• G comme Galetas, loges et autres taudis

     

    Les pauvres de l'Ancien Régime habitent un habitat précaire dont les noms que l’on retrouve dans les compoix sont assez évocateurs …

    • « mesons basses et pauvres »
    • « bouges de maisons »
    • « maisonchielles » à Douai (59)
    • « maisoncelles » (Calais)
    • « logettes »
    • « borda » dans le Midi (équivalent d’une cabane)
    • appentis

     

    Ces logements sont souvent sans étage, de plein pied sur rue et sont le lot commun des pauvres de la ville.

    On trouve aussi souvent des baraques faites d’un assemblage de planches de moins de 5m2 tassées entre les contreforts d’une cathédrale ou contre les remparts de la ville.

    Au fond des impasses , dans les caves ou au dernier étage des immeubles on ne trouve guère mieux : de véritables tanières que l’on retrouve tout aussi bien dans les arrière-cour de maisons bourgeoises et cela jusqu’au 19ème siècle et même après  (voir article ICI )

    Remontons le temps jusqu’à la fin du 13ème à Bruges : Jean Froissart loge dans « une povre maisonnette enfumée, ossi noire que atremens de fumier de tourbes et ny avait en celle maison fors le bouge devant et une povre ceute de veille toille enfummée pour esconcer le feu, et apr dessus un povre solier auquel on montait par une eschelle de sept eschellons. En ce solier avoit povre literon où li povre enfant de la femmelette gisoit . »

     

    Au 17ème la situation ne s’est guère améliorée : à Lille nombre de cours bordées de « maisonnettes » avec une densité moyenne de 7 à 10 habitants par maison. Le surpeuplement peut atteindre des chiffres assez hallucinants : au 314 de la rue des Etaques vivent 25 personnes, au 66 rue Five, 21 personnes, au 15 de la rue Croquet, ce sont 16 personnes qui vivent ensemble.

    La promiscuité est encore aggravée par la faible taille du logement. Ainsi fin 18ème siècle à Lyon, dans un immeuble du quartier Saint Vincent, 20 locataires se partagent une surface de 816m2 soit une moyenne inférieure à 41m2 par logement ; près de 100 personnes vivent dans cet immeuble qui disposent donc de 8m2 chacune en moyenne. A cela s’ajoute le fait qu’il n’y a pas de chauffage, que les fenêtres sont recouvertes de papier huilé, que les toilettes sont méconnues …

    Et que dire des femmes abandonnées ou veuves qui habitent les caves avec leurs enfants ; voir ICI.

     

     

    Sources 

    Pauvres et marginaux au Moyen Age de Jean Pierre Leguay

    Chavatte, ouvrier lillois de Alain Lottin

    Quelques remarques sur l’habitat urbain, l’exemple de Lyon au 18ème siècle de Maurice Garden

     

    « F comme instruction des FillesH comme Hospice St Raymond »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 11 Novembre à 22:18
    Christelle
    Billet très intéressant. A l'époque mieux valait vivre à la campagne qu'en ville...
      • Dimanche 2 Décembre à 12:25

        Merci ! smile

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