• Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 11 - criminels, déserteurs, voleurs

    Criminels voleurs et déserteurs

    Voici ici rapporté « la funeste destinée de deux paroissiens dont l’un fut pendu et l’autre fustigé et fleurdelysé à Ath le 14 août 1698 ; mais comme leurs crimes furent personnels voici la raison pour quoi ils furent sentenciés.

    Le premier s’appelait Jan Liette jeune homme de 21 ans et le second Pierre Gourdin  homme marié de 23 ans. Ils étaient compagnons dans le dernier larcin qu’ils firent d’un cheval ; ils furent tout deux appréhendés dans le flagrant délit. Le premier avoua son crime et tous les autres qu’il avait commis en sa vie. Il fut condamné d’être pendu. Le second a toujours nié et, comme il y avait de fortes conjectures, il fut condamné d’être fustigé et fleurdelysé. De ce dernier nous n’en dirons rien : il vit encore ; mais de Jan Liette celui qui écrit l’ayant connu dès sa jeunesse, il lui sera facile d’en faire un petit portrait.

    Il était fils d’un certain Simon Liette qui était honnête homme dont on se louait dans le village mais qui avait des enfants malheureux et qui ont eu du malheur.  Un nommé Michel rame sur les galères après avoir mérité d’être pendu dix fois (il fut condamné aux galères pour désertion) ;

    Un nommé Pierre qui a tué Antoine Dutrieu : on attend qu’il soit pendu réellement ou tout au moins en effigie. ; une fille ‘Deus scit’ (Dieu sait quelle fille) ; un Jean (celui dont il s’agit), encore un autre ‘nomine Johanne Baptista  qui dato nomine tam apud Gallos, quam Hispanos militiis, ad minimum quinies deseruit castra’ (du nom de Jean Baptiste, qui, après s’être engagé dans l’armée tant chez les français que chez les espagnols déserta au moins cinq fois).

    Ne parlons que de celui dont il s’agit. Il n’a jamais rien valu dès sa jeunesse même ; il avait un esprit dur presque tout hébété et très mal fait ; et quoique il paraissait stupide il ne l’était que pour faire du bien qu’il n’a jamais fait. On ne sait s’il a fait la première communion ailleurs mais dans sa paroisse on sait qu’il ne l’a jamais faite. D’abord qu’il eut atteint l’âge d’environ 15 ou 16 ans il n’a plus voulu fréquenter les catéchismes mais s’est adonné au larcin […]; on attribue une partie de son malheur d’avoir vu une femme qui ne lui a point inspiré autant d’horreur de l’impureté qu’elle devait et à qui il portait tous ses vols , par exemple d’une vache à ses père et mère, de moutons, de mouches à miel, d’habits, d’argent, de harnais. En voilà assez à son chapitre ».

     


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