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Articles récents

Louis SOULET

2 Janvier 2024 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

Louis Soulet est né à Frouzins le 17 janvier 1879.

Ses parents sont feu Louis Jean Soulet et Marie Minguet, habitant Plaisance en 1899

Louis est domestique en 1899 et habite également Plaisance à cette époque puis Thil en 1915.

Yeux et cheveux châtains, il mesure 1,61m

Il sait lire, écrire et compter

Il est réformé en 1902 pour amblyopie de l'oeil droit, atrophie de la pupille.

En 1914, il a 35 ans.

Il est passé dans les services auxiliaires pour perte de la vision à droite. 

Il est rappelé à l'activité le 26/08/1915 et passe au 117ème régiment d'artillerie lourde.

Passe à la poudrerie nationale le 22 février 1916 puis est au 14ème régiment d'infanterie en 1917

 

Louis SOULET

RM 1899, n°420

 

 

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François ROUQUIER

2 Janvier 2024 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

 

François Rouquier est né 21 avril 1879 à Frouzins.

Son père se nomme Bernard Rouquier et sa mère Marie Louise Pech, habitant tous deux 88 quai de Tounis à Toulouse en 1899.

François habite aussi à Toulouse en 1899 et est comptable.

Le 3 avril 1914 il habite 50 quai de Tounis , chez mme Peyre et est employé de commerce.

Il est châtain, ses yeux aussi; il a une fossette au menton et mesure 1,59m

Il sait lire, écrire et compter.

Il a 35 ans quand la guerre éclate.

A été incorporé notamment au 133ème régiment territorial d'infanterie puis au 220ème régiment d'infanterie en 1915 puis au 288ème régiment d'infanterie en 1917 puis au 15ème régiment des tirailleurs en novembre 1918 puis au 64ème régiment de tirailleurs nord africains

Citation du 28/09/1917 : "Excellent soldat, plein d'entrain et de bravoure. Le 22 septembre 1917 a contre attaqué avec ardeur à la grenade un détachement de choc ennemi qui venait de pénétrer dans nos lignes. L'a forcé à la retraite et a repris le corps d'un de nos camarades qui venait d'être tué".

Citation du 19/06/1918 : "A fait preuve de beaucoup de courage en assurant la liaison sous un violent bombardement précédant une attaque ennemie et le lendemain en portant des ordres aux compagnies engagées dans le combat".

Citation du 30/08/1918 : "Agent de liaison d'un dévouement infatigable, a parfaitement assuré sa mission sous de violents bombardements".

Citation du 17/10/1918 : "Agent de liaison merveilleux, a assuré son service (illisible) dignes de tous éloges sous les violents barrages d'artillerie et des mitrailleuses pendant la période du 10 au 16 octobre 1918".

 

A reçu la croix de guerre 3 étoiles de bronze

 

François ROUQUIER

François ROUQUIER

 

RM 1899, n° 1399

 

 

 

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Joseph LABATUT

2 Janvier 2024 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

Joseph Labatut est né 13 septembre 1877 à Frouzins.

Il habite Colomiers en 1897 et toujours en 1908.

Il est de père inconnu. Sa mère se nomme Joséphine Labatut et habite Frouzins en 1897.

Il est domestique en 1897.

Il est brun, et ses yeux sont châtains

Il mesure 1,63 et sait lire, écrire et compter.

Il a 37 ans lorsque la guerre éclate.

Il est incorporé au 133ème régiment territorial d'infanterie le 3 août 1914

Il a été intoxiqué au gaz et souffre d'emphysème pulmonaire avec bronchite.

 

Joseph LABATUT

Joseph LABATUT

RM 1897, n°42

 

 

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Paul JASSARAU

2 Janvier 2024 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

Paul Jassarau est né le 6 octobre 1899 à Frouzins.

Ses parents sont Antoine Jassarau et Marie Réoule, habitant Clermont en 1919.

Paul est cultivateur en 1919 et encore en 1937.

Il habite Clermont en 1919 et Aureville en 1921.

Il est châtain foncé avec des yeux châtains vert; il mesure 1,70m et a une cicatrice au pied droit

Il sait lire et écrire.

Il est incorporé au 19ème régiment de dragons le 17 avril 1918. Il a 19 ans.

Il est promu brigadier le 24 août 1919.

Il sera affecté au CM  de cavalerie n°17 le 15 janvier 1938 et sera renvoyé dans ses foyers le 28 octobre 1939.

Il a 4 enfants en 1937.

 

Paul JASSARAU

RM 1919, n°173

 

 

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Jean Marie FONTANET

2 Janvier 2024 , Rédigé par srose Publié dans #Frouzins, #14-18

Jean Marie Fontanet est né le 16 janvier 1892 à Frouzins.

Ses parents se nomment Barthélémy Fontanet et Jeanne Durègne, habitant Cugnaux en 1912

Il est cultivateur en 1912 et cantonnier en 1926 et 1937

Il est châtain et ses yeux sont orangé vert. Il a une fossette au menton, une cicatrice au sourcil droit et mesure 1,62m.

Il sait lire et écrire

IL habite Villeneuve Tolosane en 1919.

Il contracte un engagement volontaire de 3 ans en 1913 pour servir dans le 14ème régiment d'infanterie.

Il a 22 ans quand la guerre éclate.

Le 1er septembre 1914 il est caporal.

Il est évacué le 8 septembre 1914 suite à une éventration post opératoire suite à une blessure par balle le 6 septembre. Il en gardera des séquelles par la suite.

Il passe sergent le 30 janvier 2015.

Il sera rappelé le 2 septembre 1939 à 15ème compagnie de renforcement de la poudrerie nationale de Toulouse mais sera renvoyé dans ses foyers le 19 octobre 1939.

Jean Marie FONTANET

Jean Marie FONTANET

RM 1912, n°1783

 

 

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Le pont du Bazacle

31 Décembre 2023 , Rédigé par srose Publié dans #Toulouse

Le pont du Bazacle

Le nom « bazacle » vient de vadaculum (petit gué) ; il désigne un site sur la Garonne constitué de bancs de marne dure traversant obliquement le fleuve. La faible hauteur des eaux à cet endroit en fait un passage pratique pour les hommes. Ce devait être d’ailleurs le seul point de passage du fleuve avant la construction du pont antique (le 1er pont vieux).

Il faut bien avoir en tête quand on étudie les ponts de Toulouse, les berges, le guet ou la Garonne elle même que la configuration topographique actuelle n'est pas tout à fait la même que celle des siècles passées et que les aménagements effectués par les hommes ont modifié l'ensemble de façon plus ou moins importante (voir à ce sujet l'article de Henri Molet).

 

Le pont du Bazacle

bloc de marne blanche

 

Des fouilles archéologiques ont ainsi permis de prouver l’utilisation du gué comme passage depuis l’âge du bronze.

Manifestement les hommes ont eu à un moment besoin de pérenniser ce passage par la construction d’un pont : Georges Fouet, et Georges Savès, archéologues,  ont effectué trois campagnes de recherches dans les années 70 sur ce site et ont découvert, sur ce gué, à 40 mètres en aval du barrage actuel (reconstruit en 1719 par l’ingénieur  Joseph Abeille à l'origine de la reconstruction du pont de Pigasse) et à 250 mètres en amont du pont des Catalans, des vestiges prouvant l’existence d’un pont sans doute entièrement en bois dans les 1ers temps puis en maçonnerie.

Ils ont étudié un fragment de pile avec éperon, en briques et galets, située à une vingtaine de mètres à l’est de la tour d’angle de l’hospice de la Grave ; la pile mesurait 5 mètres de long et 3 mètres de large, et était haute de 1,80m.

Ils ont trouvé lors de leurs fouilles sur le gué plusieurs milliers de pièces diverses des 13 et 14ème siècles (monnaies, épingles, etc.) qui prouvent l'importance de la circulation sur ce pont.

 

Le pont du Bazacle

Toulouse au 12ème siècle par Pierre Gérard - 

Plan de Toulouse 1080-1208 soit avant la construction du pont du Bazacle qui a eu lieu quelques années après mais on peut voir en bas de la carte la chaussée et le gué du Bazacle, l'emplacement du chateau et des moulins et la porte Vital Carbonnel

 

Le pont du Bazacle a vraisemblablement été construit au début du 13ème siècle, à la suite de la croisade contre les Albigeois. Il était protégé par un château (le château du Bazacle) qui surveillait le gué et les moulins du même nom ainsi que la porte dite « de Vital Carbonnel ». Il ne s’agissait pas d’un point de passage important car assez excentré. Il servait essentiellement à l’usage des moulins d’après Georges Fouet et Georges Savès (L'emplacement réel du pont du Bazacle, dans L'Auta, n° 399, novembre 1973).

 

Le pont du Bazacle

Toulouse, le patrimoine en images - éditions Privat

 

Le 13 septembre 1217, il était non achevé lorsque Raimond VI entra dans Toulouse. En 1218, on enregistre une donation pour son entretien. La Chanson de la croisade albigeoise, traitant des événements de 1219, spécifie d'ailleurs que ce pont était « nouvellement construit » ; le texte énumère en effet les chevaliers qui « an la charga del ponh nau del Bazacle, lo qual asta fact novelaman » (les ponts de Toulouse de Jean Coppolani, p.23).

En 1222, un texte cite « illo loco in quo pons Badaclei est constructus ».

Le pont est mentionné en 1271 et en 1350 ; en 1337 il est réparé de même qu’en 1391. On ne retrouve plus de mention du pont ensuite.

 

Il est à noter qu’en 1613 lors d’une crue de la Garonne qui provoqua la rupture de la chaussée du Bazacle, les vestiges d’un édifice romain apparurent, vraisemblablement un temple. 

Le pont du Bazacle

Deux témoins oculaires de ces vestiges surgis des eaux :

Bertrand de Laroche-Flavin « Recherches sur les antiquités et curiosités de la ville de Thoulouse », 1627, Toulouse. Exemplaire conservé à la B.M. Toulouse, cote res D XVII 499, daté de 1627, mais écrit vers 1618-21. « En cet endroit du moulin du Bazacle, il y a eu au temps passé quelque grand et superbe bâtiment car il se trouve encore dans l’eau de grandes et épaisses murailles et de grandes pièces de marbre et autre pièces élaborées à l’Antique ; y ayant esté trouvée une statue qu’on jugeait être de Pallas ».

 Catel, Mémoires de l’Histoire du Languedoc, 1629, paru en 1633, Toulouse, Colomiez. Pages 123-124: « Temple au Bazacle : …mais je pese qu’il y a plus de raison de dire qu’il estoit tout contre le moulin du Bazacle, et entre l’hospital de la Grave et ledict moulin. Car il y a quelques années que la chaussée du moulin du Bazacle estant quasi du tout rompüe, et par ce moyen la rivière de Garonne estant fort basse du costé du bazacle, on descouvrit dans ladite rivière devers le moulin, des ruines d’un édifice très somptueux, lesquelles ayant esté veües par Souffron, et Bachelier, gens forts ingenieux et sçavans en l’architecture, ils trouvèrent que c’estoient des masures et ruines d’un grand temple, lequel estoit de marbre blanc basty avec telle solidité que les quartiers de marbre estoient liés ensemble avec des lames de fer cramponnées avec du plomb. Dequoy ayant esté adverty je fus aussi tost sur le lieu, et vis partie de ces ruines, entre lesquelles plusieurs batteliers s’occupoient à tirer le plomb qui avoit servy à faire tenir les crampons de fer. Je vis aussi plusieurs grandes pierres de marbre, où estoient entaillés a demy relief de grands personnages vestus à la romaine. Les masures de cet édifice estoient fort grandes, et commme en quarré, tesmoignant que ce temple ou édifice estoit enrichy de colonnes de marbre noir si grandes, quelles avoient trois pieds et demy de diamètre… L’ay appris dudit sieur Souffron que aux corniches desdites colonnes estoient entaillées des hiboux, ce qui donne sujet de croire que c’estoit le temple de Pallas. Ce temple semble avoir esté grandement fréquenté ; car l’on recognoit encores dans la rivière de Garonne des fondements, et vieilles masures de piliers qui estoient sans doute d’un pont pour aller du costé de Sainct Cyprien au susdit temple»

 

Toulouse renferne quantité de vestiges romains en son sein depuis des siècles et les divers vestiges de cette Toulouse romaine furent utilisées depuis le 13ème siècle pour créer notamment la chaussée du Bazacle.

Le pont du Bazacle

Chaussée du Bazacle - collection Trudat (1840-1910)

 

Sources

https://societearcheologiquedumidi.fr/_samf/memoires/t_61/015-034-MOL.pdf

Chanson de la croisade albigeoise : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103147b.image

Les ponts de Toulouse de Jean Coppolani

le pont du bazacle de Henri Paum Eydoux

Autour du Bazacle, la Garonne et les vestiges antiques de Henri Molet

FOUET et G. SAVÈS, « Le gué du ramier du Bazacle », dans L’Auta, août 1971, n° 381, p. 138-145 ; Idem, « Le gué du Bazacle, catalogue sommaire des trouvailles faites avant 1971 », dans L’Auta, janvier 1972, n° 384, p. 8-20 ; Idem, « L’emplacement réel du pont du Bazacle », dans L’Auta, novembre 1972, n° 399, p. 202-207 ; Idem, « Le gué du Bazacle, ses ponts et ses richesses archéologiques », dans L’Auta, mars 1977, n° 426, p. 73-81 ; Idem, « Les premières fouilles du Bazacle au XIXe siècle », dans L’Auta, octobre 1983, n° 489, p. 227-236

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Le pont de Pigasse et l'arche de Tounis

17 Décembre 2023 , Rédigé par srose Publié dans #Toulouse

Le pont de Pigasse et l'arche de Tounis

Le Pont de Tounis (qui n'a rien à voir avec l'arche de Tounis), reliant l’ancienne île de Tounis à la ville, enjambe la "Garonnette", ancien bras maintenant asséché de la Garonne, et est le plus ancien pont de Toulouse.

Le pont de Pigasse

Plan de Toulouse - Rochefort 1670 - on peut voir comment se situe l'île de Tounis 

 

Mais il a existé un autre pont  plus ancien encore, traversant la Garonnette plus en aval, à l'endroit où la Garonnette débouchait dans la Garonne sous l’actuel quai de Tounis. Plus précisément il partait de la halle aux poissons (aujourd'hui rue de la Descente de la Halle aux Poissons) et arrivait à la pointe nord de l’ile. Il s'agit du pont qui se trouve au n°12 ci dessous :

Le pont de Pigasse

Ile de Tounis avec le Pont Neuf tout à droite

Le n°12 correspond au pont de Pigasse ou pont en fil de fer qui est l'emplacement aujourd'hui de l'arche de Tounis (voir plus bas)

Le pont de Tounis est au n°8

La Garonnette figure au n° 7 (aujourd'hui il s'agit de l'avenue de la Garonnette)

La rue des abattoirs au n°11

La rue des Teinturiers au n°6

 

Jules Chalande (historien né en 1854 à Marseille et mort en 1930 à Toulouse) a retrouvé un texte dans les archives de Toulouse qui atteste de l’existence du pont de Pigasse en 1597.

Il semblerait qu’une crue l’ait détruit en 1608 et qu’il fut reconstruit en bois de chêne en 1612.

Il reprenait le tracé du Pont-Vieux, 1er du nom et fut dénommé Pont de la Halle (la Halle aux poissons était toute proche) ou plus simplement Pont de Bois avant de s'appeler pont de Pigasse pour une raison inconnue.

 

Le pont de Pigasse

Hypothèse de restitution cadastrale en 1680

 

Plusieurs fois réparé, voire entièrement refait (il s’écroule en 1690 et fut reconstruit totalement en 1693 pour 1800 livres), il fut emporté par l’inondation de 1709. Malgré un appel d’offres lancé par les capitouls en 1711 puis en 1720, aucun artisan ne souhaite s’emparer du chantier.

En 1731 l’ingénieur Joseph Abeille (né en 1671 à Vannes et mort en 1756 à Rennes) se lance et reconstruit le pont de bois qui s’effondrera en 1764. (Joseph Abeille a apporté son expertise technique ainsi que des capitaux dans la réparation du moulin du Bazacle et la digue qu’il a construite est toujours celle actuellement utilisée pour produire de l'électricité).

 

Le pont de Pigasse

 

Pont de Bois, dit pont de Pigasse. Plan de construction dressé par l'architecte Souffron, 1612, Ville de Toulouse, Archives municipales, DD213/1 (détail)

 

Pierre Barthès auteur des Heures perdues, ouvrage rédigé à partir de 1737 écrit à ce sujet :

« Le dimanche 8ème de ce mois (juillet), jour de la dizaine de l’île de Tounis où l’affluence du monde qui passe et qui se rend dans l’île après vêpres pour se divertir est très grande, entre 9h et 10h du soir, le pont qu’on appelle de Pigasse et qui va de la Halle aux poissons dans l’île, tomba dans l’eau, rongé de vétusté. La 3ème partie de l’édifice qui aboutit à Tounis vis-à-vis la maison de Dubarry, s’étant affaissée sur les piliers qui n’étaient plus que de bois pourri, n’ayant jamais été réparée, fut entrainé dans la chute. Personne ne se trouvait à passer dans ce moment funeste, ce qui a été regardé comme un bienfait du ciel, après la grande quantité de monde qui avait passé dessus pendant cette journée. »

il fut définitivement démoli en 1767.

 

Par la suite un bac sera utilisé pour que les Tounisiens puissent traverser la Garonnette depuis la pointe nord de l’île.

Pierre Barthès précise dans ses Heures perdues que « pour la commodité des bouchers, des habitants, des blanchers, des pêcheurs qui habitent Tounis, ont établi sans doute avec permission, un passage dans une barque pour la traversée où chacun pour le prix d’un liard, peut se faire passer sans pour remonter au pont de la Dalbade, ce qui allongeait beaucoup ».

Ce bac sera utilisé jusque vers 1829 date à laquelle on construisit au même endroit, un pont suspendu (réservé aux piétons)  appelé par les toulousains le pont de fil de fer, long de 24m et large de 2m ; il a couté 4 295 frs et 99 cts.

Toutefois entre la décision de construire le pont et l’achèvement de celui-ci, les habitants de Tounis ont décidé d’écrire au maire de Toulouse, Joseph Viguerie, le 6 septembre 1830 :

« les habitants de l’île de Tounis ont l’honneur de vous exposer que depuis longtemps un bac placé sur le canal de fuite (la Garonnette) du moulin du Château leur facilitait le passage de l’île au pont, lorsque la construction du pont en fil de fer est venu interrompre le service de ce bac. Par la démolition de l’escalier de la halle (aux poissons) voilà plusieurs mois qu’ils se trouvent privés de ce passage qui leur est si utile, notamment aux bouchers qui sont obligés, chargés d’un lourd fardeau, de faire un long contour. C’est pourquoi Monsieur le maire, ils viennent solliciter de vos bontés, vu l’escalier provisoire établi à la halle, ordonner au fermier dudit bac de continuer son service, jusqu’à ce que le pont soit totalement achevé, et à défaut autoriser momentanément tout autre individu à faire ce service ».

 

Mais ce pont ne dura guère car il fut détruit vers 1854 pour faire place à un nouveau quai construit d’après le projet de l’architecte Urbain Vitry, né en 1802 à Toulouse, mort dans cette ville en 1863.

A la place du pont de Pigasse fut construit dans la maçonnerie du quai de Tounis, l’arche de Tounis pour laisser le passage à la Garonnette dont les eaux permettaient encore le fonctionnement du moulin du Château.

 

Le pont de Pigasse

1ère photo : l'arche de Tounis et les quais avant 1950 (époque où la Garonnette existait encore) - à noter au loin le clocher de la Dalbade qui s'est effondré en 1926 

Seconde photo : l'arche et les quais après 1950 (la Garonnette n'existe plus) et avant 2019, date à laquelle les berges furent rénovées - à noter la buse qui permet l'écoulement de ce qui reste de la Garonnette

Photos tirées du blog : Le Soulier Voyageur http://souliervoyageur.canalblog.com/

 

 

Le pont de Pigasse

L'arche de Tounis et le quai de Tounis après les rénovations de 2018/2019

Photo tirée du blog : Le Soulier Voyageur http://souliervoyageur.canalblog.com/

 

 

Le pont de Pigasse

L'arche de Tounis et sa voûte composée de 9 arcs et au loin le Pont Neuf

 

La largeur de l’arche est de 12 mètres et est composée de 9 arcs en pierres et en briques

Cette arche est aujourd’hui sèche à l’instar du pont de Tounis puisque la Garonnette a été comblée et asséchée dans les années 1950

 

Le pont de Pigasse

 1ère photo : la garonnette et le pont de Tounis  avant 1950

2nde photo : la Garonnette est le ruisseau au milieu de la photo entre les deux espaces de gazon, le pont de Tounis au second plan

Photos tirées du blog : Le Soulier Voyageur http://souliervoyageur.canalblog.com/

 

Le pont de Pigasse

Ce qui reste de la Garonnette aujourd'hui : un ruisseau ; au loin le pont de Tounis

 

 

Sources

Les heures perdues sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k132172x.image

L'île de Tounis de Jean-Marie Arrouy

Les ponts de Toulouse de Jean Coppolani

L’îlot de la rue de la Descente-de-la-Halle-au-Poisson à Toulouse de Yoan Mattalia

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Le 1er pont vieux de Toulouse

4 Décembre 2023 , Rédigé par srose Publié dans #Toulouse

Le 1er pont vieux de Toulouse

Le premier pont de Toulouse est le Pont Vieux, 1er du nom (il y en aura un autre plus tard). Le Pont Vièlh est à l'origine un ancien pont aqueduc construit au 1er siècle pour franchir le fleuve et pour alimenter Toulouse en eau. La légende attribue sa construction à la reine wisigoth Pédauque d'où son nom au Moyen âge de Pont de la reine Pédauque ou Pont de la Régine. Il ne s'appellera Pont Vieux que lorsque le Pont de la Daurade sera construit au 12ème siècle mais pour plus de commodité ici nous l'appellerons d'ores et déjà Pont Vieux.

il est à noter toutefois que les historiens ont longtemps contesté le fait que l'ancien pont aqueduc corresponde à ce que les textes médiévaux appellent le pont vieux (le 1er du nom). Les avis sont partagés mais il semblerait toutefois au vu des découvertes archéologiques qui ont été faites que l'on puisse imaginer qu'il s'agisse bien du même ouvrage... Affaire à suivre. 

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Reconstitution de la Tolosa antique vers le 5ème siècle où l’on voit l’aqueduc à droite et l’emplacement des sites actuels de Saint Sernin , Saint Etienne et le Capitole ainsi que le Pont Neuf qui bien sûr à l’époque n’existaient pas

 

Voyons un peu comment se présentait le pont aqueduc antique long de près de 9 km : il comprenait deux sections :

- La première est souterraine et va de Monlong à la Cépière en passant sous les immeubles de Bellefontaine (notamment sous l'immeuble Camus), de la Reynerie et du grand Mirail; cette section captait les sources proches et amenait les eaux par un canal souterrain jusqu’à la Cépière où devait se trouver un château d'eau. L'abbé Georges Baccrabère, archéologue et historien toulousain né en 1920, énumère une vingtaine de sources sur ce parcours (dont sept dans le parc du Mirail, cinq dans celui du château de la Réynerie).

- La seconde section, aérienne avec ses 517 arches commençait donc à la Cépière pour virer à 90° plein ouest empruntant le tracé actuel des routes de Saint Simon, de la rue de Cugnaux, où une quinzaine d'arches ont été exhumées au XIXe siècle, et de la rue des Teinturiers, et culminant à 5 mètres au-dessus de l’actuel quartier Saint Cyprien pour rejoindre la Garonne. Le nom de la rue des Arcs Saint Cyprien (Cami dels Arcs) est le souvenir de la présence de l'aqueduc à proximité.

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Dessins de Christian Darles d’après les travaux de Pierre Pisani et de Badie et Gassend

 

Le pont aqueduc traversait ensuite le fleuve environ 200 mètres en amont de l'actuel Pont Neuf, et atteignait la rive droite au niveau de la rue de la Descente de la Halle au Poisson où l'eau était stockée dans un premier réservoir. Puis l'aqueduc, descendant jusqu’au niveau de la chaussée, poursuivait jusqu'à l'actuelle place Rouaix où devait se trouver là aussi un château d'eau. 

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Tracé du pont aqueduc en fonction des traces et vestiges archéologiques retrouvés

 

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Illustration de Philippe Biard donnant une idée de ce qu'était le pont aqueduc en fonction

de sa situation sur le tracé

  

On retrouve les vestiges d'un réservoir à l'emplacement de l'actuelle école Lespinasse près de la place Olivier à Saint -Cyprien (article de la Dépêche du 25/08/2017 ).

Autre vestige de ce pont : une arche de pont est enfouie à 3 mètres de profondeur sous le tronçon nord de la rue de la Descente de la Halle aux Poissons et n'est accessible que par les caves des immeubles voisins. Il semblerait que ce soit aussi les vestiges du premier « pont Vieux » de Toulouse qui aboutissait vraisemblablement dans ce secteur après avoir traversé la pointe de l’ile de Tounis.

 

On peut supposer que le pont adueduc de Toulouse ressemblait à l'aqueduc du Gier près de Lyon, encore debout :

Le 1er pont vieux de Toulouse

 

Bertrand du Puy des Grais, avocat né en 1639, donne déjà à l'époque une description (spartiate) du tracé de l’aqueduc de Monlong à la Garonne :

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Plan reconstitué de Toulouse antique, dans Bernard Dupuy des Grais, "Tolosae antiquae chorographia", 1713, Bibliothèque municipale de Toulouse, Ms. 1254.

 

Ce pont est encore utilisé au 12ème siècle mais sans sa fonction d’aqueduc ; plus précisément il apparaît pour la première fois dans les textes en 1152 ; il est le seul pont à cette époque permettant de franchir la Garonne. Il permet le passage des marchandises et des voyageurs notamment les pèlerins qui vont à Compostelle.

Mais il subit les vicissitudes du temps... En 1258 il est emporté par la Garonne en crue ; en 1281 il s’effondra sous le poids de 200 personnes qui regardaient passer une procession de bateaux : « L’an 1281 et la veille du jour de l’Ascension, une partie du Pont-Vieux s’écroula pendant que la Confrérie des Bateliers de la Dalbade faisait sur la Garonne sa procession accoutumée. Les spectateurs qui s’étaient portés en grand nombre sur ce pont furent entraînés dans sa chute et 200 personnes périrent dans les eaux du fleuve ».

Le 30 mai 1485 le pont est entouré par un "soudain débordement de la Garonne". En 1508 il "croula quasi d'un bout à l'autre". En 1508 et en 1523 des crues emportent une partie de l'ouvrage. En 1524, le tablier en bois est refait.

Il sera remplacé progressivement par le pont de la Daurade construit plus en avant à partir de 1153 et sera abandonné totalement à partir de 1556. Il n'apparaitra plus entier sur les plans de la ville à partir du 17ème siècle.

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Extrait du plan de Toulouse par Albert Jouvin de Rochefort en 1680 montrant en jaune les restes du pont vieil de pédauque

 

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Extrait du plan de Toulouse de 1663 par Nicolas Berey (Musée Paul-Dupuy, inv. 20.6.1) montrant les ruines de l'aqueduc antique. Tirage photographique couleur, 13 x 18 cm. Ville de Toulouse, Archives municipales, 2 Fi 1305 détail.

 

Au 17ème siècle, l’historien toulousain Guillaume Catel donne une description des vestiges du pont vieux (Guillaume Catel, Mémoires de l'histoire du Languedoc, 1633, p. 127-128 et 194-195) :

« L'aqueduc [...] estoit continué jusques dans la ville, passant à travers la riviere de Garone, dans laquelle se treuvent encore les fondemens des piliers de brique qui portoient ledit aqeuduc. Et peut estre estoit il continué dans la riviere par piliers & arceaux à la façon d’un pont, d’où vient qu’il est appellé par le peuple, le Pont de la Regine Pedauque, c’est-à-dire pied d’oye, d’autant qu’il estoit si estroit qu’un homme, ou autre animal n’y pouvoit si commodement passer, qu’une oye. [...] Ce Pont est appellé le Pont Vieil depuis longues années, pour le distinguer de celuy de la Daurade [...]. Ce Pont Vieil estoit de structure romaine ou plustost Gotthique ; car il est fait grossierement, comme l’on peut recognoistre à l’arcade, qui reste encores dans la maison du Sieur Raché, laquelle est bastie de brique, & de pierre fort grossierement. »

 

Le 1er pont vieux de Toulouse

Vestiges du pont de la reine Pédauque à droite du Pont Neuf et vestiges du pont de la Daurade à gauche -

Gravure de 1730

 

Il restait encore fin 19ème siècle deux piles visibles aux basses eaux et qui furent emportées lors de la crue de 1875. 

En 1949, la dernière pile, qui émergeait à une trentaine de mètres de la rive actuelle de la Prairie des Filtres connue comme le « rocher de Carnaval » ou rocher de Callebe, est démoli. Le terme de Callèbe semble désigner le dispositif de bascule en bois qui y était implanté.

Il est possible que l’on y suspendait une cage en fer, la « gabio » (en occitan gàbia qui veut dire cage), utilisée du XVIe au XVIIIe siècle pour le supplice qui consistait à plonger à plusieurs reprises dans le fleuve une personne condamnée pour prostitution ou proxénétisme ou pour blasphème : ceux qui survivaient à la noyade étaient reconnus innocents... Le terme de gabio va donner son nom au port de la Gabio sur l'ile de Tounis, à proximité de la pile en question.

 

 

A noter que la rue du Pont-Vieux dans le quartier Saint Cyprien – nom qu'on lui donne dès le 13ème siècle – rappelle la présence de ce pont qui franchissait la Garonne dans l'axe de cette rue et atteignait la pointe nord de l’île de Tounis pour arriver dans la rue de la Descente de la Halle aux Poissons.

  

Le 1er pont vieux de Toulouse

 Représentation du Pont Vieux en miniature sur la couverture d’un livre des tailles de 1480.

Ville de Toulouse, Archives municipales, CC 164

 

 

Sources

Toulouse au 12ème siècle par Pierre Girard

Les ponts de Toulouse de Jean Coppolani

Evocation du vieux Toulouse de Robert Mesuret

https://aqueduc.jeb-project.net/

https://www.bazarurbain.com/2087/laffaire-de-laqueduc-dit-de-la-reine-pedauque-episode-2/

https://documents.toulouse.fr/AToulouse/atoulouse_mai2022/version_accessible/patrimoine/de-leau-par-dessus-la-garonne.html

https://lavilledetoulouseetsonarchitectureauxepoquesantique.wordpress.com/2017/10/02/toulouse-naissance-dune-ville-porte-nord/

focus sur l'aqueduc gallo romain : https://www.calameo.com/books/006765105182e1cecfb69

Documents des Archives de Toulouse sur le sort réservé aux maquerelles : https://archives.mairie-toulouse.fr/documents/10184/311548/FRAC31555_Bas-Fonds-2016-10.pdf/96cc1376-1603-4ae4-a80d-fc5bfc6b4fca

 

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19 Août 2023 , Rédigé par srose

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La bataille de Toulouse de 1814

13 Août 2023 , Rédigé par srose Publié dans #Toulouse, #guerre

 

Bataille de Toulouse de 1814 - Théodore Jung

 

 

Le contexte de la bataille

Depuis le 18ème siècle une même famille règne sur la France et l'Espagne : les Bourbons. Aussi quand Louis XVI est exécuté le 21 janvier 1793, l'Espagne vient au secours de la famille royale de France et déclare la guerre. Collioure et les rives de la Bidassoa tombent très vite sous les assauts espagnols.

A noter qu'à cette époque l'Angleterre est une alliée de l'Espagne.

En 1794, les Français retournent la situation et s'emparent de Figueras, Bilbao, et Vitoria. L'Espagne négocie la paix et le 18 août 1796 le traité de San Idelfonso matérialise l'alliance franco espagnole contre l'Angleterre.

Par la suite, pour diverses raisons que nous ne développerons pas ici, l'Espagne entreprend de marcher sur le Portugal avec le soutien de Napoléon, celui ci voulant mettre au pas le Portugal pour avoir refusé de participer au blocus contre l'Angleterre : ce sera la guerre des Oranges de 1801.

 

En 1807, rebelote, le Portugal refuse toujours de participer au blocus et Napoléon envoie des troupes pour occuper le pays. Mais pour ce faire il passe par l'Espagne. Or les troupes françaises se conduisent comme des rustres et pillent les villages espagnols, ce qui ne fait qu'attiser la haine de la population à leur égard. En parallèle, Napoléon tente de profiter de la situation politique chaotique de l'Espagne pour s'immiscer dans les affaires du royaume. Et alors que l'armée napoléonienne occupe Madrid, la population se soulève; cette révolte embrase le pays quand le roi d'Espagne abdique sous la pression de Napoléon au profit de son frère Joseph. La rébellion espagnole sera écrasée dans le sang par Murat. Violence que représentera Goya dans sa peinture.

 

Francisco De Goya - Tres de Mayo - 1814

Musée du Prado - Madrid

 

Et c'est ainsi que la guerre d'indépendance espagnole commença. Elle dura 6 ans et fut un désastre pour Napoléon qui l'avoua d'ailleurs à Sainte Hélène : "cette malheureuse guerre d'Espagne a été une véritable plaie, la cause première des malheurs de la France".

Entre temps, le Portugal qui est lui aussi occupé par Napoléon qui ne lui pardonne pas son manque de coopération dans le blocus international, recevait de l'aide de l'Angleterre.

C'est ainsi qu'une coalition Espagne/Portugal/Angleterre va se former contre Napoléon dans cette guerre d'indépendance.

 

L'assaut de la caserne de Monteleon, 1808 - Joaquin Sorolla (1886)

Musée Victor Balaguer, Vilanova, Catalogne

 

En décembre 1809, Napoléon prend le contrôle de la Catalogne qui sera annexée à l'empire le 26 janvier 1812 et le restera jusqu'au 10 mars 1814. Ce territoire sera divisé en 4 départements :

- les Bouches de l'Ebre avec Lleida comme préfecture

- Montserrat avec Barcelone comme préfecture

- Sègre avec Puigcerdà

- Ter avec Gérone

 

Mais les Français vont perdre du terrain et en quelques semaines, de mai à juillet 1813, Joseph Bonaparte et son armée reculent jusqu'aux Pyrénées. Napoléon n'eut d'autre choix que d'accepter par le traité de Valencay le retour de Ferdinand VII dans son royaume.

Début 1814, la Catalogne est reconquise par les Espagnols. La guerre d'Espagne s'achève mais à l'inverse, débute pour les Hispano Britanniques, la campagne de France qui allait amener la chute de Napoléon.

 

Scène de la campagne de France - 19ème siècle - Horace Vernet

 

Et c'est ainsi que l'on se retrouve quelques mois plus tard en ce jour de Pâques, le dimanche 10 avril 1814, à Toulouse ...

 

La bataille de Toulouse 

La bataille s'est déroulée le dimanche 10 avril 1814 de 6h à 21h et opposa les troupes françaises  commandées par le maréchal Soult aux troupes anglo hispano portugaises menées par le duc de Wellington.

L'armée française comptaient à peu près 42 000 hommes contre 52 000 pour les coalisés. Le nombre exact est difficile à déterminer car il varie selon les sources mais ce qui est sûr c'est que les coalisés sont supérieurs en nombre.

A noter que parmi les Français se trouve Louis Joseph Hugo, chef d'état major de la 1ère division d'infanterie de l'armée des Pyrénées, dont le neveu, Victor, n'a alors que 12 ans.

7 956 soldats seront mis hors de combats dans les deux camps (dont 975 morts) à la fin de la journée selon les comptages. 

 

Quelle est la situation de Toulouse en 1814 ?

La ville compte près de 65 000 habitants et constitue la base arrière de l'armée. Elle abrite des casernes, la poudrerie impériale sur l'ile de Tounis, fond depuis 1793 des canons dans l'ancien couvent de Sainte Claire des Salins à l'emplacement de l'actuel Institut catholique, fabrique des armes à l'Arsenal (ancien couvent des Chartreux, rasé en 1960, il ne reste que les vestiges du cloître aujourd'hui) depuis 1792 et organise le ravitaillement des troupes depuis le Lauragais et le piémont ariégeois.

 

Elle est entourée d'un rempart médiéval en piteux état, avec tours et portes fortifiées et s'étend sur la rive droite à l'intérieur des actuels boulevards, sur la rive gauche à l'intérieur des allées Charles de Fitte; des embryons de faubourgs à Guilheméry, aux Minimes, et à la Patte d'Oie complètent la physionomie de la ville.

 

Toulouse en 1870 mais cela permet de situer les différents sites, quartiers, faubourgs de la ville

A consulter avec zoom sur ce lien : https://www.visites-p.net/ville-histoire/toulouse-01.html#b

 

En 1814, les remparts ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes : mal entretenus, crevassés, envahis par des constructions civiles : l'enceinte de Saint Cyprien par exemple "ne consiste plus guère qu'en un mur d'octroi percé de deux grilles, l'une à la barrière de la patte d'oie, l'autre à l'extrémité du Cours Dillon".

Une partie des remparts a qui plus est été détruit pour laisser place au boulevard Saint Cyprien de la place du Fer à cheval à la place Roguet et à l'allée de Garonne de la place Roguet au pont des Amidonniers.

Les fossés étaient en partie comblés, et des maisons avaient été adossées aux murailles; d'autres, bâties sur le terrain de l'ancienne contre-escarpe masquaient près de la moitié de l'enceinte, qui conservait néanmoins un terre-plein, ou terrassement, trèslarge , de la Porte du Bazacle, ou de Saint-Pierre, jusqu'à la Porte de Las-Croses, et de celle d'ArnaudBernard jusqu'à la Porte-Neuve.

Toulouse c'est aussi de l'eau : en plus du fleuve, elle est entourée de rivières et de ruisseaux : le Touch, l'Hers, la Save, la Louge, la Lèze, l'Hyse, l'Aussonnelle, la Sauve, le Girou, la Sausse, la Pichounelle, la Marcaissonne, la Seillonne plus le Canal du Midi et le canal de Brienne.

 

Carte de Toulouse en 1815 par Vitry à consulter sur :

https://www.archives.toulouse.fr/documents/10184/405363/20Fi13.jpg/0e37e64c-db58-4cf6-ad17-2725221a1d04?t=1535095546234

 

Quant à la population toulousaine, elle est a priori plus royaliste que partisane de l'empereur et souffre du blocus continental; par ailleurs elle commence à connaitre les atrocités commises par les Français en Espagne et de ce fait ne montre guère de motivation à venir en aide aux troupes françaises.

 

Les magasins sont fermés, les affaires commerciales, l'activité des administrations et des tribunaux sont suspendues. Les plus riches propriétaires de la ville sont partis. Les rues vont bientôt être encombrées par les voitures d'artillerie sortant de l'Arsenal, les fantassins, les cavaliers

 

Toulouse en 1839

Il s'agit de la plus vieille photo de Toulouse ; elle date de 1839 : un daguerréotype de l'opticien Antoine Bianchi (il avait ouvert un magasin rue de la Pomme) pris en haut du clocher des Jacobins : on voit le Capitole au 1er plan et derrière, la colline de Jolimont telle qu'elle était en 1814 c'est à dire sans habitations ainsi que le cimetière de Terre-Cabade.

On voit en haut à gauche l'obélisque de Jolimont qui a été érigé le 28 juillet 1839 pour commémorer la bataille de Toulouse. C'est en effet à cet endroit notamment (appelé le Calvinet ou Mont Chauve) que s'est déroulée une partie de la bataille. La gare ne s'y trouve pas car elle ne fut inaugurée qu'en 1857avec la mise en service du tronçon ferroviaire Bordeaux Sète.

 

 

Les différentes portes de Toulouse

 

Situation de l'armée française et travaux de défense sur Toulouse

Le 22 mars 1814 l'armée quitte Saint Gaudens et arrive le soir à Martres. Le 23 elle bivouaque dans la plaine de Noé; le 24 elle prend une position semi circulaire en avant de Toulouse, entre les Minimes et Montaudran et entre les allées Charles de Fitte et la Patte d'oie.  Malgré la pluie, "les différents mouvements de troupes avaient pour spectateurs plusieurs milliers d'habitants accourus sur les boulevards à la rencontre de l'armée".

"Les Toulousains paraissaient saisis de respect et de recueillement à la vue de ces vieux débris des armées d'Espagne et du Portugal auxquels la fatigue de la campagne et la marche pénible du matin, au milieu de la pluie qui dégoutaient encore des armes et des vêtements n'ôtaient rien de leur mâle assurance".

Soult décide de préparer la ville au siège   

 

Ses officiers du Génie mettent en oeuvre la défense de la ville sur les deux rives de la Garonne reliées par le seul pont de Toulouse à l'époque, le Pont neuf.

 

Des maisons furent utilisées pour y construire des plates formes ou y percer des embrasures destinées au tir de l'artillerie ou pour construire des redoutes, sortes de fortin destiné à l'artillerie notamment.

 

Ils entourèrent par exemple d'une enceinte fortifiée les fermes Aurole et Chastel au nord et au sud de le chemin de Cugnaux : ce furent les redoutes Aurole et Chastel équipée chacune de 6 pièces d'artillerie.

 

Idem pour la maison Rodolose qui s'élevait près de la route de Bayonne à 700m en avant de la Patte d'oie : elle fut entourée d'une redoute rectangulaire armée de deux pièces.

 

Près de la caserne Pérignon, deux maisons surplombant la route de Castres (la maison Sacarin et la maison Cambon laquelle se trouvait à l'emplacement de l'actuel Caousou) furent entourées chacune d'une redoute terrassée.

 

Voici quelques unes des redoutes que l'on pouvait trouver le 10 avril à Toulouse : la redoute Caraman sur le plateau de Montaudran entre la route de Caraman (ou de Castres) et le vieux chemin de Lasbordes, la redoute de la Sipière (qui n'a rien à voir avec la Cépière) à 500 mètres au sud est de la précédente, la redoute du nord et celle des Augustins sur le Calvinet, la redoute du Colombier près du chemin de la Gloire près de la route de Soupetard.

Exemple de redoute (1900, redoute des Mattes près de Narbonne)

 

Exemple de redoute adossée à une habitation : redoute de St Pierre près de Narbonne en 1900

 

La porte Matabiau fut défendue par deux canons de 24 et deux mortiers de 32 cm.

Entre les portes St Etienne et St Michel, on mit deux pièces pointées sur Montaudran.

Au Pont des Demoiselles furent construits deux bastions et une courtine qui barrait la route de Revel.

Le couvent des Récollets et la chapelle furent fortifiés en crénelant les murs, en barricadant les fenêtres et en cerclant le tout d'un fossé.

 

Le livre de H. Geschwind et F. De Gélis détaille de façon très précise les travaux effectués afin de défendre la ville.

 

Ces travaux gigantesques réalisés en quelques jours (entre le 24 mars et le 9 avrril) n'ont pas tous pu être menés à terme et ont demandé la réquisition de près de 1000 ouvriers par jour sur Toulouse et ses environs.

Le 2 avril, Soult donna l'ordre suivant : "les habitants de la ville seront commandés pour être employés aux ouvrages de défense, chacun dans son quartier, particulièrement aux portes, aux ouvrages avancés et sur les remparts. Ils devront être munis d'outils; ils seront conduits par les commissaires de quartier qui en feront l'appel et resteront avec eux au travail et imposeront des amendes à ceux qui refuseront de s'y rendre".

 

L'armement

L’infanterie se sert encore du fusil à pierre du modèle de 1777 dont la portée utile tourne autour de 100 m sans dépasser 150m . S'il pleut, si c’est humide, impossible de tirer. Par ailleurs si un vétéran arrivait à tirer jusqu’à 6 coups par minute, un soldat moins aguerri n’en tirait que 2 ou 3. Dans les 2 cas la précision du tir restait médiocre.

 

 

L’artillerie n’était pas plus performante et surtout très peu mobile ; il  fallait de 4 à 6 chevaux voir pour les trainer et souvent faute de chevaux on utilisait des bœufs. Ainsi à Véra, au passage de la Bidassoa par Clausel « les premiers obus de sa propre artillerie tombèrent au milieu de son infanterie aux applaudissements ironiques et joyeux des soldats anglais postés sur l’autre rive ».

 

Le quotidien des soldats français

Pour ne rien arranger, les soldats de Soult manquait de chaussures. Le 10 mars il écrivait au ministre que 2 à 3000 de ses hommes étaient pieds nus et il demandait à ses généraux à « requérir dans les communes où ils passent ou qui seraient à leur portée , des souliers pour être distribués aux soldats qui en manquaient entièrement , les communes devant être indemnisées par la suite ».

En arrivant à Toulouse Soult vida les magasins pour remédier à cette situation.

Et que dire de la charge du soldat français . Elle est trop importante : 60 livres. Le soldat anglais ne porte pas ses gamelles et sa marmite, il ne porte du pain que pour 3 jours, tout le reste est transporté par les animaux de bât : tente, ustensile de cuisine, provisions, etc.

Le ravitaillement a toujours été une source de préoccupation pour les armées. Les troupes françaises ont pillé au cours de toutes leurs campagnes les villes et villages qu'ils ont traversés alors que les anglais avaient pour habitude de payer ce dont ils avaient besoin.

De façon générale les Français réquisitionnaient tout ce dont ils avaient besoin sur leur passage : bois de chauffe, tonneaux, volailles, jambons, draps, charrettes, bois de charpente, bétail …

Un arrêté du 7 avril 1814 stipulait que le département de la Haute Garonne devait fournir à l’armée d’Espagne 4 000 quintaux métrique de grains, 100 de sel, 200 de légumes,  40 000 l d’eau de vie.

 

Nicolas Jean-de-Dieu Soult (1769-1851), Maréchal d'Empire et duc de Dalmatie

de Louis Henri de Rudder

 

Prise en charge des blessés

Toulouse était en capacité de recevoir près de 1500 malades et blesséa.

Les évacuations de blessés et malades se faisaient par les lignes d’étape sur la route d’Auch ou celle de Saint Gaudens, par voiture de roulage ou par charrettes à bœufs.

Toulouse comptaient comme hôpitaux La Grave (900 places),  l’Hôtel dieu St Jacques (400 places), l’Hôpital militaire (400 places)  mais ce ne fut pas assez et furent créés des hôpitaux temporaires : dans la caserne de passage Guibal, au bd Lascrosses (400 places) et dans le dépôt de mendicité de St Cyprien (300 places).

 

La Grave

 

S’y ajoutèrent l’ancien couvent de la Visitation de la bienheureuse Vierge Marie fondé en 1646 à la porte Saint-Étienne au 41 de la rue Rémusat (aujourd'hui remplacé par Primark), l’ancienne manufacture Boyer Fonfrède au Bazacle et l’ancien réfectoire des Jacobins 69 rue Pargaminière.

 

Réfectoire des Jacobins

 

Ceci étant, les Toulousains, malgré leur hostilité envers les armées françaises, vont venir en aide aux blessés : un témoin des faits écrira que "toutes les maisons de Toulouse étaient autant d'hospices ouverts aux malheureux blessés".

Soult a également prévu et organisé un transport des blessés et malades par eau de Toulouse vers Castelnaudary et le Lauragais tant pour désencombrer au fur et à mesure les hôpitaux qu’en cas de retraite. Aussi tous les magasins et bâtiments de l’administration ont été réquisitionnés ainsi que les bateaux existants sur le canal, les chevaux pour les tirer, des brancards et des paillasses.

 

La bataille ( le livre de H. Geschwind et F. De Gélis détaille très précisément les différentes étapes de cetet bataille)

Le 25 mars, les coalisés arrivant par le chemin de Boulogne, et donnent l’assaut sur Tournefeuille. Les divisions napoléoniennes se replient sur Saint-Cyprien.

Le 28 mars un détachement ennemi remonte jusqu'à Roques. Dans la nuit du 30 au 31 mars une partie de l'armée britannique remonte l'Ariège jusqu'au pont de Cintegabelle, l'avant garde poussant dans la direction de Villefranche.

Le 4 avril les troupes ennemies changent de position et se dirigent vers Blagnac par Cugnaux, Tournefeuille, et la vallée du Touch. 

Le 8 avril Grisolles, sur la route de Montauban est occupé par Welligton. Des reconnaissances de cavalerie furent envoyés vers Lalande, Croix Daurade et Balma.

le 9 avril Soult fit sauter les ponts de Balma et de Lasbordes

La Ville Rose est entourée notamment au niveau de St Cyprien, des Minimes, de la vallée de l'Hers, de Croix Daurade et la bataille s’engage le 10 avril dès 6 heures avec trois coups de canon tirés depuis Croix-Daurade, d’où les Anglais partent sur Le Calvinet ou Mont Chauve ou encore Mont Rave (site aujourd'hui appelé Jolimont).

 

 

 Vues de Toulouse et certains des sites indiqués dans l'article

 

 

Les anglais s’élancent dans le même temps vers le faubourg Saint Cyprien mais sont arrêtés aux actuelles allées Charles de Fiite. Les combats sont rudes devant le mur d’enceinte, à l’angle de la rue Varsi et des allées Charles-de-Fitte. Les coalisés massés devant l’actuel musée des Abattoirs, canardent les Français perchés sur les redoutes et le mur d’enceinte. 

Les Espagnols échouent au pont Matabiau et au Calvinet. Les anglais arrivent à rejoindre la route de Castres malgré l'inondation de l'Hers et attaquent en donnant l'assaut à la redoute de la Sipière.

Il faut se rappeler que les lieux de l’époque ne correspondent en rien à ce que nous connaissons aujourd’hui : à la place du tissu urbain dense que nous connaissons entre l’Hers et la butte de Jolimont se trouvait en 1814 la campagne (voir la photo de 1839 plus haut). Les soldats avançaient donc à découvert. La bataille qui s’est déroulée notamment entre la rivière l’Hers et la colline de Jolimont s’est donc déroulée en rase campagne dans des conditions difficiles, avec des rivières en crues et des sols gorgés d’eau rendant la progression des troupes compliquée.

Dès 9h les Espagnols lancent un assaut depuis le pont de Périole (le pont qui traverse aujourd’hui l’Hers en direction d’Auchan-Gramont), vers les hauteurs de Périole. Ils sont décimés par l’artillerie française.

Les Ecossais attaquent à ce moment les Ponts Jumeaux qui sont défendus par 300 soldats et 5 canons : c’est un nouvel échec. Au milieu des soldats, sur le pré aujourd’hui recouvert par le périphérique et le skatepark de l’Embouchure, tombe le lieutenant écossais Thomas Forbes, l’aïeul du fondateur du magazine économique du même nom.

Après la bataille, ses camarades l’enterrent dans les jardins du château du Petit-Gragnague. Dans les années 1960, on déplacera ses restes pour faire de la place au Stade Toulousain tennis club. Il repose depuis au cimetière de Terre-Cabade et partage la sépulture de Hunter.

Les suites de cette attaque des Ponts Jumeaux est relatée notamment dans le récit d’un officier du 45th The Sherwood Foresters : « toutes les maisons et chaumières sont pleines de blessés de la 3ème division. Nous entrons dans la pièce où le pauvre Little du 45th agonise. La scène est poignante, la brigade a établi son bivouac derrière un grand château vide car on a donné des ordres pour que les tentes et les bagages arrivent de l’arrière. Je demeure avec eux jusqu'à 22h et puis je retourne au camps. J'essaye de retrouver l'ordonnance blessée de Barnwell dans un hôpital installé dans une grande maison abandonnée où le spectacle est encore plus pénible. Plusieurs de ses malheureux garçons sont morts et d'autres agonisent tandis que le vent sifflant dans des tonnelles semble se moquer des gémissements de ces malheureux...".

À 10h, après avoir repoussé une offensive française, les Britanniques lancent des assauts sur les positions françaises et atteignent le Calvinet (juste en dessous du Jolimont actuel) et tentent de percer les défenses françaises situées entre la colline et l’enceinte médiévale. Mais ils sont repoussés par une contre-attaque menée par Darmagnac et Soult.

À la mi-journée, les Espagnols tentent toujours de contourner les défenses par Montaudran tout en maintenant une forte pression sur Jolimont. 

La position des Français devient critique en début d’après-midi puisque l’armée de Soult est menacée d’encerclement. Si bien que vers 16h, le maréchal Soult ordonne l’évacuation définitive des positions du Calvinet pour se retirer derrière le canal du Midi. 

Les Français racontent :

"Après l’évacuation (du Calvinet), les Espagnols et les Portugais s’emparèrent des retranchements inférieurs délaissés qui enveloppaient la base du Calvinet, où il n’y avait plus personne. C’est alors qu’ils purent juger de la grandeur des sacrifices qu’ils avaient faits, par le nombre de cadavres dont cette pente, qu’ils furent obligés de traverser, était couverte"

"Un témoin oculaire qui visita la pente de la montagne du côté de la Ville, l’après-midi vers le soir, estima que le nombre des blessés dont le champs de bataille était couvert à ce moment pouvait se porter à 1 500. Les tertres, les chemins creux en étaient comblés, tant des nôtres que de ceux de l’ennemi; mais celui-ci surtout semblait , avoir semé les siens depuis Croix-Daurade, Lapujade, la vallée de l’Ers, Montaudran et le Pont des Demoiselles, jusque à l’embouchure du canal; et de là, au sommet du Calvinet comme s’il avait voulu avec les traces de son sang marquer toute l’étendue du terrain qu’il avait parcouru".

 

il est environ 21h quand les combats s’arrêtent.

"A neuf heures du soir les pièces du pont des Demoiselles, commandées par le lieutenant Marcoux, terminèrent la fatale journée par urne dernière explosion qui sonna la retraite; et avertit ceux qui n’étaient ni morts ni blessés de préparer leurs armes pour  le lendemain. Cependant, les Français avaient besoin de prendre quelques moments de repos pour se refaire de tant de fatigues de toute espèce, un grand nombre d’entre eux s’étant battus à jeun; et de son côté l’ennemi avait trop de morts et de blessés pour pouvoir recommencer au jour la même scène. La Ville néanmoins était dans l’effroi, les Anglais se vantant sur toute la ligne d’avoir les moyens de l’incendier avec leurs fusées à la Congrève (du nom de l’inventeur - Ça ne fait pas beaucoup de dégâts mais ça effraie les chevaux et les soldats sans expérience. Avec ces fusées, les Anglais ont fait fuir des régiments entiers de conscrits à Saint-Cyprien et surtout à l’emplacement de la Cité de l’Espace). C’était pour en terrifier les habitants et les soulever contre l’armée. Ils ont ensuite nié qu’ils en eussent l’intention, ni même que la chose fut possible".

Les Français se sont regroupés du côté du faubourg Saint-Etienne et préparent leur départ de la ville : ils partiront dans la nuit du 11 au 12 avril. L’armée de Soult, sauf les blessés intransportables quittent Toulouse pour Avignonet-Lauragais puis Castelnaudary d’où le maréchal Soult a finalement signé l’Armistice le 18 avril.  

Le 12 avril, Wellington entre triomphant dans Toulouse accueilli sous les acclamations des royalistes qui firent allégeance à Louis XVIII lors du conseil municipal tenu le même jour.

 

Le 19 avril, Soult faisait paraître l'ordre du jour suivant :

"La Nation ayant manifesté son voeu sur la déchéance de l'Empereur Napoléon et le rétablissement de Louis XVIII au trône de ses anciens rois, l'armée, essentiellement obéissante et nationale, doit se conformer au voeu de la Nation. Ainsi au nom de l'armée, je déclare que j'adhère aux actes du Sénat-conservateur et du Gouvernement provisoire relatifs au rétablissement de Louis XVIII au trôn de St Louis et de Henri IV et que nous jurons fidélité à Sa Majesté.

Au quartier général à Castelnaudary, le 19 avril 1814

Le Maréchal, Duc de Dalmatie"

 

Qui a gagné ?

Victoire à la Pyrrhus ou coup nul !

En tout cas, totalement inutile, puisque Napoléon Ier avait abdiqué quatre jours plus tôt, le 6 avril ... Soult et Wellington ne l'apprirent que le 12.

Il est évident que la ville n'a pas été prise d'assaut, Soult a pu évacuer ses blessés, ses armes, son matériel. Son armée a eu moins de pertes que chez les coalisés donc on pourrait imaginer une victoire française.

D'un autre côté, Wellington est entré dans Toulouse en libérateur.

Depuis 1814, les avis divergent sur la question !

 

Toulouse pendant cette journée : "Les citoyens, épouvantés dès les 1ers coups de canon, se cachèrent au fond  de leurs maisons dont les portes restèrent fermées [...] Remis de la première frayeur, ils accourent dans les rues et sur les places, plusieurs se portent sur les remparts, un petit nombre va même explorer le champ de bataille. Mais la majeure partie, penchée sur les toits et les clochers attend avec impatience l'issue de cette effrayante lutte".

 

Les dégâts

- 60 maisons furent brûlées, 85 endommagées

- 200 dossiers de demandes de dédommagement pour 178 propriétaires

- L’état récapitulatif des pertes se monte à 103 450 francs

 

Commémoration de la bataille

Depuis le 24 juillet 1839 se dresse, dans le parc de la Colonne, un obélisque commémorant la bataille de Toulouse.

Cet obélisque construit de 4,50 mètres de côté et de 32,60 mètres de haut, avec une échelle intérieure, permettait à l’époque d’avoir une vue complète sur le champ de bataille et sur les buttes des redoutes

 

Obélisque de Toulouse, Jolimont

 

Epilogue

Le 28 juin 1838, à Westminster, Soult et Wellington se retrouvent pour un banquet célébrant le couronnement de la reine Victoria. Lorsqu’on demande à Wellington s’il ne voit pas d’inconvénient à avoir Soult comme voisin de table, il répondra : “Je préfère l’avoir à côté qu’en face.”

 

Sources

Précis historique de la bataille de Toulouse livrée le 10 avril 1814, entre l'armée française, commandée par le maréchal Soult, duc de Dalmatie et l'armée alliée sous les ordres de Lord Wellington, éd. Delboy, Toulouse, 1852 de Alexandre de Mège 

La bataille de Toulouse de 1814 de H. Geschwind et F. De Gélis

Toulouse une métropole méridionale – 20 siècles de vie urbaine de Jean Paul Escalettes

10 avril 1814, la bataille de Toulouse de Jean Paul Escalettes

 

Un article  de 2021 sur la bataille de Sébastien Vaissière (photo : Rémi Benoit et illustrateur ; Laurent Gonzalez) sur le site : https://www.boudulemag.com/2021/05/la-bataille-de-toulouse-de-1814-un-choc-pour-l-honneur-napoleon-et-nous/

 

Sur les armes : http://armesfrancaises.free.fr/fusil%20d%27infanterie%20Mle%201777%20an%20IX.html

https://www.musee-armee.fr/fileadmin/user_upload/Documents/Support-Visite-Fiches-Objets/Fiches-Louis-XIV-Napo-Bonaparte/MA_fusil-1777.pdf

 

Cartes de Toulouse

https://www.flickr.com/photos/archives-toulouse/albums/72157664247082820/with/25111159875/ différentes cartes de Toulouse sur plusieurs siècles

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8441589z/f1.item.zoom : carte fin 18ème

cartes de Toulouse à consulter sur : https://www.archives.toulouse.fr/histoire-de-toulouse/patrimoine-urbain/plans-anciens/plans1772_1847

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