réforme, se basait sur des critères physiques. La taille d'abord : il fallait mesurer plus de 1,54 mètre pour être pris. Suivaient les difformités des membres, fréquentes à cette époque, et encore la faiblesse de constitution et les problèmes de vue, les signes de déficience mentale. L'index droit coupé exemptait le conscrit du service car il était inapte au tir, ce qui incitait à des mutilations volontaires. S'ajoutait l'état de la denture qui devait permettre de déchirer les étuis de papier contenant la poudre à fusil, dosée au coup par coup.

On trouve également d'autre smotifs :

  •  Fils ou petits fils uniques
  • Aîné de veuve, de père aveugle, ou septuagénaire
  • Ainé de deux frères du même tirage
  • Frère mort en service ou réformé
  • Aîné d'orphelins

  

sources

wikipedia

geneawiki

http://www.nithart.com/servmifr.htm

archives départementales de l'Indre et Loire : http://archives.cg37.fr/Chercher/LE_PASSE_MILITAIRE_DE_VOTRE_ANCETRE_DU_CONSULAT_A_1940-ABBH.html

 

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