nord pas de calais
K comme ArneKe - Challenge AZ 2025
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_130980_arneke-blason.png)
Arneke est une ville du Nord de la France, de 1557 habitants
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_a5bccc_arneke-localisation.png)
Jacobus Cornil Casteleyn (sosa 2044) est décédé à Arneke le 29 décembre 1766 à l'âge de 38 ans. Il était né à Zuytpeene vers 1728.
Il s'est marié à Arneke le 12 janvier 1751 avec Jeanne Dorothée Ryckelynck (sosa 2045)
Sa descendance conduit à ma mère Janine.
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_71f5d1_casteleyn.png)
I comme Illies - Challenge AZ 2025
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_4d2f73_illies-blason.png)
Illies est une ville du Nord de la France de 1680 habitants en 2022
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_74c41b_illies-localisation.png)
Guillaume Vasseur (sosa 4002) y est né vers 1650
Son arrière petit fils est Constant que nous avons vu dans l'article sur Herlies et à la 9ème génération ma mère Janine verra le jour !
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_8cef6f_vasseur.png)
H comme Herlies - Challenge AZ 2025
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_f6c74a_herlies-blason.png)
Herlies est une petite ville du Nord de la France, de 2288 habitants en 2022
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_3fa38f_herlies-localisation.png)
Constant François Joseph Bailleul, journalier, y est décédé le 18 octobre 1831 à l'âge de 66 ans (sosa 500). Il y a épousé le 24 février 1789 Gabrielle Albertine Joseph Bonnel, fileuse (sosa 501), née le 2 janvier 1766 à Herlies et décédée dans cette ville le 11 avril 1839.
Leur fils Cyprien (sosa 250) y est né le 27 janvier 1792
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_72a84f_bailleul.png)
G comme Guines - Challenge AZ 2025
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_bd0cb5_blason-guines.png)
Guînes est une ville du Pas de Calais de 5508 habitants en 2022
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_bda8ee_guines.png)
Y a vécu Benoit Isidore Célestin Fasquel, meunier (sosa 198)
Il est mort à Guînes le 20 octobre 1846 à l'âge de 65 ans.
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_f173a3_fasquel-isidore.png)
F comme Fiennes - Challenge AZ 2025
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_8c79a2_blason-fiennes.png)
Fiennes est une petite ville du Pas de Calais de 849 habitants en 2022
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_b8edcf_fiennes.png)
A vécu à Fiennes Marie Lange (sosa 1589). Elle y est née le 8 décembre 1683 et y est morte le 24 février 1732. Elle y a épousé le 10 octobre 1713 Claude Philibert Bobilier (sosa 1588), chaufournier (ouvrier qui s'occupe des fours à chaux).
Au moins 8 enfants naitront à Fiennes de cette union. Pour arriver 8 générations plus tard à mon père en passant par Lucie Labarre (sosa 49)
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_f83ad2_lange.png)
Dans ce village vécu également Jean Jacques Barbier (sosa 194) ancêtre de mon père en passant cette fois ci par Romuald Legros (sosa 48), époux de Lucie Labarre
Jean est né le 15 juin 1795 à Fiennes et y est mort le 4 février 1869. Il a exercé les professions de domestiques, journalier et voiturier.
Il a épousé le 17 février 1830 Constantine Costeux (née elle aussi à Fiennes le 26 septembre 1801 et décédée le 21 aout 1872) (sosa 195).
Louise Barbier (sosa 97) et Romuald Legros naitront eux aussi à Fiennes
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_62ff5c_barbier.png)
B comme Blaringhem - Challenge AZ 2025
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_cccf43_blaringhem-blason.png)
Blaringhem est une ville du Nord (59) proche du Pas de Calais et de plus de 2000 habitants en 2022.
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_b843c3_blaringhem-localisation.png)
Y ont vécu la famille Pinte du côté de ma mère Janine
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_6139ee_parente-pinte.png)
Le premier à y a voir vécu serait a priori Claude François Pinte (sosa 2032), laboureur et échevin à Blaringhem
Il est né à Rescure, pas très loin de là, le 17 juillet 1698 et est décédé à Zuytpeene le 26 février 1777, commune un peu plus éloignée (11km à vol d'oiseau). Sa femme, Marie Anne Defrance (sosa 2033), y est décédée à l'âge de 46 ans le 27 décembre 1751.
Son fils François Joseph (sosa 1016) y est né le 19 janvier 1738 et s’y est marié le 12 avril 1763 avec Marie Catherine Demont (sosa 1017).
Ainsi que son petit fils prénommé également François Joseph (sosa 508), manouvrier, le 4 février 1777.
A comme Alincthun - Challenge AZ 2025
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_6ba980_entree-d-alincthun-depuis-desvres.jpg)
LES VILLES DES ANCETRES DE MES ENFANTS
Je vais durant ce challenge AZ 2025 vous présenter rapidement quelques villes et villages dans lesquels les ancêtres de mes enfants ont vécu. Il y aura des communes du Nord Pas de Calais, de Meurthe et Moselle, et du Puy de Dôme essentiellement. L'idée est essentiellement de vous donner des noms issus de notre généalogie et de situer ces personnes par rapport à mes enfants (nés dans les années 2000) mais également de les situer géographiquement.
Je vais commencer par la commune d'Alincthun.
/image%2F0652634%2F20251112%2Fob_021969_alincthun-blason.png)
Il s’agit d’une petite ville du Pas de Calais (62) dans le boulonnais, de 296 habitants en 2022 et dans laquelle Antoine Machin, laboureur (sosa 1580), mourut en 1750, à l’âge de 59 ans. Il est né le 31 octobre 1690 à Pernes les Boulogne, pas très loin de là et s'est marié à Belle et Houllefort, pas loin également de ces deux villages.
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_10696f_boilonnais-alincthun.png)
/image%2F0652634%2F20251112%2Fob_afaba1_alicthun-et-environs.png)
On est ici du côté de mon père Francis Legros
/image%2F0652634%2F20251111%2Fob_316cf0_parente-machin.png)
#GENEATHEME 06/2024 - Fêtes de Gayant
#GENEATHEME JUIN
Le genéathème de juin concerne les fêtes de village donc je vais vous parler des fêtes de Gayant à Douai.
Tout commença le 16 juin 1479 : les français sont repoussés, Douai, alors espagnole, est sauve grâce à Saint Maurand patron de la ville; une procession est organisée dès le 24 juin pour rendre grâce à Dieu et au saint. Les reliques de celui-ci sont exposées à l'église Saint-Amé et promenées dans la ville.
Saint Maurand (Collégiale Saint Pierre)
Le conseil échevinal, l'année suivante, décide que désormais une procession en l'honneur de Saint Maurand sera organisée chaque 6 juin par la collégiale Saint-Pierre et la Collégiale Saint-Amé.
Le 5 août 1529, la signature de la Paix des Dames à Cambrai met fin à la 7ème guerre d’Italie entre François 1er et Charles Quint.
Pour célébrer la paix, les échevins de Douai décident alors de faire de la procession de 1530 la plus importante qui soit. Les différentes corporations de la ville sont chargées de constituer des représentations de scène bibliques, mythologiques ou allégoriques pour accompagner la procession religieuse.
La corporation des manneliers (fabriquants de panier d’osier) qui défilait en avant-dernière position créa un géant d'osier. Gayant était né (le terme veut dire géant en picard, dialecte de Douai à l’époque).
La procession ressemblait plus ou moins à la description suivante à l’époque :
Les différents corps de métiers démarraient le cortège, précédés chacun de sa croix porté par un valet, puis venaient les ordres religieux puis le clergé séculier. L’université accompagnée de ses bacheliers distribuant des dragées suivait, escortée par des hallebardiers vêts de manteaux rouges. Le siège royal de la Gouvernance venait ensuite, gardé par des hallebardiers à la livrée du Roi puis venait le Magistrat accompagné des 4 « serments » : archers, arbalétriers, canonniers, maitres en fait d’armes, le tout précédé d’un homme « emboité dans un petit cheval d’osier » et portant un bonnet orné de grelot : le sot des canonniers ou encore "l'baudet décaroché". Venaient ensuite des chars de triomphe, la roue de la fortune, emblème de la corporation des charrons et tonneliers et la famille Gayant.
La roue de la Fortune
Le 6 juillet 1667 Douai devient française ; l’évêque d’Arras institue une nouvelle procession pour fêter l’entrée des Français dans la ville sans la famille Gayant jugée trop profane et trop espagnole.
Non sans mal, la famille Gayant ne revient qu’en 1801 au grand complet : Mr et Mme Gayant, Jacquot, Fillon et Binbin ; leurs costumes actuels datent de 1821.
Gayant et sa famille, Douai. Souvenir du concours international de 1869
dimensions : 30 x 49 cm technique : gravure
La description la plus lointaine de Gayant date de 1530 et décrit le personnage comme faisant vingt-deux pieds de haut, portant le costume de l'homme de guerre féodal avec casque, lance, bouclier, armures, mains gantées.
Aujourd’hui Mr Gayant mesure 8,50m et pèse 370kg : il lui faut 6 porteurs
Mme mesure 6,25m et pèse 250kg : à aussi 6 porteurs sont nécessaires
Jacquot mesure 3,40m pour 80kg : 1 porteur
Fillon mesure 3,15m pour 70kg : 1 porteur
Binbin mesure 2,40m et pèse 50kg : 1 porteur
Les fêtes de Gayant se déroulent aujhourd'hui sur une dizaine de jours à partir du dimanche qui suit le 5 juillet : cortège, manèges, brocante et manifestations en tout genre !
Les géants et les fêtes de Gayant ont été classés sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel par l’Unesco en 2005.
Les fêtes attirent chaque année près de 100 000 visiteurs.
Sources
Une résurrection de Gayant de A. Crapet
https://www.bougeons.fr/monsieur-gayant-de-douai/
http://gazette.terre-de-geants.fr/
https://www.fetesdegayant.fr/un-peu-dhistoire
https://dunkerqueetsaregion.blogspot.com/p/dunkerque-et-sa-region-la-ducasse.html
Immigration belge dans le Nord Pas de Calais au 19ème siècle
Immigration belge dans le NPDC au 19ème siècle
Aperçu très rapide et très succinct de l’histoire de la Belgique
Pour la compréhension de cet article sur les migrations belges en France au 19ème siècle, il est nécessaire de comprendre de quels territoires venaient ces personnes ; or l’histoire de ces territoires est assez complexe ; je vais retracer très globalement leur historique à partir du 15ème siècle jusqu’à 1830, année de l’indépendance de la Belgique
Au 15ième siècle, toutes les régions de ce qui est aujourd’hui l'actuelle Belgique sont sous l'autorité des ducs de Bourgogne, à l'exception de la principauté de Liège, de la principauté de Stavelot-Malmédy et de Tournai. Ce sont les Pays Bas bourguignons
Pays Bas bourguignons
Au début du 16è siècle, Charles Quint (natif de Gand), empereur du St Empire romain germanique, est notamment souverain d’Espagne et des Pays Bas Bourguignons ; il conquiert Tournai en 1521 et diverses provinces des Pays-Bas actuels.
Ces territoires nouvellement acquis, ajoutés à ce qui était les Pays-Bas bourguignons, vont constituer ce que l'on va appeler désormais les 17 Provinces (appelées également les »).
les 17 Provinces
Ce bloc correspondrait, aujourd'hui, approximativement aux territoires de la Belgique (à l'exception de la Principauté de Liège, de la principauté de Stavelot-Malmedy et du Duché de Bouillon), du Grand-Duché du Luxembourg, des Pays-Bas actuels, ainsi que du Nord de la France.
En 1568, les provinces formant les Pays-Bas espagnols vont se soulever contre le roi d'Espagne ce qui va donner les Pays Bas du sud ou espagnols constituées du nord de la France, de la Belgique actuelle (sauf la province de Liège), et du Grand-Duché du Luxembourg actuel.
Provinces Unis et Pays Bas espagnols
Les provinces du nord devenues indépendantes se dénomment désormais les Provinces Unies et correspondent globalement au territoire des Pays-Bas actuels
Au terme de la guerre de Succession d'Espagne en 1713, les Pays-Bas espagnols ou Pays Bas du sud sont cédés aux Habsbourg d'Autriche, empereurs du Saint Empire et archiducs d'Autriche. Ils prennent alors le nom de Pays-Bas autrichiens.
La France quant à elle reçoit l'Artois, la Flandre française et le Hainaut français (territoires qui correspondent au nord de la France actuelle), ainsi qu'une petite partie du Bas Luxembourg (Thionville). Il s'agit, dans les grandes lignes, de tous les territoires au sud du tracé actuel de la frontière belge.
En 1792, les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège sont envahis par les troupes républicaines françaises. L'année suivante, ces territoires sont reconquis par les Autrichiens. Mais en 1794, les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège sont finalement annexés par la France.
Possessions françaises en Belgique
Avec la chute de l’empire de Napoléon, la Belgique sort du territoire français. En effet les puissances européennes que sont l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie, réunies lors du Congrès de Vienne (1814-1815) décident de créer un Etat tampon au nord de la France: le Royaume-Uni des Pays-Bas qui réunit :
- les Pays-Bas du nord (les actuels Pays-Bas),
- les Pays-Bas du sud (actuels Belgique et Grand-Duché du Luxembourg),
- la Principauté de Liège
Royaume Uni des Pays Bas
Le 4 octobre 1830, l’indépendance de la Belgique est proclamée; la Belgique se sépare des provinces du nord (c'est à dire les Pays-Bas actuels).
Les raisons de l’immigration belge
La sortie des territoires « belges » en 1815 va faire énormément de tort à l’économie belge car la France dont les importations représentaient alors 90% de la production belge ferma ses frontières.
Pa ailleurs, le gouvernement du royaume uni des pays bas ne modifia pas l’activité linière qui est majoritairement artisanal ; or les articles de lin fait main ne purent concurrencer les articles issus de la mécanisation venant de Russie et du Royaume uni.
500 000 personnes furent touchées par l’effondrement de l’activité linière et donc par la révolution industrielle. En 1840, la Belgique ne comptait que 47 000 broches contre un million en Angleterre et 57 000 en France.
Par ailleurs l’été 1845 fut fatal aux pommes de terre ; le mildiou eut raison de 90% des plants de pommes de terre. L’année suivante la rouille s’attaqua au seigle.
Découverte de la maladie de la pomme de terre en Irlande - Daniel Mac Donald - 1852
La famine s’ensuivit et prit une telle ampleur qu’on l’appela le mal des Flandres. Ceux qui ne mouraient pas de faim mouraient du typhus ou du choléra.
La récession économique associée à la crise frumentaire de 1846 à 1851 a causé la mort de près de 50 000 belges à partir de 1846 (contre 10 000 en France).
Un exode rural commença vers les villes flamandes mais celles-ci n’ont pas la capacité d’accueillir cette population rurale affamée. lLexode se concentra donc vers la Wallonie et la frontière française, dans des centres textiles du Nord tels que Lille ou Roubaix.
A cela s’ajoute ce que l’on appelle la Grande Déflation de 1873-1896 : il s’agit d’une crise économique mondiale liée à la surproduction et qui va mettre des millions d’ouvriers et de paysans dans le monde au chômage et les enfoncer dans la misère.
« Il creuse des veines de charbons, récolte et trait, coule l’acier liquide, souffle le verre plus de 10 heures par jour, parfois 12, six jours sur sept. Il gagne peu, ne bénéficie d’aucune couverture sociale, ne peut passer que quelques heures en famille par semaine. Son épouse travaille également, principalement dans les champs ou dans des usines. Elle exerce aussi des activités de lingère, repasseuse ou couturière. Certaines se rendent au marché matinal de Charleroi pour y vendre les maigres récoltes. Les enfants travaillent plusieurs heures par jour, aidant leurs parents, ou occupent certains postes nécessitant une petite taille dans les industries. www.charleroi-decouverte.be »
La sidérurgie est touchée ainsi que l'agriculture, les industries du lin et du bois et les industries alimentaires. Le 18 mars 1886, entre 2 000 et 3 000 ouvriers des bassins industriels des provinces de Liège et de Hainaut se mettent en grève et protestent contre leur situation. Les forces de police interviennent et usent de la force. C’est le début de deux mois de grèves, de révoltes, et d’émeutes de la faim. Ces mouvements sociaux vont également contribuer au départ de nombreuses familles vers la France.
La grève - Robert Koeller - 1886
S’agissant de l’immigration agricole, celle-ci est essentiellement saisonnière (arrachage des betteraves, récolte du houblon, du lin ou des céréales). Cette émigration est donc très temporaire et on la retrouve un peu partout en France à toutes les époques.
Ici cette émigration va se structurer au cours du 19ème siècle : des groupes d’hommes originaires des mêmes villages vont constituer une équipe sous l’autorité d’un responsable le ploegbaas qui va négocier avec l’exploitant français les tarifs et les conditions de travail en terme de logement et de nourriture. Quand ils reviennent chez eux au terme de leur « contrat », ils sont souvent qualifiés de Franchimands (Français)
Destination des immigrés belges
L’immigration belge est majoritairement de proximité : elle fut wallonne dans les Ardennes, à dominante wallonne dans le pas de calais et flamande dans le nord
Pourquoi cet attrait pour la France du Nord et du Pas de Calais ? tout simplement parce qu’après la chute de l’empire et la fermeture de la frontière belge en 1815, des industriels de Gand, Mouscron, Ath dans le Hainaut délocalisèrent leur activité dans ces départements français et de ce fait des ouvriers spécialisés et des tisserands suivirent. Ce qui fit un point de chute et de « ralliement » pour les générations suivantes.
La proximité est un autre facteur important : France et Belgique sont voisines, ce qui facilite grandement les choses.
Au final ce que l’on peut voir c’est que dès le début du 19ème siècle, l’industrie textile dans le Nord Pas de Calais c’est essentiellement Lille Roubaix, Armentières, la vallée de la Lys, le Cambrésiis et ces lieux attirèrent très tôt les ouvriers belges venant de Courtrai, Mouscron, Tournai, Popperinge, Brugges et Gand.
Les mines du Nord Pas de Calais virent arriver également des paysans du Borinage et du Hainaut
Au 19ème siècle la compagnie minière d’Anzin recrutait 60% de ses mineurs dans la région de Mons (Borinage)
Fosse Saint Louis Anzin
La population de certains bourgs miniers connait une expansion impressionnante comme Bruay en Artois (actuelle Bruay la Buissière dans le 62) qui voit sa population augmenter de 1000 habitants en 1855 à 15000 en 1881 en raison de l’afflux de Belges)
Des compagnies minières allèrent même jusqu’à recruter des travailleurs en Belgique par l’intermédiaire de « pisteurs » quand ils manquaient de main d’œuvre.
Au final, le nord de la France et son industrie florissante étaient devenus au XIXe siècle la terre d’asile de prédilection de milliers de Belges. Le ministre Frère-Orban déclara même à Léopold II qui convoitait les terres du Congo : « Sire, une colonie, la Belgique n’en a pas besoin, d’ailleurs elle en a déjà une : c’est la France ».
Des familles belges allèrent jusque Paris : notamment les quartiers est et nord. C’est ainsi que la rue de la Roquette, la rue du Faubourg St Antoine ou la rue de Charonne près de la gare du nord accueillirent un nombre conséquent de belges. En 1870 on dénombre à peu près 50 000 ouvriers belges à Paris.
Rue de la Roquette
Mais il exista aussi une émigration flamande vers les Amériques et l’Afrique du sud.
La Belgique est en effet un pays surpeuplé au 19ème siècle ; tout était bon pour le gouvernement pour inciter les belges à quitter leur sol natal : la colonie belge de San Thomas au Guatemala fut principalement composée de personnes issues des dépôts de mendicité.
On facilita même le recrutement de « volontaires » flamands pour l’armée nordiste lors de la guerre de sécession américaine.
Des ouvriers belges furent également recrutés pour la construction d’un chemin de fer entre Recife et la province de Sao Francisco, et environ 500 ouvriers travaillèrent dans cette région en 1859. Mais dans des conditions de travail très dures, avec neuf à dix heures de travail par jour en plein soleil pour un salaire de misère. Les Belges ne se firent pas une belle réputation : ivrognerie, bagarres, vagabondage et mendicité … des plaintes furent même déposées auprès du consul de Belgique. Le Diario de Pernambuco se plaint qu’ils auraient « au moins pu observer les bonnes manières en matière de mendicité ». Le consulat de Belgique fut sommé de rapatrier ces mendiants le plus vite possible. Ceux qui revinrent étaient reconnaissables à leur teint basané et furent appelés Brazilianen ; ils vécurent de mendicité et de travaux occasionnels. ( Eddy Stols Les émigrants belges)
Immigration pendulaire vers la France
L’immigration est surtout pendulaire : l’ouvrier travaille en France mais sa famille réside en Belgique. En effet les salaires sont plus élevés en France et la vie est moins chère en Belgique. Ils pouvaient aussi louer une chambre dans une ville frontière belge bien desservie en moyen de transport ce qui leur permettait d’aller travailler un peu plus loin.
Poste douane de Toufflers (59)
Le développement du chemin de fer développa ce mouvement et ouvrit de nouvelles possibilités aux ouvriers belges. A tel point que la Chambre de commerce de Roubaix refusa la prolongation du tramway jusqu’à la frontière en se justifiant ainsi : « C’est une grande facilité qui va être donnée aux ouvriers belges pour venir concurrencer les ouvriers français sur notre territoire même. Ils pourront venir le matin avec tout ce qui leur est nécessaire et s’en retourner le soir sans laisser à nos compatriotes une parcelle de leur gain. Ces lignes sont donc contraires aux intérêts des ouvriers et du petit commerce de Roubaix, comme elles sont contraires à l’intérêt national ».
L’immigration pendulaire est effectivement mal perçue par les Français car les Belges ne dépensent rien en France ; ils viennent avec leur pain et leur beurre d’où le surnom pot’bure (voir ci après)
Les chiffres de l’immigration belge en France
Au début du 2nd empire en 1852, les belges représentent 4% de la population lilloise et 3% de la population du nord
En 1866, ils représentent 25% de la population lilloise et 12% de la population du Nord
A partir de 1891 le nombre de belges diminue mais surtout du fait de la loi de 1889 sur la naturalisation qui francisait d’office tous les étrangers nés en france et qui y résidaient encore à leur majorité
C’est pourquoi en 1896,les chiffres n’ont pas beaucoup augmenté : les belges représentent 27% de la population lilloise et 14% de la population du Nord
A cette époque ils représentent 35% de la population à Tourcoing et 55% à Roubaix
Des rues de Roubaix comme la rue des Longues Haies ou la rue de l’Epeule ne sont d’ailleurs peuplées que de belges
Rue des Longues Haies à Roubaix avant 1938
Le quartier de Wazemme à Lille est quant à lui peuplé à 75% de belges
En 1914 les immigrés belges représentent 1 à 3% en moyenne de la population française mais 18% dans le nord, 7% dans les Ardennes et seulement 2% dans le pas de calais
La 1ère guerre mondiale va entraîner un nouvel exode belge vers la France : 350 000 réfugiés belge essayèrent de trouver refuge dans le Nord, en Normandie et en Ile de France.
Montée de la xénophobie à l’encontre des Belges
Comme je l’ai dit plus haut les Belges sont mal vus car ils viennent travailler en France apportant leur nourriture et ne dépensant rien en France. On les appelle « Pots au beurre », « Pap gamelle ».
Les Flamands ne maitrisent pas la langue française contrairement aux Wallons et du coup ça crée une barrière et ne permet pas l'intégration.
Dès le début du 19ème siècle, alors que la France n’a pas encore connu l’exode belge massif du milieu du siècle, des bagarres éclatent épisodiquement ; à Roubaix en 1819 : des ouvriers français de diverses manufactures s’opposent aux ouvriers étrangers qu’ils voulaient expulser. Les véritables causes de ce mouvement sont l’augmentation du coût des loyers et des vivres et la réduction des salaires. Les ouvriers belges ont servi de bouc émissaire.
D’autres échauffourées éclatent par la suite à Roubaix et ses environs comme en 1830. Le maire de Roubaix écrira au préfet du Nord le 16 décembre 1830 : « Renvoyer chez eux les ouvriers étrangers […] afin de conserver le travail à ceux du pays».
On retrouve des bagarres de ce type sur les chantiers de constructions ferroviaires (1834-1843-1846, à Valenciennes, à Dunkerque), en 1848 des cris « A bas les Belges » furent lancés et, sous le Second Empire, des rixes étaient fréquentes entre ouvriers flamands et ouvriers français des chantiers.
Jusque là ces flambées de xénophobies étaient essentiellement liées à l’augmentation du coût de la vie et la montée du chômage, la misère et la précarité. Mais ensuite on perçoit davantage de xénophobie que la recherche d’un bouc émissaire.
Des échauffourées plus graves opposèrent ainsi des Belges à des Français comme à Lens en 1892.
Un journaliste décrit la ville de Lens en 1892 de façon très déprimante: "Le pays désespérément plat, sans les accidents pittoresques que mettent dans notre région houillère, les taches noires des terrils, donnent une impression de misère malpropre. Il fait moins noir qu'au Borinage ou aux environs de Charleroi, mais il fait plus sale. Pas de fenêtres encadrées de badigeon, pas de toits aux rouges frais. Des cubes de briques d'un rouge gris. Et par les portes ouvertes, on aperçoit des intérieurs sans ordre: c'est la pauvreté négligente et lâche. […] Lens est le centre de cette région, une ville assez grande, aux rues larges, mais où règne aussi, partout, une malpropreté évidente. Quelques rares maisons bourgeoises, élégantes mais sans l'égayant jardin des châteaux de Frameries ou de Jumet; puis, des files et des files de maisonnettes ouvrières aux rideaux sales, au seuil encombré. Pas un trottoir aux dalles récurées, pas un pot de fleurs aux fenêtres". Gazette, 12 septembre 1892
Lens Fosse N°1
Que s’est il passé dans cette ville peu attrayante en 1892 ?
La première information sur les événements de Lens et Liévin parvient au ministre des Affaires étrangères ad interim, A. Beernaert, le 30 août 1892. Il s'agit de requêtes de la part d'ouvriers belges à peine retournés en Belgique: "J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que j'étais bien installé en France où je gagnais bien ma vie, de quoi élever ma famille convenablement, lorsque le 15 août dernier, je fus mis en demeure par les ouvriers français d'avoir à déguerpir en moins de 24 heures; sinon je serais tué et mes meubles mis en pièces. Tous mes camarades belges se sont trouvés dans le même cas que moi, un de ceux-ci a les deux jambes cassées au travail et (a été) menacé comme les autres; un autre est mort dimanche dernier à l'hôpital de Lens, des suites des blessures reçues de la part des ouvriers français, ses fenêtres et ses meubles furent brisés, nous sommes tous forcés de revenir et ne trouvons pas d'occupation".
Bref de nombreuses violations de domicile, des bris de portes, de fenêtres et de mobilier, et du tapage nocturne. Des agressions en bande armée de bâtons, de pierres et de fourches. Certains déclarent avoir été blessés par des coups de bâton, des pierres et des couteaux, et dans un cas par des coups… de betterave! Et des injures : "À bas les Belges!", "Mort aux Belges", "Retournez dans votre pays et ne mangez plus notre pain", "Popol (le roi Léopold II) est un connard, la reine une putain, et leurs enfants des bâtards".
« Ce soir (25/08/1892) , à neuf heures, une bande de mineurs a parcouru les cités ouvrières de la fosse numéro 3, en criant : “À bas les Belges !”
Des carreaux ont été brisés à plusieurs maisons occupées par des Belges.
C'est dans les corons de Daubray, Coince et sur la place Daguerre, que les mineurs ont brisé les carreaux des maisons, une vingtaine environ, occupées par des Belges. »
Pourquoi ce mouvement d'hostilité envers les ouvriers belges s'est-il produit dans le bassin houiller du Pas-de-Calais? La 1ère raison est la Grande Déflation dont nous avons parlé plus haut. Les mineurs belges ont accepté de travailler à bas prix et pour des horaires plus longs que les ouvriers français. Les ouvriers belges étaient donc accusés de faire baisser les salaires et de jouer le jeu des compagnies houillères.
De façon plus globale, les Belges étaient surtout considérés comme des êtres asociaux qui frôlaient la délinquance. Ils étaient vus comme des personnes ivrognes et brutales, des fauteurs de trouble, des propagateurs d’idées subversives socialistes. Les policiers chargés de contrôler leur passage à la frontière se montraient méprisants à leur égard tel ce commissaire de Jeumont qui, en 1882, écrivait : « ces individus ne sont pas précisément la crème des gens vertueux, Beaucoup ont d'excellentes raisons pour ne pas retourner en Belgique... Ce sont pour la plupart des brutes, inaccessibles aux théories d'économie politique ou sociale et plus sensibles à un verre de genièvre qu'aux incitations collectivistes ».
D’ailleurs même les historiens de l’époque vont y mettre leur grain de sel en inventant une étymologie curieuse au mot « Flamand » ; c’est ainsi que Victor Derode (1797-1867) écrira : « Suivant quelques auteurs (et il les cite), Flamand, signifie fuyard, émigrant ».
Raoul Blanchard, géographe, (1877-1965) entreprit une étude anthropologique des Flandres avec des termes très durs tout en reprenant ce qu’écrivait déjà quelques décennies plus tôt Victor DERODE : le paysan flamand était un rustre dont l'état misérable est sans cesse souligné pour dénoncer « ces tares physiologiques » qui l'affligeaient et qui augmentaient ainsi : « la proportion de mort-nés, d'infirmes, d'aliénés, d'hommes impropres au service militaire, cette ignorance dont l'Ost-Flandre donne encore l'exemple, et à leur suite ce taux élevé de la criminalité qui fait que leurs voisins du Sud et de l'Est considèrent parfois encore les Flamands comme des demi-barbares ».
C’est sous le titre « Les pots au burre ou la peste à Roubaix » qu’est lancé en 1897 un réquisitoire contre les Belges.
Une chanson de carnaval parmi d’autres, peu sympathiques à leur égard:
« on les vot arriver ichi par binde,
Des hommes, des femmes, des filles et des garchons
Quand i’parlent, on n’peut jamais les comprinde,
On n’sait si i’ditent du méchant ou du bon »
Emile ZOLA décrira dans Germinal le rejet des mineurs belges en s’inspirant de la grande grève dans les mines d’Anzin en 1884 : alors que la compagnie engage des mineurs belges du Borinage pour briser la grève, ceux-ci sont accueillis par les ouvriers français aux cris de « A mort les étrangers, à mort les Borains ! Nous voulons être les maîtres chez nous ! ».
Emile BASLY (1854-1928), responsable du syndicat des mineurs du pas de Calais, exprimera en 1892 la crainte de beaucoup : l’invasion des mineurs étrangers…
Et pourtant le Français a besoin du Belge si l’on en croit Paul LEROY BEAULIEU (1843-1916), économiste, qui écrit en 1888 : « le français ne consent guère à être simple manœuvre, terrassier, balayeur ou à faire certains travaux excessivement pénibles dans les filatures… il faut des belges pour toutes ces besognes infimes et essentielles de la civilisation ».
A Wazemmes dans les fabriques de céruse, c'était par exemple les ouvriers belges qui risquaient des coliques saturnines entraînées par l'emploi du carbonate de plomb.
Au lendemain de la 1ère guerre mondiale, ce seront les Polonais qui subiront les "foudres" et la peur des Français puis les Italiens. En effet même s’ils ont commencé à venir avant 1914 en France les Houillères de France demandèrent en 1919 au gouvernement français la conclusion d’un accord avec la Pologne pour faire venir de la main d’œuvre polonaise. C’est ainsi que de 13 000 dans le Nord Pas de Calais en 1921 ils vont être 90 000 en 1926.
Le besoin de main d’œuvre pour reconstruire le Nord pas de Calais va faire venir nombre d’italiens : ils seront 15 000 à venir travailler en 1924 dans les mines, la métallurgie et le bâtiment.
Lors du recensement de 1931, on constatera que les Belges et les Polonais représentent 85 à 90% des étrangers installés dans le Nord Pas de Calais et les Italiens 5%
Sources
La population belge dans le Nord - Pas-de-Calais de Thumerelle Pierre-Jean
L'immigration oubliée des Belges en France (19-20ème) de Jean Pierre Popelier
« À bas les Belges ! » L’expulsion des mineurs borains (Lens, août-septembre 1892) de Bastien Cabot
Les Vlaminques ou le dénigrement des immigrés Belges (xixe siècle) de Danielle Delmaire
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00319448/document
Histoire de la crise économique des Flandres (1845-1850) de Jacquemyns
Roubaix, une ville industrielle nourrie d’immigration belge de Chantal Petillon
révoltes ouvrières en Belgique : https://www.solidaire.org/articles/1886-premiere-grande-revolte-ouvriere-en-belgique#:~:text=Les%20premi%C3%A8res%20lois%20sociales%20sont,r%C3%A9glementation%20du%20paiement%20des%20salaires
https://jean-jaures.org/nos-productions/1892-quand-les-mineurs-du-pas-de-calais-s-en-prenaient-aux-etrangers-belges
Le retour des immigrés belges à la suite des événements de Lens et Liévin en août-septembre 1892 de NATSUE HIRANO
sur l’histoire de la Belgique : https://www.vivreenbelgique.be/12-a-la-decouverte-de-la-belgique/histoire-avant-l-independance#auto_anchor_9
Conditions de vie des ouvriers : une lingère à Lille au 19ème - 4
Vie d'une lingère à Lille au milieu du 19ème siècle
En 1856, l’ingénieur Pierre Guillaume Frédéric Le Play (1806-1882) fonde la Société internationale des études pratiques d’économie sociale, qui initie des enquêtes très minutieuses sur les ouvriers, fondées sur l’observation du terrain et l’évaluation quantitative du budget. Il a lui-même parcouru l’Europe pendant près de 18 ans à des fins d’observations des populations et de leurs conditions de vie. Il en est sorti un ouvrage en 1855 : Les ouvriers européens et près de 300 monographies.
La lingère - Léon Delachaux
L’une d’elles concerne la vie d’une lingère à Lille vers 1856.
En voici quelques extraits :
« L’ouvrière a été séduite par un ouvrier serrurier. Il est résulté de cette union un enfant du sexe masculin […] L’ouvrière a de l’intelligence, de l’esprit, un dévouement inaltérable pour son enfant et un fond de gaieté qui l’abandonne rarement. Son heureux caractère lui fait supporter aisément ses souffrances physiques. Dans l’hiver, lorsqu’elle est sans feu et n’a pour passer la nuit sur son grabat qu’une simple couverture de coton gris, elle entasse ses vêtements sur l’enfant pour le garantir du froid. Sa conduite n’a pas toujours été pure; mais les circonstances dans lesquelles la malheureuse fille a succombé, les souffrances morales et physiques qu’elle a endurées, son dévouement pour son enfant, semblent devoir racheter sa faute […]
Jusqu’à l’âge de 8 ans, époque où elle a perdu son père, elle est allée à l’école; elle sait passablement lire, mais elle ne sait pas écrire […] Tout en elle annonce une constitution affaiblie par les privations, l’excès de travail et les souffrances physiques […] Son enfant est pâle, maigre, et toute sa constitution est empreinte de débilité […] L’état de mère fille la place au dernier rang de la société : elle rencontre peu de sympathie et de pitié […]
L’ouvrière peine à suffire aux premières nécessités de la vie. Son salaire est ordinairement absorbé d’avance par de petites dettes contractées envers les fournisseurs. Son matériel : 12 aiguilles diverses (0,15 F) ; 1 paire de ciseaux (0,50 F) ; 1 pelote de coton (0,15 F) ; 1 dé à coudre (0,15 F). Total, 0,95 F.
La plus importante subvention dont profite l’ouvrière consiste dans le paiement de son loyer par un de ses frères […] Un couple de chemises lui sont données annuellement par son patron, et des vêtements hors de service, qu’une personne bienfaisante lui envoie de temps à autre, servent à habiller l’enfant. (…)
Tout le travail de l’ouvrière est exécuté chez elle, au compte d’un patron, et à la pièce. L’ouvrière monte des chemises d’hommes ou tire des fils [ce qui] n’est confié dans les ateliers qu’aux meilleures ouvrières; c’est le travail le plus fatiguant, mais aussi le mieux rétribué. Avec la couture qui forme les plis des devants, le tirage des fils est payé, à Lille, à raison de 3,50 F les 100 plis […]
Le temps nécessaire pour tirer les fils et coudre 100 plis est au moins de 20 heures de travail. L’ouvrière, consacrant 10 heures par jour à sa besogne, gagne donc 1,75 F quotidiennement ; mais il y a lieu de déduire un quart de produit pour chômages résultant des déplacements et des maladies […]
L’ouvrière et son enfant font généralement quatre repas par jour. Le déjeuner, à 8 heures du matin, se compose d’un peu de pain légèrement beurré qu’ils trempent dans du lait pur ou coupé d’eau de chicorée. Le dîner, qui a lieu à midi précis, consiste en pain et légumes (le plus souvent des pommes de terre) auxquels s’ajoute parfois un peu de viande. Autant que possible l’ouvrière met le pot-au-feu deux fois par semaine, mais avec des morceaux de viande de qualité inférieure […] Le goûter, vers 4 heures du soir, ne comporte qu’une tartine, longue et mince tranche de pain légèrement beurrée. Enfin le souper, qui se prend ordinairement à 8 heures du soir, se compose, comme le déjeuner, de pain trempé dans du lait pur ou mélangé. L’ouvrière ne consomme aucune boisson fermentée […]
L’ouvrière habite à Lille une seule pièce […] La surface totale de la pièce est de 10 mètres […] Les murs sont absolument nus. Il n’y a point de cheminée ; celle-ci est remplacée par un poêle […] Le mobilier a l’aspect le plus triste […] Les meilleurs vêtements de l’ouvrière sont engagés au mont-de-piété.»
Voir également :
les conditions de vie des ouvriers 1
les conditions de vie des ouvriers 2
les conditions de vie des ouvriers 3
Sources
J. Marseille, « Une vie de lingère », L’Histoire, n° 349, janvier 2010.
/image%2F0652634%2F20250104%2Fob_b63cdf_arbre.jpg)























