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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 19 - occupation hollandaise suite

13 Janvier 2018 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

L’occupation hollandaise : suite

Les exactions rencontrées lors de l’occupation hollandaise de 1709 touchèrent également l’église de Rumegies. Notre curé nous dit que l’église a été en effet « forcée, pillée, profanée de la manière la plus outrageante qui se puisse imaginer ».

Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 19 - occupation hollandaise suite

Il nous explique également qu’alors qu’une femme était à l’article de la mort rue Prière, « on a dû lui porter son Viatique », et ce, sans cérémonie. Mais le curé a rencontré les hollandais en chemin qui l’ont « futé » (battu) et volé la petite boite d’argent où se trouvait la sainte hostie.

 

Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 19 - occupation hollandaise suite

Eglise en bas  à gauche et rue de la prière (point rouge en haut à droite) - 16mn à pied par le chemin le plus court

 

« Nous fûmes avec toute la communauté tellement épouvantée que le lendemain (du pillage de l’église), nous avons tout abandonné à la rage de ces malheureux. Nous avons été entre leurs mains depuis huit heures du matin jusqu’à pareille heure du soir, pendant quoi ils ont commis toutes les inhumanités des nations étrangères, dont on n’entendait point le langage et qui avai0ent des visages qui ne respiraient que le carnage. Nous nous sommes enfuis les uns à St Amand, les autres à Orchies, Marchiennes, et Hasnon et nous y fûmes jusqu’à la reddition de la citadelle de Tournai où tout le pauvre peuple a bien souffert des misères, pauvreté et maladie ».

Cet exode durera 2 mois.

Durant ce laps de temps les maraudeurs ont voulu emporter les cloches de l’église : « ils ont fait tomber la petite mais elle n’a point cassé. Dès que nous l’apprîmes à Saint Amand, nous sommes venus avec six sauvegardes et trois chariots pour sauver les trois cloches ». Mais en vain car un commandant en poste à l’entrée du village leur refusa l’accès. Dès que celui-ci partit, ils revinrent et « trouvâmes les maraudeurs qui frappaient à toute force sur les cloches pour les rompre ; et les autres avaient dépendu la seconde pour la faire tomber sur la petite pour es casser toutes deux mais en vain. Dès qu’ils nous ont aperçus ils ont fui. Et ainsi avec bien des peines, nous avons chargé nos trois cloches et les avons emmenées à l’abbaye de St Amand ».

 

Une fois Tournai prise (septembre 1709), l’armée hollandaise n’a pas demandé son reste et les villageois sont revenus à Rumegies pour trouver un paysage désolé : « point de portes, point de fenêtres, point de vitres, point un morceau de fer, et qui pis est, point une botte de paille ».

Le curé précise que dans tout le Tournaisis, il n’y avait plus une seule botte de paille « ce qui a causé une mortalité de tous les bestiaux qui sont presque tous morts l’hiver suivant ».

Et que dire des hommes ? « Depuis le mois de septembre jusqu’au Noël », il semblerait que près de 300 personnes soient mortes (dans le village et dans les villages alentours) et « tous, faute d’aliments, de linge, de soins, tout le monde étant malade et ne se pouvant secourir les uns les autres [… ] La plupart de ceux qui sont morts n’avaient ni argent ni linge ni même de la paille pour se coucher ».

Le curé remarque que « ceux qui ont eu des bouillons de bon vin de Bourgogne, il n’en est point mort un seul de ceux là ».

 

Finalement cette année 1709 fut effroyable, à tel point misérable que le curé Dubois ne se sent pas capable de l’exprimer qu’avec ses larmes ! « Adieu fatale année ! que je ne me souvienne jamais de toi si ce n’est pour me souvenir que c’est mes pêchés qui ont attiré la colère de Dieu ! »

 

Voir également l'article suivant : Quelques témoignages locaux liées sur les dévastations liées à l'occupation hollandaise

 

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 18 - Occupation hollandaise : le Jugement dernier sera t il plus effroyable?

1 Octobre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Occupation hollandaise : le Jugement dernier sera-t-il plus effroyable ?

« Ce qui comble notre misère c’est que les Français fuient de tous côtés. Ils ont abandonné Tournai sans troupes presque et sans munitions ; et les alliés en ont fait le siège, siège fatal pour notre pauvre communauté, qui fait le tombeau de plus de trois cents de ses pauvres habitants en moins de trois mois. (le registre des décès relève 180 morts pour 1709 ; il est vraisemblable que le chiffre de 300 comprend ceux qui sont morts durant l’exil de la population dans les villes et villages voisins).

Ce siège donc se fit le 26 de juin 1709. Les Hollandais qui n’avaient point voulu ou osé forcer le maréchal de Villars aux lignes du Pont à Vedin, résolurent d’abandonner ce poste et feignant d’aller vers Ypres vinrent droit à Rumegies. L’armée était dans la paroisse et nous ne le savions point. Nous prîmes une sauvegarde et ce jour nous ne perdîmes rien ; ils allèrent prendre Saint Amand. Mais le 27, Bon Dieu ! quelle journée ! Le Jugement dernier sera-t-il plus effroyable ? Seigneur, quand je me veux faire une idée du dernier avènement, je me le représente. Comme j’avais un sauvegarde du prince d’Orange, la plus grande partie des paroissiens se sont retirés en la maison pastorale avec leurs bestiaux. Tous les meubles généralement étaient dans l’église. Plus de dix mille maraudeurs armés de pistolets de poches, de baïonnettes, d’épées, de grands bâtons sont venus fondre sur cette maison et sur l’église ; et ils ont tout entièrement mis en ruine. Ils ont pris plus de cinquante vaches et bien trente chevaux ; et après avoir pillé, débilié hommes, femmes et filles, ils en ont violé plusieurs et tué à coup de bâton ».

Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 18 - Occupation hollandaise : le Jugement dernier sera t il plus effroyable?

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 17 - le grand hiver de 1709

1 Octobre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

« Jamais on n’avait vu un hiver plus agréable. Les victorieux (voir le siège de Lille et la note du curé ici) en profitèrent. Ils prirent au mois de dédembre 1708 Gand, Bruges. Mais la nuit du 5 au 6 janvier 1709, il commença un hiver qu’on appelera jusquà la fin du monde le gros hiver. Il a commencé après cinq ou six jours de grosses pluies et dura trois mois, d’une force incroyable, entremêlé de dégels qui ne duraient que quelques heures , de neige que le vent chassait dans les enfddroits les plus bas, de sorte que tous les blés généralement furent gelés et on n’a point échappé un seul grain de colza. Pendnat ce cruel hiver, on voyait des terribles signes ou phénomènes dans les cieux. Les plus gros chênes des bois et la plupart des autres arbres se fendaient de part en part. les pruniers, abricotiers, cerisiers moururent ; et les autres arbres engelés ou à demi gâtés. Dès que les marchands de grains virent les grains engelés, ils en haussèrent le prix très considérablement ; et le grain que j’avais vendu l’année d’avant 14 patars le havot, je l’ai vendu 12 livres (14 patars font 1 livre et huit sous). C’était de méchant métilion qu’on ne savait vendre auparavant".

 

Voir les articles sur l'hiver 1709 ici et ici

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Testament de Charles II

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Testament de Charles II

« Si le testament de Charles II ne serait point trop long on le rapporterait tout entier. Il mérite d’être vu tant il est rempli de piété et de religion. Le gros du testament pour la France c’est qu’il a fait son héritier universel Monsieur le duc d’Anjou, second fils de Monseigneur le Dauphin ; en défaut du duc d’Anjou, il appelle à la même succession le duc de Berry ; et en défaut de ces deux princes il appelle l’archiduc d’Autriche, second fils de l’empereur ».

 

Voir les conséquences de ce testament dans l'article sur le siège de Lille

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Testament de Charles II

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Testament de Charles II

« Si le testament de Charles II ne serait point trop long on le rapporterait tout entier. Il mérite d’être vu tant il est rempli de piété et de religion. Le gros du testament pour la France c’est qu’il a fait son héritier universel Monsieur le duc d’Anjou, second fils de Monseigneur le Dauphin ; en défaut du duc d’Anjou, il appelle à la même succession le duc de Berry ; et en défaut de ces deux princes il appelle l’archiduc d’Autriche, second fils de l’empereur ».

 

Voir les conséquences de ce testament dans l'article sur le siège de Lille

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Testament de Charles II

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Testament de Charles II

« Si le testament de Charles II ne serait point trop long on le rapporterait tout entier. Il mérite d’être vu tant il est rempli de piété et de religion. Le gros du testament pour la France c’est qu’il a fait son héritier universel Monsieur le duc d’Anjou, second fils de Monseigneur le Dauphin ; en défaut du duc d’Anjou, il appelle à la même succession le duc de Berry ; et en défaut de ces deux princes il appelle l’archiduc d’Autriche, second fils de l’empereur ».

 

Voir les conséquences de ce testament dans l'article sur le siège de Lille

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Testament de Charles II

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Testament de Charles II

« Si le testament de Charles II ne serait point trop long on le rapporterait tout entier. Il mérite d’être vu tant il est rempli de piété et de religion. Le gros du testament pour la France c’est qu’il a fait son héritier universel Monsieur le duc d’Anjou, second fils de Monseigneur le Dauphin ; en défaut du duc d’Anjou, il appelle à la même succession le duc de Berry ; et en défaut de ces deux princes il appelle l’archiduc d’Autriche, second fils de l’empereur ».

 

Voir les conséquences de ce testament dans l'article sur le siège de Lille

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 16 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

Pour situer, Rumegies se situe à peu près à 40km de Lille.

 

« Le 10 de juillet 1708, nos pauvres Français se laissent encore battre à Audenarde (Les Français perdirent dans cette bataille 15 000 hommes (dont environ 8 000 prisonniers) et 25 canons, les coalisés perdant moins de 3 000 hommes). On attribue ce malheur à la mésintelligence des généraux. Le roi avait nommé son petit-fils le duc de Bourgogne, généralissime de ses troupes. Il lui avait donné pour adjoints son frère le duc de Berry et le jeune roi d’Angleterre, fils de Jacques, connu en ce pays sous le nom de chevalier de Saint Georges. Ces jeunes princes ont perdu le pays et ils n’ont fait que faute sur faute pendant la campagne. Et ils s’en sont retournés à Paris après avoir laissé prendre Lille et avoir eu mille occasions de la secourir, car le maréchal de Boufflers qui la défendait a fait une défense inouïe. Il a été investi le 13 août et il s’est défendu jusqu’au 21 octobre de cette année 1708 (Il parvint à défendre la ville jusqu'en août, mais les coalisés étant décidés à conduire un siège inhabituellement long, il dut se replier dans la citadelle, et capitula finalement avec 8 000 survivants le 28 octobre.). C’est ici qu’il faut admirer la main de Dieu sur la France car Lille ne devait point se rendre. Tout le monde convenait que le prince Eugène (de Savoie, chef de l’armée impériale) et Milord Malborough (commandant en chef anglais et héros de la comptine « Malbrough s’en va en guerre ») avaient témérairement siégé cette ville. Dans le temps que tout manquait aux assiégeants, le comte de la Motte a inutilement attaqué un convoi avec trois contre un. ; il a été battu et le convoi a passé.

Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

Le duc de Malborough à la bataille d'Audenarde

Ensuite Monseigneur le duc de Bourgogne est venu à Mons en Pévèle dans le temps que les ennemis méditaient de fuir. Il n’a osé mordre et puis il est revenu avec son armée sur l’Escaut qu’il a fait retrancher depuis Gand jusqu’à Tournai, pensant d’y faire périr les ennemis. Point du tout ils ont pris Lille et sont venus passer la rivière sans tirer un coup et sont allés désiéger Bruxelles que le duc de Bavière siégeait, obligé de fuir et d’abandonner toute son artillerie. Tout cela paraîtra incroyable à la postérité. Nous avons été fourragé seulement en paille de l’armée du duc de Bourgogne qui était au Saulchoir près de Tournai. Ces fourrages ont duré jusque vers le Noël. Le premier fourrage général a commencé le19 août. Jugez de la misère jusqu’au mois de décembre. Je dois ajouter que s’il eusse plu huit jours de suite pendant cet important siège ils eussent dû quitter la place. Mais nos pêchés sont trop grands car la perte de Lille est la ruine de tout le commerce des Pays Bas ».

 

Voir article sur le siège de Lille

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 16 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

Pour situer, Rumegies se situe à peu près à 40km de Lille.

 

« Le 10 de juillet 1708, nos pauvres Français se laissent encore battre à Audenarde (Les Français perdirent dans cette bataille 15 000 hommes (dont environ 8 000 prisonniers) et 25 canons, les coalisés perdant moins de 3 000 hommes). On attribue ce malheur à la mésintelligence des généraux. Le roi avait nommé son petit-fils le duc de Bourgogne, généralissime de ses troupes. Il lui avait donné pour adjoints son frère le duc de Berry et le jeune roi d’Angleterre, fils de Jacques, connu en ce pays sous le nom de chevalier de Saint Georges. Ces jeunes princes ont perdu le pays et ils n’ont fait que faute sur faute pendant la campagne. Et ils s’en sont retournés à Paris après avoir laissé prendre Lille et avoir eu mille occasions de la secourir, car le maréchal de Boufflers qui la défendait a fait une défense inouïe. Il a été investi le 13 août et il s’est défendu jusqu’au 21 octobre de cette année 1708 (Il parvint à défendre la ville jusqu'en août, mais les coalisés étant décidés à conduire un siège inhabituellement long, il dut se replier dans la citadelle, et capitula finalement avec 8 000 survivants le 28 octobre.). C’est ici qu’il faut admirer la main de Dieu sur la France car Lille ne devait point se rendre. Tout le monde convenait que le prince Eugène (de Savoie, chef de l’armée impériale) et Milord Malborough (commandant en chef anglais et héros de la comptine « Malbrough s’en va en guerre ») avaient témérairement siégé cette ville. Dans le temps que tout manquait aux assiégeants, le comte de la Motte a inutilement attaqué un convoi avec trois contre un. ; il a été battu et le convoi a passé.

Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

Le duc de Malborough à la bataille d'Audenarde

Ensuite Monseigneur le duc de Bourgogne est venu à Mons en Pévèle dans le temps que les ennemis méditaient de fuir. Il n’a osé mordre et puis il est revenu avec son armée sur l’Escaut qu’il a fait retrancher depuis Gand jusqu’à Tournai, pensant d’y faire périr les ennemis. Point du tout ils ont pris Lille et sont venus passer la rivière sans tirer un coup et sont allés désiéger Bruxelles que le duc de Bavière siégeait, obligé de fuir et d’abandonner toute son artillerie. Tout cela paraîtra incroyable à la postérité. Nous avons été fourragé seulement en paille de l’armée du duc de Bourgogne qui était au Saulchoir près de Tournai. Ces fourrages ont duré jusque vers le Noël. Le premier fourrage général a commencé le19 août. Jugez de la misère jusqu’au mois de décembre. Je dois ajouter que s’il eusse plu huit jours de suite pendant cet important siège ils eussent dû quitter la place. Mais nos pêchés sont trop grands car la perte de Lille est la ruine de tout le commerce des Pays Bas ».

 

Voir article sur le siège de Lille

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Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 16 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

24 Septembre 2017 , Rédigé par srose Publié dans #témoignage, #Nord Pas de Calais

Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

Pour situer, Rumegies se situe à peu près à 40km de Lille.

 

« Le 10 de juillet 1708, nos pauvres Français se laissent encore battre à Audenarde (Les Français perdirent dans cette bataille 15 000 hommes (dont environ 8 000 prisonniers) et 25 canons, les coalisés perdant moins de 3 000 hommes). On attribue ce malheur à la mésintelligence des généraux. Le roi avait nommé son petit-fils le duc de Bourgogne, généralissime de ses troupes. Il lui avait donné pour adjoints son frère le duc de Berry et le jeune roi d’Angleterre, fils de Jacques, connu en ce pays sous le nom de chevalier de Saint Georges. Ces jeunes princes ont perdu le pays et ils n’ont fait que faute sur faute pendant la campagne. Et ils s’en sont retournés à Paris après avoir laissé prendre Lille et avoir eu mille occasions de la secourir, car le maréchal de Boufflers qui la défendait a fait une défense inouïe. Il a été investi le 13 août et il s’est défendu jusqu’au 21 octobre de cette année 1708 (Il parvint à défendre la ville jusqu'en août, mais les coalisés étant décidés à conduire un siège inhabituellement long, il dut se replier dans la citadelle, et capitula finalement avec 8 000 survivants le 28 octobre.). C’est ici qu’il faut admirer la main de Dieu sur la France car Lille ne devait point se rendre. Tout le monde convenait que le prince Eugène (de Savoie, chef de l’armée impériale) et Milord Malborough (commandant en chef anglais et héros de la comptine « Malbrough s’en va en guerre ») avaient témérairement siégé cette ville. Dans le temps que tout manquait aux assiégeants, le comte de la Motte a inutilement attaqué un convoi avec trois contre un. ; il a été battu et le convoi a passé.

Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle - 15 - Désastreuse campagne de 1708 et prise de Lille

Le duc de Malborough à la bataille d'Audenarde

Ensuite Monseigneur le duc de Bourgogne est venu à Mons en Pévèle dans le temps que les ennemis méditaient de fuir. Il n’a osé mordre et puis il est revenu avec son armée sur l’Escaut qu’il a fait retrancher depuis Gand jusqu’à Tournai, pensant d’y faire périr les ennemis. Point du tout ils ont pris Lille et sont venus passer la rivière sans tirer un coup et sont allés désiéger Bruxelles que le duc de Bavière siégeait, obligé de fuir et d’abandonner toute son artillerie. Tout cela paraîtra incroyable à la postérité. Nous avons été fourragé seulement en paille de l’armée du duc de Bourgogne qui était au Saulchoir près de Tournai. Ces fourrages ont duré jusque vers le Noël. Le premier fourrage général a commencé le19 août. Jugez de la misère jusqu’au mois de décembre. Je dois ajouter que s’il eusse plu huit jours de suite pendant cet important siège ils eussent dû quitter la place. Mais nos pêchés sont trop grands car la perte de Lille est la ruine de tout le commerce des Pays Bas ».

 

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