F comme FLETRISSURE
En farfouillant dans les archives municipales de Toulouse, j'ai trouvé des informations très intéressantes sur la répression pénale qui existait sous l'ancien régime et plus exactement au XVIIIème siècle. Cela fera certainement l'objet d'autres articles de ce challenge mais pour la lettre F j'ai donc tout de suite pensé à la peine de flétrissure.
Dans un chapitre consacré aux peines corporelles, le Traité de la justice criminelle en France, publié par Daniel Jousse en 1771, consacre un paragraphe à la description de la flétrissure, ou marque au moyen d’un fer chaud :
« Cette peine est presque toujours jointe à celle du fouet, ou à celle des galères, & ne se prononce presque jamais seule. Elle a été introduite, afin qu'on puisse reconnoître à cette marque ceux qui ont subi l'un ou l'autre de ces supplices, & qu'on les punisse plus sévèrement, en cas de récidive. Ceux qui sont flétris pour vol doivent être marqués sur l'épaule avec un fer chaud, de la lettre V ; et ceux qui sont condamnés aux galères, sont marqués des lettres GAL [...].
Autrefois on marquoit les voleurs, qui étoient condamnés au fouet, d'une fleur de lis, qui est la marque du Souverain ; comme à Rome, dans l'état Ecclésiastique, on les marque de deux clefs en sautoir, qui sont les armes de la Papauté. Mais cette marque a été changée en celle d'un V, par la Déclaration du 4 Mars 1724 [...] ».
La marque devait signaler à tous l'ignominie de son porteur. Au XVIIIe siècle, elle est depuis longtemps apposée exclusivement sur l'épaule droite du condamné, et ne peut être ainsi reconnaissable que lorsque l'on ôte le haut du vêtement.
Ce sera par exemple le cas de Jean-Louis Siguier, engagé dans les troupes comme chirurgien au régiment Royal, d'où il est finalement chassé lorsque l'on reconnaît sur son épaule les lettres infamantes GAL
Apposition de la marque
A Toulouse comme ailleurs dans le royaume, on marquera certains condamnés d'une fleur de lys sur l’épaule jusqu'à l'ordonnance royale de mars 1724 qui réformera cette pratique pour lui préférer un jeu de plusieurs lettres :
- V pour les voleurs (hommes et femmes),
- W (ou VV) pour les récidivistes (hommes et femmes),
- GAL pour ceux condamnés à servir le roi aux galères (hommes).
Cette marque n'est toutefois qu'un des aspects d'une peine en général plus complexe, où l'accusé marqué du V (ou W) sera généralement fouetté, puis exposé au carcan ou banni. Pour les femmes, ce sera majoritairement l’enfermement au quartier de force (à hôpital Saint-Joseph de la Grave à Toulouse). Quant aux hommes condamnés à recevoir les lettres GAL, ils sont aussi souvent fouettés, et leur peine principale sera ensuite d’aller « servir le roi » aux galères, à temps ou à vie de Toulon, Rochefort ou Brest.
La manière de faire devait varier selon l’exécuteur mais il n’est pas certain que l’application du fer fut rapide pour éviter trop de douleur ainsi qu’en atteste le chroniqueur Barthès qui note en 1749 que « l’exécuteur de la justice qui opéra d'une manière si violente que le fer étincelant, comme il était alors, fut enfoncé jusqu'à l'os de l'épaule ».
Emplacement de la marque
L'emplacement de la marque à porter sur le corps est précis et immuable : l'épaule droite, au niveau de l'omoplate
En 1754, l'instruction d'une procédure criminelle à Toulouse va permettre d'en savoir un peu plus sur l’apposition de cette marque : Mathieu Bouyrou, alors exécuteur de Toulouse, est soupçonné d'avoir flétri un condamné non pas sur l'épaule, mais « au bas de[s] reins, ce qui est une contrevention à l'arrêt et aux ordonnances royaux et une prévarication manifeste » ; on le suspecte encore d'avoir marqué « légèrement » une femme récemment condamnée.
Finalement, l’exécuteur sera mis hors-de-cour et pourra continuer de vaquer à son office jusqu’à son renvoi en 1757 pour cause… « d’yvrognerie ».
Vérifications
Ce n'est que dans la seconde moitié du siècle XVIII que l'on a la certitude que la plupart des individus arrêtés pour vol ou même vagabondage sont soumis à un examen corporel.
Cette visite n'est pas conduite à la légère puisqu'elle demande l'intervention de deux experts : généralement un médecin et un chirurgien. Ceux-ci prêtent serment avant toute expertise puis remettent aux juges leur relation, rapport manuscrit décrivant : l'état des épaules, la présence de cicatrices suspectes, et surtout s'il y a signe évident d’une trace quelconque pouvant indiquer l'application d'un fer par ordre de justice.
La tâche n’est toutefois pas aisée du fait des nombreux stigmates qui ornent les épaules des hommes et femmes de cette époque. Entre traces de ventouses, cicatrices attribuées à des plaies causées par arme blanche, empreintes anciennes d’ulcères, scarifications imputables à la petite vérole, les experts restent prudents.
Faire disparaître sa marque
La technique la plus originale semble être celle employée par le fils du bourreau de Carcassonne, fustigé et marqué à Toulouse en 1744, « lequel après avoir été marqué du fer ordinaire se fit apporter un harang noir qu'il appliqua sur la brûllure pour en effacer la marque comme il disoit ».
Selon les experts, les techniques les plus employées sont l'application d'emplâtres corrosifs ou de vésicatoires.
Peine non infâmante
Il existe des cas de flétrissure non infâmante toutefois.
C’est ce qui est arrivé à deux vagabonds, convaincus d'être récidivistes (ils avaient déjà été arrêtés pour vagabondage), et ainsi de ne pas s'être conformés aux ordonnances royaux, tout comme à la récente ordonnance de police des capitouls publiée le 20 juillet 1754.
La sentence précise qu'ils seront condamnés au renfermement « pendant l'espace de trois mois, et qu'avant leur élargissement ils seront marqués par un des gadouards (ramasseurs de boue, ordures, gadoues) de la présente ville, au bras, dans l'intérieur dudit hôpital, d'une marque en forme de la lettre M, sans que cette marque emporte infamie ».
L’idée était de les marquer non pour les humilier mais pour pouvoir les identifier et les chasser voire les enfermer. La différence reste très subtile …
E comme ESTAIRES
Estaires est le berceau de la famille Deleurence, la famille de ma grand-mère paternelle. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de parler de mon arrière grand père et de sa famille lors de leur séjour à Lyon pendant la guerre 14/18 dans un précédent billet.
C’est une petite commune de 6000 habitants près de Lille qui a beaucoup souffert de la 1ère guerre. Quand mon arrière-grand-père est revenu dans les années 1921/1922, il a dû trouver de gros changements.
Cette branche de ma famille est liée à l’activité textile puisqu’ils étaient pour beaucoup tisserands.
Estaires vivait d’ailleurs principalement de cette activité puisqu’au début du XXème siècle il y avait six tissages et une filature. (Il y avait aussi deux usines d’amidon, deux distilleries et quelques blanchisseries).
On trouvait donc facilement du travail mais en revanche les salaires étaient bien maigres : les apprentis gagnaient 6 F par semaine pour 60 heures et les salaires variaient entre 2,50 F et 3 F par jour.
Les conditions de travail étaient suffisamment pénibles pour qu’une grève éclate en 1903 sur Estaires et la commune proche, La Gorgue ; elle dura 3 mois : manifestations dans les rues, devant les châteaux des patrons où les fenêtres volèrent en éclat.
une troupe de fantassins et de dragons fut envoyée sur les deux communes pour remettre de l’ordre mais cela ne fit qu’aggraver la situation.
Une chanson dont voici le refrain fut écrite lors de cette grève et chantée sur le marché d’Estaires
Camarades de la misère
Soyons dignes de nos pères
Et sans dépasser la loi,
Défendons toujours nos droits.
On ne fait rien de contraire
Lorsqu’on réclame son salaire.
Quand il s’agit de son pain,
Au gréviste, tendons la main.
Un accord fut finalement trouvé avec une légère augmentation des salaires et un tarif général fut établi où chaque tisseur pouvait trouver les renseignements sur le prix à façon de son travail.
En 1905, le tissage Delahaye fut ouvert, puis les tissages Gamelin et Hacot en 1907.
L'élan industriel de la ville sera brisé par la Première Guerre mondiale. Prise par les allemands au cours de la bataille des Flandres (1918), la ville fut reconquise par les alliés au cours de l'offensive de la seconde moitié de 1918. La quasi-totalité de la ville d'Estaires a été détruite par l'armée allemande lors de la Bataille de la Lys (9 avril 1918).
Un évènement tout particulier survint à Estaires en 1815, suffisamment étonnant pour que je l’évoque ici : l’affaire du trésor royal
En mars 1815, le roi Louis XVIII et la famille royale sont en fuite vers Gand.
Le 22 mars la « maison militaire » du roi et qui le suit à 2 jours d'étape est à Béthune. Elle a à sa tête le Comte d'Artois (futur Charles X ) et le fils de celui-ci, le Duc de Berry. Elle est composée de 300 gardes du corps et mousquetaires ainsi que d'un important matériel et de très nombreux équipages de berlines et de calèches.
Le 24 au soir, elle arrive à La Gorgue. Le Comte d'Artois passe la nuit à Estaires chez M. Vermersch-Hennion, adjoint au maire et le Duc de Berry à La Gorgue dans la famille Fruchart.
Le 25 au matin, par un temps exécrable, le convoi franchit le pont de la Lys et s'engage dans la rue Jacqueminemars, qui n’est à l’époque qu'un chemin de terre impraticable par forte pluie.
Et ce qui devait arriver arriva : les voitures s'embourbent. De plus de faux bruits circulent qu'une attaque est imminente. C'est alors la panique et l'abandon de matériels, calèches, chevaux ...
Mais ce n'est pas perdu pour tout le monde car bien des choses sont récupérées par des habitants d'Estaires-La Gorgue.
L'affaire fit couler beaucoup d'encre. Les autorités procédèrent à des enquêtes et des perquisitions eurent lieu dans les deux villes. Du matériel sera découvert et confisqué, des chevaux de la Maison du Roi, vendus à des prix dérisoires, récupérés mais la majeure partie ne fut jamais retrouvée par la police impériale.
La "légende" raconte que quelques fortunes auraient débuté en 1815 …
Voir aussi cet article ICI
D comme DOMENGE, DAMIANE et autres prénoms désuets
En remontant le fil du temps, on est frappé par la fréquence de certains prénoms mais également par le côté désuet de certains autres.
Si je regarde par exemple le dépouillement que je suis en train de faire sur Frouzins, petite commune du 31, la palme d’or des prénoms sur 1700/1715 revient à Marie et à Jean ; viennent ensuite Jeanne et François.
Cela n’empêche de faire quelques trouvailles originales : Domenge, Bésian, Bernarde, Bertrande, guillaumette, ou Fabiane par exemple.
Quant à mon arbre généalogique (lequel se concentre essentiellement sur le Nord Pas de Calais), le top 10 est le suivant : Marie, Jean, Marguerite, Anne, Nicolas, Jeanne, Catherine, François, Pierre et Jacques.
J’ai en revanche quelques prénoms à la fois très jolis et terriblement « vieillots » dans mon arbre : Florimond, Floris, Josse, Anastasie, Kléber, Léandre, Léocadie, Damiane et d’autres tout aussi vieillots mais un peu plus difficile à porter, encore que … : Barbe, Euchaire, Berthe, Isidore, Firmin, Niçaise, Zénaïde Mathieuette, Lothard, Péronne, Géraud, Jacquese et j’en passe.
Bref, le stock de prénoms courants, va-t-on dire, reste limité sous l’ancien régime pour la simple et bonne raison que le choix du prénom est strictement contrôlé par l’Eglise . Il faut puiser dans la liste des saints et saintes, un point c’est tout et si possible reprendre le prénom du parrain pour les garçons ou de la marraine pour les filles. Ce qui n’est d’ailleurs pas sans poser quelques problèmes d’homonymie dans nos recherches…
Ce qui peut également interpeller le généalogiste est l’orthographe des prénoms qui n’est pas du tout invariable dans les actes, et qui pose là aussi quelques soucis pour bien identifier certaines personnes.
Ainsi Domenge peut aussi s’écrire Doumenge voire même Dominique pour identifier la même personne, Bernarde s’écrira des fois Bernade, on a aussi Gabrielle ou Gabriele, Laurense ou Laurence, Anthoine ou Antoine, Guilhaume ou Guillaume, Jacquese ou Jacquete, Guillemete ou Guillaumete (avec 1 ou 2 « t » en fonction des actes) …
Au XIXème siècle toutefois des prénoms plus novateurs arrivent sur le marché : Zélaïde, Victoire (en l’occurrence ici Victoire Républicaine née en 1794) Adélaïde, Valentin, Hortense, Jules, Flavie, Adeline, Euphémie, Virginie, Julien, Félix, Sophie …
J’ai été surprise aussi par la question des prénoms multiples : sur Frouzins, et sur la période 1700/1715 la majorité des personnes n’a qu’un prénom et lorsqu’un second prénom est attribué c’est plus pour former un seul prénom : Jean Baptiste, Jean Bernard, Jean François alors que dans mon arbre généalogique j’ai en majorité et quelle que soit l’époque le prénom Joseph en second que ce soit pour les femmes (encore que parfois on trouve le prénom Josèphe mais c’est rare) ou pour les hommes. Autres régions autres traditions ?
Ce qu’il faut comprendre en tous les cas c’est que le prénom sous l’Ancien Régime est en quelque sorte une mémoire familiale : il se transmet de père en fils, de mère en fille, de parrain à filleul …
C’est pourquoi il est courant que l’on reprenne le prénom d’un enfant décédé pour le donner à celui qui vient de naître, ce qui serait difficilement pensable aujourd’hui pour des raisons psychologiques évidentes. Mais à cette époque, il ne s’agissait pas de faire survivre la mémoire du petiot mort mais de garder vivante la lignée, du moins c’est mon point de vue.
J’ai pour ma part opté pour l’originalité dans le choix des prénoms de mes enfants : Virgile, Aubane et ma regrettée Candice
C comme CLAIRE
Je vais évoquer ici mon arrière grand tante, Claire, que l’on appelait Tante Claire, la sœur de mon arrière-grand-mère paternelle, Gabrielle.
J’avais 15 ans quand elle est morte en 1986 mais je me rappelle très bien d’elle, une vieille dame toute petite, toute voûtée, avec des cheveux blancs et des lunettes fumées. Elle était réservée, discrète, ne se plaignait jamais, faisait tout toute seule.
Je me rappelle avoir entendue qu’elle est morte dans d’atroces souffrances, sans se plaindre, jamais.
En grandissant j’ai appris qu’en fait sa vie n’avait été que souffrance et peine.
Claire Julie Léonie Deleurence est née le 25 janvier 1899 à Estaires, petite commune du Nord. Elle est la deuxième d’une fratrie de 5 enfants dont deux seulement vivront au-delà de l’enfance.
Elle était confectionneuse comme sa sœur Gabrielle, plus âgée qu’elle de 3 ans.
Lors de la guerre 14/18, ses parents Elise et Georges, ses sœurs Renée et Gabrielle, et elle même partirent à Lyon. Je ne sais pas comment encore : de leur propre initiative ou via des convois qui partaient loin de la guerre ? Toujours est-il qu’ils ont fui la guerre. Le père Georges Deleurence , tisserand de son métier, trouva un travail dans la métallurgie.
J’ai retrouvé leur trace par hasard en cherchant des IGOU sur Lyon dans les recensements : quelle ne fut ma surprise quand je découvris Georges Deleurence, Elise Carpentier, Claire et Gabrielle au 55 rue des tables claudiennes - quartier de la croix rousse à Lyon. Je les y retrouve jusqu’au recensement de 1921 mais cette fois sans Claire (je suppose qu’elle vit ailleurs qu’à Lyon car je ne retrouve pas sa trace dans les recensements). En revanche je les retrouve tous à nouveau à Estaires sur le recensement suivant en 1926.
Claire a rencontré là-bas Marius Fernand IGOU qu’elle épousera en 1920. On s’est longtemps demandé dans la famille qui était Marius ; on se doutait que Marius venait de là-bas mais sans en être sûrs. En fait on ignorait tout de sa vie ; on ignorait d’ailleurs que les Deleurence étaient tous partis à Lyon ; jusqu’alors on pensait que mon arrière-grand-mère Gabrielle y était allée accompagnée de Claire pour accoucher de ma grand-mère Raymonde. Mais cela fera l’objet d’un article prochain.
Revenons à Marius Fernand Igou : je suis partie de l’hypothèse qu’il avait à peu près le même âge que Claire et j’ai visionné tous les registres matricules de cette période. Et je l’ai trouvé (fiche matricule Lyon nord 1915 n°91 p. 238). Et de là j’ai retrouvé son acte de naissance. Il est donc né à Vizille dans l'Isère en 1895 et est issu d'une famille qui travaillait dans la métallurgie apparemment. Lui était tapissier décorateur. Son père Victor était forgeron et lamineur et son grand père Louis était puddleur; il avait un oncle Claudius né à Givors dans le 63, tourneur de son métier et un frère Victor né en 1889, et dont je n'ai pas encore retrouvé la trace. Sa mère s'appelait Adèle Antoinette SAMUEL et était ouvrière en soie tout comme la sœur de cette dernière.
Marius était de constitution fragile, très fragile. Sa fiche matricule indique qu’il a été réformé le 20/2/1917 pour pseudarthrose scapulo-humérale gauche et atrophie du deltoïde.
Il mesurait 1.62m et était châtain avec les yeux marrons ; il savait lire et écrire mais pas compter
Il fut incorporé le 15 décembre 1914 en tant que soldat de 1ère classe. Peu après la guerre il épousera Claire, à Lyon, le 30 octobre 1920.
Mais son service sous les drapeaux lui fut fatal car il mourut un an après son mariage, le 4 décembre 1921 à Lyon, à son domicile du 55 rue des tables claudiennes. La mémoire familiale a retenu qu’il serait mort suite à son exposition au gaz moutarde.il avait 26 ans. Claire devenait veuve à l’âge de 22 ans.
Ils ont eu un fils Georges que je suppose être né là-bas mais pas moyen de retrouver sa trace ; je sais juste qu’il est né en 1921.
Tante Claire est donc revenue à Estaires en 1921 avec son fils, ses parents, ses sœurs et sa nièce.
Ils reprirent le cours de leur vie sur les ruines laissées par la guerre mais cela fera l’objet d’un prochain article également,
Tante Claire ne s’est jamais remariée. Elle a exercé un métier désuet aujourd’hui : elle jouait du piano dans les cinémas pour les films muets !
Mais elle avait elle-même des problèmes de santé : elle devenait aveugle peu à peu et avait des problèmes de dos qui la « voûtèrent » progressivement.
Elle devint vendeuse dans un magasin de liqueur et ses employeurs, sensibles à sa situation lui laissèrent le logement au-dessus du magasin. Elle resta là-bas très longtemps.
Je ne sais pas encore grand-chose de Georges ; j’ai une photo de lui en costume de marin avec le béret et le pompon. Il faisait du cheval. Il a épousé dans le Nord une dame, Madeleine Kasse et eu 2 filles Danièle née en 1945 et Michèle née en 1946.
Georges mourut en 1946 à 26 ans des suites de maladie. Danièle mourut en 1945 et Michèle en 1946.
On pense qu’elles eurent la méningite.
Claire se retrouve seule sans plus personne, sans son fils et ses petites filles. Elle avait 45 ans.
Ses yeux lui firent de plus en plus défaut ; une maladie que je ne connais pas pliait son dos en deux.
Et jamais elle ne s’est plainte, jamais.
Elle est morte le 24 décembre 1986 et sa mort fut à l’image de sa vie, discrète et douloureuse.
B comme BAPTEME
Je suis en train de dépouiller les registres paroissiaux de Frouzins, petite commune de Haute Garonne où je vis depuis 15 ans. La période dont je m’occupe en ce moment concerne les années 1700-1715.
Et je suis étonnée de voir que les baptêmes ne se font pas nécessairement de suite après la naissance. Sur 211 naissances par exemple (en 12 ans) j’ai 23% des baptêmes qui se font au-delà de 2 jours et sur ce pourcentage j’en ai 30% qui sont réalisés entre 4 et 8 jours après la naissance (voire même jusque 20 jours !).
Et cela quelles que soient l’année et la saison, été comme hiver. Je me suis dit que peut-être ils faisaient un « tir groupé » mais même pas vu le peu de naissance chaque mois et les dates de baptême toutes différentes.
Or, je sais que le baptême est un moment important puisque cela permet d’éviter au petiot d’errer dans les Limbes comme une âme en peine, c’est le cas de le dire… s’il venait à mourir. Et pour éviter ce destin funeste, il fallait donc baptiser le bébé de suite après sa naissance.
La problématique principale étant donc de savoir quoi faire lorsque l’accouchement se passait mal et que le petit était en état de péril de mort ; la sage-femme pouvait en fait dans ce cas ondoyer l’enfant c’est-à-dire le baptiser d’urgence.
Je vois dans les registres de Frouzins que sur 12 années, il n’est pas fait mention d’ondoiement mais qu’à 3 reprises l’enfant ou plutôt l’ « avorton » a été baptisé à la hâte à la maison (ce qui me paraît tout de même peu eu égard au nombre de bébés morts dans ce village à cette époque, à moins peut être que les actes de baptême ne précisait pas toujours les circonstances du baptême). En tous les cas le petit ,baptisé à la hâte, n’a quand même pas reçu de prénom puisqu’il est désigné sur l’acte par le terme « avorton » et qu’il n’a pas eu de parrain ni de marraine. A t-il seulement été enterré dans le cimetière ?
Pourquoi toutes ces complications ? Tout simplement parce que selon St Augustin, sans baptême (qui est la condition du Salut pour le Chrétien), les âmes des enfants morts étaient condamnées à l’Enfer. L’Église, aux XIIIe et XIVe siècles, a tenté d’assouplir cette doctrine pour le moins cruelle en créant pour ces petiots un lieu intermédiaire, le Limbus puerorum. Il n’en reste pas moins que si les Limbes n’étaient pas l’Enfer, ils n’étaient pas non plus le Paradis.
J’ai donc fait quelques recherches sur ce sacrement que je pensais simple à la base mais qui en fait ne l’est pas du tout, et j’en veux pour preuve un ouvrage très intéressant : L’ancien sacramentaire de l’Eglise écrit en 1699 et 1701 (il y a deux parties) de M. Grancolas, docteur en théologie de la Faculté de Paris. Cet ouvrage parle des divers sacrements de l’Eglise catholiques et notamment du baptême ; et je me suis aperçue que ce sacrement était en fait beaucoup plus codifié et réglementé que ce que je croyais. Je vais essayer de vous résumer ce qui y est écrit.
Cet article va être nécessairement long et je m’en excuse par avance.
En premier lieu, qu’utilise-t-on pour baptiser ? Les Canons d’Egbert, archevêque d’York en 747 sont clairs : ils défendent de mêler du vin avec de l’eau pour baptiser et l’eau utilisée doit avoir été bénite solennellement le Samedi Saint ou la veille de la Pentecôte. Le concile de Nîmes de 1284 permet d’utiliser de l’eau chaude en cas de nécessité lorsqu’un enfant ne fait que naître et est en danger de mort.
Le concile de Trente nous dit ensuite que l’on doit strictement prononcer les paroles suivantes : « Ego te baptizo in nomine Patris et Filii et Spiritus Sanctis ». Il est important de ne rien omettre car si l’on a baptisé uniquement au nom de Jésus Christ, il faut refaire le baptême nous dit le pape Pelage sauf en cas d’extrême nécessité et que l’on n’a pas le temps de prononcer toutes les paroles, nous précise encore le concile de Nîmes de 1282.
Le concile de Sens de 1524 permet l’utilisation de la langue française à ceux qui n’entendent pas le latin : « Enfant je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». Il est donc nécessaire, nous dit-on, d’instruire les sages- femmes pour qu’elle puisse baptiser en urgence dans les règles.
L’ouvrage évoque ensuite le baptême sous condition. L’Eglise permet en effet de réitérer le baptême de l’enfant si et seulement s’il existe un doute qu’il ait manqué quelque chose d’essentiel la première fois. Ainsi si l’enfant a été baptisé à la maison, le prêtre doit s’enquérir des paroles exactes qui ont été prononcées et ce qui a été précisément fait. Car il ne s’agit pas de re-baptiser l’enfant, ce n’est pas possible nous dit le concile de Langres de 1404.
Le concile de Rheims de 1583 exige d’ailleurs deux témoins qui puisse déposer comment l’enfant a été baptisé.
Quid du baptême donné par un hérétique ? Le premier concile d’Arles en 314 sous Constantin nous dit qu’il est valide si les paroles ont bien été prononcées et si la manière est conforme : le concile de Rheims confirme cette décision ; en cas de doute on procèdera donc au baptême sous condition.
La question se pose de savoir ce que l’on doit faire si l’on trouve des enfants abandonnés car dans ce cas personne ne peut témoigner qu’ils ont été baptisés. Doit-on procéder au baptême sous condition ? Le concile d’Aix de 1585 exige un baptême alors même qu’un billet ou autre note serait attaché et préciserait que l’enfant a été baptisé.
L’ancien sacramentaire décrit ensuite la manière dont le baptême doit être donné. De 3 manières possibles : par immersion quand on plonge l’enfant dans l’eau, par aspersion quand on l’arrose d’eau, par infusion en versant de l’eau sur sa tête.
Quelle que soit la manière, ce sera 3 immersions, 3 aspersions ou 3 infusions nous précise le concile de Rheims.
Le concile de Nîmes de 1282 demande que les paroles soient prononcées en même temps que les ablutions et ce doit être la même personne qui prononce et qui procède (concile de Langres de 1404).
Le concile de Chartres de 1526 est plus précis puisqu’il indique qu’en versant l’eau sur la tête de l’enfant il faut faire les 3 infusions consécutives en forme de croix.
Le concile de Sens de 1524 nous explique qu’il ne faut pas verser l’eau avec la main mais avec une cuillère ou un vase et l’eau versée ne doit pas tomber par terre ni dans les fonts mais dans une piscine destinée à cela (concile d’Aix de 1585).
Tout un paragraphe est ensuite consacré au ministre du baptême : c’est le prêtre mais aussi le diacre avec la permission du prêtre nous indique Tertullien (théologien du 2ème siècle) qui peut baptiser ; et le prêtre ne peut donner le baptême qu’avec la permission de l’évêque ou du curé.
Le concile de Frelingue en 1440 demande aux curés d’informer les hommes et les femmes qu’ils peuvent baptiser en cas de nécessité. En revanche le concile de Nîmes précise que l’on ne peut se donner le baptême quelle que soit la nécessité dans laquelle on se trouve.
Justement en cas de nécessité que faire ? On sait qu’une autre personne que le prêtre peut intervenir mais comment ? Il existe une hiérarchie puisque le concile de Sens de 1524 prescrit qu’un homme baptisera de préférence à une femme, que les père et mère ne baptiseront point s’il se trouve quelqu’autre personne, et qu’un clerc baptisera de préférence à un laïque.
Le concile de Langres de 1404 a précisé qu’en cas de nécessité le baptême fait par les laîques ne crée pas d’affinités spirituelles entre eux. En effet il ne faut pas oublier que les parrain et marraine contractent une affinité spirituelle entre eux, avec l’enfant, les père et mère sauf cas de nécessité : le curé doit donc les en avertir.
Le concile de Bourges de 1584 stipule quant à lui que les sages-femmes ne pourront baptiser qu’en cas de péril évident de mort ; et elles devront être instruite sur la manière de procéder (concile d’Aix).
Le concile de Nîmes de 1282 indique que quand une femme est en travail et que l’enfant montre seulement la tête et qu’il semble y avoir danger, la sage-femme versera un peu d’eau sur la tête de l’enfant et prononcera les paroles suivantes : « si matre in partu laborante infans extra ventrem matris tantum emiserit caput, et in tanto periculo infans positus nasci nequiverit, infudat aliqua de obstetricibus aquam super caput infantis, dicendo, Ego te baptizo ».
Mais le concile de Langres de 1404 et le concile de Cologne de 1280 interdisent aux sages-femmes et autres personnes de baptiser les enfants dans le ventre de leur mère sauf s’il est manifeste que l’enfant est vivant et qu’il montre la tête ; il précise que si la femme mourrait en travail et que l’on pensait l’enfant vivant, il fallait ouvrir la mère, et procéder au baptême ; si l’enfant était mort il fallait le laisser dans les entrailles de sa mère nous explique le concile de Paris de 1557 pour les enterrer ensemble.
Si l’enfant est mort, le concile de Langres de 1452 cette fois ci condamne la pratique des sanctuaires à répit qui sont très utilisés du XVe siècle au XVIIe siècle (et même encore après) où l’on emmène le bébé dans l’espoir de déceler un quelconque signe de vie même fugace qui permettrait de le baptiser ; la sanction sera l’excommunication.
Quand doit avoir lieu le baptême ? Le concile de Sens de 1524 affirme que le baptême doit intervenir dès la naissance et qu’il ne faut pas le différer quelle qu’en soit la raison, notamment qu’il ne faut point le retarder à cause des parrains.
Le premier concile de Milan de 1585 punit d’excommunication ceux qui différeront jusqu’à 9 jours. Le concile d’Aix de 1585 également confirme la sanction pour les parents qui attendent plus de 8 jours.
De même le concile de Rheims de 1583 demande que le prêtre soit diligent et donne le baptême aussitôt qu’il en est requis, et donc à toute heure bien que le concile de Mayence de 1549 stipule que sauf cas de nécessité le baptême devra avoir lieu le matin, devant ou après l’Office.
Le concile de Cologne préconise d’être à jeun pour être plus attentif et le concile de Narbonne de 1619 défend de le faire dans les maisons des grands seigneurs et les chapelles privées, cela étant réservé pour les enfants des rois et des princes (concile de Chartres 1526).
Si jamais en cas de nécessités le sacrement est fait à la maison, l’eau du baptême doit être jeté au feu et le vase ou bassin utilisé devra être donné à l’Eglise (Constitutions de l’Evêque de Sarum en Angleterre – 1217).
La codification de ce sacrement va loin puisque la façon de se vêtir est également l’objet d’un paragraphe : le concile d’Aix de 1585 défend que les enfants soient superbement vêtus ; le prêtre ne doit pas les accepter dans cet état ; le baptisé doit être en revanche revêtu de blanc, symbole de l’innocence et de la grâce ; cette condition est réduite dans la plupart des cas au bonnet appelé le chrémau (ou chrémeau) ; ce chrémau ou langes enveloppait autrefois l’enfant ; le concile de Troyes de 1400 demande qu’on les fasse amples et larges pour justement permettre cet enveloppement ; le concile de Paris de 1557 demande aux mères après qu’elles se soient relevées de leurs couches d’amener les bonnets à l’Eglise pour les y brûler afin d’éviter qu’ils ne soient utilisés de façon profane ou encore pour y être utilisé à des usages saints (Constitution de Sarum de 1217).
L’ancien sacramentaire précise ensuite qu’il n’est pas possible de demander le baptême au son des tambours et autres instruments (concile d’Aix) mais il est possible en revanche de jouer de l’orgue et de sonner les cloches après, en signe de joie (concile de Rheims) tout en prenant soin de se comporter avec modestie et de ne pas faire de bruit ni de tumulte.
Il peut arriver que l’on baptise plusieurs enfants en même temps mais là aussi un ordre doit être respecté : on commence toujours par le garçon sauf cas de nécessité (concile d’Aix).
Le baptême des monstres est évoqué rapidement : il faut déterminer qui est mâle et femelle, voir s’il y a deux têtes et deux corps distincts pour savoir si on les baptise ensemble ou l’un après l’autre.
Que peut-on dire sur les parrain et marraine ? Le Concile de Trente exige un de chaque. Le concile de Chartres de 1526 en demande deux ; le concile de Sens 1524 quant à lui défend d’en prendre plus de 3.
Le parrain et la marraine seront instruits des principes de la religion (concile de Paris). Le concile de Rheims défend aux moines et religieuses d’être parrains et marraines et celui de Chartres de 1526 demande à ce que ces derniers aient au moins 10 ans et demi, tandis que celui de Rouen 1581 exige 14 ans. Ils seront de bonnes mœurs et confirmés (concile d’Aix)
Le concile d’Aix demande également de la modestie dans leurs habits et que les hommes quittent leurs armes.
Il sera ensuite donné aux enfants le nom d’un saint ou d’une sainte pour être incités à admirer et suivre leur vertu (concile de tours de 1583).
Les fonts doivent être fermés pour éviter sortilèges et profanation de l’eau bénite (de nombreux conciles le rappellent et demande à ce que l’eau soit renouvelée souvent). Le concile de Paris de 1557 ordonne de renouveler tous les ans les saintes huiles et qu’elles soient confiées au curé. Celui-ci devra tenir des registres où seront mentionnés le jour du baptême, les nom et surnom du baptisé, des parrains, marraines, des père et mère et le concile d’Oxford de 1287 exige que soit mentionné si l’enfant est né légitimement.
Le concile de Bourges de 1584 défend que l’on oublie une cérémonie sous peine d’anathème c’est-à-dire les exorcismes, les demandes et les onctions.
De nombreux conciles demandent aux prêtres d’informer les laïques sur la signification du baptême. Ainsi il faudra leur expliquer les points suivants :
- On donne un nom à l’enfant pour lui rappeler qu’il est enrôlé dans la milice du christ
-
Le prêtre souffle sur l’enfant pour apprendre l’approche du Saint Esprit qui va chasser le démon du catéchumène
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On fait le signe de la croix sur le front et la poitrine pour marquer le sceau du christ
Le signe sur la poitrine permettra de chasser le démon du cœur
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Le prêtre étend les mains sur l’enfant en disant les prières pour marquer l’autorité et la puissance de Jésus Christ et consacrer l’enfant
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On met le sel bénit dans la bouche de l’enfant, le sel sapienta car il est le symbole de la sagesse et de la prudence que doit incarner le chrétien dans sa conduite.
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Le prêtre fait des exorcismes pour chasser les démons le prêtre fait des onctions avec de la salive aux oreilles à l’exemple de Jésus Christ qui fit ainsi pour guérir un homme muet et sourd ; la salive est un liquide qui descend du cerveau et il est donc symbole de sagesse ; avec cette onction on avertit qu’il faut avoir les oreilles du cœur ouvertes pour entendre la voix de dieu
Avant de baptiser on doit s’assurer de la volonté de celui qui se présente et après le baptême on fait l’onction avec le saint chrême sur la poitrine (le front étant réservé aux évêques)
Le chrême doit être béni par l’évêque et est constitué d’huiles et de baume
La dernière action du baptême est de donner au baptisé un cierge allumé qui représente la lumière et la foi qu’il a reçues
Le 1er concile de Milan et le concile de Narbonne de 1609 condamnent la pratique de mettre ensuite l’enfant sur l’autel tel une offrande à Dieu car il y a eu des abus de la part de prêtres qui demandaient quelque chose pour rachat de l’enfant.
Le concile de Chartres de 1526 demande que le prêtre soit revêtu du surplis et d’une étole.
Le concile de Mayence de 813 et de Cologne en 1549 demandent que le repas de baptême ne soit pas excessif (concile de Chartres en 1526). Le prêtre ne peut pas se trouver à ces repas parce que souvent il y est dit des choses indignes d’être entendues par un ecclésiastique.
Après leurs couches les femmes viennent à l’Eglise avec des cierges pour se purifier et pour remercier dieu d’avoir évité les périls auxquels les exposent leurs couches.
Les conciles recommandent enfin aux prêtres d’informer les parents de ne pas faire coucher l’enfant avec les père et mère avant un an sous peine d’excommunication pour éviter de l’étouffer. Le concile de Chartres de 1526 demande d’attendre les 3ans de l’enfant.
Il y aurait encore beaucoup à dire mais je m'arrête là. Je constate que les règles édictées n'étaient pas toutes respectées, loin de là. Mais ces quelques lignes me donnent finalement un éclairage plus vivant et plus pragmatique de cette cérémonie.
A comme ANCETRES
Je commence ce challenge par une note introductive, plus philosophique que généalogique mais les quelques mots qui vont suivre caractérisent bien mon cheminement généalogique.
Cette première lettre donc m’a en effet fait penser tout de suite au mot « ancêtre » et je me suis dit que ce serait une bonne entrée en matière.
J’ai commencé très jeune à m’interroger sur ma famille du fait que justement nous avions coupé tout lien (pour d’obscures raisons pas toutes élucidées) avec la famille tant paternelle que maternelle.
J’étais intriguée de savoir si j’avais des tantes, des oncles, des cousins. Je ne connaissais que mes grands-parents paternels et je n’avais que des bribes d’histoires sur mes arrières grands-parents paternels et sur la branche maternelle.
J’ai donc commencé avec les moyens du bord puisqu’à l’époque Internet n’existait pas.
J’ai posé tout un tas de questions à mes parents, écrit aux mairies et une fois écumé tout ça, j’ai mis de côté mon dossier bien maigre car je n’avais pas d’autres moyens d’en savoir plus à ce moment.
Plusieurs années plus tard, grâce à Internet, j’ai pu m’y remettre et quel bonheur de pouvoir enfin mettre des noms sur cet arbre bien malingre.
J’ai pu remonter la lignée maternelle et paternelle, avec beaucoup de mal certes, mais je me suis découvert des cousins que je ne connaissais pas et des ancêtres dont j’ignorais tout jusqu’alors. J’ai redécouvert le Nord Pas de Calais au fil des villes et villages dans lesquels ont vécu ces gens dont j’essayais de retracer l’histoire. J’ai découvert des métiers, résolu (peut-être) un secret de famille, retracé l’histoire inconnue d’une arrière grand tante, de ses parents et de ma grand-mère au moment de la première guerre mondiale, récupéré des photos perdues dans des tiroirs depuis des lustres …
J’ai même fait il y a deux ans un pèlerinage (car pour moi il s’agissait bien de cela) d’une semaine tout là-haut (moi qui habite maintenant le Sud et qui n’étais pas revenue dans le Nord depuis plus de 15 ans). J’ai sillonné le Nord Pas de Calais en m’arrêtant dans chacun des villages où étaient nés mes ancêtres. Villages qui pour certains n’ont à mon sens pas bougé (ou si peu) depuis des décennies, voire plus, vu le nombre de leurs habitants et la petite taille de leur centre.
Je me suis dit alors que ces gens qui ont disparu de la mémoire de la famille, comme si jamais ils n’avaient existé, avaient droit à davantage d’égard (je suis très sentimentale..) de la part de leur descendants. Je ne serai pas là en effet en train d’écrire ces quelques mots si ces hommes et ces femmes n’avaient pas vécu, souffert, trimé, aimé avant moi. Et je leur porte depuis une tendresse toute particulière quelle qu’ait pu être leur vie et quoi qu’ils aient pu faire car sans eux je ne serai pas là… Il m’arrive d’allumer en leur mémoire une bougie certains soirs et je les remercie alors en silence.
Et je me dis que tenter de retracer leur vie est un hommage que je me dois de leur rendre de façon à les faire revivre d’une certaine façon sinon dans nos cœurs au moins dans notre histoire familiale.
Et ça ne rend que plus intéressantes encore mes recherches généalogiques…
Le mal des ardents
L'ergotisme alimentaire ou mal des ardents ou Feu de St Antoine, feu infernal, feu sacré, peste des extrémités, est une intoxication engendrée par la prise alimentaire de seigle ergoté (l'ergot du seigle est un champignon appelé Claviceps purpuréa, parasite responsable de mycotoxicose). L’ergot de seigle se présente sous la forme d’une excroissance, un sclérote, qui s’accroche aux épis de seigle. Il pousse principalement sur du seigle abimé par des étés très humides.
Quelle peut être la cause de leur indifférence sur un point aussi essentiel, sinon leur extrême misère qui les rend sourds aux cris du danger ? ».
A partir du Xème siècle le mal des ardents causa la mort de centaines de milliers de personnes et de nombreuses autres furent brulées ou exécutées sur la place publique car considérées “possédées” par le diable.
On croyait en effet qu’il s’agissait d’une punition divine et les églises se remplirent et moult processions se déroulèrent. Des pèlerinages furent organisés avec succès : les gens en effet s'éloignaient du lieu de consommation des farines contaminées et étaient pour un temps guéris.
En 1090 à Tournai une “peste” se déclare; il s’agit certainement d’une épidémie d’ergotisme qui sévit également en Flandre et dans le Brabant. L’évêque Radbod propose au peuple de revêtir l’habit de pénitent, de jeûner un vendredi et de prier Notre Dame. Une procession est constituée dans laquelle les fidèles seront accompagnés des reliques de leurs saints. La supplication est entendue et le fléau cesse. Cette procession se perpétue encore annuellement de nos jours.
En 1747 commence la grande épidémie qui va sévir presque tous les ans jusqu’en 1764. Elle touche la Flandre, l’Artois (Lille surtout en 1749), la Sologne, le Gatinais, le Limousin et l’Auvergne
Au cours du XIXème siècle, le fléau disparaît. Les progrès de l’agronomie, l’assainissement des sols par des plantations de pins, notamment (exemple fameux de la forêt des Landes), la culture progressive du froment et surtout le développement de celle de la pomme de terre, transformant complètement la nourriture des paysans.
La dernière en France a eu lieu en 1951, à Pont Saint Esprit dans le Gard, en plein vingtième siècle
Sources
http://lartdesmets.e-monsite.com/pages/medecine-medievale/l-ergotisme-au-moyen-age.html
wikipedia
cehm.toulouse.free
Peste de 1720
La peste réapparaît en mai 1720 à Marseille suite à l'arrivée d'un navire infecté en provenance d'Orient.
Michel Serre (1658-1733) - Hôtel de Ville de Marseille pendant la peste de 1720.
En juillet, 50 morts par jour.
fin août : 1000 morts par jour.
Une barrière sanitaire autour de marseille évitera la contagion au reste du royaume : en 1721, les territoires d’Avignon et du Comtat Venaissin décident de se protéger par la construction d’une ligne sanitaire matérialisée par un mur de pierres sèches de 27km de long entre la Durance et le Mont Ventoux. Le mur était alors gardé jour et nuit par les troupes françaises et papales (les territoires d’Avignon et du Comtat Venaissin étant à l’époque pontificaux).
La peste tuera 120 000 personnes en provence (sur une population de 400 000 habitants) dont 40 000 marseillais (sur une population de 90 000 habitants).
Après l'épidémie, les mariages se multiplient (200 par jour)
NOUVELLES DECOUVERTES
Une équipe de l’Institut Max-Planck (MPI), en Allemagne est parvenue à reconstituer le génome du bacille Yersinia pestis, à l’origine de l’épidémie de peste qui a ravagé Marseille entre 1720 et 1722.
Ce travail prouve que le terrifiant pathogène ne venait pas d’Asie, comme on le croyait jusqu’alors, mais descendait directement du responsable de la première pandémie ayant ravagé l’Europe au 14e siècle, connue sous le nom de "peste noire".
Autrement dit, "le bacille de cette peste noire médiévale a persisté localement pendant plusieurs siècles avant de resurgir brusquement !", explique le paléopathologiste Olivier Dutour.
Les analyses ont été réalisées à partir d’éléments pathogènes prélevés dans la pulpe dentaire de plusieurs individus décédés au 18e siècle à Marseille et retrouvés dans des fosses de pestiférés.
sources :
http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/archeologie/20160129.OBS3633/la-grande-peste-de-marseille-de-1720-n-est-pas-venue-d-asie-le-bacille-tueur-etait-sur-place.html
La médecine de nos aïeux
Sous l'Ancien Régime 1 enfant sur 4 décède avant son premier anniversaire, 1 sur 2 parvient à l'âge adulte.
Des crises de surmortalité frappent régulièrement le pays : elles sont liées aux épidémies, disettes et famines qui frappent après un hiver rigoureux ou un printemps trop humide.
La crise de 1693 -1694 provoquée par une suite de mauvaises récoltes a entraîné en 2 ans plus d'un million et de demi de décès supplémentaires.
jusqu'au 16ème siècle, la science médicale est avant tout fondée sur des textes anciens : textes d'Hippocrate, de Galien, ...
La théorie en vogue à l'époque est celle dite des "humeurs" : pour les médecins, le corps humain est parcouru par 4 humeurs, celles ci devant coexister harmonieusement pour que l'individu soit en bonne santé :
- le sang produit par le cœur : l'Air chaud et humide est porté par le sang
- la bile jaune produite par le foie : le Feu, sec et chaud, est transmis par la bile
- la pituite, lymphe ou phlegme produite par le cerveau : l'Eau humide et froide vient du phlegme
- l'atrabile ou la bile noire produite par la rate : la Terre, froide et sèche est portée par la bile noire
Chacune de ces humeurs domine lors d’une saison, et lors d’un des quatre âges de la vie.
L'’élément sang domine l’enfance, le printemps, et donne un tempérament « sanguin », porté au plaisir.
La bile jaune, chaude et sèche, est l’élément dominant de la jeunesse, elle donne un tempérament « coléreux », plein de « feu ». La bile domine en été.
L’automne, froid et sec, est la saison de l’âge adulte, dominée par la terre et son correspondant, la bile noire. Le tempérament adulte est « atrabilaire » ou « mélancolique ».
Enfin, l’hiver est la saison de l’eau, froide et humide, et de la vieillesse. Les personnes âgées sont lymphatiques ou flegmatiques, dominées par la lymphe.
Chaque personne naît avec une prépondérance de l’une ou l’autre des humeurs, qui est le signe distinctif de son caractère. Un sanguin se reconnaît à son teint plutôt rouge, à sa vigueur, à son embonpoint. Un colérique a le teint jaune, un corps sec et nerveux. Un lymphatique sera plutôt maigre et mou, le teint pâle. L’atrabilaire, enfin, est gris, plutôt maigre.
Les médecins expliquent le comportement des individus par le poids respectif de ces humeurs :
- l'émission de bile jaune provoque la colère
- l'atrabile amène tristesse et mélancolie
L'abondance et l'insuffisance de ces humeurs seront à l'origine des maladies.
Par ailleurs l'homme est au centre de l'univers et les astres ont nécessairement une influence sur lui nous explique St Thomas d'Aquin.
Au 15 et 16ème siècle, la médecine et l'astrologie travaillent ensemble : Louis XI demande en 1465 aux médecins et chirurgiens de posséder un calendrier astronomique de l'année car il y voit un instrument d'analyse médicale. Au siècle suivant les médecins des grands consultent les planètes et les étoiles avant de soigner leur patient (Nostradamus par exemple)
Finalement, l'enseignement d'astrologie disparaitra de l'Université de Paris dès 1660 et la théorie des humeurs sera abandonnée au 18ème siècle.
La théorie des humeurs implique des soins purgatifs, des saignées et des diètes :
Le but de la saignée est d'éliminer un excès de sang ou un sang corrompu. Elle se pratique avec une lancette en différents endroits du corps : avant bras, genoux, pieds, extrémité du nez ou de la tempe ...
Certains chirurgiens pratiquent plusieurs saignées sur la même personne en quelques jours : en 1761, Tissot écrit que "quelques personnes sont saignées 18, 20, 24 fois dans 2 jours".
Au 19ème siècle, l'emploi de la sangsue se multiplie en lieu et place de la saignée : entre 5 et 6 millions de sangsues sont utilisées par les hôpitaux parisiens entre 1827 et 1836.
Idem pour le clystère qui va purger le corps en injectant dans les intestins de l'eau ou diverses décoction de plantes.
S'agissant de la diète, chaque aliment est classé en fonction de ses vertus froides ou chaudes, sèches ou humides. Il en est de même pour les substances médicinales, en particulier les plantes. Le médecin préconisera une alimentation s’accordant au tempérament du malade, mais aussi à son âge.
Ainsi pour la peste, il faut vider le corps des humeurs malsaines : lavement intestinal pratiqué par le barbier avec une vessie de porc jointe à une canule de sureau par un tuyau de cuir avec lequel on injecte une décoction d'herbes, différentes comme mauve, violette, bourrache, scabieuse et sucre.
La saignée est importante : les bubons seraient le produit de l'humeur venimeuse écoulée depuis l'organe noble le plus proche (foie, cerveau, cœur). La saignée se fera sur la veine de l'ogane en question.
La théorie des humeurs sera abandonné au 19ème siècle (elle sera une dernière fois défendue par le biologiste Auguste Lumière (1862-1954)).
La pharmacopée de l'époque utilise aussi des animaux : par exemple à la fin du 17ème siècle, contre la sciatique ou la paralysie, on prescrit de "l'huile de petits chiens" à base de chiots nouveaux nés, de vers de terre et d'huile, le tout cuit au bain marie.
Les Jésuites rapportent d'Amérique au 17ème siècle le quinquina : l'écorce de l'arbre soigne les fièvres et connaît un rapide succès dans les milieux noble.
L'un des breuvages les plus connus dans la pharmacopée de l'époque (15-18ème siècle) est la thériaque, un mélange de nombreuses plantes (dont de l'opium) qui apaise et endort.
Il est censé agir contre toutes les maladies contagieuses : peste, fièvres malignes, petite vérole, morsure de bêtes venimeuses, poison, ...
Il est utilisé au 19è siècle pour faire dormir les enfants : « L'usage est, dans cette ville [Lille], de faire prendre aux petits enfants auxquels on veut procurer du sommeil, une dose de thériaque appelée dormant. Eh bien, je me suis assuré chez les pharmaciens qui vendent ces dormants, que les femmes d'ouvriers en achètent surtout les dimanches, les lundis et les jours de fête, lorsqu'elles veulent rester longtemps au cabaret et laisser leurs enfants au logis. »Dr Louis René Villermé (1782-1863), "tableau de l'état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, laine et soie".
La thériaque connaît un véritable âge d'or au 17 et 18ème siècles ; elle est alors préparée de façon publique et solennelle. Elle contient plusieurs substances parmi lesquelles l'opium, la vipère desséchée, la rhubarbe, la valériane, la cannelle, le gingembre, la lavande, la menthe, le navet, la terre sigillée...
La Renaissance découvre que l'antimoine permet d'élaborer un vomitif efficace qui permettrait d'éviter le clystère. Il a permis de sauver Louis XIV en 1658.
Le mercure est utilisé dans les maladies vénériennes (des seringues sont fabriquées par exemple pour injecter des sublimés mercuriels dans l’urètre)
Le blanc rhasis : pommade qui porte le nom d'un médecin arabe du 10ème siècle, auteur d'une encyclopédie pharmaceutique qui a longtemps fait référence. Il s'agit d'une préparation à base de céruse, de cire blanche, et d'huile d'olive. Cet onguent soigne les problèmes de peau, les brûlures, les écorchures.
L'hyacinthe : minéral doré de la famille des silicates, appelé aussi zircon. Il sert de base à une confection réalisée avec du miel, de la cannelle, de la terre sigillée. Ce remède est prescrit pour tuer les vers intestinaux, pour arrêter les vomissements, et pour remédier aux syncopes.
La racine de chicorée : elle est transformée en eau, sirop, conserve et est employée pour ses propriétés stomachiques (favorise la digestion), dépuratives (débarrasse l'organisme des toxines) et légèrement laxatives.
Qui soigne?
Les médecins sont longtemps de peu d'utilité. Montesquieu : "ce n'est pas les médecins qui manquent, mais la médecine"
Au début du Moyen Age, les moines et les prêtres exercent les activités de médecins et de dentiste. Mais le concile de Tours de 1163 décrète que les interventions sanglantes sont incompatibles avec le sacerdoce ("l'Eglise hait le sang").
Les médecins qui pour la plupart sont membres du clergé ne peuvent plus pratiquer de chirurgie.
le Concile de Latran de 1215 confirmera cette interdiction.
La chirurgie est donc reléguée à un rang inférieur et ce seront des barbiers essentiellement qui pratiqueront les interventions de petites chirurgie.
Ce sera sous St Louis en 1260 que les chirurgiens auront leur corporation réglementée : celle des barbiers chirurgiens spécialisée dans la saignée, la chirurgie et ... la coiffure.
En 1268, une division se crée :
- les barbiers ou chirurgiens de robe courte traitent de la petite chirurgie, les interventions dentaires
- les chirurgiens de St Côme et St Damien dits de robe longue qui vont se rapprocher des médecins et passer un examen pour exercer
En 1423, les barbiers ne peuvent plus pratiquer de chirurgie ni d'interventions dentaires.
En 1465, ceux ci peuvent à nouveau exercer et en 1494, ils peuvent suivre des cours d'anatomie à la faculté de médecine.
Au 17ème on a encore cette distinction entre les chirurgiens barbiers et les Maîtres chirurgiens.
En 1794 trois écoles de santé ouvrent : Paris, Montpelier et Strasbourg.
Elles deviennent école de médecine en 1796 et se transforme en 1808 en Faculté de médecine rattachée à l'Université impériale. Aucune mention de l'art dentaire, celui ci n'étant plus reconnu.
IL faudra attendre le milieu du XIXème siècle pour que les praticiens puissent s'appeler "médecin dentiste".
En 1884, l'école dentaire de Paris ouvre.
En 1892 statut de chirurgien dentiste.
En 1965 sont créées les écoles nationales de chirurgie dentaire (avant il s'agissait d'écoles privées)
En 1971, est créé le doctorat de chirurgie dentaire
En 1984, l'orthodontie devient une spécialité officielle.
Les dents
Les interventions dentaires consistent principalement à arracher les dents malades. Ce seront les arracheurs de dents itinérants qui au 13 et 14ème siècle s'en occuperont.
L'opération est un spectacle public qui attire les foules. Le patient est assis à même le plancher , les jambes pendantes ou il est assis sur un banc sur lequel l'arracheur de dents est debout derrière lui et officie pendant que le malheureux est retenu par quelques hommes forts.
Dentiste du XVIIIe siècle opérant sur une place de village, par Peter Angillis
Au 17 et 18ème siècle, il y a à Paris 3 endroits ou de nombreux arracheurs de dents officient : les Foire de St Germain et St Laurent, et le Pont Neuf.
La plupart sont des charlatans qui pratiquent sans principes ni méthodes.
En Bretagne les arracheurs de dents se recrutaient souvent parmi les forgerons qui ont en effet une certaine dextérité dans le maniement des tenailles ....
Ce ne sera qu'à la fin du 17ème siècle que l'art dentaire est reconnu comme une activité à part entière avec la création en 1699 du corps royal des "Experts pour les dents". Les barbiers ne peuvent plus extraire de dents.
Un apprentissage est dispensé par un maître chirurgien avec examen à la clé.
A partir de 1743, des études spécifiques apparaissent, des notions d'hygiène préventive voient le jour : nettoyage des dents régulièrement par un dentiste, le sucre provoque des caries, bains de bouche ... à l'urine pour éviter les caries.
Quid des prothèses et autres dentiers : fausses dents en bois, dents humaines plantées dans des morceaux de mâchoires d'hippopotame, prothèse amovible fabriquée à partir de fémur de bœuf (Ambroise Paré -1516/1590- maître chirurgien de Henri II et de Charles IX), couronnes métalliques au 18ème siècle, ajustée au collet, dentier en céramique en 1788.
fin 19ème siècle : évolution en matière d'anesthésie, d'aseptie.
Quelques rois de France eurent de gros problèmes dentaires :
Louis IX (1214-1270) n'avait plus qu'une molaire inférieure à sa mort. Le délabrement des dents de Charles VII (1403-1461) ne lui permettait pas de se nourrir; il serait mort d'inanition. Henri III (1551-1589) avait un râtelier dans la bouche qu'un domestique lui fixait chaque matin avec des fils. Henri IV (1553-1610) remplaçaient ses dents absentes par des dents en or ou des dents de requin ou de phoque. Louis XIV (1638-1715) subit de nombreuses extractions de dents ce qui causa des dégâts à son palais : lorsque le roi mangeait de la soupe elle lui coulait par le nez.
Chirurgie
Jusqu'au milieu du XIXème siècle on utilise différents anesthésiants : belladone, pavot, magnétisme, hypnose, alcool ...
Le 16 novembre 1846 à Boston c'est la première fois qu'une opération est pratiquée sous anesthésie (masque anesthésiant).
Dès 1847 le chloroforme remplace l'éther
A lire aussi
- manuel de vulgarisation thérapeutique
Sources
http://www.buddhaline.net/Les-quatre-elements-le-corps-et-le
http://www.universalis.fr/encyclopedie/theorie-des-humeurs/
http://vih.org/20150115/du-clystere-seringue-linjection-travers-lhistoire/69490
Nos ancêtres n°18 : médecins et chirurgiens du 15 au 19ème siècle
Musée du palais des archevêques à Narbonne
La variole
Appelée petite vérole ou "picote" dans le Sud Ouest elle est confondue au départ avec les fièvres pestilentielles. Il faut attendre le XVIIème siècle pour qu'elle soit véritablement distinguée.
après une incubation de 8 à 14 jours, la maladie débute par une fièvre de 40°. Le 4ème jour une éruption débute sur le visage puis se propage sur tout le corps.
Au bout de 10 jours les vésicules se recouvrent de croûtes qui laissent des cicatrices à vie en tombant. D'autres séquelles peuvent survenir : cécité, surdité, affections respiratoires, lésions cérébrales, fistules ...
Louis XV en fut atteint. Il mourut en 14 jours.
Elle tue deux fois plus que la peste.
Elle est le 1er facteur de mortalité au XVIIIème siècle. Au XVIIIème siècle, 8 personnes sur 10 environ subissent la maladie au cours de leur vie et 1 sur 4 y laisse la vie.
La plus grande épidémie de variole au XIXème siècle eu lieu suite à la démobilisation des troupes franco prussiennes en 1870/71 : entre 400 000 et 500 000 personnes en seraient mortes.
La variole en Moselle au XIXème siècle : http://shw-woippy.net/pdf/cg6_variole.pdf
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