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Isidore François CAZAUX

9 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Isidore est né le 18 juin 1872 à Labastidette

Il a les cheveux noir et les yeux châtain; il mesure 1.59m, sait lire, écrire et compter et a fréquenté les bataillons scolaires

Il est cultivateur

Son père s'appelle Marc François et sa mère Bertrande Fourtines, tous deux décédés lorsqu'Isidore fait ses classes en 1892.

Il épouse Marie Serres le 2 août 1897 à Frouzins

Il est caporal depuis 1894.

Il est mobilisé le 27 octobre 1914, à 42 ans. Il est incorporé au 133è RIT en 1914, puis au 136è RIT en 1915. Il fera le 12è RIT à compter d'avril 1917 pour passer ensuite au 283ème RIT en septembre et enfin au 94ème RIT en novembre 1917. Il est envoyé en congé illimité le 2 janvier 1919

IL habite Lamasquère en janvier 1919

 

Isidore François CAZAUX

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Jean CATHALA

9 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Jean est né le 14 août 1873 à Frouzins. En 1893 il réside à Muret.

Il est châtain, mesure 1.64m et sait lire, écrire et compter.

Jean est vannier en 1893.

Son père Jean est né le 18 octobre 1839 à Frouzins et est perruquier et à certains moments brassier; sa mère, Françoise Jeanne Jambert est née à Frouzins en mai 1842.

Il a été condamné le 15 décembre 1896 pour refus d'obéissance à 1 an d'emprisonnement et fut gracié en 1897.

Il est deuxième canonnier conducteur en 1894

Il fera la campagne d'Afrique du 21 novembre 1894 au 14 décembre 1896.

Le 17 février 1900 Jean épouse à Muret Marie Jeanne Alibert née à Bérat

Il est mobilisé le 3 août 1914, à 41 ans, et est affecté au 133ème RIT.

Jean est déclaré en sursis du 1er avril 2017 au 31 mars 1919 et sera démobilisé le 23 septembre 1919.

 

Jean CATHALA

 

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MIchel Marcelin CATALA

9 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Michel est né à Frouzins le 17 janvier 1890.

Ses cheveux sont châtain foncé, ses yeux marron jaune, il mesure 1.60m, a une bouche petite et une petite cicatrice au dessus du sourcil droit. Michel sait lire, écrire et compter.

Il est cultivateur

Son père s'appelle Eugène, propriétaire né vers 1862 et sa mère Marie Saurine née vers 1865.

Il a 24 ans quand ils est incorporé le 6 août 1914 au 80ème RI. Il sera démobilisé le 11 novembre 1918.

Il été cité à l'ordre du régiment : "a fait preuve de courage et d'un très grand dévouement en allant sur la ligne de feu rechercher les blessés et en aidant son chef de service à sauver les blessés du poste de secours incendié par un obus". Il recevra la croix de guerre, 1 étoile de bronze.

Il est blessé à la cuisse droite par une balle le 11 mai 1918 au Mont Kemmel en Belgique lors de la 3ème bataille des Flandres.

Le 1er octobre 1918, il souffre d'une bronchite et de congestion

En 1920 il habite Narbonne; le 10 octobre 1928 il loge  rue des 3 cocus à Toulouse, en 1932 chemin des Griffoulet à Toulouse en en 1933 chemin Bousquet quartier Croix Daurade à Toulouse.

Il se mariera le 13 février 1928 à Toulouse avec Françoise Dejean puis le 11 avril 1932 à Toulouse avec Jeanne Rech

 

MIchel Marcelin CATALA

MIchel Marcelin CATALA

MIchel Marcelin CATALA

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D comme Dépôt de mendicité

7 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #misère

 

Nous avons déjà vu dans un précédent article les raisons de la création des dépôts de mendicité au 17/18ème siècle et qui y était enfermés.

Dans cet article, nous nous intéresserons au quotidien de ces dépôts.

 

Le dépôt de Bayonne a été difficile à mettre en place ; Bayonne est une « ville petite, fortifiée peuplée », où les gens sont « tous les uns sur les autres ». Et personne ne veut d’un dépôt de mendicité à côté de chez lui !

Une petite maison est finalement trouvée : en fait un « immonde boyau obscur » (27m de long sur 5 de large), proche de la rivière. Ce logement privé de lumière, de soleil et d’air est vite surpeuplé.

En janvier 1785 il y avait 100 détenus ; en août il ne restait que 78 pensionnaires affamés, hébétés et en guenilles. Des femmes surtout en comptant les fillettes, plutôt jeunes (moyenne d’âge de 31 ans), quelques sexagénaires, 8 enfants dont 2 nourrissons et quantité d’invalide : 9 fols et folles, 5 estropiés, 15 impotens et infirmes, un imbécile et un aveugle.

Aucun de ces mendiants n’a de profession excepté un chirurgien de Labatut (rivière basse) incarcéré depuis 4 ans et un jeune laboureur.

7 des pensionnaires occupent un poste à responsabilité : porte-clés, prévôts, et prévôtes infirmières.

13 des 78 pensionnaires étaient là depuis 10 à 15 ans

A noter qu’en 1785 les détenus se révoltent car les fournisseurs de pain et de légumes « non payés depuis un temps considérable » ne les ravitaillent plus

Le dépôt de Bayonne a des horaires de repas assez stricts : 11h en hiver, 12h en été ; le souper est à 5h en hiver et 7h en été ; une distribution de pain se fait à 7h en hiver et 8h en été. Il est précisé dans le règlement interne que les convalescents auront droit 1/18ème de pinte de vin à chacun des deux repas.

 

Le dépôt de Pau n’est guère mieux loti, fin 18ème siècle : il est situé dans les fossés qui séparaient la ville du faubourg de la Porte Neuve ; endroit malsain, aux eaux croupissantes, difficile à assécher.

Il est constitué d’un rez de chaussée où se trouvaient le concierge et ses appartements ; au 1er étage deux grandes pièces pouvant contenir chacune 12 châlits, 4 personnes dormant ensemble dans le même lit.

Au 2ème étage se trouvaient 2 autres grandes salles capables d’abriter le même nombre d’individus ; dans les combles étaient installés 2 châlits et dans la galerie, il y avait aussi 4 châlits. Se rajoutent à cet ensemble une chapelle, une grange et une infirmerie

Pour dormir, on mettait pour les valides de grandes caisses avec au fond de la paille et deux couvertures de laine clouées au bout du lit, les mendiants y couchant 4 par 4.

Le poste nourriture coûte cher et l’idée est de le réduire au maximum ; on va donc distribuer essentiellement du pain, du riz et des légumes (pois, lentilles, fèves ou haricots).

Le riz « économique » comme il est appelé à l’époque c’est à dire où il n’y a que du riz, du pain et du lait dans la recette pourrait toutefois « devenir accablante et insupportable » tant ce plat est fade ; il est donc conseillé « d’accoutumer insensiblement » les détenus en ne servant  du riz qu’un jour sur deux.

Les insolens et les indociles n’auront que du pain, celui-ci étant composé d’un tiers de froment, d’un tiers de seigle et d’un tiers d’orge pour le rendre moins cher.

La viande n’est pas oubliée : elle sera utilisée principalement dans les soupes et le bouilli, le bœuf étant la viande la plus répandue avec le lard séché.

Bref une nourriture somme toute monotone.

Quant aux vêtements, les instructions gouvernementales prévoyaient « 3 chemises pour deux personnes mais de la toile la plus grossière, bas, sabots, culottes de même étoffe et un bonnet de laine, aux femmes un corset, un cotillon un juste de bure, 3 bonnets piqués et 3 cornettes pour deux ».

Les sabots furent finalement remplacés par des espadrilles ou esparteygnes mais cela ne s’avéra pas concluant et des pantoufles en cuir furent commandés.

La vie des détenus au dépôt se résume à de petits évènements sans importance particulière ; ainsi un extrait du « Journal de ce qui s’est passé au dépôt d’Auch depuis le 31/12/1787 jusqu’au 11/01/1788 » rédigé par le régisseur nommé Diénon, nous donne une idée de la routine d’un dépôt :

 « Le 1er du dit mois il est arrivé un convoi de 12 mendians venant du dépôt de Toulouse composé de 10 hommes et 2 femmes.

Le 2 il ne s’est rien passé d’extraordinaire

Le 3 le nommé Raymond Darolles est tombé malade, il a été envoyé à l’infirmerie

Le 4 la nommée Barthélémy Aignasse est sortie de l’infirmerie

Le même jour la nommée Marie Sabater fut mise au cachot pour avoir insulté la femme chargée de faire les instructions et avoir tenu des propos séditieux au catéchisme

Le 5 la nommée Sabater fut mise dehors du cachot

Le 6 les nommés Pierre Rey, Jean Lafargue, et Françoise Cavé descendirent des infirmeries où ils avaient été envoyés pour cause de maladie

Le 7 le nommé pierre Gabriel Blagnières fut renvoyé du dépôt par ordre de Mr l’Intendant

Le 8 le nommé Antoine Saint Pasteur fut mis au cachot pour avoir maltraité de coups de bâton un de ses camarades qu’il a grièvement blessé

Le 9 la nommée Jeanne Soubireau tomba malade, elle fut envoyée à l’infirmerie

Le 10 le nommé Antoine Saint Pasteur sortit du cachot et se réconcilia avec son camarade qu’il avait maltraité . Le dit jour la nommée Catherine Rias est montée à l’infirmerie par ordre du médecin »

 

On voit dans cet extrait que l’infirmerie ne chôme pas ; en effet les maladies sont inévitables vu la promiscuité qui règne et le manque d’hygiène.

Ainsi la seule mesure d’hygiène au dépôt de Pau est le « changement des chemises tous les dimanches et pour les hommes la rature hebdomadaire » dont était chargé le chirurgien, de mauvaise grâce d’ailleurs.

Les maladies de peau sont légion dans ce type d’établissement (gale et teigne notamment)

En 1778 à Bayonne une terrible épidémie sévit au dépôt qui quelques mois plus tard fera périr tous les enfermés, 160 nous dit le curé de Bayonne Hiriart

Fin mai un état des lieux est fait : « Jean Husson, imbécile de 24 ans et aveugle : impossible de lui faire prendre des remèdes

Marie Lalanne, épileptique

Jacques Fougere 72 ans infirme mort subitement

Jean Percheron 52 ans crachait du sang

Manifestement c’est bien d’ « une fièvre putride d’un caractère malin maligni morir »  dont il s’agit et qui persiste en dépit des aspersions de genièvre, d’encens de lavande.

Des vomitifs et purgatifs sont distribués , des veccicatoires et sinapisme sont appliqués

Ctte épidémie fait fuir ‘de terreur » 23 détenus par un « trou creusé au niveau du plancher du 1er étage , 18 pouces de hauteur et à peu près autantd e largeur » (une cinquantaine de cm)

 

Les mendiants ne doivent pas rester inactif et doivent travailler en fonction de leur capacité, ce qui permettra en plus de « ramener » de l’argent au dépôt ; le salaire des ouvriers reclus étant en effet partagé de la façon suivante : 1/3 pour la personne et 2/3 pour le dépôt.

On va apprendre un métier aux plus jeunes ; et également les instruire, l’idée étant de les remettre sur le droit chemin. Les métiers sont divers : confection de draps, de chemises, fabrication de pain, confection de paniers, tissage es étoffes, décorticage du lin et du chanvre, …

Ceci étant le chirurgien Laborde à Bayonne estime seulement à une vingtaine les hommes et femmes sur 144 susceptibles de travailler

Du temps est également pris pour la prière et les divers offices religieux

 

« Mémoire sur la manière d’accommoder le riz pour les mendians enfermés du dépôt de Bayonne »  archives départementales pyrénées atlantiques  C 298

«1° pour former une ration il faut 2 onces et demie de riz, 6/7ème de pinte d’eau et 2 onces et demie de pain et 1/7ème de pinte de lait

2° au riz destiné à 144 mendians on ajoute 16 gros de poivre et une livre de sel

3°on met au riz du laurier et on en règle la quantité par le gout que cette feuille donne car cette feuille n’est d’aucune dépense

4° on doit porter à la préparation du riz la plus grande attention ; pour faire bouillir à petit feu la marmite ou chaudron pendant 3 heures… et il faut continuellement faire remuer pendant ce temps là le riz par le moyen d’un bâton de bois qui dit être fait exprès et qui doit avoir le bout destiné pour être mis dans la marmite ou chaudron en forme de petite pelle parce que ce bout ait prise dans la marmite ou chaudron pour faire remuer le riz

5°on laisse après le riz presque refroidir avant de le distribuer : cette distribution se fait au dépôt de Baypnne de 3 jours l’un entre 11h et midy

6°on a pourvu tous les mendiants d’écuelle ou vase de terre ; on fait monter la marmite où est le riz au devant de la porte de l’appartement du 1er étage du dépôt et c’est là où se présentent les mendiants pour en recevoir chacun la ration qui doit lui être distribuée. Cette distribution se fait avec une grande cuillère qui a peu près tient une livre et demie de riz

°7 et comme les mnedians ne peuvent attendre sans prendre quelques substances jusqu’à 11h ou midy les jours auxquels ils doivent être au riz on leur distribue la livre de pain le matin entre 8 et 9 heures

8° le pain qui entre dans la préparation du riez n’est pas pris sur la livre distribuée »

 

Source

Quand la pauvreté était un crime de Françoise Froelhy

La table du Sud-Ouest et l'émergence des cuisines régionales: 1700-1850 de Philippe Meyzie

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C comme Crises démographiques aux 18 et 19ème siècles

6 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #calamités, #épidémie, #hygiène, #Midi Pyrénées

 

Les crises démographiques résultent de nombreux éléments dont le climat, le manque d’hygiène, une alimentation insuffisante liée à de mauvaises récoltes et les problèmes d’adduction d’eau ; tous jouent un rôle dans la morbidité et la conjonction de plusieurs d’entre eux provoquent des hécatombes.

Ainsi en Comminges le climat est rude : des hivers très froids à fort enneigement « la neige résiste (…) depuis le 1er 11 janvier au 1er avril » , un climat froid pendant 8 mois et tempéré les 4 mois restants avec brouillard, grêle et pluie et des étés chauds plus des vents d’ouest-nord-ouest dominants humides et frais

Ce climat ne prédispose qu’à une économie pastorale avec élevage brebis, vaches et quelques juments poulinières.

« On ne peut point labourer ny avec des bestiaux à cause des précipices, il n’y a point de charrettes, tous les travaux se font à l brasse (…) les paysans labourent à l bêche le terrir aride et transportent le fumier sur leur tête » Mayrègne près de St Gaudens

A Caubous près de Saint Gaudens « il n’était pas rare d’avoir trois mètres de neige de hauteur et le froid était intense. »

Une étude (anonyme) sur le canton de Luchon au commencement du 19è décrit les habitants : « L’espèce humaine (…) est ici aussi misérablement rabougrie que celle des autres animaux. Les enfants n’y présentent que des chairs blafardes et livides (..) Nos vierges de 15 et 16 ans (…) se trainent à pas lents (…) Les jeunes gens plus favorisés de la nature y sont assez bien formés, lestes et vigoureux mais les travaux continuels auxquels ils sont obligés de se livrer pour entretenir un grand nombre d’enfants dont ils deviennent les pères en se mariant de très bonne heure les font bientôt parvenir à une vieillesse précoce ». 

 

Les épidémies de variole, dysenterie, entérite, scarlatine sont toujours présentes quelle que soit l’époque.

Le choléra atteint la région Midi Pyrénées en 1834, la suette est arrivée quant à elle en 1782.

La maîtrise tardive de l’eau explique les niveaux élevés de gastro entérite et de typhoïde (les populations sont atteintes lors de la consommation directe des eaux pollués ou de produits ayant été en contact avec cette eau ou encore ayant poussé dans du fumier infecté).

La typhoïde se caractérise par une élévation de la température et l'apparition de troubles intestinaux. Elle dure environ 20 jours mais cette durée peut être allongée par des complications  comme des hémorragies intestinales, une perforation de l'intestin, une péritonite, bronchite, néphrite, phlébite ... 

 

Il faut dire que l’hygiène reste longtemps déplorable dans l’espace public comme privé : les rues de Toulouse sont le réceptacle de jets d’urine, de dépôts de matière fécale, de tripailles, de fumier.

A Montesquieu Volvestre (à 50 km de Toulouse), en 1832, 1835, 1854, s’amoncèlent devant les portes et dans les jardins, fumiers et immondices ; les fossés faisant office de rigole sont remplis de détritus. A Carbonne en 1898, après chaque orage les eaux deviennent troubles et d’un goût douteux. Voir également ICI et ICI.

Les fontaines quand il y en en a sont contaminées, tout comme les puits.

Les habitants en majorité au 19è continuent à s’approvisionner dans le fleuve, les rivières et les puits ce qui ne permet donc pas de consommer une eau propre ; Il y a quelques exceptions comme par exemple les hameaux de Lançon et de Croix près de Carbonne qui dès 1871 profitent de l’installation d’une pompe.

 

Les crises démographiques peuvent s’expliquer également de façon moins dramatique par la migration des jeunes : l’instituteur de Bourg d’Oueil indique en 1886 : « Cette diminution (de la population) est occasionnée par l’émigration vers les villes où les jeunes gens et les jeunes filles se placent comme domestiques ; plusieurs hommes entrent ainsi dans la douane, la gendarmerie, dans le clergé et dans le corps enseignant. D’un autre côté le nombre des enfants devient tous les jours moins considérable … en ce moment il n’y a pas à Bourg plus de 4 enfants âgés de 3 ans et il n’y en a que quatre ayant 3 à 5 ans ».

 

La Grande Guerre viendra une génération plus tard compléter ces crises démographiques de façon cruelle et apocalyptique : 18% des incorporés de l’armée française seront tués. Avec toutes les conséquences que cela va entraîner ensuite sur la natalité…

 

Sources

Visages de la mort dans l'histoire du midi toulousain sous la direction de Jean Luc Laffont

 

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B comme Bataillon scolaire

5 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #instruction

 

1870 est une défaite et une humiliation pour la France

Aussi la 3ème République veut exalter le patriotisme, propager une morale civique, développer un certain chauvinisme également et pour cela va commencer par instruire en ce sens les enfants.

Jules Ferry proclame ainsi : « Nous voulons pour l'école des fusils ! Oui le fusil, le petit fusil que l'enfant peut manier dès l'école ; dont l'usage deviendra pour lui chose instructive ; qu'il n'oubliera plus, et qu'il n'aura plus besoin d'apprendre plus tard. Car ce petit enfant, souvenez-vous en, c'est le citoyen de l'avenir, et dans tout citoyen, il doit y avoir un soldat toujours prêt » (extrait du discours aux instituteurs du 18 septembre 1881).

Le Ministre de l'instruction publique en 1882, Paul Bert n'hésite pas à dire que l'école doit avant tout « préparer pour la nation des citoyens dévoués jusqu'au sacrifice suprême dans les luttes où peuvent être engagés les intérêts de la patrie ».

Le ministre de la guerre, le général Farre explique en 1881 : « Le service de trois ans, tel qu’il existe dans un autre pays, doit, pour porter ses fruits, avoir été précédé pendant longtemps d’un dressage préliminaire spécial acquis à l’école. Il faut donc développer l’instruction, l’instruction à tous les degrés, et surtout l’instruction militaire civique. Apprenons aux enfants ce que c’est que le soldat : quels sont ses devoirs ; quelle charge lui impose sa mission ; et même quelle grandeur et quel honneur il y a dans les charges qui lui sont imposées. ».

Pour cela, un décret du 6 juillet 1882 autorise la constitution de bataillons scolaires. L'instruction militaire devient ainsi obligatoire mais cela ne fait qu’entériner officiellement une pratique mise en place par de nombreuses écoles depuis 1870.

Les enfants portent l’uniforme et s'entraînent sous la direction d'instructeurs militaires : « Tout établissement public d'instruction primaire ou secondaire, ou toute réunion d'écoles de 200 à 600 élèves, âgés de douze ans et au-dessus, pourra, sous le nom de "bataillon scolaire", rassembler ses élèves pour des exercices de gymnastique et militaires, pendant toute la durée de leur séjour dans les établissements d'instruction. »

La France comptera jusqu’à 109 bataillons pour environ 44 000 enfants.

 

Ces « Bataillons » devaient dispenser aux élèves une formation prémilitaire graduée, adaptée à leur âge, dont le programme était ainsi conçu :

  • Au cours élémentaires, de 7 à 9 ans, gymnastique, exercices de présentation individuelle et évolutions collectives.
  • Au cours moyens, de 9 à 11 ans, éducation physique avec éventuellement exercices aux agrès, marches, évolutions en ordre serré.
  • Au cours supérieurs, de 11 à 13, gymnastique, agrès, évolutions en ordre serré, marches, éléments de topographie et préparation au tir.

D'autres activités vont être au programme : les chants patriotiques et la formation aux défilés.

Les élèves des bataillons scolaires utilisent des fusils d'exercice. Pour les manœuvres, ce sont des fusils inertes en bois ou bois/métal. Mais pour les exercices de tir réel souvent pratiqués dans les préaux convertis en stands, les élèves sont dotés de versions spécifiques de fusils réglementaires utilisant des cartouches à tir réduit.

En 1892, une loi met fin à cette expérience de bataillons scolaires, dont la valeur éducative est jugée peu efficace et qui s'avère très coûteuse pour les communes. Ils disparaissent peu à peu. Cependant le tir scolaire reste au programme et continue d'être pratiqué dans les écoles.

A noter que sur certains modèles de registres matricules, on trouve l'indication de l'instruction militaire :

  • soit "3" (pour dire exercé),
  • soit "Exercé"

B comme Bataillon scolaire

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A comme Alphabétisation

5 Novembre 2018 , Rédigé par srose Publié dans #instruction

 

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que la question de l’alphabétisation s’est posée dès le 16ème siècle, en pleine guerre de religion. En effet, papistes comme huguenots pensent que l’âme des enfants se gagnent parmi les petites écoles. C’est ainsi que des institutions autoproclamées se multiplient.

 

L’alphabétisation a également une vertu morale : combattre la paresse et inculquer le sens de l’effort.

L’éducation des filles est plus lente.

 

Mais ne nous y trompons pas, l’aspect pragmatique de l’éducation est réel : les gros fermiers ruraux qui sont souvent receveurs des revenus de la seigneurie doivent savoir lire écrire et compter : tenir des registres, rédiger des rapports…

 

Ceci étant l’Etat répugne malgré tout à arracher des bras à l’agriculture et rien n’est réellement fait pour favoriser l’instruction des classes laborieuses même si Louis XIV, en 1698 demande à ce que l’on établisse des écoles dans toutes les paroisses afin d’y instruire les enfants, notamment ceux de la religion prétendue réformée, du catéchisme et des prières. Pas d’obligation particulière, juste des recommandations.

 

A comme Alphabétisation

 

Finalement, la mise en place d’école va dépendre du bon vouloir des notables locaux. Ainsi depuis 1545, Bouxwiller en Alsace dispose d’une école. Les enfants y apprennent la lecture, le catéchisme, l’écriture et le calcul.

Au 17ème siècle, l’enseignement s’y diversifie et l’on peut y apprendre le latin et le grec. L’école, devenue une école latine, prend le nom de gymnase en 1658, prenant celui de Strasbourg comme modèle, et devient une véritable pépinière de pasteurs pour l’Alsace protestante, ne fermant qu’en 1793.

Au 17ème de petits livres populaires sont diffusés dans toutes les couches de la société :  : « le Médecin charitable » qui aide à guérir de toutes les maladies, et tout autre livre pratico pratique inculquant le savoir vivre, comment cuisiner, comment se tenir à table, comment faire la cour à une fille …

Mais aussi des livres qui font rêver comme Huon de Bordeaux : le jeune Huon fils du duc de Bordeaux condamné pour avoir tué en duel le fils de Charlemagne, Charlet, à se rendre à Babylone auprès de l’Amiral Gaudisse dont il devra ramener la moustache et quatre molaires après avoir embrassé sa fille Esclarmonde, ce qu’il réussira à faire après moult péripéties.

A comme Alphabétisation

ou encore Les Quatre Fils d’Aymon : jeunes chevaliers vaillants qui ont eu l’infortune d’offenser Charlemagne qui va les traquer à travers le Rouyaume de France de Montauban à Trémoigne.

Mais ils sont aidés par le magicien Maugis.

 

Nous trouvons aussi l’Abrégé de la vie du grand St Hubert et les contes : ceux de Perrault ou de Mme d’Aulnoy par exemple.

 

Diverses formes littéraires existent donc au Moyen âge dès le 16ème siècle pour éduquer, faire rire, faire rêver … Ces livrets sont connus sous le nom de livrets bleus, conçus à partir de 1600 par des imprimeurs troyens. L'impression était de mauvaise qualité et de petit format ; les cahiers étaient recouverts d'une couverture de papier couleur bleu gris, d'où l’appellation de livres bleus. Les colporteurs les diffusent largement dans tout la France.

 

Des livrets plus techniques existent aussi sous la forme d’almanach : ce n’est pas un simple calendrier, on y trouve des prédictions météorologiques, des informations sr l’astrologie, des conseils, des notes sur l’histoire et l’actualité, les modes …

 

A comme Alphabétisation

 

Mais revenons aux écoles rurales : l’instituteur pouvait être le sonneur de cloche ou le sacristain, le curé ou toute autre personne possédant une certaine instruction mais pas nécessairement une bonne instruction .

Le maître d’école était au 17ème siècle nommé par la communauté d’habitants et était lié par un contrat. Les heures d’ouverture de l’école vont dépendre des saisons et des usages en vigueur dans chaque région.

Le 18ème siècle ne voit pas trop d’amélioration malgré les Lumières. Lumières qui ne sont pas pour tout le monde : Rousseau refuse l’éducation des campagnards : « le pauvre n’a pas besoin d’éducation (sic) ; celle de son état est forcée , il n’en saurait avoir d’autre (..). il est moins raisonnable d’élever un pauvre pour être riche qu’élever un riche pour être pauvre(..). En choisissant un enfant riche pour l’éduquer, nous serons surs au moins d’avoir fait un homme de plus au liue qu’un pauvre peut devenir homme de lui-même »

Il enfonce le clou en précisant : « n’instruisez point l’enfant du village car il ne lui convient pas d’être instruit »

La Chalotais, magistrat breton (1701-1785) : « le bien de la société demande que les connnaissances du peuple ne s’étendent pas plus loin que ses occupations »

La Révolution va permettre de réveiller les consciences et de faire comprendre tout l’intérêt de l’éducation mais elle prive aussi les petites écoles rurales de nombreux subsides comme la dîme ou la confiscation des biens du clergé.

A comme Alphabétisation

Les maîtres d’école sont à cette époque dans une telle détresse financière qu’ils doivent avoir un autre activité plus rémunératrice ou cumuler les fonctions.

Et que dire des écoles de filles tenues en majorité par des religieuses dont l’ordre a été interdit …

Tant que l’école n’est pas obligatoire et tant que les maîtres ne sont pas reconnus avec une formation digne de ce nom  l’éducation ne sera qu’un vœu pieu …

 

 

Sources

Littérature et culture « populaires » aux XVIIe et XVIIIe siècles de Jean-Luc Marais

 

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