• Le sapin de Noël

    Le sapin de Noël

    Dans le Journal de Rouen du 25 décembre 1897, Georges Dubosc (journaliste français 1854-1927) écrivait : « Devant les yeux émerveillés des touts petits, le verdoyant sapin, illuminé de mille petites lumières tremblotantes, se dresse tout chargé de jouets et de cadeaux qui, pendant des heures, mettent du bonheur dans les âmes de tout ce monde enfantin.

    A ces joujoux d’un jour, on joint quelquefois une large distribution de bons vêtements chauds et de hardes neuves : tricots qui recouvrent les petits membres grelottants, mitaines qui préservent des engelures, foulards où s’enfouissent les petits nez rougis par la bise, bonnes galoches qui sonnent sur le pavé au moment des glissades. Et comme il n’est point de belles fêtes sans chanson, on chante quelques-uns de ces jolis noëls naïfs, sur des airs qui ont traversé les siècles et qui n’en sont pas moins une bonne et égayante musique ».

     

    Le romancier anglais Charles Dickens décrit ainsi l’arbre de Noël : « Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants. Il y a des poupées aux joues roses qui se cachent derrière les feuilles vertes, il y a des montres, de vraies montres, ou du moins avec des aiguilles mobiles, de ces montres qu’on peut remonter continuellement ; il y a de petites tables vernies, de petites armoires et autres meubles en miniature qui semblent préparés pour le nouveau ménage d’une fée ; il y a de petits hommes à face réjouie, beaucoup plus agréables à voir que bien des hommes réels - car si vous leur ôtiez la tête, vous les trouveriez pleins de dragées. - Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes à ouvrage, des boîtes de bonbons... toutes sortes de boîtes ; il y a des toutous, des sabots, des toupies, des étuis à aiguilles, des essuie-plumes et des imitations de pommes, de poires et de noix, contenant des surprises. Bref, comme le disait tout bas devant moi un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami : Il y avait de tout et plus encore ! »

    Le sapin de Noël

    Décoration du sapin

    On met sur le sapin de petites choses qui le font paraître briller de mille feux : des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles des mèches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches,  des boules de verre ou de petits miroirs qui reflètent, en mille facettes, la lumière des petites bougies suspendues dans l’arbre, des poignées de givre argenté et de neige artificielle, de longs fils d’argent qu’on appelle des « cheveux d’ange », de petits rubans, des bouffettes, des nœuds et des croisettes de bolduc rose.

    On ajoute des fruits, de confiserie, de petits gâteaux et des jouets à surprises, et au sommet de l’arbre de Noël, une étoile lumineuse étincelante, symbolisant l’Etoile de Bethléem ou un ange de carton aux ailes d’or et aux mains pleines de présents.

    Le sapin de Noël

    Origine de l’arbre de Noël ?

    En 354, l’Eglise institue la célébration de la naissance du Christ, le 25 décembre, pour rivaliser avec la fête païenne du solstice d’hiver durant laquelle il semblerait qu’un arbre, symbole de vie (l’épicéa) était décoré de fruits, de fleurs et de blé.

    Toutefois la fête chrétienne de Noël se résumait à la messe de la nativité. Pas de sapin, de bûche, de père Noël à cette époque.

    Les premières traces écrites d'une décoration de ce célèbre conifère ont été découvertes en 1510 à Riga, en Lettonie. À cette époque, des marchands dansaient autour d'un arbre décoré de roses artificielles, avant de le brûler sur un bûcher.

    Mais c’est peut-être en Alsace qu’il faut chercher l’origine de l’arbre de Noël. La tradition rapporte que dès 1521 on décorait les intérieurs des maisons avec des branches coupées 3 jours avant Noël. De même à Sélestat en Alsace, à la même date, des arbres sont décorés d’hosties et de pommes. En 1546, toujours dans la ville de Sélestat on autorise à couper des arbres verts pour Noël, au cours de la nuit de la Saint Thomas.

    La plus ancienne mention de l’arbre de Noël comme sapin entier se trouve dans une description des usages de la ville de Strasbourg, en 1605. On y lit le passage suivant : « Pour Noël, il est d’usage, à Strasbourg, d’élever des sapins dans les maisons ; on y attache des roses en papier de diverses couleurs, des pommes, des hosties coloriées, du sucre, etc. ».

    Un autre témoignage de l’existence du sapin décoré pour Noël se retrouve dans l’Essence du Catéchisme que publia en 1642-1646 le pasteur protestant Dannhauer, de Strasbourg. Il constate que depuis quelque temps, en Alsace, on suspend, à la Noël, pour la récréation des enfants, des bonbons et des jouets aux branches d’un sapin. Il déclare qu’il ignore d’où cet usage, qu’il blâme fortement, a pu tirer son origine.

    En France, c’est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, aurait installé un sapin de Noël dans le château de Versailles.

    En 1765, Goethe se trouvant à Leipsig, chez un ami, exprime la surprise que lui cause le spectacle d’un arbre de Noël qu’il voyait pour la première fois.

    L’arbre de Noël fait son apparition à Paris, en 1837, grâce à la duchesse d’Orléans Hélène de Mecklembourg, duchesse d’Orléans. Mais ce fut un échec, les parisiens y voyant des habitudes protestantes. Cette tradition se généralisera en fait après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d’Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l’arbre de Noël aux Français.

    En 1840, le prince Albert, époux de la reine Victoria, l’introduisit au palais royal de Buckingham, à Londres, et le mit en honneur dans l’aristocratie et la bourgeoisie anglaise et de là le sapin partit à la conquête du monde anglophone …

     

    Le sapin de Noël

     

     

    Sources

    La Nuit de Noël dans tous les pays de Alphonse Chabot

    France pittoresque

    Comment vivaient nos ancêtres ? de Jean Louis Beaucarnot 

    www.noel-vert.com

    Contes et Légendes Hors série 2017

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k940508c/f7.image le mémorial historique et géographique de la pâtisserie


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