Les moyens de transport à Toulouse au 19ème siècle
Jean Fourcassié, écrivain français né le 17 octobre 1886 à Albi et mort le 15 juillet 1955 à Catella en Catalogne fut également professeur de littérature française à la faculté des lettres de Toulouse.
Il écrit dans son livre « Toulouse, une ville à l’époque des romantiques », qu’un réseau assez dense de voitures publiques relie Toulouse au reste de la France. En effet au 19ème siècle une soixantaine de diligences arrivent et partent de la ville quotidiennement.
On peut trouver dans la ville rose des départs pour Nîmes, Bordeaux, Auch, Albi, Paris, d’autres encore pour Tarascon, Lavaur, l’Isle Jourdain, Muret, St Girons etc
Les sociétés de transports sont situées dans le centre de Toulouse notamment avec les Messageries du Midi et du Commerce au 21 rue Lafayette , La Poste aux chevaux, rue des arts, ou encore les Messageries de l’Hôtel d’Espagne au 18 rue Peyrolières ; et bien d’autres encore.
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La durée des voyages est longue à cette époque : il faut compter pour aller de Toulouse à Paris 4 jours et demi de transport en 1840 !
Pour aller de Toulouse à Ax les Termes ce sera un voyage de 14h
Ci dessous une série de cartes permettent de constater l'évolution des temps de trajet en France en 1765, 1840 et 1870 (la dernière carte concernant le train)
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Et le trajet n’est pas de tout repos : en 1820 la diligence, partie de Toulouse pour Paris est arrêtée près d'Uzerche la nuit par une bande de sept hommes à cheval et armés
Tandis que la diligence Bordeaux Toulouse est pillée près de Moissac par un bandit qui dévalise sept voyageurs en 1842; peu de temps après la malle-poste Bordeaux Toulouse est dévalisée près d'Agen par 4 voleurs espagnols qui seront condamnés à mort par la suite.
Indépendamment des risques du voyage et de la longueur de celui-ci , le gros inconvénient des voyages en diligence ou en malle poste reste pour le voyageur le fait d'être enfermé durant tout le voyage. Dans Mémoire d'un touriste, en 1838, Stendhal écrit « Trois jours de Paris à Marseille ! C'est beau mais aussi l'homme est réduit à l'état d'animal : on mange du pâté ou l'on dort la moitié de la journée »
En tous les cas, Toulouse au 19è siècle est une place connue en ce qui concerne la carrosserie : Prosper Mérimée écrit en 1840 à la comtesse de Montijo « s'il vous faut une voiture, vous feriez bien je crois de la prendre ou de la commander à Toulouse où l'on fabrique très bien les voitures de voyage et peut-être plus solide qu'à Paris ; outre qu'elle coûte 1/3 moins cher, elles ont l'avantage d'être plus tôt et plus économiquement rendu à la frontière d'Espagne ».
Le développement de cette industrie est dû à la position topographique de la ville « qui se trouve à portée de toutes les matières premières nécessaires à la carrosserie ; ainsi les bois d’orme et de frêne y sont abondants et à bas prix ; les fers de l’Ariège et de Bruniquel fournissent de très bonnes bandes de roue ; l’acier du Saut du Tarn donne des ressorts de première qualité ; les cuirs de Toulouse et les draps du Midi procurent les moyens de garnir à peu de frais l’intérieur des voitures » (Exposition des produits des Beaux-Arts et de l’Industrie, dans les Galeries du Capitole, à Toulouse en 1835, Toulouse, Imp. Auguste Hernault, 1835, p. 162-163)
En 1830, l’Annuaire du département de la Haute Garonne indique 18 carrossiers en activité. Certains occupant jusqu’à 60 ouvriers et fabriquant entre 40 et 50 voitures par an
En 1850, on dénombre 39 entreprises de carrosserie dans la ville rose.
Ces entreprises ont une clientèle locale mais pas que : Marseille, les Landes, Bayonne, l’Ardèche, l’Espagne, Narbonne, l’Algérie, Buenos Aires, Saïgon et bien d’autres endroits !
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Quelle différence entre la malle poste et la diligence ?
Au 17ème siècle le volume de lettres à adresser aux 4 coins de la France augmente et ce que l’on appelle les courriers (en fait les personnes qui « courrent la poste. ») utilisent alors une charrette appelée « brouette » pour transporter la « malle aux lettres ». il n’est pas possible de transporter des voyageurs. Normalement mais dans les faits la brouette prendra un ou deux voyageurs à chaque départ !
En 1793 cette brouette est remplacée par une voiture à 2 roues et 3 chevaux, assez inconfortable puis par une voiture à 4 roues et 4 ou 5 chevaux, plus grande et plus rapide, la malle poste. Plus rapide car elle a le droit de mettre ses chevaux au galop là où les diligences sont au trot. La malle poste a pour vocation de transporter la correspondance et des voyageurs (6 à 8) avec leurs bagages. Mais elle est également plus chère que les diligences et donc réservée à la bourgeoisie.
En 1818, 259 malles poste sillonnent la France.
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Une diligence est plus lourde car elle transporte plus de voyageurs et sera moins rapide.
La diligence va progressivement évoluer pour finalement être divisé en trois compartiments : de l’avant vers l’arrière, le coupé, la berline ou intérieur et à l'arrière la rotonde peu appréciée des voyageurs. A l'extérieur on aura la banquette ou impériale
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Victor Hugo écrira dans "En voyage" tome 2 lors de son voyage Bordeaux Bayonne : "Une diligence, c’est bien plus qu’une préfecture ; c’est l’image parfaite d’une nation avec sa constitution et son gouvernement. La diligence a trois compartiments comme l’état. L’aristocratie est dans le coupé ; la bourgeoisie est dans l’intérieur ; le peuple est dans la rotonde. Sur l’impériale, au-dessus de tous, sont les rêveurs, les artistes, les gens déclassés". Victor Hugo voyageait dans l'impériale..
En 1814 il faut 86 h pour aller de Paris à Bordeaux contre 37 un 1840.
En 1840, une lettre va mettre 36 h pour être transporté de Paris à Lyon contre 56 h en 1750.
Diligences et malle poste laisseront progressivement la place au chemin de fer. La dernière malle poste qui reliait Toulouse à Montpellier cesse son service le 23 aout 1857.
Michelet à propos des transports écrit : « Les diligences, comme on sait, marchaient encore fort lentement à cette époque [ 19ème]. Je ne m’en plaignais pas. C’est la seule façon de voyager avec profit. Depuis qu’on a créé les chemins de fer, on passe, on s’éblouit, on a le vertige et tout échappe. »
Qu’en est il de la Garonne ?
La route n’est pas le seul moyen de transport à Toulouse au 19ème siècle : il est possible aussi de voyager par eau. Avec la barque de poste.
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En 1673 Pierre Paul Riquet commande les 1ères barques qui sont fabriqués à Gardouch
La traction de ces barques exige un certain nombre de relais sur le trajet , relais qui vont fournir des chevaux car ces barques ne vont circuler que grâce à la force des chevaux.
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Jusqu’au début du 19ème les barques ne franchissent pas les doubles et triples écluses et l’on change donc régulièrement de barques ce qui ne fait qu’augmenter le temps de trajet.
C’est ainsi que tout au long du canal, on va trouver des auberges des chapelles et bien sûr des écuries (par exemple l'ancien hôtel de voyageurs dit auberge de Négra, actuellement maison d'éclusier à Montesquieu Lauragais qui date du 17ème siècle : voir https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA31011107
Les haltes repas et dodo se font à Castelnaudary Trèbes , Le Somail et Agde
Des modèles tractés par 4 chevaux atteignent une vitesse comprise entre 11 et 13km/h !
Avant la Révolution, aller à Bordeaux prenait 6 à 8 jours , 4 jours quand l’eau était haute mais pour remonter il fallait 10 à 15 jour suivant le vent.
De même avant 1826, pour aller De Toulouse à Béziers il faut quand même plus de 3 jours car on s’arrête la nuit.. À partir de 1826 le coche d'eau avance nuit et jour ce qui permet d'aller à Béziers en 36 h avec un arrêt à Castelnaudary Carcassonne et Le Somail.
Le guide du voyageur sur le canal du midi publié en 1836 indique que le départ a lieu tous les matins du port de l'embouchure, du port Saint Etienne ou du bassin du Radoub ; le bateau peut transporter jusqu'à 150 voyageurs
En 1841 on peut trouver comme moyen de transport fluvial plusieurs bateaux à vapeur : le Toulousain, un bateau à vapeur pour le trajet Toulouse Agen Bordeaux, le bateau l'Etoile qui lui, fait le trajet Bordeaux Toulouse en 3 jours aller-retour et le bateau Clémence Isaure qui va d'Agen à Toulouse en 15h00 en 1843 et qui peut recevoir jusqu’à 150 voyageurs et leurs bagages. En Avril 1843 : Le Clémence Isaure fait la liaison Agen-Moissac en 6 heures !
«Le musée du vieux Lormont possède une pièce rare : la maquette du premier navire à vapeur destiné à naviguer sur la Garonne, et qui fut baptisé le Garonne, construit en 1818 par M. Church, consul d'Amérique à Bordeaux. Le musée d'Aquitaine de Bordeaux en possède aussi quelques-unes» (Dépêche du 14/04/2013)
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Le guide du voyageur en France De Richard de 1849 indique que le bateau à vapeur le Xavier remonte la Garonne de Bordeaux à Toulouse en 32 h et l'adolescent en 15h00
Le canal ne devint malheureusement pas la voie incontournable reliant l'océan à la méditerranée ; le transport fluvial ne survécut en effet pas à l’arrivée du chemin de fer puis de la route.
Sources
- Article dans la dépêche : https://www.ladepeche.fr/article/2015/09/08/2172608-robert-mornet-barque-poste-etait-ancetre-ter.html
- Transports et communications à Toulouse pendant la Révolution de Annie Hollander
- La révolution des transports et l’accélération de la France (1770-1870) de Christophe Studeny - https://books.openedition.org/pur/102180?lang=fr
- https://books.openedition.org/pumi/33846?lang=fr Garonne et canal du Languedoc à Toulouse : l’importance de la voie d’eau et ses limites, xviiie-milieu du xixe siècle
- https://www.museedelaposte.fr/system/files/fp_la_poste_aux_chevaux.pdf
- Le Garonne : http://histoires.patrimoine.free.fr/index.php?option=com_content&view=article&Itemid=6&id=15%3Ale-garonne&limitstart=1
- https://www.canalmidi.com/aufildlo/barcpost.html
- https://www.canaldumidi.com/Publications/2015/08/aquarelles-barque-de-poste-1818/
Le télégraphe Chappe à Toulouse et à Lille
Claude Chappe, né en 1763 à Brûlon dans la Sarthe et mort en 1805 à Paris, est l’inventeur de l’ancêtre du télégraphe. Il a mis au point en effet un dispositif qui permettait de communiquer par le biais de signaux optiques.
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Lithographie représentant Claude Chappe datée de 1833 -BML -Collection des portraits - POR-11-53
Plus précisément, un mat équipé de bras articulés en bois était placé tout en haut d’une tour, dite "tour Chappe" et des personnes manipulaient les bras en utilisant un système de code, chaque position des bras représentant un signe./image%2F0652634%2F20250918%2Fob_4b5837_semaphorebt1.jpg)
Ces signaux codés étaient observés à la longue-vue par des guetteurs situés eux aussi en hauteur, et répétés pour transmission à la tour suivante. Chacune des tours est distante de l’autre de 7 à 20 km en fonction de l’environnement.
La première "grande" ligne opérationnelle, longue de 230 km, fut inaugurée en 1794 entre Lille et Paris. A Lille, la station de télégraphe était installée en haut du clocher de l'église Sainte Catherine un des plus hauts points de la ville à la fin du XVIIIe siècle.
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C’est ainsi que la nouvelle de la victoire des armées révolutionnaires sur les Autrichiens parvient aux Parisiens le 30 août 17984 une heure seulement après l’événement : l'armée française avait repris la ville de Condé sur l'Escaut.
Entre 1794 et 1830, c’est tout un réseau de télégraphie qui se développe entre Paris et la province ; en 1833, une première ligne transversale entre Bordeaux est Avignon est mise en place avec quatre relais) Toulouse dont l’un est placé sur le coteau Guilheméry et un autre au sommet du clocher de l’église des Cordeliers.
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Au milieu du XIXe siècle, on compte plus de 550 postes en France, 200 hors du territoire national et plus de 5 000 km de réseau.
En forêt de Bouconne on peut encore voir une tour Chappe de 10 m de haut et de 4m de diamètre (le mat faisait, lui, 6 m de haut) à 216 m d’altitude qui a fonctionné entre 1834 et 1853 et qui se trouvait justement sure cette ligne. ; elle servait de relais entre les tours de Thil et de Cornebarrieu, Blagnac suivait avec le clocher de l’église Saint Pierre qui abritait un système Chappe.
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Il fallait entre Paris et Toulouse, près de trois heures pour recevoir le message, à la condition que ce soit le jour, et que le temps soit clair.
On peut voir aussi les vestiges d’une tour Chappe à Avignonet Lauragais, initialement haute de 6.5m et qui servait de relais aux tours de Montferrand et Labastide Beauvoir.
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Puis arriva le télégraphe de Samuel Morse, peintre et inventeur américain (1791-1872) qui remplaça le système mis au point par Chappe par le télégraphe électrique Morse ; progrès majeur car l’on pouvait communiquer nuit et jour et par tous les temps ; le télégraphe morse s’installa à Toulouse en 1852.
Sources
https://www.museedutelephone.fr/
http://www.telegraphe-chappe.com/chappe/communiquer.html
https://injs-bordeaux.org/tour-chappe-2/
https://www.cite-telecoms.com/accueil/musee-des-telecommunications/les-peres-fondateurs/morse/
https://www.goodmorninglille.org/blog/telegraphe-chappe-paris-lille
Premier « piratage » d’un réseau de communication : l’affaire du réseau télégraphique détourné
Livre d'or de Frouzins
Le statut de "Mort pour la France" est attribué, dès 1914, aux civils et soldats victimes de la 1ère guerre mondiale. Seules les personnes décédées entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, sur le champs de bataille ou des suites ou à cause de faits directement imputables à la guerre, étaient potentiellement éligibles à ce statut.
Une loi du 25 octobre 1919 relative à "la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre" lance le projet de livre d'or qui va recenser tous ces Morts pour la France.
« Art. 1er : Les noms des combattants des armées de terre et de mer ayant servi sous les plis du drapeau français et morts pour la France, au cours de la guerre 1914-1918, seront inscrits sur les registres déposés au Panthéon.
Art. 2 : Sur ces registres figureront, en outre, les noms des non combattants qui auront succombé à la suite d’actes de violence commis par l’ennemi, soit dans l’exercice de fonctions publiques, soit dans l’accomplissement de leur devoir de citoyen.
Art. 3 : L’État remettra à chaque commune un livre d’or sur lequel seront inscrits les noms des combattants des armées de terre et de mer, morts pour la France, nés ou résidant dans la commune. Ce livre d’or sera déposé dans une des salles de la commune et tenu à la disposition des habitants de la commune . »
On peut constater des divergences entre les noms figurant sur les monuments aux morts et ceux figurant sur les livres d'or. Cela peut s'expliquer par le fait que les monuments aux morts ont été érigés entre 1920 et 1925 alors que les livres d'or ont été établis à partir d'une liste officielle établie par le ministère des Pensions en 1929. Par ailleurs les personnes figurant sur les livres d'or devaient en principe résider sur la commune ou y être nées lors de la mobilisation, or il a longtemps existé un flou sur ce point d'où aussi ces divergences.
Ces livres sont accessibles sur ce site : https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/
Sources
Le livre d'or des morts pour la France : construction et usage d'un monument de papier de Damien Richard
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De la Maison commune au Capitole
Le Capitole de Toulouse se dresse à l’emplacement de ce que l’on appelait autrefois la Maison commune de Toulouse puis l’hostel de ville.
De cette première maison municipale ne reste aujourd’hui que le Donjon (l'ancienne tour des archives) datant du 16ème , les galeries de la cour Henri IV datant du 17ème , la façade du 18ème et la porte du petit consistoire datant de 1546
Donjon du Capitole, 1906
Revenons à notre maison commune.
Elle fut fondée en 1190 par les Capitouls mais on la mentionnera pour la 1ère fois sous cette appellation dans la chanson de la croisade des albigeois de 1216.
En 1190 donc les Capitouls achètent une bâtisse en bordure nord de l’ancien rempart romain appelé aussi mur sarrasin, à la jonction du bourg et de la cité, proche de la tour Charlemagne qui deviendra par la suite la prison communale. L’emplacement de cette tour est aujourd’hui matérialisé par un marquage au sol dans une allée qui va de la rue Lafayette au donjon du Capitole.
Le lieu retenu pour la maison commune est stratégique car loin du pouvoir comtal au sud (porte narbonnaise) et du pouvoir ecclésiastique à l’est (avec Saint Etienne) et en limite de la cité (la ville ancienne) et du nouveau bourg regroupant le quartier de st Sernin, le domaine des cuisines et le terroir de las crosses.
A noter que cette zone est tout proche de ce que l’on appellera plus tard le « quartier latin » toulousain.
Le plan de Toulouse ci dessous ainsi que le dessin un peu peu plus bas sont établis tel qu'on imagine Toulouse sous l'Antiquité : on peut y voir les 3 portes de la Cité et l'emplacement actuel de certains sites ce qui permet de visualiser mieux la ville au début du Moyen Age. La zone de la Porterie nous intéresse plus particulièrement ici.
Plan de Tolosa tiré de l'ouvrage de Jacques Frexinos
"Toulouse, histoire panoramique des origines à la révolution"
La Maison commune se situe juste en face de ce que l’on appelait au Moyen Age la Porterie. Il s’agit de l’une des 3 portes de la ville, celle au nord qui donnait accès à la route de Cahors, notre actuelle rue du Taur et la route d’Albi (actuelle route de Rémusat).
Aujourd’hui à l'emplacement de la Porterie nous avons notre place du Capitole.
Pourquoi ce nom de Porterie ? il s’agit de la déformation de Porta Arietis la porte du bélier; cette appellation nous vient peut être de l'antiquité si l'on en croit un morceau de bas relief avec un bélier trouvé lors des fouilles archéologiques de 1971 près de la tour ouest de la Porterie.
Ce n’est pas une simple porte, c’est en fait une forteresse avec deux tours de guet encadrant un bâtiment circulaire avec une petite cour centrale. Au début du Moyen Age cette forteresse existe toujours. Elle sera démolie avec le mur sarrasin au 13-ème siècle ou sera incorporée dans les maisons qui vont être construite à cet endroit, maisons qui seront à leur tour démolies au 18ème siècle lorsque l'on va dégager cet endroit pour en faire une place. Lors des travaux de 1729/1730 furent découverts en effet sous les maisons démolies les restes de la porterie :"c'est dans cette place et sous les maisons démolies en 1729 (...) qu'on découvrit la porte appelée porta Arietis (...) Dans le temps de cette démolition, on découvrit partie convexe d'une voûte environ trois pieds sous terre plus bas que le niveau de la place. On crut d'abord que c'en était une de cave ordinaire, parce qu'elle servait à cet usage. La pierre qui fut trouvée (...) excita les entrepreneurs de la démolition à pénétrer plus avant (...)Les deux côtés du passage étaient bâtis de gros quartiers de pierre (...) Le milieu de ce bâtiment, quoique presque entièrement dégradé de même que la voûte, était bâti de briques"; c'est ainsi que cette découverte fut racontée par Barnabé Farmian Durosoy, (1745-1792), journaliste et homme de lettres.
© Studio Différemment 2014 Illustrations : Jean-François Binet, Jean-François Péneau
Porte du bélier sous Auguste
4 = rempart
5 = passages latéraux
6= passage central
7 = cour
Vue des restes découverts au début du chantier du parking en 1970 : on voit bien comment était située la Porterie par rapport au Capitole à gauche
© Studio Différemment 2014 Illustrations : Jean-François Binet, Jean-François Péneau
2 et 3 = tour est et ouest
5 = cour circulaire centrale
4 = passages latéraux
Les fouilles de 1971 lors de la construction du parking sous la place du Capitole
Notre Maison commune va tout au long des siècles s’agrandir au grès des achats de bâtisses diverses et changer de nom ... En effet au 16ème siècle les Capitouls engagent des travaux pour agrandir ce qu'ils vont appeler désormais le Capitole : en 1522 jusque là l e nom de cette maison commune est Capitulum qui signifie Chapitre et qui est traduit en Capítol en occitan. En 1522, Pierre Salmon, greffier à l'hôtel de ville, latinise le nom en Capitolium, en référence au Capitole romain.
C’est à cette époque que vont être construits la tour des archives, (notre donjon du Capitole), le poids de l’huile (bureau municipal où les huiles, les jambons, les chairs salées étaient entreposées en entrant dans la ville pour y être pesées avant d’être livrées aux marchands, la tour de la poudre, et la prison des Carces , le logis de l’Agasse (agassa = pie en occitan) ou de l’écu (au 6 de la rue du poids de l’huile) et la chambre de l’artillerie, la bouille et le poids commun où sont conservés les poids municipaux qui permettent de peser et taxer les marchandises qui sont vendues en ville, et le grand consistoire qui sert aux cérémonies puis la chapelle et une nouvelle façade avec des tourelles d’angles de défense.
Au début du 17ème siècle, la cour Henri IV et ses galeries sont crées à leur tour.
Cour Henri IV - deparlemonde.com
C'est donc un ensemble de bâtiments très hétérogènes qui forment la maison commune ou Capitole, ensemble fortifié et percé de portes, le tout sur une superficie correspondant à l'actuel Capitole et le square Charles de Gaulle.
Les deux plans ci dessous nous donnent une image assez précise de ce que cela représentait au 18ème siècle.

Le Capitole, Wikipédia
Tiré de l'article de Messieurs PRIN et TOLLON : un projet inédit pour la façade du Capitole, Toulouse et Rome au 17ème siècle, 1997 dans la revue Mémoires de la société archéologique du Midi de la France
Le souci d’homogénéiser l’ensemble ne prendra véritablement corps qu’entre 1758 et 1768, avec la grande façade élaborée par l’architecte Guillaume Cammas. Mais avant de donner une façade digne de ce nom à la Maison commune, les Capitouls vont vouloir lui donner dès 1676 une place royale comme nous l'avons vu plus haut. Ils vont délibérer en ce sens :
« … que la démolition du moulon (pâté de maisons) qui est au devant de l’Hostel de Ville sera faicte pour y avoir une place carrée au milieu de laquelle sera mise l’effigie de nostre invincible monarque… »
Le Parlement de Toulouse s’y oppose ; les plans ne seront dressé qu’en 1730 par Antoine Rivalz (peintre toulousain, 1667-1735).
« resserré dès l’origine au milieu d’un dédale de ruelles sales et sombres, cet Hôtel (la maison commune) dominait cependant les lourdes et plates toitures de briques de la cité de toute la hauteur d’un donjon, flanqué de quatre tourelles élégantes qui indiquait et proclamait au loin la destination de la noblesse de la Maison commune »
Seront ainsi détruites notamment 11 maisons dans le moulon de Saint Quentin , opposé à l’hostel de ville, depuis la rue du collège Sainte Catherine jusqu'à la rue des Cordeliers, , le moulon où se trouvent les 7 maisons de mr de Puget, lieutenant des maréchaux de France, la maison du sieur Cassé et du sieur Pied pour continuer la façade jusque la rue du Petit Versailles, deux maisons attenant au collège Saint Martial, la maison qui fait le coin de la rue Sainte Catherine
Cette place nommée Royale, changera de nom au gré des régimes qui vont se succéder : c'est ainsi qu'en 1794 elle fut nommé place de la Liberté, en 1800, place d'Armes, en 1804, Place commune, en 1805, place de la Mairie, en 1812, place Impériale, en 1815, place Royale et en 1844 place du Capitole.
La façade de 135 mètres de long sera quant à elle construite de 1750 à 1760 en pierre calcaire et en briques.
L'article de Messiers Maurice Prin et Bruno Tollon, paru en 1997 dans la revue Mémoires de la société archéologique du Midi de la France, "Un projet inédit pour la façade du Capitole, Toulouse et Rome au 17ème siècle", nous donne un aperçu de ce que pouvait être le Capitole, du moins sa façade, avant d'être complètement refaite par Guillaume Cammas (peintre et architecte français, 1698-1777) au 18ème siècle.
Ce relevé daterait d'après 1671 si l'on se réfère au portail que l'on voit sur le dessin. C'est donc cette façade qu'a dû voir Guillaume Cammas, une façade de 68 mètres de long, aux allures de maison forte (à but défensif), avec un rez de chaussée aveugle et la présence d'échauguettes aux angles et à l'étage des ouvertures réduites.
La façade va donc être construite en pierre calcaire et en briques mais en 1771 les briques seront cachées par de la peinture blanche selon la coutume de l'époque; en 1883 on peignit les briques en rouge et la pierre en blanc et ce n'est qu'en 1988 que le la façade retrouva ses briques et ses pierres dans leur couleur originelle.
Pierre Barthès, toulousain né en 1704 dans une famille de foulonneurs de draps, est témoin de la construction de la façade dès 1750 et écrit ceci dans son livre "les Heures perdues" :
"le 26 de ce mois (août), à midi, les fondements de la façade de la Maison de Ville ont commencé à l'angle, près du collège Saint Martial, jusqu'à la porte de la Commutation. La première pierre fut posée en cérémonie par M. Lassère, Capitoul, avocat et chef du Consistoire, assisté par MM. ses collègues. On posa tout d'abord une tuile neuve, au milieu de laquelle on avait pratiqué un vide en rond, dans lequel on plaça une petite couronne de paille, sur laquelle on posa une pièce d'or de la grandeur d'un double louis, représentant d'un côté la figure du roi, et de l'autre une inscription relative au sujet. On la montra à tous les assistants puis l'ayant mise dans le vide, on la couvrit d'une couronne de pareille paille sur laquelle on renversa la première pierre, sur laquelle était gravée l'année et l'époque de ce nouvel ouvrage qu'on éleva sous la direction de M Cammas, peintre de la ville qui en a donné le plan :"Ceci arriva sous le Pontificat de Benoit XVIII, Louis XV, roi de France, étant Capitouls M. Lassère, avocat, chef du Consistoire, M. Filhol, M. Laulanié de Rigaud, M. Simorre de Lourdes, M. David de Baudrigues et M. Robert Cammas, dirigeant des travaux; les nommés Azéma dit Tatore et Quercy maçons, étant les entrepreneursla paix étant générale en 1750"".
Reproduction d'un daguerréotype de Bianchi de 1839 avec la façade du Capitole en blanc - Archives municipales de Toulouse
Sources
https://www.toulouse-brique.com/hoteldeville.html
http://www.studiodifferemment.com/telechargement/PDF/toulouseb32-porterie.pdf : une porte romaine sous la place du Capitole
https://www.urban-hist.toulouse.fr/uhplus/?context=adxg
https://www.inrap.fr/la-maison-commune-de-toulouse-ancetre-de-l-hotel-de-ville-11891
« L'ancienne place royale (Place du Capitole) », Revue de Toulouse et du Midi de la France, t. 23, 1866, p. 247-269
https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA31133207 : site du ministère de la culture
https://books.openedition.org/psorbonne/3296?lang=fr : Toulouse au Moyen Age, les pouvoirs dans la ville de Quitterie Cazes
https://societearcheologiquedumidi.fr/_samf/memoires/T_57/07_Prin_Tollon.pdf : article de Messieurs Prin et Tollon sur la façade du Capitole
https://shs.cairn.info/revue-historique-2014-4-page-833?lang=fr : Les Heures perdues de Pierre Barthès, une chronique privée au xviiie siècle de Mathieu Soula
Livres à découvrir
Voici les livres que je vous invite à découvrir :
- Paroles de Grognards de Jérôme Croyet
- La vie d'un simple d'Emile Guillaumin
- Les papiers d'un laboureur de Pierre Bordier
- Mémoires d'un paysan bas breton de Jean Marie Déguignet
- Vies oubliés au coeur du 18ème siècle d'Arlette Farge
- L'étoffe du diable, une histoire des rayures et des tissus rayés de Michel Pastoureau
- Comment présenter sa généalogie de Alain Rouault
- Non ce n'était pas mieux avant de Johan Norberg
- Retrouver un ancêtre blessé en 14/18 de Sandrine Heiser
- Journal d'un curé de campagne au 17ème siècle d'Alexandre Dubois
#Challenge 2018
F comme instruction des Filles
G comme Galetas, loges et autre taudis
H comme Hospice de Saint Raymond
I comme Institutions hospitalières de Toulouse sous l'Ancien Régime
K comme
L comme Louis Victor Gesta et le château de Verrières
M comme un Meilleur encadrement Médical
N comme
La vie d'un simple d'Emile Guillaumin
La vie d’un simple d'Emile Guillaumin
La vie d’un simple, publié en 1904, n’est pas une autobiographie, mais un vrai roman sur la vie paysanne en France dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Criant de réalisme, on parcourt la seconde moitié du 19ème siècle avec Etienne Bertin, dit Tiennon, paysan du Bourbonnais qui nous conte ses peines et ses joies, ses espoirs et sa vie de tous les jours. On comprend mieux la dureté de la vie paysanne : un métier rude, soumis aux aléas climatiques et au bon vouloir des propriétaires fermiers, une vie sans grand espoir d’évolution sociale ou même simplement d’amélioration du quotidien. Mais une vie émaillée malgré tout de petits instants de bonheur, certes rares et fugaces mais vivifiants.
Guillaumin nous montre très bien que les paysans, du moins les journaliers et les métayers sont trop pauvres pour s'instruire – l’école n’est pas encore gratuite et obligatoire pour Tiennon. Leurs maîtres ne veulent de toute façon pas qu'ils s'instruisent , à quoi cela leur servirait il? De ce fait, ils sont analphabètes, comptent mal, se font avoir … ; ils sont corvéables à merci, vivent dans des taudis et peuvent être renvoyés au bout de quelques années de bail et de bons et loyaux services à la moindre contestation tout à fait légitime !
On se rend compte aussi que s’ils n’ont pas la santé, ils sont une charge pour la famille et meurent très vite dans la plus grande misère, que le médecin est coûteux et qu’ils ne font appel à lui qu’en toute dernière extrémité et souvent bien trop tard.
Le travail des enfants est une triste réalité que Tiennon déplore d’ailleurs mais comment faire autrement ? Guillaumin nous montre une amélioration timide à ce sujet grâce à la loi de 1841 puis celle de 1882 mais loin d’être suffisante…
La révolution de 1848 et la guerre de 1870 sont évoquées en filigrane; l'avènement de la République suscite des espoirs chez certains mais qu'en reste il au bout du compte?
Enfin le livre nous montre le l’arrivée du train puis de l’automobile et le sentiment mitigé que ce progrès suscite auprès des paysans ainsi que les nuisances que cela entraine fatalement. On voit l'avancée de l'industrialisation et l'exode rural qui s'ensuit. Tous ces bouleversements que Tiennon subit de près ou de loin.
A lire et relire pour mieux appréhender le quotidien de nos ancêtres paysans.
Ce livre fut un événement à la fois littéraire et sociologique car pour la première fois un paysan accédait à la littérature et évoquait la réalité du quotidien par la voix de son protagoniste principal, un petit paysan du nom de Tiennon, métayer de son état. Emile Guillaumin est lui-même paysan dans ce même bourbonnais et syndicaliste agricole ; il a écrit son livre en s’inspirant des diverses personnes qu’il a côtoyées dont un voisin qui servit de modèle pour le personnage de Tiennon.
« Le père Tiennon est mon voisin : c’est un bon vieux tout courbé par l’âge qui ne saurait marcher sans son gros bâton de noisetier. Il m’a conté toute sa vie par tranches, elle n’offre rien de bien saillant : c’est une pauvre vie monotone de paysan, semblable à beaucoup d’autres. Il a eu ses heures de joies ; il a eu ses jours de peine ; il a travaillé beaucoup ; il a souffert des éléments et des hommes, et aussi de l’intraitable fatalité ; il lui est arrivé d’être égoïste et de ne valoir pas cher ; il lui est arrivé d’être humain et bon »
Emile Guillaumin devant sa ferme à Ygrande dans l'Allier
Né en 1873 dans l’Allier, Émile Guillaumin n’a jamais quitté son village d’Ygrande et la culture de ses trois hectares de terre. Cinq années d’école primaire lui ont fait découvrir une passion : l'écriture : il a écrit des poèmes en patois, puis des articles et des romans qui ont rencontré un vif succès. La vie d’un simple a même été nommé au prix Goncourt 1904. Il mourra en 1951.
L'ensemble de ses livres nous offre un témoignage précieux sur la vie rurale du 19ème et du début du 20ème siècle.
A NOTER
Le "métayage" est le nom que l'on donne à la location d'une propriété rurale sous la condition que le métayer en partage les récoltes avec le bailleur.
Les métayers possédaient une compétence technique, ils pouvaient détenir du matériel agricole et une partie des animaux mais pas systématiquement. En tous les cas ils disposaient rarement de l’ensemble de leur capital d’exploitation : bœufs et moutons leur étaient loués par le propriétaire, avec partage de la moitié du croît (laine, toisons et agneaux pour les ovins,veaux et laitages pour les bovins).
Toute la production du métayer était passée au peigne fin avant qu’il puisse disposer de sa part. Le métayer au final n’était pas libre de disposer de son bétail et il était assujetti à des charges importantes
Les métayers se sont en fait appauvris tout au long du 18 et 19ème siècle ; d'ailleurs le personnage de Jacquou le Croquant souligne bien, sous la plume d’Eugène Le Roy, la détresse des métayers du Périgord, en cours de prolétarisation au début du XIXe siècle.
#GENEATHEME 06/2024 - Fêtes de Gayant
#GENEATHEME JUIN
Le genéathème de juin concerne les fêtes de village donc je vais vous parler des fêtes de Gayant à Douai.
Tout commença le 16 juin 1479 : les français sont repoussés, Douai, alors espagnole, est sauve grâce à Saint Maurand patron de la ville; une procession est organisée dès le 24 juin pour rendre grâce à Dieu et au saint. Les reliques de celui-ci sont exposées à l'église Saint-Amé et promenées dans la ville.
Saint Maurand (Collégiale Saint Pierre)
Le conseil échevinal, l'année suivante, décide que désormais une procession en l'honneur de Saint Maurand sera organisée chaque 6 juin par la collégiale Saint-Pierre et la Collégiale Saint-Amé.
Le 5 août 1529, la signature de la Paix des Dames à Cambrai met fin à la 7ème guerre d’Italie entre François 1er et Charles Quint.
Pour célébrer la paix, les échevins de Douai décident alors de faire de la procession de 1530 la plus importante qui soit. Les différentes corporations de la ville sont chargées de constituer des représentations de scène bibliques, mythologiques ou allégoriques pour accompagner la procession religieuse.
La corporation des manneliers (fabriquants de panier d’osier) qui défilait en avant-dernière position créa un géant d'osier. Gayant était né (le terme veut dire géant en picard, dialecte de Douai à l’époque).
La procession ressemblait plus ou moins à la description suivante à l’époque :
Les différents corps de métiers démarraient le cortège, précédés chacun de sa croix porté par un valet, puis venaient les ordres religieux puis le clergé séculier. L’université accompagnée de ses bacheliers distribuant des dragées suivait, escortée par des hallebardiers vêts de manteaux rouges. Le siège royal de la Gouvernance venait ensuite, gardé par des hallebardiers à la livrée du Roi puis venait le Magistrat accompagné des 4 « serments » : archers, arbalétriers, canonniers, maitres en fait d’armes, le tout précédé d’un homme « emboité dans un petit cheval d’osier » et portant un bonnet orné de grelot : le sot des canonniers ou encore "l'baudet décaroché". Venaient ensuite des chars de triomphe, la roue de la fortune, emblème de la corporation des charrons et tonneliers et la famille Gayant.
La roue de la Fortune
Le 6 juillet 1667 Douai devient française ; l’évêque d’Arras institue une nouvelle procession pour fêter l’entrée des Français dans la ville sans la famille Gayant jugée trop profane et trop espagnole.
Non sans mal, la famille Gayant ne revient qu’en 1801 au grand complet : Mr et Mme Gayant, Jacquot, Fillon et Binbin ; leurs costumes actuels datent de 1821.
Gayant et sa famille, Douai. Souvenir du concours international de 1869
dimensions : 30 x 49 cm technique : gravure
La description la plus lointaine de Gayant date de 1530 et décrit le personnage comme faisant vingt-deux pieds de haut, portant le costume de l'homme de guerre féodal avec casque, lance, bouclier, armures, mains gantées.
Aujourd’hui Mr Gayant mesure 8,50m et pèse 370kg : il lui faut 6 porteurs
Mme mesure 6,25m et pèse 250kg : à aussi 6 porteurs sont nécessaires
Jacquot mesure 3,40m pour 80kg : 1 porteur
Fillon mesure 3,15m pour 70kg : 1 porteur
Binbin mesure 2,40m et pèse 50kg : 1 porteur
Les fêtes de Gayant se déroulent aujhourd'hui sur une dizaine de jours à partir du dimanche qui suit le 5 juillet : cortège, manèges, brocante et manifestations en tout genre !
Les géants et les fêtes de Gayant ont été classés sur la liste représentative du Patrimoine culturel immatériel par l’Unesco en 2005.
Les fêtes attirent chaque année près de 100 000 visiteurs.
Sources
Une résurrection de Gayant de A. Crapet
https://www.bougeons.fr/monsieur-gayant-de-douai/
http://gazette.terre-de-geants.fr/
https://www.fetesdegayant.fr/un-peu-dhistoire
https://dunkerqueetsaregion.blogspot.com/p/dunkerque-et-sa-region-la-ducasse.html
#GENEATHEME 05/2024 - Sophie Amélie Lapiere (SL)
# Généathème de mai : mon double généalogique
Je n’ai pas trouvé d’ancêtres s’appelant Séverine, prénom assez récent finalement, je n’ai don pas d’homonyme parfait
Mais l’une de mes ancêtres porte les mêmes initiales que moi !
Il s’agit de Sophie Amélie Lapiere
C’est ma 4 fois arrière-grand-mère dans la branche maternelle
Elle est née en 1784 à Ypres. A cette époque il s’agissait d’une ville des Pays Bas.
Sa famille
Son père, Antoine Bénédict Lapiere, a été perruquier et marchand de beurre. Il est né le 21 mars 1761 et décèdera après sa fille à Ypres, le 28 mai 1845 à l’âge de 84 ans.
Sa mère se nomme Marie Thérèse Bondue, née vers 1759 près d’Ypres dans la ville de Vlamertinge et est décédée à Ypres le 12 janvier 1802
Sophie a au moins une sœur, Rosalia qui est née vers 1793 à Ypres et qui mourra le 20 septembre 1849 à Ypres.
Sa vie
Elle est dentelière et se marie à 32 ans le 1er mai 1816 à Ypres avec Charles Louis Théry, né le 6 juin 1792 à Lille, soldat à la 11ème division, journalier et filtier. Il a fait les guerres napoléoniennes notamment la guerre d’Espagne et fut blessé en 1813. Il sera amputé du bras droit. Il reviendra vivre à Lille mais mourra aux Invalides le 27 novembre 1844 après y être resté 6 mois. Il avait 52 ans.
Elle meurt à Lille le 24 juillet 1827 à l’âge de 43 ans
Elle demeurait au moment de sa mort 27 rue Doudin à Lille
Ses enfants
Elle a eu avec Charles Louis 4 enfants :
* Louis Désiré né le 5 septembre 1817 à Lille et décédé 5 mois plus tard le 28 février 1818
* Henriette Antoinette Louise née le 8 mars 1819 à Lille et morte à 11 ans 17 janvier 1831 à Lille, à l’hôpital Saint Sauveur ; il ets indiqué dans son acte de décès qu’elle était dentelière…
* Louis Henry, mon arrière arrière grand père, né le 8 septembre 1821 à Lille et décédé à 73 ans le 5 février 1895 à Haubourdin ; il fut cultivateur de coton en Algérie puis revenu en France il sera cabaretier et fabriquant de chaises
* Clémentine Eugénie née le 22 janvier 1824 à Lille et morte le 24 février 1907 à Lille ; elle était concierge.
#GENEATHEME 03/2024 - Insolite à Frouzins !
#Généathème de mars : archives insolites
Vu dans le journal La Croix des dimanche 27 et lundi 28 août 1905 :
"Les ouvriers de Mr Dupré, propriétaire du château de Frouzins, ont trouvé noyé dans le vivier, un homme d’une soixantaine d’année, pêcheur de grenouilles. On croit qu’il s’appelle Cassagne ; la mort semble être accidentelle"
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