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Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

27 Mars 2021 , Rédigé par srose Publié dans #loisirs

 

Temps libre à la campagne et dans les villes ouvrières au 19ème siècle : l'essor du bistrot

 

Pour le paysan, nul temps libre, il y a toujours quelque chose à faire.

La gestion de son temps n‘est pas la même que celle de l’ouvrier complètement dépendant des machines mais qui une fois sa journée terminée peut vaquer à ses occupations car il dispose à ce moment d'un temps disponible.

Pour le paysan c’est différent : d’abord l’absence de mécanisation va impliquer une absence de répétition des mêmes gestes comme peut le connaître l’ouvrier. Les travaux vont en effet varier dans la journée, la semaine ou le mois du fait de la pluriactivité et de la polyculture. Et surtout le paysan est quelque part maître de son temps, celui-ci étant très poreux ; le temps de travail s’infiltre en effet constamment dans le temps personnel.

Ainsi les veillées d’hiver qui sont utilisées pour du petit artisanat domestique (tricot, filage, ravaudage, émondage des noix, teillage du chanvre, fabrication de paniers …), la garde des troupeaux pour les plus jeunes qui leur laissent finalement une certaine liberté.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Veillée

 

L’embauche des ouvriers agricoles selon les régions va se faire lors de fêtes ou vont donner lieu à des repas de fête.

Les pratiques d’entraide lors des grandes phases annuelles du travail agricole sont également l’occasion de fêtes : poêlée du Morvan, parcée du pays de Caux, reboule du Forez (La Reboule est la fête de la fin des moissons : « les prés sont fauchés, le foin est rentré, les divers fruits ont été ramassés et vendus, il est l’heure de danser, chanter et manger »). 

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Marché Biron - Fête des moissons - Armand Leleux (1818-1885)

 

Les foires et marchés incitent à prendre un verre dans un cabaret. C’est une manière de sortir de son quotidien monotone et de voir du monde, d'aller à la ville.

La lessive au lavoir est un moment sociabilité informelle aussi pour les femmes puisque tous les potins s’y retrouvent …

La messe va réellement être un moment de pause dans la semaine, où l’on va discuter sur le parvis de l’église, prendre le café chez l’une ou l’autre, aller au cabaret mais ne nous y trompons pas, dans la campagne, une femme qui profite de son temps libre pour elle-même est très mal vu. Le contrôle social est constant. Elle ne doit pas négliger les tâches ménagères ni les travaux de la ferme. Ses journées sont finalement plus longues que celles des hommes. Et pas question pour elle d'aller au bistrot !

 

Justement quelle est la place des cabarets dans le temps libre dont disposent l'ouvrier et le paysan? 

Tout d'abord, on peut citer Balzac sur une généralité à propos des cafés qui traverse les frontières et les siècles  : « le cabaret est la salle de Conseil du peuple » et effectivement on y refait le monde sans cesse.

Au XIXe siècle le bistrot porte plusieurs noms : estaminet en Flandres, bistrot, débit de boisson, guinguette, café .. mais aussi assommoir comme dans le roman de Zola, c'est à dire un lieu populaire où les buveurs s’assomment à coup de vin mauvais et d’alcool comme l'absinthe.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Estaminet à Tourcoing - fin 19ème

 

En Normandie vers 1880 on pouvait trouver jusqu’à 10 voire 15 cabarets dans les communes de 300 âmes !

La rue de Menin à Tourcoing dans le Nord compte 22 estaminets en 1898 !!

Auberchicourt, ville minière du nord également, compte en 1886, alors qu'il y a 2453 habitants, 46 débits de boissons...

A Lille on en compte près de 1600 en 1851 soit 1 pour 70 habitants !

Dans le Pas de Calais au début du 20ème siècle, les cabarets sont partout : aux carrefour, à la sortie des grosses exploitations, près de l’église et de la mairie, aux extrémités du village, dans les champs mêmes ….

Leroy Beaulieu, économiste du 19ème siècle, dira que le cabaret est "l'église des ouvriers".

En fait on se rend compte que les débits de boissons n'ont d'autres rôles à l'époque de l'assommoir de Zola que de servir les ouvriers le matin puis l'après midi au sortir de la fosse ou de l'usine ou des exploitations agricoles.

Certains débits sont tenus par les épouses des mineurs. Le plus souvent une pièce de la maison va servir de bistrot et ne servira donc qu'à boire le café, le genièvre ou la bière. Pas possible donc de s'adonner à des jeux populaires. Il faudra donc aller vers des bistrots plus grands pour cela et que l'on va trouver essentiellement sur les axes principaux des villes et villages et surtout en dehors des corons pour éviter tout rassemblement de mineurs traditionnellement vindicatifs et fortement syndicalisés !

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Estaminet dans Helfaut Bilques (62) - début 20ème

Site consacré à Helfaut Bilques

 

C'est le lieu de rassemblement privilégié des ouvriers. Le midi, on y apporte sa gamelle : « On avait là une assiette de soupe et on mangeait la viande et le pain qu’on avait apportés. C’était toujours du lard cuit dans la soupe du dimanche pour toute la semaine. » Témoignage d’une ouvrière du textile d’Hazebrouck (59) en 1898.

Ces bistrots vont ensuite s'organiser en fonction de différents critères : la nationalité par exemple ; on va trouver dans le Nord de la France des cabarets plus pour les Polonais ou plus pour les Belges par exemple avec des boissons propres à leur pays et des fêtes et jeux propres à leur culture. La fréquentation fréquente de passionnés de tir à l'arc, de colombophilie, de combats de coqs etc va aussi permettre de distinguer un cabaret d'un autre.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Réunion des dames du Rosaire à l'estaminet franco polonais Janicki

Cité des Alouettes - Bully les Mines - années 30

 

En effet la vie associative et sportive va s'organiser autour de ces cabarets puisqu'ils vont devenir le lieu de leurs réunions et de leurs repas festifs voire de leur siège social !

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Le Bar des sports - Lens (62) - fin du 19ème siècle

Le Lensois normand tome 3

 

Indépendamment de ces sociétés ludiques, les hommes y ont coutume d’y passer le dimanche après midi à consommer café, eau de vie et vin, à jouer aux cartes et au billard ou aux fléchettes jusque tard le soir alors qu’auparavant nous dit un instituteur du Laonnais en 1860, les divertissements du dimanche avaient lieu en plein air et en famille.

Le cabaret supplante finalement les veillées bien avant l'arrivée de la télé dans les chaumières et comme les femmes y sont absentes, les conversations sont plus libres …

Et que dire de la vie politique et syndicale des villages et villes ouvrières : les lieux de rendez vous seront bien évidemment le bistrot. Ainsi par exemple le Réveil du Nord en 1894 fait cette annonce :  «Lens. Le citoyen Armand Gossart délégué du syndicat et congédié de la grève, débitant rue de Béthune, organise pour le dimanche 28 janvier, à dix heures du matin, un grand combat de coqs pour des jambons. (...). Nous espérons que les ouvriers s'y rendront en grand nombre étant donné que Gossart est victime du dévouement qu'il a apporté à la cause»

Jusqu'à la première guerre mondiale la quasi totalité des meetings syndicaux ou socialistes se tiennent dans les grands estaminets du Nord Pas de Calais, lesquels peuvent accueillir jusqu'à 300 personnes.

A la campagne, le cabaret est également un lieu polyvalent : on y trouve la boulangerie, le bureau de tabac, l’épicerie, et même l’atelier du maréchal ferrand et du charron

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Café épicerie mercerie à Halluin

Association A la recherche du passé d'Halluin

 

Des débits ambulants sont installés lors des marchés, foires et fêtes, les guinguettes permettent également de s'amuser en dansant avec les divers bals qui sont organisés par leur entremise; ainsi à Lille les personnes se retrouvent pour boire, danser et s'amuser dans les six grandes guinguettes du faubourg de Wazemmes (Le Beau Feuillage, le Casino, La nouvelle Aventure ...

Le cabaret représente donc le cœur des relations sociales : on y scelle une transaction, une embauche, une reconnaissance de dette etc.. On y lit le journal et plus tard on y écoutera la radio. On y refait le monde ..

Bref c’est LE lieu de socialisation et de sociabilité fondamental du village.

 

Le bistrot va malheureusement jouer un rôle important dans l'alcoolisation des personnes les plus pauvres de la société : les ouvriers, les marginaux mais aussi bon nombre de paysans, bref tout ceux qui n'ont plus d'espoir et qui oublient leur vie miséreuse dans l'alcool..

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

La buveuse d'absinthe - Lautrec - 1876

 

 

On comptait 30 000 débits de boisson en 1914 à Paris, 320 000 en France en 1915. Il n'en reste que 34 669 en 2016, regroupés dans un peu plus de 10 000 communes (selon le baromètre France boissons/CREDOC, «comprendre et répondre à la fragilisation de la filière CHR en France»).

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 2

Au bistro - Jean Béraud (1849-1935)

 

 

Sources

L’avènement des loisirs (1850-1960) de Alain Corbin

La culture des cafés au xixe siècle de Susanna Barrows

http://www.dionyversite.org/Docus/Dio-4p_Cafes.pdf

Le débit de boissons, cet inconnu… de Philippe Gajewski

Bistroscope L’histoire de France racontée de cafés en bistrots de Pierrick Bourgault

Le débit de boissons, le cabaret, le bistrot, dans le bassin houiller du Nord/Pas-de-Calais, témoins de la sociabilité populaire de Milan Vulic

Cafés, cabarets, bistrots, caboulots, guinguettes, gargotes, estaminets, bars, assommoirs, restaurants du Paris du XIXe siècle de Laurent Portes (Blog Gallica)

 

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Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

6 Mars 2021 , Rédigé par srose Publié dans #loisirs

 

Oisiveté récréative

Ne rien faire, être désoeuvré, paresser, rêver … bref être oisif est très mal vu dans la société depuis toujours ; le démon n’est pas loin, les tentations trop nombreuses ; l’individu doit être occupé à chaque instant de sa journée.

Mais cette disponibilité, ce temps de loisir est malgré tout considéré comme nécessaire à l’épanouissement de l’individu du moins chez les élites, car elle permet l’échange d’idées, l’accomplissement de services non rémunérés, favorise la créativité etc

Bref l’oisiveté des élites n’est pas synonyme d’inutilité surtout si ces loisirs sont volontaires, honorifiques, et désintéressés.

 

Pour la femme de l’aristocratie ou de la haute bourgeoisie l’exercice reste difficile car de par nature elle ne travaille pas ; donc la réserve de temps disponible la concernant est tout simplement énorme. Comment donc peut-elle échapper « à la vacuité des heures » en sachant que son habit entrave le moindre de ses gestes et donc sa liberté de mouvement et qu’en qualité de « vitrine » de son mari elle ne peut pas vaquer à n’importe quelle occupation.

 

Evolution des loisirs

Mode de 1880 à 1890

 

Elle va donc asseoir son autorité sur la sphère domestique et diriger la maison et ses gens ; elle s’occupera de charité et de philanthropie, surveillera l’éducation de ses enfants et se soumettra aux relations mondaines ; il sera de bon ton qu’elle s’adonne au chant ou au piano.

 

Evolution des loisirs

Femme au piano - Renoir (1876)

 

La lecture sera finalement son seul loisir personnel surtout au 19ème siècle, époque au cours de laquelle les textes religieux vont laisser place à un tout autre genre : le roman. La jeune femme va ainsi pouvoir se créer tout un univers uniquement à elle. Le danger de ce tournant fut aussitôt perçu : la société était en danger parce que ce genre de lecture ne prédisposait pas la femme aux idéaux traditionnels de mère, d’épouse, d’éducatrice, de protectrice de la maison, mais au contraire la transportait dans un monde idéalisé, loin des règles habituelles !

 

Evolution des loisirs

La liseuse - Carl Holsoe (1863-1935)

 

A noter à ce sujet que quand les femmes du peuple abordèrent elles aussi la lecture, les conservateurs les plus invétérés ne manquèrent pas d’en souligner les dangers, en la désignant comme un moment d’oisiveté au sens péjoratif du terme. La publication de romans feuilletons ou de fascicules bon marché fut considérée comme une manifestation de mœurs dissolues, une forme de débauche néfaste autant que l’alcoolisme pour l’homme : le roman feuilleton (disait-on) produisait dans les cerveaux des femmes les mêmes ravages que la boisson dans les cerveaux masculins …

 

Industrialisation et naissance du temps libre

Si le loisir est un privilège de l’aristocratie, au 19ème siècle, la bourgeoisie va pouvoir y accéder grâce à la conjonction de plusieurs éléments : le développement du chemin de fer et l’industrialisation de la société.

En effet jusqu’alors le temps de travail, le temps lié aux tâches ménagères et le temps lié au repos était poreux ; l’importance du travail à domicile tant pour les femmes que pour les hommes rend difficile la distinction entre ces divers moments. Or avec la mécanisation du travail et l’essor des usines, le temps va être contrôlé et cloisonné. Les cloches des églises ne vont désormais plus égrener le temps quotidien , de même que les saisons ne vont plus rythmer nos occupations  mais bien plutôt la sirène des usines et bientôt l’horloge …

Le corollaire de cela est que l’on va s’apercevoir que la fatigue est liée à un temps de travail atteignant un seuil anormal. la machine n'a pas besoin de se reposer mais l'homme, oui; les médecins commencent à avoir peur que la mécanisation entraîne la dégénérescence de la race. La fatigue ne va plus être considérée comme inéluctable mais comme un état pouvant être évité ou au moins atténué. Le repos va être désormais considéré comme nécessaire.

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Repasseuses - Degas (1884)

 

Ce qui va entraîner tout naturellement aux 19ème et 20ème siècles les divers mouvements revendiquant la baisse du temps de travail. Ce qui va mécaniquement augmenter le temps disponible pour les loisirs .... 

Le repos du dimanche est plébiscité par les médecins qui y voient le remède au surmenage et qui prévient le délabrement physique. Mais attention, ce repos doit être occupé à des activités récréatives et non à la paresse. En 1905, le sénateur Poirier, rapporteur de la loi sur le repos hebdomadaire vante le plaisir de "goûter la joie naïve des enfants". Et cerise sur le gâteau, le nombre de divorce fléchira, l'homme ne laissant plus sa femme seule et désoeuvrée le dimanche ...

Le repos le dimanche ne sera proclamée officiellement que le 10 juillet 1906 mais avant cette loi, dans les faits, nombre de patrons parisiens ont décidé de ne plus ouvrir le dimanche dès la fin du 19ème siècle. En Province, le rideau baisse à 4h voire 2h. Les bureaux de poste parisiens qui ne fermaient qu'à 9h du soir le dimanche ferment à 4h dès 1894.

 

Revenons à nos bourgeois : le loisir va s’inscrire surtout dans le cercle familial avec diverses activités tel que la lecture , les réunions dominicales, les ouvrages de dames, les promenades, les réceptions…

Alfred Motte, industriel roubaisien (1827-1897) écrit à son fils : « Ce dimanche nous avons dîné en famille chez votre tante Delfosse. Notre réunion a été fort gaie. J’avais pu offrit 200 belles asperges et 120 grosses fraises qui ont été fort appréciées. Chaque convive en a eu 3. Notre repas a été suivi d’une promenade rue St Jean . Toute la société s’est ainsi transportée dans notre jardin. Les hommes de tt âge se sont séparés en deux camps et sept contre sept nous avons lutté à la boule. »

 

Evolution des loisirs

Frédéric Bazille - Réunion de famille

 

On flâne aussi sur les grands boulevards hausmanniens de Paris et des grandes villes, on regarde les vitrines des grands magasins, on sirote un café, on fréquente les théâtres, les guingettes, bals, et concerts …

S’agissant du bal,  il s’agit d’une occasion de rencontre, d’un moment de socialisation auquel les mères préparaient leurs filles très scrupuleusement et avec une attention méticuleuse, suivant les principes inspirés par la bonne tenue, l’élégance, l’amabilité, la modestie.

Un manuel du savoir-vivre de 1912, Le buone usanze (Les bonnes manières) précisait : « Au bal, la jeune fille ne va pas trop décolletée, c’est de très mauvais goût [...]. Elle ne danse jamais deux fois avec le même cavalier, mais elle peut dans la soirée lui accorder plus d’un tour ; en dansant elle se tient droite mais pas raide morte, elle n’a pas l’air de s’abandonner dans les bras de son compagnon, elle ne boude pas mais il ne faut pas qu’elle bavarde trop ou qu’elle rie avec son danseur ; elle ne doit pas le regarder dans les yeux, mais elle ne doit pas non plus tourner la tête d’un autre côté comme s’il lui répugnait ; enfin elle est polie et sérieuse d’abord parce qu’elle doit l’être, ensuite parce qu’elle ne peut qu’y gagner ».

 

Evolution des loisirs

Jeune fille au bal - Renoir

 

Emergence de nouveaux loisirs 

Le 19ème siècle est Le siècle des cures avec la découverte des plages et des « eaux ».

Boulogne et Dieppe, proche de Paris, se développent en ce sens dès la Restauration : En 1822 la première Société Anonyme des Bains de mer de Dieppe est créée par le comte de Brancas ; il y invite la duchesse de Berry, belle-fille du roi Charles X, en 1824 et depuis toute l’aristocratie française s’y rend chaque année en été pour prendre des bains de mer.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Le Croisic - Léon-Auguste Asselineau (1853)

 

Trouville, Royan, La Rochelle, Les Sables d’Olonne, Biarritz et d’autres suivent ; Biarritz sera d’ailleurs la station préférée de l’impératrice Eugénie sous le 2nd Empire.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Trouville - Monet (1870/1871)

 

L’essor de ces sites touristiques est dû au développement du chemin de fer puis de l’automobile : en 1840 une voiture attelée gagne Dieppe de Paris en 12h ; sous le 2nd Empire par train, il faudra 4 heures ce qui permet donc non seulement des allers retours mais surtout on va aller plus loin pour s’amuser et se détendre.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

 

A noter que le train va offrir de plus en plus d’attrait avec les wagons lit, les wagons restaurants, les salons luxueux et confortables, les trains internationaux comme l’Orient Express..

La 1ère classe est bien sûr favorisée : Paris Fécamp au début du 20ème prend 4h en 1ère , 5h en seconde et 6 à 7h en 3ème.

Les cures thermales vont aussi se développer toujours grâce au train  : Vichy, Aix les bains, Bagnères de Bigorre sous le 1er Empire puis Evian, Vittel, La Bourboule sous le 2nd Empire

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Vichy

 

Hippolyte Taine (1828-1893), philosophe et historien, décrit la vie menée par un curiste à Bagnères de Bigorre ou à Luchon en 1855 : « les jours de soleil on vit en plein air. Une sorte de préau qu’on nomme le Jardin anglais s’étend entre la montagne et la rue, tapissé d’un maigre gazon troué et flétri ; les dames y font salon et y travaillent ; les élégants couchés sur plusieurs chaises lisent leur journal et fument superbement leur cigare ; les petites filles en pantalon brodé, babillent avec des gestes coquets et des minauderies gracieuses »

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Buvette à l'établissement thermal d'Uriage

 

On se promène, on fait des tours en bateau, on pratique la pêche à la crevette, on va au casino et au courses de chevaux  à Deauville dès 1864

Les montagnes attirent également par les excusions que l’on peut y faire et les cures climatiques comme à Cauteret.

Les 1ères pistes de luge sont tracées en 1868 à Saint Moritz en Suisse : les plaisirs d’hiver arrivent !

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Chamonix 1913

 

Les hôtels se développent : à Deauville de 5 en 1861 on se retrouve à 28 hôtels en 1927

Les plus luxueux sont proches des lieux de bain et offrent casino, salle de danse, salon, cabinet de lecture, salle de concert etc

Dans la seconde moitié du siècle apparaissent les maisons de vacances : les rentiers, les hauts fonctionnaires, les banquiers, les négociants, les professions libérales viennent avec leurs domestiques pour la saison.

Qui sont ces gens qui viennent profiter des cures thermales ou de la mer : essentiellement des rentiers, des aristocrates et la grande bourgeoisie. Les ecclésiastiques bénéficient de prix de faveur voire de gratuité ; quant à l’uniforme il offre des privilèges dans les casinos, les concours hippiques…

Dans le dernier quart du 19ème siècle, les classes sociales moins aisées mais dont le revenu va augmenter progressivement tout au long du 19ème et du 20ème siècle cherchent à imiter les modes de vie de « la haute »  mais pour économiser sur le voyage, elles n’iront pas très loin tandis que le grand bourgeois va dorénavant s’évader plus loin.

 

Sport et loisirs

Le sport avec notamment la bicyclette est un autre loisir en vogue dans la bourgeoisie qui a d’ailleurs accompagné la formation de la « femme nouvelle » en lui ouvrant de nouveaux espaces, une grande liberté de mouvement, et aussi un habillement plus léger, débarrassé des crinolines encombrantes, des corsets rigides et des mille lacets et cordons qui l’enveloppaient.

La bicyclette en ce sens est le symbole de l’émancipation de la femme par le sport.

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

 

La bicyclette était essentiellement vu comme un passe-temps mondain pour les hommes, mais les femmes à bicyclette étaient observées d’un regard de reproche et critiquées (il était inévitable pour monter sur le vélocipède de remonter sa jupe et de montrer sa cheville). On en vint à dire que pédaler n’était pas naturel pour les femmes, et même nocif pour leur santé ; les femmes sortaient de chez elles,

En 1896 alors que le vélo est de plus en plus populaire, une journaliste anglaise explique qu’elle était convaincue qu’une femme sur sa selle de bicyclette ne pouvait en aucun cas inspirer le désir d’être protégée et en tirait la conclusion qu’elle ne pouvait « éveiller l’intérêt de l’autre sexe ». En 1897 dans un journal de Hanovre on pouvait lire un article dont l’auteur allait jusqu’à soutenir que « les hommes préfèrent rester célibataires, plutôt que passer la vie aux côtés d’une pédaleuse ».

C’est le 12 juillet 1817, que le baron allemand Drais présenta, un engin à 2 roues reliées par une traverse en bois sur laquelle est installé un siège : la draisienne.

Mais le vélo nait vraiment en 1867 lors de l’expo universelle avec Pierre Michaux et son fils Ernest qui proposent la Michaudine ; en effet en 1861 ils eurent l'idée d'adapter des manivelles à pédales sur le moyeu de la roue avant ; 'l’exposition universelle de Paris en 1867 qui fit prospérer ses affaires puisqu’en 1869 le constructeur est submergé de commandes et employait 500 ouvriers pour une production de 200 machines par jour.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

La Michaudine

 

De nombreux journaux en font la promotion , un magasine sportif voit le jour en 1892 : « le vélo » et un livre « la France velocipédique illustrée »

Mais en 1890 il n’y a pas plus de 50 000 bicyclettes en circulation en France

Le vélo coûte encore cher en 1890 : 600f en 1890 voire plus surtout qu’il est livré nu : il faut acheter en plus les freins, les pneus  ..

En 1893 Manufrance commercialise l’Hirondelle et étend sa gamme à tous les publics : du modèle démocratique à 185f aux modèles de luxe avec pneu michelin autour de 540f et le modèle routier pour les commerciaux, vétérinaires, médecins à 310 f.

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

L'Hirondelle

 

En 1894 une taxe de 10 f est appliquée sur le vélo ; il y a alors 203 626 vélos en France

Autour de 1900 le tourisme moderne en groupe ou en famille voit le jour avec des randonnées sur plusieurs jours en vélo mais tout le monde ne peut pas se l’offrir..

 

Evolution des loisirs au 19ème siècle - 1

Tout le monde à bicyclette - Edward Loevy (1894)

 

 

Voir aussi l'article sur les vacances scolaires

 

Sources

Divertissements et loisirs dans les sociétés urbaines à l’époque moderne et contemporaine Robert Beck, Anna Madoeuf

Espaces urbains du temps libre des femmes aux xixe et xxe siècles - Fiorenza Tarozzi

http://cnum.cnam.fr/expo_virtuelle/velo/draisienne.html

Vacances en France de 1830 à nos jours André Rauch

L’avènement des loisirs 1850/1960 – Alain Corbin

La révolution matérielle Jean Claude Daumas

 

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Histoire du pain d'épices

25 Décembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #alimentation, #Noël

 

Histoire du pain d'épices

 

Composé de miel, d’épices (muscade, cannelle, anis, gingembre, girofle, cardanome …), et de farine, la recette (en fait il y en a plusieurs en fonction des régions, des pays et même des familles) a fait le tour du monde et conquis le coeur des petits et des grands !

 

Histoire du pain d'épices

 

Histoire du pain d'épices

Nous savons que les Egyptiens consommaient du pain au miel. Les Grecs également puisqu’Aristophane fait mention du "melitounta" à base de farine de sésame et enduit de miel.

Pline l'Ancien parlent quant à lui de "panis mellitus", un pain frit arrosé de miel.

Mais a priori le pain d'épices tel que nous le connaissons aujourd'hui aurait une origine orientale avec le Mi-Kong, "pain de miel" en chinois, consommé au moins à partir du Xème siècle. Il était fait de farine de froment, de miel et parfois relevé de plantes aromatiques.

Ce gâteau fera partie des rations de guerre des cavaliers de Gengis Khan, qui le répandent chez les arabes. Lors des Croisades au 12 et 13ème siècles les occidentaux découvrent à leur tour ce pain de miel ainsi que les épices orientales dont l’Europe sera friande.

 

Histoire du pain d'épices

 

L’Europe va vite apprécier cette douceur : au XIIIe siècle dans la ville de Toruń en Pologne, le pain d’épice va devenir vite populaire et  en hiver tous les ans, la ville organise un festival du pain d’épices nommé le Świeto Piernika qui permet aux habitants de commémorer la fabrication traditionnelle.

On trouve une mention du "Lebkuchen ("pain d'épices" en allemand), à Ulm en 1296 ; la recette se répandra dans les monastères du Saint Empire romain germanique en particulier par les moines cisterciens.

Histoire du pain d'épices

Fabrication du pain d'épices dans un monastère - 16ème siècle

 

On note également une première apparition de « pain d’espessez » en 1372 et celle de « pain d’épices » en 1530. 

Un texte de 1453 rapporte que le pain d'épices était sur les tables des moines cisterciens de Marienthal (Alsace) à l'occasion des fêtes de Noël. Il est connu également en Flandre, en particulier à Gand, résidence des ducs de Bourgogne, ou en Suisse allemande. Montaigne le mentionnera du côté de la ville de Constance en 1580.

Le pain d’épice se vulgarise assez vite et en Alsace, les boulangers de la région fondent en 1476 la corporation des « Meisterlebzelter », maîtres en pain d'épice, qui évoluera en 1643, en corporation des « Lebküchler » (pain d'épiciers) et choisissent pour emblème un ours en bretzel.

 

Histoire du pain d'épices

 

Frédéric III, dernier empereur d’Allemagne qui ait été couronné à Rome, recevra lors d’une fête religieuse en 1487, tous les enfants de Nuremberg âgés de moins de dix ans, et leur fera distribuer des gâteaux de pain d’épice à son effigie.

En 1643 les statuts des corporations d'Alsace interdisent le cumul des ateliers de pain d'épices, métiers de boulangers et de pain d'épiciers.

 A noter qu’entre le XVIe et le XIXe siècle, les pains d’épices ne sont pas standardisés sous forme de cake ; on utilisait des moules avec des motifs principalement religieux ou mythologique comme le Jugement de Pâris, David avec sa harpe, la Naissance de l’Enfant Jésus, la sainte Vierge tenant Jésus dans ses bras, mais peu à peu, on va trouver d’autres motifs : les armoiries des principales familles, des personnages en costume du temps, des fleurs, des animaux …

 

Histoire du pain d'épices

Motif de pain d'épices - 17ème

 

Le pain d’épices continue de se diffuser dans le reste de la France. Ce sera surtout Reims et Dijon qui vont en profiter. En effet Reims apparaît rapidement comme le centre de la fabrication du pain d’épices au Moyen Âge, fondant sa célébrité sur « l’excellence des miels champenois et le savoir-faire de ses maîtres boulangers ». le bailli de l’archevêque leur octroie des statuts de corporation en 1571 reconnus officiellement en 1596 par Henri IV.

Le dictionnaire de l’Académie Française de 1694 ajoute d'ailleurs à la définition du pain d’espice : « pain d’espice de Rheims ». Les Rémois étaient en outre désignés sous le sobriquet de mangeur de pain d’épice. L’industrie rémoise fut anéantie avec la guerre 14/18

 

La production de Dijon va concurrencer dès le 19ème siècle celle de Reims. La différence dans la recette tient notamment au fait que les Dijonnais utilisent de la farine de froment au lieu de la farine de blé. C’est lors d’un voyage dans les Flandres que Philippe III de Bourgogne (dit Philippe le Bon – 1396/1467) aurait remarqué « cette bonne galette au suc d’abeille » dont il rapporta la recette à Dijon. Mais ce n’est que tardivement que le pain d’épices va s’y implanter durablement puisque la première mention à Dijon ne remonte qu’à 1711: Bonaventure Pellerin, vendeur de pain d'épices et cabaretier y est inscrit au registre des tailles.

 

Histoire du pain d'épices

Marchand de pain d'épices - Carle Vernet (1758-1836)

 

Mais c’est Barnabé Boittier dont la famille est originaire de Langres qui lance la fabrication du pain d’épices à Dijon et prospère au moment de la Révolution et de l’Empire : en 1804 il fait publier cette annonce dans Le journal de la Côte d'Or : « M. Boittier, fabricant de pains d'épice de toute espèce, façons de Reims et Montbeillard, fait pains d'épice de santé, et toutes sortes de croquets en pâte d'amande et à la fleur d'orange. Il a un assortiment en grand de tous ces objets pour le jour de l'an »

 

En 1911, douze fabriques à Dijon emploient 170 personnes et produisent 3 tonnes par jour. En 1940, quatorze usines occupent 300 ouvriers et produisent 25 tonnes par jour. La maison Philbée créée en 1895 se développe pendant la guerre de 14-18 en fournissant le dessert de base des soldats : elle comptera jusqu'à 100 employés alors que les autres fabriques restent modestes avec une vingtaine d’ouvriers.

 

Histoire du pain d'épices

 

 

Gertwiller est aujourd'hui la capitale du pain d'épices, succédant à Reims et Dijon.  Situé au cœur du vignoble alsacien, le village s'est spécialisé dans la confection de pain d'épices dès le 18e siècle.

 

Foire aux pain d’épices de Paris

Le pain d’épice est tellement apprécié par les Français qu’une foire portera son nom ; il s’agit de la foire aux pain d’épices de Paris qui se déroulait tout autour de la place de la Nation . Elle est tout simplement l'ancêtre de notre actuelle Foire du Trône (qui se tient depuis quelques années sur la pelouse de Reuilly). Pourquoi foire du Trône ?  Tout simplement en raison de l'ancien nom donné à la place de la Nation. En effet c'est à cet endroit que le 26 juillet 1660 on avait installé un trône pour l'entrée solennelle dans Paris de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche qui revenait de leur mariage à Saint-Jean-de-Luz. Lors de la Révolution, elle fut rebaptisée place du Trône-Renversé après le 10 août 1792 .

 

Donc en 1805 une petite fête foraine sans prétention se met en place sur la place de Reuilly et la place de Montreuil en direction de la barrière du Trône. En 1841 les forains furent autorisés à occuper le rond-point ( future place de la Nation ) qui devint le centre de la Foire aux pain d'épice. Cette foire eut du succès puisque le nombre des forains estimé à 1214 en 1872 atteignit 2424 en 1880.

 

Histoire du pain d'épices

Foire au pain d'épices - Collection du Musée Carnavalet

 

La Foire aux pain d'épice commençait le jour de Pâques et durait une semaine, puis 15 jours à partir de 1861 avec une prolongation éventuelle de huit jours.  Puis la Foire connut une période de déclin et le nombre de forains diminua de façon très sensible dès 1885 .

La place du Trône , avec sa triple rangée de baraques en tout genre accueillait la plupart des manèges de chevaux de bois à un ou deux étages ( à l'origine réservés aux adultes ), les balançoires , les escarpolettes et bien sûr les marchands de faïence , de sucre d'orge ou de pain d'épice .

Histoire du pain d'épices

 

Le pain d’épices et ses multiples vertus

Nicolas Abraham, médecin de Henri IV puis de Louis XIII écrivit dans Le gouvernement nécessaire à chacun :

"On fait à Rheims de bon pain d'espice avec farine de seigle, miel et un petit de poyvre ou de cannelle... Aucuns ont opinion que les femmes lyonnoises, auvernoises, champenoises et spécialement les dames de Rheims pour user ordinairement de ce pain, sont rendues belles et ont un beau teint et le corps robuste et succulent." (1608).

 

L’encyclopédie de Diderot signale qu’on utilise le pain d’épice en cataplasme en chirurgie : "Le miel est souvent préférable au sucre (...) d'autant que c'est comme l'essence de la partie la plus pure et la plus éthérée d'une infinité de fleurs, qui possède de grandes vertus ; il est balsamique, plus pectoral et plus anodin que le sucre. Grand remède, pénétrant et détersif, et bon par conséquent dans toutes les obstructions, dans les humeurs épaisses et visqueuses, énergique dans les embarras de poitrine, alors il provoque merveilleusement l'expectoration. La chirurgie s'en sert pour nettoyer les ulcères sordides."

 

Histoire du pain d'épices

 

Il écrit aussi : "Le pain d'épices peut servir utilement en chirurgie ; il tient lieu de cataplasme maturatif dans le formation des abcès qui surviennent dans la bouche, à la racine des dents et aux gencives entre les mâchoires et les joues. On coupe une tranche de pain d'épices, de l'épaisseur d'un écu de six livres et de la grandeur convenable : on la trempe dans du lait chaud et on l'applique sur les tumeurs inflammatoires disposées à suppuration. Ce topique n'a aucun désagrément ; il tient sans aucun moyen sur le lieu malade et il remplit parfaitement les intentions de l'art en favorisant celles de la nature."

 

En 1814 un marchand parisien du nom de Picholet avait un en-tête de facture qui disait ceci :

"Picholet, marchand de pains d'épices, vend le véritable pain d'épices de Reims de toutes les sortes ; il vend aussi le pain d'épices pour faire sortir les vers, le tout par en bas, pour les enfants et les grandes personnes, en en mangeant le matin à jeun buvant aussitôt un verre de vin blanc, et restant une heure après sans manger... ; d'autre très propre à purger, qu'il faut prendre aussi le matin à jeun et boire pendant son effet du bouillon aux herbes, du thé ou du bouillon coupé ; et c'est un secret dont toutes les personnes qui s'en sont servi se sont bien trouvées... le tout à juste prix."

 

Histoire du pain d'épices

 

 

L’offrande à Saint Nicolas

Saint-Nicolas est célébré le 6 décembre, surtout dans le nord et l'est de la France mais également dans quelques pays d’Europe comme l'Allemagne. Il distribue aux enfants sages des cadeaux à l’instar du Père Noël La veille de son passage, les enfants doivent préparer de quoi le restaurer lui, mais également son âne. Foin, paille, carottes… et le lendemain, lors de leur réveil, ils trouvent à la place de leurs offrandes des confiseries apportées par Saint-Nicolas, son âne et le père Fouettard. Traditionnellement ces friandises sont souvent associées aux pains d'épices, aux nougats et aux oranges. Et la journée du 7 décembre, on célèbre la Saint-Ambroise, le saint patron des apiculteurs qui récoltent le miel ; ingrédient indispensable à la préparation du pain d'épices ou du nougat .

C’est donc en grande partie pour cette raison que le pain d’épices est devenu la gourmandise des fêtes de fin d’année. 

 

Histoire du pain d'épices

Saint Nicolas en pain d'épices

 

Recettes

Recette médiévale de pain d’épices : ICI  

 

Insolite et revisitée : Recette du "ch'tiramisu" (ICI)

Pour 4 personnes :
8 tranches de pain d’épices sec,
200 g de mascarpone,
20 cl de café,
100 g de crème chantilly sucrée,
4 cl de genièvre,
4 cl de chicorée liquide,
cacao en poudre.


Mettre la moitié du genièvre avec le café et la chicorée liquide. Y imbiber les tranches de pain d’épices. Détendre la mascarpone avec la chantilly et le reste de genièvre, pour obtenir une crème moelleuse.

Dans une verrine, ou un verre, alterner en couches successives le pain d’épices et la crème. Terminer par la crème que vous lisser. Au moment de servir saupoudrer généreusement de cacao.

Idéal  à décliner en verrines.
Il faut éviter d’amener trop de sucre, tout en préservant un bon équilibre entre chicorée, pain d’épices et genièvre…
Bien entendu, le genièvre est facultatif...

 

 

Sources

Tour de France des pain d'épices

Musée du pain d'épices à Gertwiller

article de la France Pittoresque sur le pain d'épices  

la foire au pain d'épices par Etienne Gervais 1877 

foire du pain d'épices en vidéo 

 

 

 

 

 

 

 

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Pierre FERRE

6 Décembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Pierre est né le 7 mai 1895 à Plaisance du Touch

En 1915 il réside à Frouzins et y est cultivateur

Il est châtain aux yeux bleus et mesure 1.63m; il sait lire et écrire

Son père s'appelle Jean et sa mère Marie Françoise CAPIAN

IL a 19 ans quand il part à la guerre en 1916; il incorpore le 23è bataillon chasseur à pied en août 1916 puis les services auxiliaires le en septembre 1916 (il souffre en effet de palpitation dès 1915 , il sera ajourné et aussi de tachycardie et d'une hernie crurale gauche)

Le 22/09/1916 il intègre le 145ème régiment d'infanterie puis est détaché aux usines Pierrat à Givors le 30/10/16 , aux forges de l'Adour en mars 1917, auprès de la société métallurgique du Périgord à Fumel en juillet 1917, à la poudrerie de Toulouse en août 1917, et à la maison Schneider au Creuzot en 1918

il tiendrait un café à Frouzins d'après son dossier militaire

il est terrassier manœuvre en 1926, ramasseur de lait en 1937

 

Pierre FERRE

Pierre FERRE

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Charles FABRE

6 Décembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Charles FABRE est né le 7 février 1891 à Issendolus dans le Lot

il y habite en 1911 et y exerce la profession de cultivateur

Son père s'appelle Guillaume et sa mère Rose SASMAYOUX

ses cheveux sont châtain et ses yeux bleu clair, il a le teint basané et mesure 1.70m; il sait lire, écrire et compter

il a 23 ans quand la guerre éclate; il incorpore le 23ème régiment d'artillerie en 1916, au 60è rgt artillerie en janvier 1917, le 264è rgt artillerie en octobre 1917, le 218ème Rgt artillerie en décembre 1917. Il a le grade de brigadier le 10 juillet 1918

Il est l'ainé de 3 frères sous les drapeaux, l'un d'entre eux sera porté disparu

Il épouse Françoise Marie BERGOUGNAN, soeur de Bertrand Charles Julien, le 19 novembre 1918 à Frouzins

il est parent par alliance de Dominique Raymond BIASSOU, cousin de Bertrand Charles Julien BERGOUGNAN

Il habite Frouzins en 1924 et y est toujours en 1929

 

Charles FABRE

 

Charles FABRE

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Victor SAJUS

29 Novembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Victor est né le 10 avril 1871 à Frouzins

Son père Jean, né à Frouzins en 1818, est vigneron et brassier; il meurt le 3 novembre 1892 à Frouzins ; sa mère Marie BERTRAND est née en 1839, elle est journalière

Son frère François Bertrand de 9 ans son cadet fera la guerre également

Il est châtain, et mesure 1.57m; il sait lire écrire et compter

En 1891 il est cultivateur et habite Frouzins; il est dispensé de service militaire car "aîné de septuagénaire"

En 1898 il habite vers Mirande et en 1908 il habite le château de Cadeilhac à Muret

Il a  43 ans quand la guerre éclate; iau vu de son dossier médical, il est détaché le 19 janvier 1916 à la poudrerie nationale de Toulouse

Son dossier militaire note en effet qu'il souffre d'une otite scléreuse bi latérale avec accident vertigineux

 

Victor SAJUS

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François Bertrand SAJUS

29 Novembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

François Bertrand SAJUS est né le 23 février 1880 à Frouzins

Son père Jean, né à Frouzins en 1818, est vigneron et brassier; il meurt le 3 novembre 1892 à Frouzins ; sa mère Marie BERTRAND est née en 1839, elle est journalière

Il a les cheveux brun et les yeux châtain; il mesure 1.61m et a une fossette au menton; il sait lire, écrire et compter

Son frère, Victor, fera la guerre aussi

En 1900 il vit à Frouzins et est cultivateur

En 1906 il habite au 127 avenue des Minimes à Toulouse et en 1910 au 183 de cette même rue

En 1911 il habite 59 avenue des minimes  chez mr Bordas

Il a 34 ans quand la guerre éclate; il intègre le 143ème RI

Il est mentionné dans son dossier militaire : "très bon soldat, courageux, dévoué, a été assez grièvement blessé le 24/09/14". Il recevra la croix de guerre avec palme et la médaille militaire

François Bertrand est en effet blessé le 24 septembre 1914 près de Toul par un éclat d'obus à la cheville droite : plaie pénétrante au cou de pied droit et fracture du tibia et résection de l'astragale

Il en découle une ankylose complète du pied droit du fait de sa blessure avec déformation, atrophie et abolition du mouvement des orteils - Il souffrira d'arthrite tibio tarsienne - il sera réformé en 1915 avec pension

 

François Bertrand SAJUS

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Joseph Marius PUJOL

15 Novembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Joseph Marius PUJOL es né le 14 août 1890 à Frouzins

Son père s'appelle Bernard, né en 1862, cultivateur puis jardinier et sa mère s'appelle Marie GERS, née en 1867

Sa soeur Rosalie Jeanne PUJOL épouse Antoine OLIERES qui partira lui aussi à la guerre

Il habite Frouzins en 1910 où il est cultivateur

Il a les cheveux noirs et les yeux bleu clair, mesure 1.58m et a des oreilles à lobes collés; il sait lire et écrire

Il a 24 ans quand il part à la guerre; il est affecté au 53ème RI au grade de soldat 1ère classe; il sera caporal en 1918

Il est blessé le 24 septembre 1914 à Bernicourt (59)

Il reçoit la croix de guerre étoile argent et étoile bronze; il est cité à l'ordre du régiment le 15 juillet 1917 : " blessé dans les assauts de Bernicourt et de Verdun, ce soldat continue à se faire remarquer par sa bonne humeur et son courage dans les moments les plus difficiles"

Il est cité à l'ordre de la division le 19 décembre 1917 : "soldat plein d'entrain, s'est déjà fait remarquer au Mont Haut en juillet 1917 par son allant et son sang froid; au bois de coursières ? lors de l'attaque allemande du 24 septembre 1917 a donné le plus bel exemple de courage à ses camarades ; s'est porté volontaire pour ? des fils de fer barbelés en avant de la tranché en 1ère ligne"

Il reçoit la médaille militaire le 27 octobre 1933

Il travaille à la poudrerie de Toulouse en 1934 puis sera cantonnier en 1937

En 1973, il habite Frouzins

Il meurt le 21 mai 1884 à Lagardelle

Joseph Marius PUJOL

Joseph Marius PUJOL

Joseph Marius PUJOL

 

 

 

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Georges Etienne PUJOL

15 Novembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Georges Etienne PUJOL est né le 23 avril 1887 à Frouzins

Son père s'appelle Joseph Jean Pierre, propriétaire à Frouzins, né dans ce village le 25 mars 1866 et sa mère Marie LABATUT, couturière, né le  février 1863 à Frouzins

Il est domestique en 1905

Il vit à Saint Alban en 1907

Il a les cheveux noirs, les cheveux gris, mesure 1.60m et sait lire, écrire et compter

il est 2ème canonnier conducteur en 1910 puis brigadier; il quitte l'armée en 1913

En 1913 habite Saint Lo (Manche)

Il a 27 ans quand la guerre éclate; il intègre le 23ème régiment d'artillerie de campagne

Il sera palefrenier des haras de Saint Lo a priori de 1921 à 1927

Il meurt à Roujan (34) le 28 juin 1976

 

Georges Etienne PUJOL

 

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Jean Marie PUJOL

15 Novembre 2020 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Jean Marie PUJOL est né le 26 novembre 1883 à Frouzins

Son père s'appelle Guillaume, cultivateur et sa mère Françoise DARIO

En 1903, il habite Frouzins et est cultivateur

Il est dispensé de service militaire en 1903 car fils aimé de veuve puis réformé temporairement en 1905 pour endocardite rhumatismale; il sera rappelé à l'activité en 1907 au 126ème RI en tant que soldat de 2ème classe puis réformé quelques mois plus tard pour lésion organique du coeur.

Il a les cheveux châtain et les yeux gris, mesure 1.61m et sait lire, écrire et compter

Il est le frère de Louis PUJOL, lui aussi parti à la guerre

Il a 32 ans quand la guerre éclate. Il intègre les services auxiliaires en octobre 1914 mais est rappelé à l'activité en janvier 1915 et est affecté au 14ème régiment de dragon puis 9ème régiment de dragon en 1916, au 11è régiment de hussard en 1917 et enfin au 109è RI en 1918

Il souffre d'endocardite rhumatismale, de lésion organique du cœur, d'insuffisance aortique et d'hypertension artérielle d'après son dossier militaire; il est évacué malade le 28 avril 1917

Il bénéficiera d'une pension définitive pour invalidité de 360f prononcée par la commission de réforme en décembre 1925

Il habite Musset sur Tarn (52) en 1919 et y mourra le 1er octobre 1930 à 47 ans 

 

Jean Marie PUJOL

Jean Marie PUJOL

 

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